Charlotte Dite « Charlie »

La difficile découverte de son homosexualité

Affiche : Charlotte Dite « Charlie »

Année de Production : 1995

Réalisation : Caroline Huppert

Scénario : Colo Tavernier

Avec : Eloïse Charretier (Charlotte / Charlie), Amandine Dewasmes (Babou), Geneviève Mnich (Le père), Jacques Mathou (La mère), Sophie Broustal (Vévé), Marc Citti (Arnaud), Brigitte Catillon (Mireille), Philippe Volter (Serge), Alexis Pivot (Nicky), Vanessa Wagner (Béa), Nicole Berger (Alexis Pivot), Morgan Perez (Pierrick), Frédéric Mangenot (Olivier)

Nationalité : Française

Genre : Adolescence, Drame

Durée : 1h 35min.

Titre Original : Charlotte dite ‘Charlie’

Charlotte Dite « Charlie » : Résumé

Charlotte est une adolescente de 15 ans sans histoire à qui tout semble réussir. Elle est la première de sa classe, se passionne pour la musique, le théâtre et le dessin et partage de forts moments de complicité avec sa meilleure amie Babou. Elle est donc belle, intelligente et appréciée, entourée par ses amis et sa famille.

Mais Charlotte est mal dans sa peau. Elle ne peut pas définir ce qui la ronge de l’intérieur bien qu’elle pense comprendre. Elle souffre, seule, en silence, jusqu’à ce que cela devienne intolérable…

Charlotte est une adolescente de 15 ans sans histoire à qui tout semble réussir. Elle est la première de sa classe, se passionne pour la musique, le théâtre et le dessin et partage de forts moments de complicité avec sa meilleure amie Babou. Elle est donc belle, intelligente et appréciée, entourée par ses amis et sa famille. Mais Charlotte est mal dans sa peau. Elle ne peut pas définir ce qui la ronge de l’intérieur bien qu’elle pense comprendre. Elle souffre, seule, en silence, jusqu’à ce que cela devienne intolérable…

L'avis d'Univers-L

Scénario/Réalisation
Casting
Lez/Bi Quantité
Lez/Bi Qualité

Résumé : Touchant et juste.

Note des lectrices : 3.73 ( 2 votes)
58

Ce téléfilm, réalisé en 1995 par la chaîne France 2, offre une vision très rare de l’homosexualité féminine à l’adolescence. En effet, l’histoire s’attache au point de vue de Charlotte et à son ressenti. Ce qui est excessivement difficile, à savoir parler de l’adolescence et de tout ce qui arrive à une telle période de la vie est ici dressé avec une justesse et une exactitude qui font peur et pleurer à certains moments clés.

Charlotte a tout pour être heureuse mais elle ne l’est pas. Elle s’interroge, pourquoi n’est-elle donc pas attirée comme ses sœurs ou ses amies par les garçons et est-elle à ce point troublée par les femmes ? Plus elle va se poser la question et plus elle va s’enfoncer dans le désespoir et le refus tout en se coupant, en parallèle, de ceux qui l’aiment.

Ce qui est très bien fait dans ce téléfilm c’est que rien n’est tout blanc ou tout noir, ce ne sont que des variations de gris. La famille de Charlotte par exemple est une famille moyenne qui possède son propre magasin de fleurs. Ses parents semblent s’aimer et sont unis et fiers de leurs enfants. Ils vivent tranquillement et n’ont pas de problèmes d’argent puisqu’ils accueillent à bras ouvert leur fille enceinte, leur gendre et leur petit-fils en attendant que cette dernière accouche. Vévé fume comme un pompier, passe son temps à engueuler son fils mais elle est en même temps bouleversée quand elle découvre que sa sœur souffre.
Pareil pour Babou, la meilleure amie. Elle est comme toutes les meilleures amies. Heureuse de tomber amoureuse, elle oublie Charlotte avant de la retrouver et de s’excuser quand elle se fait plaquer.

Ce qui étouffe Charlotte c’est le fait de ne pouvoir parler à personne de ce qu’elle ressent. Mais comment le pourrait-elle alors que ce n’est qu’un ressenti, qu’un sentiment tenace, quelque chose qui l’oppresse mais qu’elle n’a pas le courage de nommer ? Le mot ne sera d’ailleurs dit que dans les dernières minutes du film. L’homosexualité n’est pas clairement verbalisée parce que Charlotte préfère les filles mais n’en est pas encore à considérer que cela fait partie de son identité. Elle a 15 ans et elle vient juste de comprendre qu’elle était différente.

Le réalisme va jusqu’à faire des parents, des gens terriblement gentils et aimants. Charlotte pourrait leur parler et leur expliquer, on est persuadé qu’ils comprendraient. Oui mais elle ne peut pas parce que des trois filles, elle est la meilleure à l’école, la plus stable, la plus intelligente. Elle a peur de les décevoir et de les blesser. Quand le père découvre que sa fille a fait une tentative de suicide, il dit que si elle était morte, il se serait tué. Il fait tout pour se rapprocher de Charlotte, pour la comprendre et éviter qu’elle ne recommence. C’est le bon côté de la chose, le mauvais, c’est qu’ils nient la tentative de suicide en racontant à tous ceux qui veulent l’entendre que Charlotte a fait une péritonite. Ils sont sidérés par cette nouvelle et mettent en place leurs propres mécanismes de défense.

À la fin, on sait que Charlotte va s’en sortir. Elle a une force dont elle n’a pas conscience et surtout elle a un appui, une personne à qui elle peut parler, son professeur de guitare. Un homme dont l’homosexualité est tournée en ridicule par sa sœur au début du téléfilm mais qui sera sa bouée de sauvetage et son moyen de s’accepter telle qu’elle est. C’est d’ailleurs à lui qu’elle parle pour la première fois se libérant ainsi de ce lourd fardeau.

Ce téléfilm ose traiter d’une période terriblement difficile dans la vie de n’importe quel homosexuel, à savoir la découverte de l’homosexualité. Sans tomber dans le pathos, avec sensibilité et justesse, il explore une réalité que j’espère aujourd’hui, 15 ans après, un peu moins répandue depuis l’avènement de la télévision et d’Internet, l’isolement face à la découverte de ses préférences sexuelles.

Un incontournable à découvrir.

Charlotte Dite « Charlie » : Extraits

CHARLOTTE : Ton ami avec qui tu vivais à Paris, c’était un mec ?
SERGE : Ouais. Pourquoi ?
CHARLOTTE : Comme ça. T’es déjà sorti avec une femme ?
SERGE : C’est arrivé, oui. Mais ça a jamais été très concluant. Tu veux un autre verre ?
CHARLOTTE : Non merci. Et elles étaient amoureuses de toi ?
SERGE : C’est arrivé, oui.
CHARLOTTE : On dit que les filles qui tombent amoureuses des…
SERGE : …Des homos, oui.
CHARLOTTE : Eh ben on dit que c’est qu’elles mêmes elles le sont.
SERGE : Pas systématiquement… mais ça arrive.
CHARLOTTE : À quel âge tu l’as su ?
SERGE : À peu près ton âge, vers 15–16 ans. Je sortais d’un cinéma. Un film avec Deborah Kerr et Cary Grant. Je me souviens plus du titre. Ils formaient un couple superbe. Seulement je me suis aperçu que dans les scènes d’amour ce n’était pas à lui que je m’identifiais mais à elle.
CHARLOTTE : Et ça t’a fait quoi ?
SERGE : En sortant du cinéma je suis entré dans un café, je me suis enfermé dans les toilettes et j’ai chialé comme un môme. Au début ça donne envie de se foutre en l’air.
CHARLOTTE : Et après ?
SERGE : Après, je me suis habitué. J’ai eu des aventures, je suis tombé amoureux, comme tout le monde. Je suis devenu un petit Français moyen.
CHARLOTTE : Moi aussi ça me fait ça quand je regarde un film.
SERGE : Ton séjour à l’hôpital c’était pas une péritonite, n’est-ce pas ?
CHARLOTTE : Non. On sait quand on ose se le dire, c’est ça ?
SERGE : Oui, c’est ça.
CHARLOTTE : En fait on le sait depuis toujours.
SERGE : Je crois, oui. De quoi tu as peur Charlotte ? Tu es troublée par les filles et pas par les garçons ?

A propos de Isabelle B. Price

Isabelle B. Price
Créatrice du site et Rédactrice en Chef.Née en Auvergne, elle s’est rapidement passionnée pour les séries télévisées. Dès l’enfance elle considérait déjà Bioman comme une série culte. Elle a ensuite regardé avec assiduité Alerte à Malibu et Les Dessous de Palm Beach avant l’arrivée de séries inoubliables telles X-Files, Urgences et Buffy contre les Vampires.

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