Citation de la semaine
« Il n'y a pas de réussite facile ni d'échecs définitifs. » (Marcel Proust)
DES PARENTS PAS COMME LES AUTRES : UN TELEFILM AUDACIEUX SUR L'HOMOPARENTALITE



FICHE TECHNIQUE :
Année de Production : 2001
Réalisatrice : Laurence Katrain
Scénariste : Sandra Joxe
Avec : Louise Monot (Olympe), Elisabeth Bourgine (Martine), Lucas Bonnifait (Léo), Fanny Florido (Marion), Donatienne Dupont (Do), Julie Fournier (Géraldine), Samuel Labarthe (Antoine), Franck Lorrain (Fred)
Nationalité : Française
Genre : Drame
Durée : 1h 30min.
Titre Original : Des Parents Pas Comme Les Autres
RÉSUMÉ :
Olympe est une adolescente ordinaire. Amoureuse de Léo, elle sort pour la première fois avec le jeune homme lors d'une soirée organisée par Géraldine. Celle-ci passe son temps à épier les deux amoureux et suit Olympe jusqu'à chez elle. Là, elle menace l'adolescente de révéler la vérité sur sa famille si cette dernière continue à voir Léo.
Devant les sentiments de Léo pour Olympe, Géraldine folle de jalousie, avoue à tout le lycée que Martine, la mère d'Olympe est lesbienne. En effet, Martine habite avec Do, une « amie », depuis près de deux ans.
Alors que jusqu'à présent Olympe ne s'était pas réellement interrogée sur sa situation familiale, elle demande des explications à sa mère. Explications que celle-ci refuse de lui donner par peur. Refusant ce silence, Olympe tente de se définir entre crises, larmes, grosses colères, coups d'éclats et fugue.
Ne parvenant pas à trouver les réponses à ses questions auprès de sa mère, Olympe se rapproche de son père. Celui-ci, homosexuel avoué et fier, vit librement à Paris. Tout semble plus simple avec ce dernier mais le véritable problème concernant sa mère ne peut être éludé.
AVIS PERSONNEL :
Un téléfilm français réellement exceptionnel. Intelligent, filmé de manière très pudique, ce long-métrage est d'un réalisme poignant.
Le téléspectateur partage avec Olympe sa crise d'identité et sa recherche de vérité. Son désir de s'affirmer comme tout adolescent est entravé par le silence de sa mère et l'intolérance et la bêtise de Géraldine et des autres élèves.
Les acteurs sont formidables. Ils sont touchants et poignants. Elisabeth Bourgine dans le rôle de Martine compose un portrait de femme et de mère sensible, dépassé et inquiet époustouflant. Elle a tout fait pour protéger sa fille mais se rend compte, finalement qu'elle s'y est mal prise. Louise Monot est parfaite en adolescente paumée et perdue entre les rumeurs qui circulent sur sa famille et le non-dit qui règne dans celle-ci. Donatienne Dupont et Samuel Labarthe qui interprètent respectivement Do et Antoine sont justes et crédibles.
Un téléfilm intelligent à voir absolument qui aborde l'homoparentalité de manière juste et intéressante.
CRITIQUES PRESSE & RÉCOMPENSES :
« Un scénario audacieux et un jeu d'acteurs réussi. » (Le Monde)
« Une réussite. Réaliste et audacieux. » (L'Humanité)
« Un film intelligent où l'intolérance et la bêtise humaine sont dénoncées avec justesse, la distribution se révèle éblouissante. » (La Vie)
EXTRAITS :
GERALDINE : Je savais pas que t'aimais les garçons, toi. Je me suis pas méfiée. Je croyais que c'était telle mère, telle fille.
OLYMPE : Laisse-moi tranquille.
GERALDINE : Tu me l'as piqué, salope !
OLYMPE : Je t'ai rien piqué. Lâche-moi !
GERALDINE : T'approche plus de Léo sinon je vais pas me gêner. Je raconterai tout ce que je sais sur toi.
OLYMPE : Quoi ?
GERALDINE : Tu sais très bien.
MARTINE : Je t'ai déjà expliqué tout ça, ma chérie.
OLYMPE : Non, y a pleins de trucs que tu m'as jamais expliqué vraiment, dont tu veux pas parler. Comme de ta vie amoureuse par exemple.
MARTINE : C'est pas l'endroit et c'est pas le moment.
OLYMPE : J'en ai rien à foutre des gens. C'est jamais le moment ni l'endroit avec toi. Je voulais que tu me le dises franchement, que tu m'en parles en face.
MARTINE : Tout ce que j'ai à te dire c'est que j'ai beaucoup d'estime pour ton père, que je le respecte énormément. Mais je l'ai jamais aimé d'un amour fou. C'est pas maintenant que je vais te raconter des bobards.
OLYMPE : Oui. Mais parfois rien dire c'est mentir.
MARTINE : Elle me fait la guerre.
DO : Mais évidemment qu'elle te fait la guerre. Mais c'est à toi de faire la paix. T'as jamais pu parler avec ta mère et tu fais en sorte que ta fille veuille plus te parler. C'est toi qui compliques tout. N'ai pas peur.
MARTINE : À chaque fois que j'en parle c'est une catastrophe.
DO : Mais il s'agit de ta fille et de son équilibre.
OLYMPE : T'as pleuré. Elle comptait tant que ça pour toi ? Alors c'est un chagrin d'amour ? Je suis désolée. Je pouvais pas deviner. Fallait me le dire plus tôt. Tu m'en veux ? Putain, mais dis quelque chose, merde !
MARTINE : Qu'est-ce que tu veux que je te dise ? Que je suis malheureuse ? Que Do c'est la femme de ma vie ? Que je suis perdue si je la perds ? Ben voilà, c'est dit !
Isabelle B. Price (Juillet 2005)







