A l’Evidence – I Can’t Think Straight de Shamim Sarif

A l'Evidence - I Can't Think Straight de Shamim Sarif

Titre Français : À L'Évidence

Titre Original : I Can't Think Straight

Auteur : Shamim Sarif

Date de Sortie : 28 Janvier 2011

Nationalité : Britannique

Genre : Roman d'Amour

Nombre de Pages : 177 pages

Editeur : KTM Éditions

ISBN : 978-2-913066-48-9

À L'Évidence : Quatrième de Couverture

À Amman, Tala s’apprête à se fiancer pour la cinquième fois et semble bien décidée à suivre Hani, son nouvel élu, jusqu’à l’autel. À Londres, Leyla fréquente Ali, pour le plus grand plaisir de ses parents, mais elle n’est guère convaincue de la profondeur de ses sentiments pour le jeune homme. Le jour où ces deux héritières de très bonnes familles vont se croiser, leur complicité et leur attirance seront immédiates. Dès lors, elles vont porter sur leur avenir un tout autre regard et devoir s’affranchir du carcan des conventions dans lequel elles ont grandi. Jusqu’où seront-elles prêtes à aller pour imposer leur choix ?

Écrivaine, scénariste et réalisatrice, Shamim Sarif est née à Londres dans une famille sud-africaine d origine indienne. À l’évidence est son troisième roman. Elle le porta elle-même à l’écran sous le titre I Can’t Think Straight.

À L'Évidence : Avis Personnel

Difficile de lire et de critiquer un roman après avoir vu le film dont il est tiré. Difficile parce que forcément on a ce parti pris qui pousse à la comparaison. Rien n’y fait, les images sont là et même en essayant de les bloquer et de les ignorer, impossible de rester impartiale. Heureusement pour tout le monde, j’avais adoré le long-métrage, que je considère comme une excellente comédie romantique lesbienne qui finit bien et j’ai été sous le charme du roman.

Le livre offre une vision plus large et surtout une psychologie bien plus fouillée et aboutie des personnages secondaires. Alors que le film s’attachait uniquement à suivre la relation de Leyla et Tala en passant un peu vite sur la famille et les amis, le bouquin s’attache à décrire les parents des deux jeunes femmes, leurs sœurs et leurs petits amis. Cette plongée plus psychologique qu’éblouissante permet de comprendre toutes les différences qui existent entre Leyla et Tala tant au niveau de leur éducation que de leur train de vie en passant par leurs aspirations.

Tala révèle toute sa ténacité à essayer de s’émanciper de sa riche famille pour monter sa propre boîte. Mais elle n’est pas seule, Zina, la cadette vit à New York où elle fait ses études et déprime rien qu’à l’idée de devoir retourner en Jordanie pour le quatrième mariage de Tala. Lamia, la seconde est anorexique et fait tout pour s’attirer les bonnes grâces de sa mère, Reema. Reema qui est vraiment un personnage de mère fouillé et complexe à souhait.

À côté de cette famille, celle de Leyla apparaît presque banale et c’est surtout la petite sœur, Yasmin qui possède un humour salvateur et une capacité à bousculer les conventions qui attire l’attention. On comprend que Leyla a toujours fait ce qu’on attendait d’elle sans se poser de questions et Yasmin se sent donc comme le vilain petit canard. La révélation de l’homosexualité de sa sœur va donc provoquer un séisme au sein de sa famille.

L’intérêt du livre réside à mon sens dans le fait qu’il permet à l’histoire de dépasser la simple romance. Le film était un film romantique qui finit bien. Le livre est une histoire d’amour de deux femmes issues de deux cultures différentes qui vont aller au bout de leur désir malgré la réprobation de leurs familles respectives.

Une chose est certaine, je ne regrette pas d’avoir lu ce roman même si les visages de Leyla et Tala resteront pour moi, à tout jamais, associés à Sheethal Sheth et Lisa Ray.

À L'Évidence : Extraits

« Tala chercha ses affaires pour la douche pendant quelques minutes.
– Comment avez-vous fait pour remporter le dernier jeu ? demanda-t-elle. J’ai bien cru qu’il allait me revenir.
– J’ai prié pour une intervention divine, rétorqua Leyla, ironique.
Tala leva les yeux vers elle, le visage sérieux.
– Écoutez, je n’ai pas dit que Dieu n’existait pas. C’est juste la religion qui me gêne. Je suis désolée si je vous ai offensée l’autre jour.
Leyla détourna les yeux.
– Non, en fait, vous m’avez fait réfléchir.
– Sur quoi ?
– Sur pourquoi on suit certaines voies. Est-ce que c’est parce qu’on a des aspirations ? Ou qu’on est conditionnés ?
Leyla s’interrompit, soudain, comme si elle en avait trop dit, et se cogna la main sur un casier en voulant se tourner. Tala entendit son soupir de douleur et s’avança vers elle, pour lui prendre la main, ce qui eut l’air d’énerver Leyla un peu plus.
– C’est rien, je suis juste maladroite.
Tala retint les doigts meurtris dans les siens et attendit que Leyla croise enfin ses yeux.
– Vous savez, vous devriez vraiment vous détendre davantage. Apprendre à vous sentir mieux dans votre corps.
Leyla essaya de soutenir son regard, de relâcher ses épaules et de se montrer plus à l’aise, mais elle n’en parut que plus maladroite et plus attachante. Tala libéra la main de Leyla et ramassa ses affaires.
– Qu’est-ce que tu fais demain ? demanda-t-elle.
– Je suis censée déjeuner avec ma famille. C’est dimanche.
Tala approuva d’un signe de tête et se dirigea vers les douches, d’où provenait l’écho sourd des gouttes d’eau s’écrasant au sol à intervalles réguliers.
– Pourquoi ? demanda Leyla, d’une voix hésitante, derrière elle.
Tala se retourna.
– Pour rien. J’allais juste te demander si tu voulais déjeuner avec moi. Avec peut-être une promenade dans le parc… J’aimerais faire un peu mieux connaissance. » (Page 50-51)

A propos de Isabelle B. Price

Isabelle B. Price
Créatrice du site et Rédactrice en Chef.Née en Auvergne, elle s’est rapidement passionnée pour les séries télévisées. Dès l’enfance elle considérait déjà Bioman comme une série culte. Elle a ensuite regardé avec assiduité Alerte à Malibu et Les Dessous de Palm Beach avant l’arrivée de séries inoubliables telles X-Files, Urgences et Buffy contre les Vampires.

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