Etrangère au Paradis de Gudule

Etrangère au Paradis de Gudule

Titre Français : Etrangère au Paradis

Titre Original : Etrangère au Paradis

Auteur : Gudule

Date de Sortie : Septembre 2004

Nationalité : Française

Genre : Jeunesse

Nombre de Pages : 152 pages

Éditeur : Grasset-Jeunesse

ISBN : 2-246-67051-9

Etrangère au Paradis : Quatrième de Couverture

Léna est décidée à rencontrer la jeune éditrice qui traumatise sa mère en voulant rendre son dernier roman plus « commercial ».

Mais, quand elle se retrouve face à l’androgyne Sybille, la jeune femme qu’elle découvre éveille en elle des sensations inconnues et profondes…

Etrangère au Paradis : Avis Personnel

L’éditeur a présenté le roman de la sorte : « « Marie va mal, ça se voit à l’oeil nu. » Marie, c’est la mère de Lena ; mais c’est plutôt Lena, 15 ans, qui doit jouer le rôle de mère… Car la passion de Marie est une activité solitaire qui la coupe du réel : écrire… et aujourd’hui, elle est effondrée : suite au départ de son éditeur adoré, c’est une jeune éditrice qui parle de produits et de marketing qui vient de prendre sa place… et qui veut entièrement remanier son roman à paraître ! Devant l’abattement de sa mère, Lena décide d’aller voir elle-même cette éditrice aux dents longues. Mais la jeune femme qu’elle découvre alors éveille en elle des sensations inconnues et profondes… Alors que Lena vit sa première expérience amoureuse et physique avec l’un des plus beaux garçons du lycée, ses pensées s’envolent vers l’androgyne Sybille, dont le modèle est Colette, et ses pas l’entraînent jusqu’au « Paradis perdu », bar lesbien de Pigalle… Tandis que se modèle une nouvelle version du roman de Marie, aux allures plus commerciales mais qui finira néanmoins par mettre tout le monde d’accord, Lena se cherche et écrit les premières lignes de sa vie amoureuse… »

J’ai apprécié l’écriture, simple, épurée, accessible, qui fait que ce roman peut être lu dès le collège sans la moindre difficulté. L’histoire en elle-même m’a plutôt laissée sur ma faim ou ma fin, comme vous voulez.

J’ai eu le sentiment que l’aspect lesbien apparaissait parce qu’il n’était pas choquant. En fait Lena est attirée par Sybille, mais Sybille, qui est plus âgée et a déjà quelqu’un, ne fait rien pour donner vie à cette romance. Lena, de son côté, rêve. Elle rêve de son attirance pour cette femme androgyne tout en couchant avec son petit-ami, en le plaquant parce qu’il l’ennuie et en retombant amoureuse d’un autre.

La question de la bisexualité est seulement effleurée, à peine envisagée et les réactions de la mère et de la meilleure amie sont plutôt violentes dès que le lesbianisme est abordé. Marie s’écrie « Ne me dis pas que tu fricotes avec cette… cette gouine ! » (page 140) et Souad déclare page 94 « Deux filles ensemble, c’est dégueulasse ! ». C’est dur mais ça ne rebondit sur rien à part le roman plus commercial qu’écrit la mère de Lena et qui parle justement d’une professeure tombant amoureuse d’une de ses élève à l’époque de Mai 68.

En clair dans le roman à l’intérieur du roman, celui qui parle d’un amour lesbien, il se passe de nombreuses choses, mais par contre dans le roman que vous avez sous les yeux, il ne se passe pas grand-chose. L’exemple le plus flagrant reste à mon sens la scène d’amour. Lena explique « Cette scène d’amour, vingt fois je la relis » (page 133) oui mais vous vous ne la lisez pas, elle n’existe pas. La seule qui existe est hétéro enfin est plutôt embrouillée.

Le tout se termine de manière politiquement très correcte puisque Lena tombe dans les dernières lignes sous le charme d’un jeune adolescent. Ce n’était donc qu’une passade a-t-on envie de penser.

J’ai été déçue par l’histoire qui ne va pas jusqu’au bout même si le tout se lit très agréablement. À vous de juger.

Etrangère au Paradis : Extraits

« Marie attend ce moment-là toute l’année. Son bain de foule, comme elle dit. Son renvoi d’ascenseur, son retour de bâton. Sa confrontation avec le public. Bref, quel que soit le cliché qu’elle emploie pour le désigner, c’est du Salon du livre qu’il s’agit. Celui-ci a lieu une fois par an, fin mars, au Palais des Expositions de la Porte de Versailles. Ma mère y dédicace sur le stand d’In Quarto. Où elle absorbe des « J’adore ce que vous faites ! » et des « Vous êtes mon auteur préféré » jusqu’à plus soif. Ce qui la ravigote pour les douze mois à venir.
Or, l’inauguration a lieu ce soir.
En rentrant du lycée, je la trouve en plein essayage. C’est chose rare, chez elle. En général, elle est plutôt vêtue à la six-quat’-deux et préfère, à toute autre tenue, sa robe de chambre effilochée sur laquelle la chatte s’obstine à faire ses griffes. Quant à s’acheter des fringues… Les boutiques, c’est sa bête noire, la corvée majuscule. Lorsque je raconte ça a mes copines, elles sont sciées. Leurs mères à elles, faudrait les ligoter pour qu’elles renoncent aux emplettes. Surtout à la période des soldes ! » (Pages 53-54)

A propos de Isabelle B. Price

Isabelle B. Price
Créatrice du site et Rédactrice en Chef.Née en Auvergne, elle s’est rapidement passionnée pour les séries télévisées. Dès l’enfance elle considérait déjà Bioman comme une série culte. Elle a ensuite regardé avec assiduité Alerte à Malibu et Les Dessous de Palm Beach avant l’arrivée de séries inoubliables telles X-Files, Urgences et Buffy contre les Vampires.

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