Bloomington : Interview de Sarah Stouffer, l’interprète de Jackie

Bloomington : Interview de Sarah Stouffer, l'interprète de Jackie

Interview accordée à l'équipe d'Univers-L le 10 Novembre 2010 pour le site Univers-L.com

Bloomington marque vos débuts au cinéma. Qu’est-ce qui vous a séduite dans ce rôle ?

Jackie essaie de découvrir qui elle est en tant que personne, indépendamment de son passé. C’était vraiment intéressant pour moi et je pense que tout le monde peut s’identifier à ça d’une certaine manière.

Le fait que dans le film, Jackie ait une relation homosexuelle avec Catherine vous a-t-il fait craindre des répercussions négatives pour votre carrière naissante ?

Je n’avais pas peur du tout de la relation homosexuelle, pour être honnête, ça ne m’a même pas traversé l’esprit. Je m’inquiétais pour les scènes de sexe et combien elles en dévoileraient… Mais ça aurait été la même préoccupation avec un professeur masculin.

Vous sentez-vous proche de Jackie avec laquelle vous semblez avoir plusieurs points communs ? Comment voyez-vous votre personnage ?

Pourquoi dites-vous qu’on a l’air d’avoir beaucoup en commun !? Haha. C’est vrai que je me sens proche du personnage. Jackie est fragile derrière cette dureté apparente.

Avez-vous déjà été fascinée par un(e) enseignant(e) ?

Hahaha. J’ai fait l’école à domicile. J’ai vu un professeur une fois par semaine de la sixième jusqu’au bac. C’était un merveilleux enseignant… C’est tout.

Comment avez-vous trouvé le juste équilibre pour traduire à la fois la force et la fragilité de Jackie ?

Je suppose que ça signifie que j’ai joué suffisamment bien pour que vous perceviez ça, donc c’est bien ! Je ne sais pas, j’ai juste essayé de ressentir ce que je ressentirais si j’étais dans la même situation.

Jackie ne se définit pas vraiment comme lesbienne et cet aspect n’est pas celui qui est le plus développé de sa personnalité. En avez-vous tenu compte quand vous vous êtes préparée pour le rôle ?

J’AIME ça chez Jackie… Parce que je trouve que ça correspond tellement à la vraie vie. Je ne connais personne qui laisse sa sexualité définir qui il est en tant qu’individu… C’est seulement une des pièces du puzzle qui contribuent à faire une personne magnifique.

Pensez-vous que Jackie réalise le sacrifice que fait Catherine en la laissant partir vivre sa vie ?

Je pense qu’elle le comprend jusqu’à un certain point, mais je crois aussi que Jackie est un peu aspirée par tout ce qui arrive dans sa propre existence pour se rendre compte du poids de ce choix.

Bloomington est le premier film de Fernanda Cardoso et on sent une réelle maîtrise tant au niveau du script que de la réalisation. C’est comment de tourner avec elle ?

Fernanda est une fantastique réalisatrice. J’ai tellement de chance d’avoir pu travailler avec elle pour mon premier film. Elle a été très patiente avec moi, répondant à toutes mes questions de « comédienne novice ». Elle sait garder le plateau très professionnel, elle sait ce qu’elle veut et elle est très efficace pour l’obtenir.

S’agissant de votre premier film, Allison McAtee vous a-t-elle donné des trucs ? Avez-vous particulièrement travaillé à créer l’alchimie entre vos deux personnages ?

Allison a été géniale ! Je ne peux pas imaginer tourner ce film avec quelqu’un d’autre. Elle a constamment été un pilier de force tout au long du projet, toujours là pour moi si j’avais des questions à propos du personnage ou si j’avais besoin de conseils. Et ça ne gâche rien que ce soit siii marrant de traîner avec elle, sur le plateau et en dehors !

C’est comment de tourner une scène d’amour ? La première vous avez l’air pétrifié mais ensuite on sent que Jackie est beaucoup plus à l’aise. Ça a été pareil pour vous en tant qu’actrice ?

C’est drôle que vous disiez ça car toutes les scènes d’amour ont été filmées dans le désordre. Donc le premier baiser entre Allison et moi intervient en fait à un stade où dans le script Jackie et Catherine étaient très à l’aise l’une avec l’autre. En ce qui me concerne, j’ai été bien à l’aise dès le début. Après nous être débarrassées du premier baiser, ça n’était plus un souci.

Qu’est-ce que vous avez éprouvé sur ce premier tournage ? Qu’est-ce qui vous a marquée ?

Le tournage de Bloomington a été le meilleur mois de ma vie à ce jour. C’était une expérience complètement incroyable du début à la fin. Nous avions les meilleurs acteurs et techniciens ! Pendant un court moment, j’ai eu le sentiment d’appartenir à une petite « famille Bloomington » et c’était fabuleux !

Dans le film, en préliminaire d’une scène d’amour, Jackie récite à Catherine les dialogues de sa série de science-fiction. A-t-il été difficile de jouer cette scène où le texte et l’action sont complètement dissociés ?

OH MON DIEU ! Ça a été tellement difficile de tourner cette scène !! Je suis ravie que vous sentiez ma souffrance en le faisant ! Je ne pourrais pas me souvenir des dialogues même si ma vie en dépendait ! J’adorerais voir les rushs de cette journée et compter combien de fois je me suis arrêtée au milieu d’une ligne pour demander mon texte !

D’ailleurs, après une telle expérience, vous êtes apte à écrire un dictionnaire des mots coquins intergalactiques ? Pensez-vous que cela pourrait être une reconversion envisageable ?

Je serais incapable de me rappeler une seule ligne même si vous me payiez… J’ai essayé.

Depuis Bloomington, vous courez les castings ou les propositions viennent à vous ? Quels sont vos projets à venir ?

J’espère bien ! J’espère que ma prestation attirera l’attention de quelques directeurs de castings !

Traduction Magali Pumpkin

Sarah Stouffer

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