Citation de la semaine
« Si l’amour embellit les femmes, les femmes, elles, embellissent l’amour. » (Anne Bernard)
CLAIRE OF THE MOON : INTELLECTUALISATION DU DÉSIR



FICHE TECHNIQUE :
Année de Production : 1992
Réalisatrice : Nicole Conn
Scénariste : Nicole Conn
Avec : Trisha Todd (Claire Jabrowski), Karen Trumbo (Dr. Noel Benedict), Faith McDevitt (Maggie), Craig Damen (Brian), Leslie Hidula (Erika), Caren Graham (Tara), Sheila Dickenson (B.J.), Patricia Blem (Arrow), Melissa Mitchell (Adriennce), Gathering Marbet (Amy), Sherilyn Lawson (Lynn)
Nationalité : Américaine
Genre : Drame
Durée : 1h 47min.
Titre Original : Claire Of The Moon
RÉSUMÉ :
Dans l'Oregon, sur la côte, plusieurs femmes romancières se réunissent afin de participer à un atelier d'écriture à Arcadia. Le Docteur Noël Benedict et Claire Jabrowski, satiriste, se voient obligées de partager le même bungalow.
Les deux jeunes femmes sont très différentes l'une de l'autre et la cohabitation, très difficile devient vite insupportable. Claire est bruyante, distraite et couche avec des inconnus rencontrés dans des bars, Noël quant à elle, est calme, distante, concentrée et essaye de se remettre d'une histoire d'amour sans avenir avec une patiente.
Tous les jeudis soir, toutes ces femmes écrivains se réunissent afin de discuter de rhétorique et de sémantique. Maggie, la propriétaire des lieux, une lesbienne militante, mène les débats. Au cours de tous ces échanges, Noël et Claire passent leur temps à s'affronter. Puis Noël révèle son homosexualité durant une discussion. Claire est troublée par cette révélation et va petit à petit se rapprocher de la jeune femme.
Un chassé-croisé amoureux s'engage alors entre Noël et Claire, parsemé de réflexions philosophiques.
AVIS PERSONNEL :
Ce film traite avec subtilité du désir, de la force de celui-ci et de sa persistance qui peut devenir des plus entêtantes. Il aborde de manière intéressante la peur qui résulte de l'attirance et de la passion.
Les actrices jouent extrêmement bien et donnent vie à leurs personnages. Elles s'affrontent au début puis s'observent, se découvrent et finalement se rapprochent.
Une seule chose peut être reprochée à ce long-métrage, ses longueurs. Ses longueurs et ses discours pseudo-philosophiques qui à la fin finissent par devenir lassant voire ennuyeux même si les thèmes abordés sont forts intéressants. L'histoire est réfléchie et les dialogues ont une consistance plutôt rare pour un film traitant de l'homosexualité féminine.
Claire of The Moon se laisse voir. Pourtant à la fin, persiste une impression désagréable difficile à définir. Comme si ce long-métrage s'était égaré dans un dédale de réflexion et un abyme de questions sans apporter la moindre réponse à part une belle scène d'amour.
CRITIQUES PRESSE & RÉCOMPENSES :
« Gracieux, sensuel et persuasif... élégant et articulé de manière impressionnante » (L.A. Times)
EXTRAITS :
TARA : Avez-vous oublié le mouvement féministe ?
NOËL : Pas du tout. Mais nous nous comportons comme des enfants qui veulent s'affirmer et qui au premier problème retournent dans les jupons de leur mère. Nous n'allons pas au fond de ce que nous réclamons.
TARA : Vous pensez à la préférence sexuelle ?
NOËL : À tout ça. Théoriquement, nous sommes un groupe de femmes évoluées qui réfléchissent sur notre mode de vie, notre travail ou nos compromis.
TARA : Certains compromis n'en valent simplement pas la peine.
NOËL : Si par ceci, vous faites référence à mon lesbianisme. Si j'avais fait un autre choix, c'est un compromis qui m'aurait coûté cher. Vous êtes épouvantée par mes choix. Je ne le prends pas pour moi. Mais vous avez illustré mon point de vue. Même nous les lesbiennes n'exploitons pas notre diversité dans notre sous-culture et simplement parce que nous avons peur de prendre le pouvoir.
CLAIRE : Peut-être collectivement. Mais individuellement, il y a un énorme pouvoir à être une femme si vous savez comment l'utiliser.
NOËL : Je ne flirte jamais avec les hétéros.
CLAIRE : Non ? Comment se fait-il ?
NOËL : Elles ont trop de prérogatives hétéros.
CLAIRE : Mais si elles ne faisaient que suivre leur destin ?
NOËL : Leur destin ? C'est plutôt un intérêt passager.
CLAIRE : Qu'en est-il de cette supposition exotique. Oh oui, votre théorie du Vampire.
NOËL : Ce n'est pas ma théorie, c'est une allégorie.
CLAIRE : Qu'importe, elle est intéressante.
NOËL : Pour qui ?
CLAIRE : Convertir quelqu'un peut être le summum de la séduction. Vous transpercez la peau, vous aspirez la passion et vous la laissez pantelante pour toujours.
NOËL : Jusqu'à ce que cela devienne inconfortable et que le mari le découvre. Ouvrir des portes peut être très excitant mais je ne suis pas la lesbienne de service. De plus, je n'ai jamais été impliquée dans une relation avec une bisexuelle.
CLAIRE : Je pense que vous n'avez jamais été impliquée du tout.
Isabelle B. Price (Juin 2005)









