DESPERATE HOUSEWIVES : INTERVIEW DE DANA DELANY L'INTERPRÈTE DE KATHERINE MAYFAIR
(SUITE)
Il s’avère que ce n’est pas votre premier rôle lesbien ?
Oh, non.
Les fans lesbiennes en particulier se souviennent de vous dans The L-Word. Quel est votre meilleur souvenir sur cette série ?
Vous savez, je dois reconnaître… que même si ce n’était qu’un épisode, je n’oublierai jamais. Je suis arrivée à Vancouver un dimanche et ils étaient en train de tourner et Jennifer Beals m’a demandé de venir dans sa caravane et de lui parler de ma scène. Donc j’y suis allée et elle a été inflexible sur le fait qu’on ne pouvait pas s’embrasser parce que, m’a-t-elle dit "Vous comprenez, j’ai trompé ma compagne pendant tellement longtemps, maintenant qu’on est finalement ensemble à nouveau, c’est quelque chose que je ne peux pas me permettre. Il faut vraiment que je protège l’intégrité de cette relation." J’étais tellement déçue ! [Rires] Je lui ai dit "Pour quelle raison jouer dans The L-Word… si vous n’arrivez même pas à embrasser une fille ?" Alors je lui ai demandé : "Est-ce qu’on pourrait presque s’embrasser ? Parce que c’est encore plus sexy d’une certaine façon." Et elle a répondu : "Ouais, c’est d’accord." Donc au final, c’est comme ça que ça s’est terminé et je pense que de cette façon, c’était encore plus sexy.
Je sais que vous vous êtes impliquée dans la collecte de fonds contre la proposition 8 en Californie et nous continuons bien sûr à nous battre pour nos droits dans ce pays. Êtes-vous un tant soit peu surprise par le temps que cela prend pour faire des progrès dans ce domaine ?
Hum, non, malheureusement, je ne suis pas surprise. D’une certaine façon, comme pour le droit à l’avortement, pour lequel je suis également une fervente militante, ça divisera toujours car c’est un énorme levier émotionnel chez les gens. Ce sera un affrontement permanant. Je pense que ça arrivera, comme lorsque Roe contre Wade est passé, mais les gens continuent à le combattre. Je pense qu’une loi passera et je pense que les gens continueront à être mécontents. C’est pourquoi nous devons rester vigilants. Le fait qu’il y ait encore affrontement à propos de l’avortement 35 ans après est ridicule. Non pas que je compare le mariage gay avec l’avortement… Je veux juste dire que ce sont des enjeux politiques.
Un rôle comme celui-ci, jouer un rôle comme celui de Katherine, c’est une chose qu’on voit rarement à la télé. Qu’espérez-vous que le public retienne de cette intrigue ?
J’espère que les gens comprendront la fluidité de la sexualité. Un point positif, c’est qu’aujourd’hui, les gens sont plus libres d’explorer certaines choses et il y a un niveau émotionnel dedans, en parallèle d’un niveau sexuel. Je pense que c’est ce que nous essayons de trouver ici… les complications de tout ça. Parce que je connais bien des gens qui ont expérimenté parce qu’ils ressentaient un lien émotionnel avec une personne et qui ont ensuite réalisé : "Oh, attendez, je ne suis pas gay." Mais je pense aussi qu’on doit prendre ses responsabilités.
Alors, nous allons voir le fameux baiser dimanche. C’était comment de filmer ça ?
[Rires] En fait, Julie et moi étions malades toutes les deux donc on propageait nos germes. Pourtant, je dois reconnaître… que soudainement on a vu sur le plateau des membres d’équipe qui n’y étaient jamais venus avant. Un intérêt typiquement masculin.
Combien de temps votre histoire va-t-elle durer ?
Je ne sais pas. Je ne pense pas que les scénaristes aient encore décidé. On vient juste de tourner un épisode vraiment mignon qui me plaît bien. J’aime beaucoup l’image de Julie et moi ensemble, Katherine et Robin ensemble, parce qu’elles forment un peu un drôle de couple. Et j’aime aussi le contraste des deux… que Katherine soit tellement composée alors que Julie se balade partout en soutien-gorge et culotte.
Oui, l’une des premières images que nous voyons du personnage de Julie la montre en train de travailler dans la salle de classe et d’accrocher des dessins d’art mais elle défile entre les tables comme si elle était sur un podium.
[Rires] Oui, et j’aime que Katherine voit au-delà de ça, jusqu’à cette personne vraiment vulnérable et adorable. Et le fait qu’il n’y ait aucun jugement.
Traduction Magali Pumpkin (08 Mars 2010)
Interview Originale sur le site The Advocate.com







