CHRONIQUES DE SAN FRANCISCO (TALES OF THE CITY - SAISON 1) : UNE VISIBILITE GAY MAIS DES LESBIENNES PANTOUFLARDES
(Suite)
MOUSE : C'était ta maîtresse ?
Mona hoche la tête de manière affirmative.
MOUSE : Pourquoi ne me l'as-tu jamais dit ?
MONA : Ca ne m'a jamais semblé important. J'étais une gouine à la con.
MOUSE : Mais tu ne l'es plus ?
MONA : Elle s'en fiche.
MOUSE : Tu parles !
MONA : Elle est vraiment adorable.
MOUSE : Elle s'occupera de toi, tu pourras dévorer des bonbons et des revues de ciné jusqu'à plus soif. Bon Dieu ! Tu as peut-être renoncé depuis longtemps, Mona, mais je te laisserai pas gâcher ta vie ! Et t'es pas honnête. Elle voudrait d'une amante nulle qui craque pour la baignoire ?
MONA : Tu es injuste !
MOUSE : Rien est gratuit, Mona. Rien.
Ainsi commence le début de ce qui n'est pas une liaison mais plutôt un arrangement. Contrairement à Mouse qui passe son temps à s'envoyer en l'air avec des hommes (ce qui était une révolution et du jamais à la télévision en 1993), Mona et D'orothea ne font pas l'amour, ne s'embrassent même pas.
Elles sont plus des colocataires que des amantes. Elles n'ont jamais été un couple, seulement des amies. C'est très clair au cours de l'épisode 5, limpide durant le sixième. Durant ce dernier épisode, deux baisers sont évités de justesse. Et lorsque Mona découvre que D'orothea lui a menti, qu'elle n'est pas noire mais blanche et qu'elle a forcé sa pigmentation pour trouver du travail, elle la quitte et rentre à Barbary Lane.
D'orothea, la seule véritable lesbienne de la série s'est révélée être un imposteur. Pas sur sa sexualité comme on pourrait le penser au premier abord mais sur sa couleur de peau. Mona quant à elle, ne peut être considérée comme homosexuelle ou même bisexuelle, elle le dit elle-même, elle était « une gouine à la con ». Mona aime les hommes mais a choisi la sécurité auprès d'une femme pour ne pas souffrir. ou comment inverser les schémas communs !
Il est vraiment dommage que la seule représentation lesbienne de la série reprenne ce cliché commun et ancien qui veut que les lesbiennes soient lesbiennes parce qu'elles n'ont pas trouvé l'homme qui leur convient. Mona s'inscrit exactement dans ce schéma. A mon avis, il s'agit du plus gros raté de la série.
Cependant, cette première saison des Chroniques de San Francisco est une véritable réussite, surtout le deuxième volet, les épisodes 4 à 6 qui retiennent le téléspectateur grâce à leur dynamisme, leur développement plus poussé des intrigues et la psychologie et la diversité des personnages. Une saison réellement captivante si ce n'est ce mauvais aperçu qu'elle donne des lesbiennes. Heureusement, la suite les Nouvelles Chroniques de San Francisco et les Autres Chroniques de San Francisco ont plus ou moins réparé cette lamentable erreur.
Isabelle B. Price (Septembre 2005)



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