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« Si l’amour embellit les femmes, les femmes, elles, embellissent l’amour. » (Anne Bernard)


FABULOUS : LE CINÉMA AMÉRICAIN ENTRE 1947 ET 2005

 

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FICHE TECHNIQUE :


Année de Production : 2006

Réalisatrice : Lisa Ades, Lesli Klainberg

Scénariste : Lisa Ades, Lesli Klainberg

Avec : Randy Barbato (Lui-Même), Dan Bucatinsky (Lui-Même), Jonathan Caouette (Lui-Même), Ash Christian (Lui-Même), John Cooper (Lui-Même), Wilson Cruz (Lui-Même), Alan Cumming (Lui-Même), Donna Deitch (Elle-Même), Marga Gómez (Elle-Même), Nina Landey (Elle-Même), Ang Lee (Lui-Même), Jennie Livingston (Elle-Même), Jane Lynch (Elle-Même), Heather Matarazzo (Elle-Même), Rose Troche (Elle-Même), Guinevere Turner (Elle-Même), Christine Vachon (Elle-Même), Gus Van Sant (Lui-Même), Andy Warhol (Lui-Même), John Waters (Lui-Même), Stephen Winter (Lui-Même), Alice Wu (Elle-Même), Angela Robinson (Elle-Même)

Nationalité : Américaine

Genre : Documentaire

Durée : 1h 22min.

Titre Original : Fabulous! The Story of Queer Cinema



RÉSUMÉ :


Fabulous! The Story of Queer Cinema propose un regard chronologique sur le cinéma gay et lesbien fait par et pour les homosexuels. Il s’attache aux films américains tournés entre 1947 et 2005 en allant de Fireworks au Secret de Brokeback Mountain.

Éclairé par de nombreux extraits, il explore différents mouvements notamment le cinéma expérimental et/ou indépendant, la question du sexe à l’écran, de la culture du mauvais garçon, des amoureuses lesbiennes, de l’émergence du sida, de l’arrivée du romantisme…



AVIS PERSONNEL :


Fabulous! est un documentaire extrêmement intéressant qui explore principalement le cinéma gay et lesbien outre-Atlantique. Même si quelques références sont faites à l’Europe, elles restent très modestes et quasi inexistantes. Différent de Celluloid Closet, il donne véritablement la parole à des acteurs, réalisateurs, scénaristes, journalistes homosexuels qui en plus de leurs avis « éclairés », laissent filtrer leurs ressentis et leurs vécus.

Ce qui est incroyable, c’est de voir des personnes que l’on admire aujourd’hui parce qu’elles ont donné vie à un nouveau genre, à un nouveau cinéma, parler de leurs difficultés d’adolescents. Elles n’avaient pas de modèles, aucun moyen d’identification et lorsque ceux-ci apparaissaient, elles se précipitaient dessus. Et aujourd’hui, la plupart nous ont offert et nous offrent encore, à nous, spectateurs, des personnages et des histoires qui nous touchent justement parce que cela leur a fait défaut.

Les femmes ne sont jamais oubliées et ont un temps de parole vraiment important. La chronologie qui apparaît grâce à une frise permet de resituer les grands évènements et de comprendre. On nous offre une partie de notre histoire compilée en 1h22 et ce n’est pas rien.

Bien que les questions d’homophobie, de censure, de pression catholiques ne soient jamais abordées, ou uniquement en surface, ce que j’ai regretté, j’ai particulièrement apprécié les dernières minutes avec la question des différents groupes ethniques et de l’homosexualité. La manière dont il est vrai que la communauté homosexuelle est très variée et ne peut jamais être représentée dans son ensemble, dans sa globalité mais cherche aujourd’hui à explorer les questions de culture en plus.

À découvrir pour le côté instructif et pour découvrir les acteurs, réalisateurs et scénaristes que l’on adore sous un jour nouveau.



EXTRAITS :


NINA LANDEY : Le vidéoclub de mon quartier m’a influencée. Les types qui le tenaient étaient homos. Ils ont vu une lueur dans mes yeux et m’ont poussée vers différents films. Quand mes parents partaient, je pouvais louer ce que je voulais.

ANGELA ROBINSON : Je me souviens de la jaquette de Desert Hearts. Ça me semblait très évocateur, sans vraiment être gay. Je ne comprenais pas trop ce que c’était. Je voulais seulement louer la vidéo en secret.

JENNI OLSON : Desert Hearts est sorti à une époque où il n’y avait pas de portrait de lesbiennes. C’est un tournant. C’est le premier film réalisé par une lesbienne à être largement diffusé.

JANE LYNCH : Je regardais la scène de la pluie. « Baisse la vitre ! » Et elle passe sa tête. Je connais chaque image de cette scène !

DONNA DEITCH : J’ai fait ça parce que je suis lesbienne, je suis réalisatrice et les histoires d’amour sont un genre que j’apprécie. Il m’a semblé que ça devait être une vraie histoire d’amour qui reflète notre expérience de l’histoire d’amour. Je ne cherchais pas un dénouement heureux, mais je voulais de l’authenticité.
ANGELA ROBINSON : Cette scène de sexe est intense. Très intime. C’est sûrement une des plus belles scènes de sexe lesbien.

ROSE TROCHE : Go Fish était pour les lesbiennes. C’était fait par, pour et sur. On disait toujours ça. Il nous fallait notre film. Ça, c’est à nous. C’est ce qui a fait son succès.

 

Isabelle B. Price (18 Juillet 2008)

 

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