A l’Origine de Karen X. Tulchinsky

À l'origine de Karen X. Tulchinsky

Titre Français : À l'origine

Titre Original : Love Ruins Everything

Auteur : Karen X. Tulchinsky

Date de Sortie : 08 Novembre 2004

Nationalité : Canadienne

Genre : Roman d'Amour

Nombre de Pages : 278 pages

Editeur : KTM Éditions

ISBN : 2-913066-19-4

À l'origine : Quatrième de Couverture

Nomi s’est installée à San Francisco pour vivre avec Sapphire qui décide soudainement d’explorer son hétérosexualité. Rien ne va plus. Quant à sa mère, elle choisit cette période trouble pour se remarier et la réclamer d’urgence à Toronto. Cette perspective n’enchante pas Nomi. Des retrouvailles inattendues avec son cousin Henry et le charme irrésistible de Julie vont cependant donner à cette escapade canadienne, une tournure imprévue, riche en couleurs et en péripéties.

Karen X. Tulchinsky vit à Vancouver où elle travaille pour le cinéma et la télévision tout en collaborant à de nombreux magazines dont Curve, Diva, GirlfriendsÀ l’origine est son premier roman.

À l'origine : Avis Personnel

À l’origine à beau être le premier roman de Karen X. Tulchinsky, le moins que l’on puisse dire c’est qu’il est très abouti et que l’auteure nous offre ici une tanche de vie passionnante. L’écriture est simple et abordable, l’histoire commence sur une scène de rupture et une lesbienne dépressive, encore amoureuse de son ex, prête à tout pour la reconquérir en premier lieu puis ensuite prête à tout pour la faire souffrir, même à se suicider et enfin, capable de l’oublier et de réaliser qu’elle a encore toute la vie devant elle.

Nomi est une trentenaire juive qui a quitté le Canada pour emménager chez la femme qu’elle aimait et qui vit illégalement sur le territoire américain. Quand la femme pour laquelle elle a tout abandonné la trompe et la quitte, elle pense que sa vie n’a plus aucun sens. Mais le monde ne s’arrête pas quand une lesbienne se sépare de la femme qu’elle aime. Au contraire, il continue de tourner. Et Nomi doit bientôt quitter les États-Unis pour assister au remariage de sa mère, jeune veuve, qui va se dérouler à Vancouver. Évidemment, vous vous doutez que sur place, elle va rencontrer une magnifique lesbienne au sourire envoutant…

La véritable surprise de ce roman, réside dans son écriture à deux voix. Nomi parle à la première personne au début du livre, et une fois qu’elle arrive à Vancouver et qu’elle rend visite à son cousin, Henry, un homo séropositif qui a été tabassé dans la rue, c’est ce dernier qui devient le narrateur. Un échange très intéressant qui permet de fouiller une seconde vie, celle d’Henry qui sera toujours liée à celle de Nomi mais qui parlera de tout autre chose. Henry va parler de l’apparition du sida, de sa séropositivité, de l’homme qu’il aime et qu’il refuse de perdre… Un second personnage très intéressant qui permet au livre d’être plus qu’une simple romance lesbienne.

Bon, j’avoue par contre que la conspiration selon laquelle ce serait les Américains qui auraient créé le virus du sida et qui l’auraient volontairement inoculés à des gays afin de voir ses effets m’a laissée totalement perplexe. Je me suis même dit que c’était grave de voir apparaître ce type de thèse négationniste dans un roman grand public. C’est ma seule réserve et c’est vraiment à laisser de côté. Ou alors cela vous permettra de découvrir qu’effectivement certaines personnes remettent en cause l’existence du VIH et du SIDA comme l’explique le Docteur Gilles Pialoux.

Un très bon livre qui reprend la formule gagnante du 2 en 1.

À l'origine : Extraits

« Les derniers rayons du soleil couchant se réfléchissent sur la marquise du Castro Theater et miroitent sur notre table. Nous sommes dans notre restaurant thaï favori à San Francisco. Nous y venons tous les mardis soirs pour leur plat du jour, le curry de fruits de mer. La lumière m’éblouit et m’oblige à plisser les yeux pour regarder mon amoureuse. Sapphire sourit, approche la main de son verre de vin blanc.
– Je crois qu’on devrait cesser d’être monogames, annonce-t-elle en buvant une gorgée.
Quoi ?
Un morceau de crevette au curry se loge quelque part dans ma gorge. Sapphire replace son verre sur la table avant de prendre une grande inspiration.
– Je cherche à te parler de ça depuis ce matin.
J’avale péniblement, en essayant de faire descendre la crevette.
– Vraiment ?
– Ça me trotte dans la tête.
– Depuis quand ?
Elle prend sa fourchette et joue avec un morceau d’aubergine sautée.
– Depuis hier.
– Hier ? Que s’est-il passé hier ? Je croyais que tu étais allée faire des courses ?
– C’est exact.
– Chez Safeway.
– C’est exact.
– Et après, tu es rentrée à la maison.
– Oui, c’est ça.
Elle embroche férocement l’aubergine. À la table voisine, à dix centimètres à peine, un couple d’homos d’une quarantaine d’années discute d’un nouveau logiciel qui va révolutionner le secteur bancaire. Ils ont tous les deux les cheveux courts, poivre et sel, clairsemés sur le dessus. L’un a une moustache, l’autre un bouc. Leurs pulls ont une couleur verte assortie.
– Et pendant que tu faisais les courses, tu as décidé qu’on ne devait plus rester monogames ?
– Oui. Non. En fait… pas pendant que je faisais les courses. Je ne sais pas vraiment quand. Ça m’est venu, c’est tout.
Je croise les bras sur ma poitrine et lâche, en haussant la voix :
– Qui est cette fille ? » (Pages 9-10)

A propos de Isabelle B. Price

Isabelle B. Price
Créatrice du site et Rédactrice en Chef.Née en Auvergne, elle s’est rapidement passionnée pour les séries télévisées. Dès l’enfance elle considérait déjà Bioman comme une série culte. Elle a ensuite regardé avec assiduité Alerte à Malibu et Les Dessous de Palm Beach avant l’arrivée de séries inoubliables telles X-Files, Urgences et Buffy contre les Vampires.

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