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A l'évidence

Week-End Girls Only

Axelle Mallet

 

TRADOCIFER

D'Axelle Mallet

 

Il fallait bien un début, tel un pied dans un étrier, pour accéder à ce merveilleux monde des mots et de l’écriture… seul exutoire,  unique échappatoire pour crier en silence ma différence, sans prendre le risque d’être démasquée, bafouée, insultée, maltraitée, raillée,  violentée, rejetée, exilée…

Il fallait bien un début, telle une soupape de sécurité, pour libérer mon âme de ses lourds secrets, exprimer mes envies, désirs, plaisirs et soulager mon cœur de tant d’Amours défendus, de bonheurs et de larmes contenues…

Ce fût la poésie…

Univers grisant propice à l’affirmation de soi, de ses pensées, ses doutes, ses sentiments et qui, sans le moindre danger, au détour de messages cachés, usant d’habilité, de subtilité et d’ambigüité, m’a aidée à traverser ce monde aux esprits étriqués, pour finalement m’y octroyer une place conforme à ma nature profonde.

 

1 - Folie

Les fous ont tant besoin d’Amour
Qu’ils n’osent pas s’en amuser…
N’ont-ils pas raison d’être fous ?
Ne suis-je pas folle de t’aimer… 

 

2 -  Souvenir de toi

Que j’aimais à plonger au fin fond de tes yeux
Me risquant à la mort, me risquant aux adieux
A chaque battement de tes paupières en feu

Que j’aimais à flotter au gré de tes marrées
Chavirant bien souvent sans jamais m’éveiller
Tant mon naufrage était de plaisirs charmé

Que j’aimais à glisser sur ta peau de satin
Mes dix doigts affamés de plaisirs clandestins
Et mon corps, affolé par tes si doux dessins

J’aimais bien trop de toi à en perdre la vie
Que je la perds enfin en te perdant aussi
Il ne reste plus rien que des dunes, où la nuit
Le vent vient s’allonger, sans égard et sans bruit…

 

3 - Transparence

     Sommeil bienfaiteur qui purifie mon âme
     Pays de l’au delà qui m’attire et me charme
     Tu condamnes mon corps à l’immobilité
     Eveillant mon esprit à d’autres voluptés

 Accrochée aux étoiles en quête d’infini
 Croisant milles visages, en foule, réunis
 Je guette chaque nuit, ton regard bleuté
 Qui toujours me surprend d’avoir voulu l’épier…

 

4 - Vous autres…

Il y a des orages où la foudre émerveille
Des bonheurs innocents où le plaisir sommeille
Des couleurs arc-en ciel où la beauté domine
Et des horizons calmes où certains yeux s’arriment

Il y a des Amours, comme des boutons d’or
Qui s’éveillent sans bruit, quand le jour s’endort
Des volcans impétueux, ignorant le chaos
Et des fleuves tranquilles invitant au repos 

Il y a bien trop de choses impossibles à comprendre
Que vous croyez bien faire en nous montrant du doigt
Nous, qui vers l’infini, marchons, sans plus attendre
Et combattons vos coups, vos questions, vos pourquoi !

Vous avez su bâtir des murailles de glaces
Des prisons, des devoirs et des voies sans issue
Mais s’il nous faut mourir pour gagner notre place
Je vous jure que la mort sera la bienvenue

Car nous sommes l’orage embelli par la foudre
Ces bonheurs innocents qui attisent vos peurs
Ces couleurs arc-en-ciel où vous jetez la poudre
Et ces horizons calmes déchainant vos ardeurs

Nous sommes ces amours, comme des boutons d’or
Qui s’éveillent sans bruit, quand le jour s’endort
Ces volcans impétueux qui invitent aux aveux
Et ces fleuves tranquilles… où se noieront vos yeux…


   5 - Sous titre

Ce vieux monde appartient à ceux qui le renversent
Ceux qui d’un coup de cœur, font l’Immoralité
Ceux qui d’un coup de sang réinventent l’ivresse
Et qui n’acceptent pas de se laisser juger

Ce vieux monde courbé sous tant de servitudes
De misères exploitées, de devoirs incisifs
J’aimerais l’entrevoir changer ses habitudes
A force de courage, d’audace ou coups de griffes

Ce vieux monde, je veux, pour toi, le renverser
Ne plus laisser tes yeux s’abimer davantage
Ne plus sentir ton cœur, brusquement basculer
D’un espoir fragile, au plus sombre naufrage…

 

6 - Démon de minuit

Accroché à tes lèvres, ce sourire de diamant
Fait de mille facettes et de mille tourments
Semble nourrir un feu dont tu es la maitresse
Attirant malgré toi, les plus vives tendresses

Comme ces vierges antiques aux visages de fées
Aux regards lointains, aux gestes imprégnés
D’allures nonchalantes, le cœur toujours serein
Tu exploses au grand jour dès que la nuit survient

Provocante, alléchante, sans doute et sans paraître
Tu donnes tout pour rien mais tu prends tout de l’Etre
Qui s’est, dans tes filets, attardé par Amour
Au jeu de tes éclipses qui ne dure qu’un jour…

 

  7 - Délirium

Vains Amours, Vaines haines, inutiles passions
Mes bagages sont vides de tant d’illusions
Perdues, je ne sais où, volées, je ne sais quand
Au détour d’un sourire ou d’un baiser brulant

Mes bagages sont vides et pourtant ils me pèsent
Tels des souvenirs consumés dans la braise
Braise… génératrice de brulures malfaisantes
Témoignages vivants de plaies encore béantes…

 

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