J'ai l'impression de fuir ce sujet à ne pas savoir comment formuler avec justesse mes impressions et pourtant j'en ai envie aussi de participer à ce sujet.
Je l'ai vu mardi dernier. J'ai proposé à mon père de le voir avec moi. Il est venu.
Pour la version super résumée de mes impressions et même de celles de mon père, on a clairement aimé ce film.
Dans mon petit fauteuil en salle obscure, je n'ai pas extériorisé de larmes, je n'ai pas eu des vagues de chaleur à ne plus savoir comment me tenir lors des tensions très, comment dire, troublantes, pour ne pas dire hot, mais je peux dire qu'intérieurement je suis passée par diverses émotions intenses. Par contre, je n'ai pas pu m'empêcher d'extérioriser des sourires à plusieurs reprises.
Ce film est un réel voyage fort en émotions qui évolue avec fluidité, un voyage qui petit à petit sans précipitation, sans lenteur non plus, monte en intensité, alimenté par divers rebondissements palpitants jusqu'au générique de fin. Le suspense est vraiment jusqu'au bout, surtout à mon avis quand le livre n'a pas été lu.
Je crois qu'il fait partie de ces films qui partagent les sensibilités ainsi > soit dès les premières minutes, voire secondes, le premier train est pris et destination passion, soit d'entrée de jeu la prise du train est loupée et ennui sur le quai.
J'ai franchement plein de choses à dire, donc j'en resterai là pour l'instant et je reviendrai plus en détails une prochaine fois.
PS: Je voulais laisser cette photo de Rooney Mara, qui n'a aucun rapport direct avec le film, mais je trouve qu'elle n'est pas si éloignée de l'esthétisme du film et aussi son regard étonnant ressort bcp, enfin bref, j'avais envie de la partager :
Modifié en dernier par Chrysalide le mar. 16 févr. 2016 10:15, modifié 2 fois.
Audrey217 a écrit :Petite photo prise hier soir lors des BAFTA awards à Londres malheureusement le film n'a remporté aucun prix malgres 9 nominations.. Mais nous avons gagner de jolies photos de Cate Blanchett et Rooney Mara !
Comme écrit précédemment, je reviens avec plus de mots.
Je suis clairement tombée amoureuse de ce film, mais vraiment, du début jusqu'à la fin. Et pour approfondir mes impressions, envie de commencer par des lignes principales que j'ai aimées de l'ensemble du film, sans révéler des éléments de l'intrigue.
Tous les acteurs sont top, les deux actrices principales sont épatantes chacune à sa manière, la manière de filmer est superbe, la construction du film est fluide et prenante, la musique est top, les dialogues respirent la simplicité et la profondeur à la fois. D'un sujet principal, d'autres sujets se trouvent imbriqués et chacun est traité avec une humanité qui fait du bien. Même si l'intrigue se concentre énormément sur Carol et Therese, et qu'elles sont sublimées avec un grand naturel autant par le jeu des actrices que par la manière de les filmer (de filmer leurs émotions au-delà des mots), tous les personnages qui gravitent autour, une réelle expressivité, une réelle profondeur, leur sont également données, n'ayant pas pour le coup l'impression qu'ils ne sont que là pour décorer l'arrière-plan. Oh et aussi, j'ai bcp aimé les décors, l'ambiance des lieux, l'ambiance aussi dans les rues, les vêtements... Trouver une fausse note, je n'y arrive pas.
Je n'ai pu le voir qu'une seule fois, car par chez moi il n'est resté à l'affiche que quelques jours, même pas une semaine, donc j'en suis restée à une seule séance, ce que je regrette! si j'avais pu, je serais allée le voir encore... et encore... et...
Une de mes répliques favorites, que je mets sous spoiler :
Je ne me souviens plus mot à mot, mais l'idée est la suivante, de la part de Carol > "Quand on pense avoir touché le fond, voilà qu'il n'y a plus de cigarettes". J'ai juste adoré. Dans ce moment assez critique et violent avec son mari, lors de Noël, plus Therese qui malgré elle se retrouve à en être témoin tout en étant totalement désemparée, la résonance de cette réplique quelque peu inattendue m'a plu. Ce n'est pas du total cynisme de la part de Carol, mais presque. Puis après j'ai trouvé intéressant et j'ai aimé le contraste par la réaction de Therese qui cherchait à être attentionnée envers Carol, mais qui s'est fait un peu envoyer bouler par cette dernière. Je trouvais que c'était le genre de scène, dans des phases critiques, qui participait à présenter les contrastes des personnalités des deux héroïnes.
J'en profite pour souligner sous cette balise, une autre réplique que j'ai aimée, du côté de Therese cette fois-ci.Elle dit en gros qu'on lui conseille de s'intéresser un peu plus aux humains, en parlant de ses sujets photographiques. Et la manière dont elle l'a dit, avec une certaine innocence dans mes souvenirs, ça m'a fait sourire et puis personnellement ça m'a parlé aussi.
Ce qui m'a fait rire au début :
La supérieure de Therese, le genre désagréable et stressante pour toute broutille, à ne pas pouvoir rêver un seul instant d'avoir la même!
A un moment, quand la sup fait des big signaux assez insistants et pas sympathiques de loin à Therese pour qu'elle mette son bonnet de Noël, j'ai rigolé tellement ça semblait bien emmerder Therese ce bonnet. Et du coup, après, un peu plus loin en avançant dans le film, j'ai aimé le contraste quand Carol, de loin, lui fait signe qu'elle aime le chapeau, suivi du sourire de Therese. Ce sont des petits moments vraiment simples comme ça, qui se répondent, qui donnent le sourire, que j'ai aimés.
Ensuite, toujours la sup, quand elle se montre aigre en signalant à Therese qu'elle a un appel. Puis quand Therese pendant l'appel ose demander à sa sup un petit bout de papier et un stylo, la tronche peu aimable de la sup, encore une fois, m'a plutôt amusée, par le petit contraste évident pour le spectateur, entre Therese dans une phase tout fraîchement sous le charme face à une soudaine et mystérieuse cliente qui l'appelle pour la remercier de son geste et le comportement désagréable pour pas grand chose de la sup qui casse gentiment les bonbons de Therese. Ca m'a vraiment plu, et sous un autre spoiler, je vais parler un peu plus de mes impressions concernant leur rencontre.
Leur rencontre :
le déroulement de leur rencontre, j'ai aimé. jajajaja. Je crois que je vais l'écrire assez souvent "j'ai aimé". Il se passe tout de suite quelque chose. J'ai aimé la manière dont il y a moyen de sentir Therese, lors de son poste à la caisse, plongée dans un certain ennui, et soudainement de sentir et de voir comment Carol au loin attire son attention et justement la sort de son ennui du moment.
Puis l'approche ensuite, de Carol, en tant que cliente qui va se renseigner pour un achat auprès d'une employée, ici Therese, j'ai aimé. J'ai aimé parce que je crois qu'il y a moyen de se trouver dans l'ambiguïté courtoisie/ séduction. Courtoisie par le statut de chacune (vendeuse/cliente) dans ce magasin où elles se rencontrent, puis séduction par une certaine attraction qui s'est faufilée entre les deux. Mais, justement au sujet de la séduction, je pense que c'est plus une interprétation car je trouve qu'il y a moyen de se demander, surtout du côté de Carol, si d'entrée de jeu, il y avait une réelle séduction contrôlée et voulue de sa part ou pas du tout, dans sa manière de questionner Therese sur des aspects personnels, tellement elle la questionne avec assurance et naturellement, sans sortir du contexte achat de Noël pour sa fille. Et aussi des clientes qui cherchent la discu, ce n'est pas si rare et pas toujours le signe d'une réelle séduction. Et du côté de Therese, ses réactions autant professionnelles pour renseigner Carol que troublées/intimidées, à répondre à des questions plus personnelles, ça m'a plu, en plus de pouvoir commencer à découvrir des premiers contrastes entre chacune.
Pour les gants oubliés sur le comptoir par Carol, réelle étourderie de sa part ou petite perche tendue pour établir un nouveau contact plus personnel?
Une réflexion m'a fait sourire > quand Carol dit que les achats de Noël avec toute l'agitation qu'ils occasionnent, la rendent nerveuse, puis Therese lui répond qu'elle c'est de travailler dans ce magasin qui la rend nerveuse. : )
Je suis directement entrée dans leur histoire, à pouvoir se sentir directement plus proche de Therese, en étant bcp plus plongée dans son état d'esprit à elle, par la manière dont tout est filmé autour d'elle pour commencer, et à plus se questionner sur la mystérieuse charismatique Carol.
Puis la seconde rencontre arrive et je dois dire que cette seconde rencontre, pendant leur déjeuner, je n'ai pas pu m'empêcher de sourire, notamment face aux réactions de Therese, avec une Carol qui ne pouvait pas s'empêcher de l'observer avec intensité, de la commenter, de lui poser des questions sur elle. Puis les réactions de Therese étaient très communicatives. Je trouvais qu'on sentait vraiment entre les deux, une attraction se préciser, même une réelle passion prendre naissance et à y participer.
Leur psychologie :
Therese m'a bcp bcp bcp touchée par ce côté rêveur qu'elle dégage, en la sentant se laisser porter sur un courant au travers de sa routine, à s'intéresser à ses petits trucs dans son coin, dans sa solitude, en découvrant peu à peu au travers de sa rencontre avec Carol qu'elle se cherche et que surtout Carol soudainement lui donne une direction où elle commence à se trouver, pour résumer. Elle m'a bcp touchée aussi par sa vulnérabilité au premier abord qui ressort de manière saisissante dans son regard étonnant, plus des expressions de visage douces et vibrantes, un peu "juvéniles" aussi. Puis paradoxalement, par sa fraîcheur, sa "jeunesse", sa propre découverte, je trouve qu'elle dégage une réelle force de caractère qui l'air de rien participe à donner des ailes à Carol.
Côté Carol, j'ai été à la fois fascinée, touchée, intriguée. J'ai été très attrapée par ses attitudes, sa manière de masquer une certaine vulnérabilité chez elle. Il y avait moyen de la sentir désireuse de connaître plus Therese, de s'intéresser à ce qui l'anime, mais tout en attendant quelque part que Therese soit là pour prendre des initiatives dans l'intime. Pour préciser mon idée, Carol, je l'ai trouvée dans l'état d'esprit de l'invitation, ayant cette aisance là, mais sans être dans la réelle ouverture d'elle-même, en attendant quelque part que Therese ose lever le voile. Je trouve qu'un dialogue l'illustre assez bien, quand au téléphone, Carol s'excuse auprès de Therese d'avoir été aigre avec elle après la confrontation désagréable avec son mari, tout en lui demandant si elle voudrait la revoir le lendemain je crois bien, puis Therese accepte mais ajoute qu'elle voudrait lui poser des questions qu'elle n'est pas sûre que Carol voudrait entendre. La manière dont Carol à l'autre bout du fil crashe un peu et lui répond qu'elle peut lui poser toutes les questions qu'elle veut - encore une fois je ne me souviens que des idées et pas des répliques mot à mot - je trouve vraiment que ça illustre ce que j'ai écrit un peu plus haut chez Carol > le schéma de l'invitation et en même temps de l'attente que l'autre dévoile le fond, ou même l'attente que l'autre donne la force d'affronter le fond.
Je trouve alors qu'entre les deux, dès le départ, le spectateur est plongé dans un paradoxe intéressant.
D'un côté Therese, en début de carrière, en début de bcp de choses, qui face à la vulnérabilité, à la découverte, est désireuse d'affronter même sans savoir où ça pourra la mener.
D'un autre côté, Carol, qui malgré son aisance de femme mariée,de mère, laissant penser qu'elle a plus de vécu que Therese et qui malgré ses désirs de vivre, de liberté, choisit dans un premier temps la fuite en phase critique.
Petite parenthèse > (J'ai trouvé intéressant quand à un moment pendant leur voyage, Therese questionne Carol en se demandant si elle se sent en sécurité avec elle, après que Therese ait vu le révolver dans la valise de Carol. Quelque part ça questionnait de manière détournée le réel pourquoi de ce révolver, sans bien sûr avoir eu une réponse directe, mais aussi ça questionnait, je trouvais au fond, ce que Therese pouvait lui apporter.) > fermeture de parenthèse. :p
Alors on comprend bien que c'est une situation aussi excitante de bonheur tout frais tout neuf, qu'effrayante par les conventions de leur époque qui font barrage, surtout du côté de Carol dans son divorce, et qu'il n'est pas si évident pour les deux de prendre une direction plus qu'une autre, en composant essentiellement avec ce qu'elles ont sur le moment, par rapport à leur caractère aussi. Du coup, il n'est pas possible, je trouve, ou même là n'est pas l'intérêt de dire qui a raison par rapport à l'autre à tel ou tel moment, mais de constater au fond comment elles sont complémentaires dès le départ et ce qu'elles s'apportent mutuellement. C'est là où cette relation est très forte et belle, très positive, avec le désir de pouvoir tout décortiquer tellement il y aurait l'envie de n'oublier aucun moment intime, précieux, qui chacun révèle de fortes émotions nuancées.
Mais aussi, dans leur histoire, il y a le rôle ou du moins l'intervention des autres personnages, aspect que je poursuis sous une autre balise spoiler.
Les autres personnages :
Je vais commencer par l'amie de Carol, Abby, je l'ai bcp aimée! j'ai bcp aimé sa présence, le soutien qu'elle apporte à Carol, une certaine légèreté aussi pour se changer les idées, en pensant à une discussion dans un café en parlant de ses nouveaux flirts, en parlant d'Abby. J'ai pu trouver ce petit gif youpi!
J'ai trouvé intéressant aussi de comprendre qu'elles ont eu une liaison par le passé, et de découvrir alors qu'elles sont restées liées, telles deux amies qui se soutiennent dans un monde où leur sexualité est jugée d'immorale, mais en ayant pu me questionner aussi au sujet d'Abby, si au fond elle n'a pas gardé des sentiments pour Carol, tout en sachant qu'elles ne resteront qu'amies... une confrontation avec Therese et certaines avec son mari ont contribué à ce que je me pose cette question.
Et aussi, je dois dire que j'ai été charmée par ce qu'elle dégageait Abby, entre une maturité et une fraîcheur.
La mari de Carol, Harge, je ne peux pas dire que je me sois attachée à sa personnalité.
Par contre, j'ai trouvé l'acteur très convaincant pour faire passer tout son désespoir face à sa femme qu'il a définitivement perdu, quoi qu'il fasse. La confrontation avec les avocats de chacun, quand Carol a fait part de son discours poignant à prendre ou à laisser concernant la garde de la petite, le regard de Harge était très expressif. D'ailleurs dans mes souvenirs, pas un seul mot n'est sorti de sa part, juste son regard communiquait. Je reviendrai sous une autre balise spoiler concernant ce moment que j'ai bcp aimé.
Côté Therese, j'ai bien aimé les moments avec ses amis, pouvant se rendre compte de son côté dans quel univers elle évolue, bien loin de celui de Carol, tout en la sentant un peu dans sa solitude aussi.
Son petit ami, Richard, il est clair qu'il n'y a pas d'étincelles entre les deux, en tout cas, ce n'était pas ce qui était montré, mais plutôt était montré une routine pas désagréable, à travers travers laquelle on comprend assez vite que Therese décroche peu à peu.
D'ailleurs ça me fait penser à une réflexion quand Carol lui demande si elle veut épouser Richard et Therese lui répond qu'elle ne sait même pas se décider pour le choix du menu. Ca en disait long sur Therese, autant sur sa relation avec Richard que sur son état d'esprit en général.
J'ai ensuite bien aimé Dannie, celui qui flirte avec elle et qui l'aide à décrocher son job de photographe dans le NewYork Times , car je le trouvais assez simple, avec une certaine maladresse, sans se la jouer fierté mal placée face à Therese qui n'était pas intéressée par ses avances, tout en étant resté un ami.
Au final, j'ai aimé voir ce contraste flagrant entre les deux, par leur entourage à chacune très différent, où chacune est plongée dans sa solitude, en arrivant à se compléter toutes les deux en se retrouvant ensemble.
D'ailleurs, petite note à laquelle je pense > quand Therese dit qu'elle passe chaque nouvel an seule à errer dans la ville, ce qui n'est plus le cas cette fois-là avec Carol. : )
Ce film est aussi composé de moments électrochocs, des moments poignants, marquants, beaux, intenses et profonds. Pour en citer quelques uns, sous spoiler :
La première scène d'amour, je l'ai trouvée très vibrante et émouvante à la fois, j'ai énormément aimé la manière dont elle a été filmée. Ce que j'ai aimé aussi, c'est la manière dont elle a été amenée. Ca faisait depuis quelques temps qu'elles savouraient la compagnie l'une de l'autre dans leur voyage, diverses tensions sexuelles entre elles se faisaient ressentir, mais à chaque fois sans franchir le cap de consommer leur désir mutuel, tout en s'étant rapprochées petit à petit l'une de l'autre. Puis arrive ce moment en chambre d'hôtel, Therese assise devant la coiffeuse, Carol debout derrière elle, j'ai aimé que les regards se croisent dans le miroir et que l'intensité s'y précise, j'ai aimé la manière dont Carol s'est mise à lui caresser les cheveux, et la manière dont elle a défait la ceinture de sa robe de chambre et la manière dont Therese était subjuguée (sentant bien qu'elle allait passer à la casserole! ahah), à ne plus lutter et à se laisser aller dans ce moment entre regards de part et d'autre bourrés de désir et d'amour, à bifurquer vers un premier baiser et tout le reste (>voir film pour tout le reste ahah). J'ai aimé les plans, la manière de filmer les corps, la peau, les regards, tout. Et j'ai aimé le jeu de plans flous, que j'ai trouvé pertinent pour ce moment intense excitant à ne plus vraiment pouvoir avoir en pleine action la vision très claire :p et les actrices étaient franchement convaincantes.
Ensuite, après le choc d'avoir réalisé qu'elles étaient donc suivies et piégées par un détective privé engagé par le mari de Carol qui a clairement enregistré leurs ébats amoureux, j'ai aimé le moment dans leur nouvelle chambre d'hôtel, quand Carol allongée dans son lit dit à Therese qu'elle n'a pas à dormir dans l'autre lit séparée d'elle. La manière dont Therese, dans son petit pyjama à pois (craquant hihihi), quelque peu dépitée, rejoint Carol, puis la manière dont elles s'enlacent, puis s'embrassent intensément, encore un moment vibrant et émouvant pour ma petite âme sensible.
Je laisse cette petite photo de ce moment :
La confrontation entre Carol et Harge avec leur avocat respectif, ce moment était fort à divers niveaux.
Pour commencer, il était tout à fait malsain, du côté de Harge, par cette clause de moralité, ou je ne sais plus le nom exact, pour prouver que Carol a des moeurs "immoraux"(sous-entendus sa sexualité) et qu'elle n'est pas apte à avoir la garde de sa fille et même pas apte à voir sa fille. Et il était également malsain de l'autre côté, par l'avocat de Carol tentant de prouver que Carol a été suivie par un psychiatre, qu'elle a été curée et que tout est OK et que les "dérapages" (sous-entendus le fait qu'elle ait eu des aventures avec des femmes) de Carol ont été poussés par les crises de Harge. J'ai aimé la manière dont Carol est intervenue et a tenu à mettre un terme à tout ça, à assumer qui elle est, ses désirs et ses fautes, tout en la sentant prise par un réelle émotion bouleversante au fond de sa voix, sachant tout ce qui était en jeu, la garde de sa fille, voir sa fille, mais aussi la considération de sa personne. J'ai franchement aimé ce qu'elle a dit. J'ai aimé quand elle a commencé à dire en s'adressant directement à Harge, qu'elle lui souhaite réellement du bonheur, qu'elle n'a pas su lui donner, mais que l'enfant qu'ils ont eu ensemble est le plus beau cadeau qu'ils aient pu avoir ensemble, et qu'ils ne devraient pas vouloir se l'arracher autant lui qu'elle, qu'ils devraient se montrer comme deux parents responsables et ne pas faire trinquer la gamine pour les désaccords qu'il y a entre eux. J'ai ensuite aimé aussi qu'elle souligne qu'elle ne veut pas renier sa nature, qui elle est, pour cette histoire de moralité absurde et insultante, laissant comprendre aussi que si elle accepte de faire la démarche de se rejeter, elle ne pourra être qu'une mère qui ment et qui ne pourra pas donner un bon exemple à son enfant pour assumer qui il est et qui il deviendra. Puis quand elle arrive à la conclusion qu'elle laisse la garde à Harge et qu'elle souhaite avoir le droit de visite, que c'est à prendre ou à laisser, et que si c'est refusé, l'affaire finira au tribunal, en soulignant bien que si ça finit au tribunal, ça sera moche, j'ai ressenti une personne responsable, lucide, aimante qui assume ses fautes, mais qui n'acceptera jamais de lâcher son enfant. Un moment vraiment poignant.
Au passage, je précise qu'il y a certainement de l'interprétation dans mes propos, ne pouvant pas non plus me souvenir mot à mot des répliques, mais en tout cas, c'est ainsi que j'ai mémorisé ce moment très fort.
La toute dernière séquence qui répond à celle qui ouvre le film et qui permet de découvrir ce que Carol et Therese avaient bien pu se dire avant d'avoir été interrompues par cet ami de Therese, un certain Jack je crois, et qui a donc coupé court à leur conversation, avant que Carol ne parte vers un autre rendez-vous, je vais aller droit au but, la manière dont Carol dit "je t'aime" à Therese, en anglais bien sûr, WOW j'ai vécu un petit.gros séisme intérieur dans mon petit fauteuil alors que je n'étais qu'une spectatrice! C'était si intense et si bouleversant à la fois, je crois que je n'avais jamais été autant réceptive à la formule en anglais "I love you". Le regard de Carol quand elle prononce ces trois petits mots et la manière dont elle lui dit, le tout était vraiment tuant. Puis ce qui a rendu ces mots de Carol immensément forts, c'est la réaction de Therese en phase prise d'électrochocs! le gars qui les a interrompues à ce moment là, rendait le moment encore plus perturbant, sentant bien qu'il y avait interruption d'un moment super important, avec une Therese à moitié scotchée sur sa chaise sous le choc, à n'être capable que de laisser Carol filer. La manière dont Carol pose sa main sur l'épaule de Therese avant de partir, personnellement je l'ai perçue sur le moment comme la dernière occasion de pouvoir sentir le contact de l'autre et de faire passer une dernière complicité intime, un peu comme un certain au revoir en gros. La réaction de Therese sur sa chaise, déstabilisée, désemparée, était limite frustrante, à pouvoir se dire "mais noooooon ne la laisse pas filer comme ça! ahah", même si d'un autre côté, yavait moyen de comprendre qu'elle avait mal vécu le rejet de Carol et qu'elle avait certainement besoin de digérer toute la secousse du moment après la déception prise en pleine tronche.
Par la suite, ce que j'ai aimé, c'est justement qu'on bifurque vers la soirée où Therese se trouve avec ses collègues et amis, en la sentant observatrice de ce qui l'entoure, à se retrouver soudainement avec une nana lui faisant des appels de phare, à ne pouvoir réaliser que la personne avec qui elle veut être, c'est clairement Carol.
Quand elle part rejoindre Carol dans ce restaurant, jusqu'au bouuuuuuuuuuuuuuut, mais vraiment jusqu'à la dernière seconde, je me demandais si elle allait la rejoindre à sa table, ou si finalement elle n'allait pas se décider à faire demi-tour. J'appréhendais que Therese se sente soudainement de trop dans l'univers de Carol, et que du coup elle fasse marche arrière, je l'ai appréhendé par une manière dont à un moment une vue de Therese était filmé avec un sentiment d'hésitation dans mes souvenirs. Au final, non, Therese est allée jusqu'à Carol, et le dernier sourire échangé entre les deux, qui dit tout (qui suffit largement!) j'ai bcp souri et je l'ai trouvé beau et super intense et BOUM générique de fin et > *o* < dans mon fauteuil...
J'ai donc aimé la conclusion du film :
> Therese sait ce qu'elle veut, s'épanouit dans son boulot de photographe pour un journal.
> Carol vit sa vie, sans avoir pleinement perdu sa fille, ayant pour elle le droit à des visites, en se reconstruisant indépendamment peu à peu.
> Et en prime elles se retrouvent pour continuer tout ça ensemble.
Pour mes sens qui n'auront jamais la réponse :
Ah ce parfum divin qu'il semblerait que porte Carol, mais que j'aurais aimé le sentir! vraiment juste pour découvrir les notes du parfuum.
J'ai bcp aimé la scène où elles s'amusent à se maquiller, se parfumer, et quand il y a ce moment où Carol invite Therese à sentir son parfum dans son cou. BOUM désir électrique qui passe entre les deux. J'ai réussi à trouver ce gif :
Et sur cette photo, j'aime cet arrêt sur image où on ne peut que constater la manière dont Carol regarde Therese avec intensité :
J'adore.
La question que je me suis posée, est-ce que dans le livre, le parfum que porte Carol est décrit en détails?
Ensuite, je voulais parler de la photographie, en parlant du domaine, pas de l'image du film :
Etant personnellement et intiment très touchée par le domaine de la photographie, j'ai été très sensible à l'âme photographe de Therese, qui dans un premier temps fait ses créations dans son coin, sans les partager, jusqu'à ce que d'autres, Dannie, puis Carol, s'y intéressent et veulent en voir plus. Pas mal de petits aspects m'ont énormément parlé et m'ont fait bcp sourire. Par exemple, j'ai aimé ce moment quand elle dit en gros que photographier des personnes n'est pas évident pour elle, avec l'étrange sentiment d'entrer dans leur intimité. En plus de trouver sa réflexion juste et de me faire sourire, encore une fois ça parlait du caractère de Therese, un caractère qui m'a définitivement touchée.
Puis après bien sûr, avoir l'occasion de croiser quelques unes de ses productions, avait bcp de charme! Et ce genre de photo a beaucoup de charme également :
En conclusion, sous spoiler
ce que j'ai bcp aimé dans leur relation, c'est cette manière de présenter leur relation, de prendre le temps de découvrir l'autre, d'aimer passer du temps avec l'autre, de laisser se préciser une attraction se dirigeant plus et encore plus vers des sentiments vibrants, jusqu'à se laisser aller à pleinement consommer leur désir, leur amour. C'est là où je trouve très juste ce titre anglophone " 'Carol' Explores the sweet science of magnetism". Ya moyen de les sentir sur leur courant, s'attirer mutuellement, se rapprocher, s'explorer, s'accompagner, s'aimer.
La phase critique, quand Carol prend la fuite et rejette Therese > la scène sur la route quand Abby ramène Therese et que Therese gerbe ses tripes, quand on sent bien que Therese s'est pris un bon coup de massue dans la tronche, le moment où Therese tente de recontacter Carol alors que Carol ne répond pas, retrouver au téléphone le "tu me manques" de Therese chuchoté et super bouleversant, qui m'avait déjà frappé dans la BA, prononcé deux fois pour le coup dans le film, alors que Carol a raccroché tentant de tout faire pour tenir Therese éloignée, toute cette phase là contribue à secouer et à provoquer des vibrations dans son petit fauteuil. J'ai même cru à un moment que ça allait mal finir avec le mari et de manière assez violente. Peut-être que c'est de trop regarder des soap ça! <_<
Enfin jusqu'au bout je me demandais jusqu'où la phase critique pouvait aller. Et la toute dernière scène comme je l'ai écrit plus haut, je vibrais dans mon fauteuil à ne pas savoir si Therese allait retrouver Carol ou pas du tout. Le dernier sourire échangé était très beau et intense. Mais non je ne radote pas.
Ce film est clairement un voyage émotionnel magnifiquement mené. En tout cas, je fais partie des fans subjugués.
Toute l'harmonie du film a fait mouche chez moi. Quand le DVD sortira, je l'achèterai.
La conclusion hors spoiler, je suis une petite chose sentimentale qui a profondément aimé ce film, j'ai vraiment vécu à fond ce film et l'air de rien il a su atteindre en moi des points sensibles personnels, il a clairement su me secouer intérieurement et j'en resterai là à ce sujet. Et je crois que ce film peut parler à bcp de monde, peu importe la sexualité, ou l'époque!
Sinon, vite fait, je ne peux pas parler pour lui non plus, mais du côté de mon père, pour partager son retour sans entrer dans les détails, il a vraiment été touché et a vraiment aimé ce film. Au-delà de ses mots, j'ai pu le lire sur son visage.
Et ça aussi j'ai trouvé chouette, partager cette séance avec mon père et que tous les deux, nous ayons vraiment été convaincus, émus par le film du début jusqu'à la fin.
En cherchant des photos pour illustrer des points au dessus, je suis tombée sur d'autres que j'aime bcp, donc petit bonus sous spoiler, de moments ici et là :
Dans le désordre.
Là j'adoooooooooore le sourire de Therese :
j'ai aimé quand Carol a fait le geste de secouer le paquet, telle une blagueuse. : )
Le genre de prise que je trouve superbe avec la sensation de pouvoir se sentir proche de l'état d'esprit de Therese par l'intimité qui en ressort de cette photo en plus de sa poésie :
Dans le même genre avec une position à la Abba? j'ajoute cette prise :
J'aime la manière dont Carol se rapproche de Therese, j'aime sa recherche de contact avec délicatesse, j'aime bcp sa robe au passage. Et Billie Holiday j'aime bcp donc c'était encore plus top :
Son petit accent anglophone, j'ai adoré et j'ai eu une pensée pour le "bon appétit" qu'Hannibal peut prononcer des fois dans la série :p
Une expression de visage que j'aime bcp dans un moment vraiment fort :
L'effet décoiffé, j'adore, avec le manteau à fourrure et son petit sourire :
Hop devant.derrière la caméra, cheveux au vent :
Et pour revenir à Abby :
Classe. : )
Et une dernière pour la route parce que là je sens que le post va être très chargé!
petite moue que j'aime dans ce décor. : )
La seule question que je me pose par rapport à un choix, pourquoi dans le titre seulement "Carol"? j'explique sous spoiler pourquoi cette question
car on découvre autant Therese que Carol au final, on entre dans leur intimité, dans la découverte de leur parcours autant à l'une qu'à l'autre. J'ai même envie de dire que dans un sens il y a moyen d'être plus proche de Therese. Par exemple, dès le départ du film, le spectateur est plus proche du regard, des émotions de Therese, de son intimité, à pouvoir se questionner en même temps qu'elle sur Carol, puis ensuite il y a découverte de la situation de Carol, mais tout en retrouvant ensuite Therese dans la suite de son parcours. Du coup, je me demande si seulement souligner "Carol" dans le titre, ce n'est pas mettre de côté Therese et sans vraiment comprendre pourquoi.
Donc voilà, ça fait environ trois semaines que je l'ai vu maintenant et je suis vraiment encore habitée par ce film. Je me demande comment je vais vivre mon second visionnage sur petit écran, la chochotte que je suis.
De toute manière, pour sûr, il est dans mes films favoris, dans mon top 3 et même j'hésite à dire dans mon top 2. En tout cas, pour détrôner "Mulholland Drive" c'est délicat quand même, tellement celui-ci il est mon number one depuis bien longtemps maintenant! :p
Quel long post pour ce film ! Et comme je comprends... J'ai moi même vu ce film, deux fois, et il m'a marquée, me marque encore. Sa beauté, la beauté de la photo, des scènes, des personnages. Les actrices sont sublimes, que ce soit Rooney Mara ou Cate Blanchett (qui a là son plus beau rôle, elle est d'un charisme incroyable), elles sont parfaites dans la peau de leur personnage.
J'ai moi même adoré toutes les scènes que tu évoques, notamment celle du telephone :
'i want to ask you things but i don't know if you want that' et Carol qui répond avec une intensité incroyable 'ask me things, please !'
Je pense que le film s'appelle Carol, en raison du fait que c'est elle l'objet du désir.
Et puis c'est Carol qui doit affronter la société, elle est prisonnière de cet univers où son mode de vie lui est interdit.
J'ai aimé cette boucle temporelle, le visage de Carol lorsqu'elle lui dit qu'elle l'aime, toute l'intensité qu'il y a dans son regard à ce moment là où on la sent libérée d'un poids.
Toute la mélancolie de ce film, les regards, les ralentis, les visages souvent derrière des vitres embuées, les gestes, toute cette délicatesse. Enfin une vraie belle histoire d'amour.
Et la dernière scène qui est d'une beauté à couper le souffle.
Hier au Independent Spirit Awards 2016, une victoire dans la catégorie "Meilleure photographie" pour Edward Lachman.
Je met le lien de trois photos, Cate Blanchett et Rooney Mara qui présentent en quelques mots le film Carol et Cate Blanchett qui à un geste envers Rooney Mara ... Plutot remarqué petit clin d'œil au film sûrement !
Quel long post pour ce film ! Et comme je comprends...
J'espère que la lecture n'a pas été trop pénible, car lorsque je me lance à écrire des longs posts, poussés par la passion, ça peut partir dans tous les sens par moments...
En tout cas, je suis ravie de lire que tu comprennes la longueur du post donc! :p
Et merci pour ton retour, et ta réflexion que tu proposes.
Je préfère mettre sous spoiler de mon côté pour parler de détails précis de l'intrigue, si jamais d'autres n'auraient pas encore pu voir le film, on ne sait jamais sachant qu'il est sorti il n'y a pas si longtemps en France. : )
marie a écrit :J'ai moi même adoré toutes les scènes que tu évoques, notamment celle du telephone :
'i want to ask you things but i don't know if you want that' et Carol qui répond avec une intensité incroyable 'ask me things, please !'
J'ai pu me demander ce qu'elle avait pu lui poser comme questions. D'ailleurs, ça me fait penser que j'ai aimé le fait qu'on ne puisse pas tout voir de leurs échanges, et du coup de pouvoir imaginer. Ca renforce une sensation d'intimité, qui dans ce cas là totalité n'est pas visible aux yeux des spectateurs. L'essentiel est montré, le spectateur peut imaginer et apporter sa vision personnelle, chacun a cette liberté là. Ca me plaît.
Par rapport à "Carol" le titre :
Je pense que le film s'appelle Carol, en raison du fait que c'est elle l'objet du désir.
Ca me fait réfléchir, et je voulais te demander par rapport à qui? je pense que ce qui me fait réfléchir c'est l'article défini.
Je me dis que Therese fait objet de désir aussi, du côté de Carol, du côté de Richard, de Dannie, de cette inconnue à la fin qui flirte courtoisement mais sûrement. Ce qui me fait dire, là je ne vois pas Carol comme l'objet du désir du film.
Et puis c'est Carol qui doit affronter la société, elle est prisonnière de cet univers où son mode de vie lui est interdit.
Pour ma part, je pense que Therese, Abby, doivent également affronter la société au quotidien, en plus dans cette histoire de sexualité présentée comme immorale. Pour insister, Therese est autant intégrée et jugée que Carol dans cette affaire de moralité qui passe devant des avocats, idem pour Abby bien souligné par le mari à un moment. Même si Therese, ou Abby, dans cette situation, ne sont pas mère, et n'ont pas à se battre pour avoir le droit de voir leur enfant comme Carol, elles sont tout autant mises dans le même panier et ça laisse bien comprendre qu'elles ne sont pas à l'abri d'un jugement violent et tout à fait injuste, pour une raison ou pour une autre dans cette société où elles vivent, par rapport à leur vie amoureuse. C'est un combat commun.
Puis Carol, je trouve que si elle en vient à affronter les avocats, sa relation intense avec Therese y a participé.
Ensuite, du côté de Therese, même si elle n'est pas dans un contrat de mariage avec Richard, elle doit affronter son jugement qui n'a rien de très tendre vis-à-vis de l'homosexualité, même si on peut comprendre qu'il ne soit pas heureux que Therese aime quelqu'un d'autre.
Enfin bref, en prenant en compte les deux héroïnes principales, toute leur histoire présentée, j'en reste vraiment intriguée du choix de "Carol" tout simplement dans le titre.
En fait, je crois que ce qui me perturbe le plus, c'est qu'il y a tellement une complémentarité entre Therese et Carol, leur parcours aux deux équilibrent toute l'intrigue principale du film, que ne lire que "Carol" dans le titre, c'est étrange pour moi.
D'ailleurs, ça me fait penser à cette réflexion :
arthémis a écrit :et un prix d'interprétation pour Roney Mara. Sympa.
Certains journalistes regrettent que Cate Blanchett ne l'ai pas partagé avec elle.
A Cannes.
Et je comprends ce qui est souligné sur l'avis de certains journalistes, tellement les deux actrices principales ont été épatantes.
marie a écrit :Et la dernière scène qui est d'une beauté à couper le souffle.
Je ne te contredirai pas. : )
Audrey217 a écrit :Hier au Independent Spirit Awards 2016, une victoire dans la catégorie "Meilleure photographie" pour Edward Lachman.
Je met le lien de trois photos, Cate Blanchett et Rooney Mara qui présentent en quelques mots le film Carol et Cate Blanchett qui à un geste envers Rooney Mara ... Plutot remarqué petit clin d'œil au film sûrement !
non, ce n'était pas du tout pénible, la lecture, au contraire, c'est un film sur lequel on peut parler longtemps car, comme tu le soulignes, il suggère beaucoup, ce qui suscite la réflexion, l'imagination du spectateur.
Je suis nouvelle sur ce site donc je ne sais pas si je vais savoir utiliser le spoiler, mais je vais tenter.
Oui, moi aussi, je me suis demandé quelles questions elle pouvait avoir à lui poser mais je suppose, vu la scène précédente, la scène justement entre Carol et son mari, qu'elle a envie de savoir ce qu'elle est, ce qu'elle veut, ce qu'elle voudrait de leur relation, ce que c'et, mettre des mots sur son ressenti, je crois qu'elle ne dit pas plus que cette phrase au telephone 'i want to ask you things' car il y a beaucoup de retenue, de pudeur, et de son côté Carol avec sa réponse, reste dans la retenue -dans les mots employés 'ask me things, please!' tout en lui suppliant presque de ne pas se retenir, ce que je trouve fabuleux, c'est à la fois d'une telle finesse et d'une telle intensité !
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Pour le titre :
Oui, tu as raison, Thérèse est elle aussi au centre de l'histoire, mais elle se jette dans cette relation en novice, car elle a rencontré cette femme qui la fascine, qui la fait sortir d'une vie qui ne lui apporte pas tant que ça d'intensité. Carol elle, elle sait, elle mène et elle reste sur ses gardes un peu car elle sait ce qui l'attend, elle a déjà vécu ça avec Abby et elle a beaucoup à perdre - sa fille qui la tient, son rang sociétal qui l'enferme. Quand je dis que Carol est l'objet du désir, c'est qu'elle l'a été d'Abby, de son mari toujours, et de Thérèse. Thérèse elle, n'a pas vraiment entrepris quoi que ce soit de sérieux avec Richard. Et puis Carol, je pense tout simplement car à la base, cette histoire est un roman, qui se situe du point de vue unique de Thérèse, et que tout le roman, c'est Carol qui est l'objet de son désir, et ce roman, à la base 'the price of slat' a vu son titre se transformer en 'Carol'.
Ensuite, à part ça, c'est vrai que notamment dans le film qui se met tour à tour du point de vue de Therese puis de Carol, les deux personnages sont tout aussi importants l'une que l'autre.
Et c'est vrai que c'est assez déconcertant que seule Rooney MAra ait eu le prix d'interprétation à Cannes, d'autant plus qu'ils ont remis cette année un double prix mais au lieu de l'attribuer aux deux héroines du film, ils les ont séparées (c'est Emmanuelle Bercot qui a eu l'autre moitié) et ça, c'est assez incompréhensible, d'autant plus que, à mon ais, Cate Blanchett qui est une excellente actrice, a rarement été aussi charismatique dans un film. elles l'auraient mérité toutes les deux.
Enfin, oui, merci Audrey pour les photos de la soirée d'hier, très sympa ; )
marie a écrit :Je suis nouvelle sur ce site donc je ne sais pas si je vais savoir utiliser le spoiler, mais je vais tenter.
J'en profite pour te souhaiter la bienvenue. C'est un forum que tu as découvert grâce au sujet "Carol"?
En tout cas, tu as bien réussi à insérer les balises spoiler, well done! : )
En ce qui concerne un passage du film :
marie a écrit :Oui, moi aussi, je me suis demandé quelles questions elle pouvait avoir à lui poser mais je suppose, vu la scène précédente, la scène justement entre Carol et son mari, qu'elle a envie de savoir ce qu'elle est, ce qu'elle veut, ce qu'elle voudrait de leur relation, ce que c'et, mettre des mots sur son ressenti,
J'ai pensé aussi que Therese voulait questionner Carol sur ses attentes, car depuis le début Carol invite Therese en mode rencard subtil, puis Therese ne peut ensuite que constater que Carol est dans une situation conflictuelle avec son mari, et que du coup Therese peut se retrouver sur la touche en moins de deux. Je me suis dit aussi qu'elle voulait questionner Carol sur son mariage, sur sa réelle nature à la base, et du coup, aussi questionner Carol sur sa vie sexuelle/amoureuse, en dehors de celle avec son mari, pour savoir si Therese est la première ou non vers qui Carol se dirige et s'intéresse, pour plus si affinités. :p
Et je me suis dit que quelque part, Therese, par la possibilité de poser des questions à Carol, ça lui permettait d'avoir des réponses par rapport à elle-même, par rapport à ses désirs, se rassurer.
marie a écrit :de son côté Carol avec sa réponse, reste dans la retenue -dans les mots employés 'ask me things, please!' tout en lui suppliant presque de ne pas se retenir, ce que je trouve fabuleux, c'est à la fois d'une telle finesse et d'une telle intensité !
So true! ahah, je n'ai pas grand chose de plus constructif à ajouter. J'ai vraiment aimé cette complicité au téléphone, car ça montrait aussi chez Carol une certaine vulnérabilité dans sa manière d'être, de se tenir, qu'elle ne montrait pas avant pleinement en face de Therese. Et là, la manière dont Carol était collée au combiné, à fleur de peau, limite à chercher un contact physique au travers du téléphone avec Therese, enfin je trouvais, yavait vraiment quelque chose de vibrant, comme si par les ondes téléphoniques elles pouvaient se toucher, se réconforter ainsi, sans vouloir exagérer. D'ailleurs, j'aimais aussi la douceur dans leur voix à toutes les deux, qui prolongeait une réelle sensation d'intimité entre les deux, laissant aussi penser qu'elles étaient en train de passer doucement mais sûrement à un stade supérieur dans leur rencontre par cet appel téléphonique.
On est vraiment dans l'exploration d'un magnétisme, entre deux personnes, finement joué.
Pour le titre :
à vrai dire l'expression "être l'objet du désir" m'a quelque peu perturbée dans le sens où ça plaçait Carol au centre de toute l'intrigue je trouvais, à l'imaginer tel un soleil autour du quel les autres gravitaient autour et je ne trouve pas que le film soit construit ainsi. Je dirais même, pour toujours parler de manière imagée, que l'intrigue est construite sur la rencontre de deux systèmes solaires, celui de Carol et de Therese.
Mais avec ton explication je situe mieux ton idée >
Et puis Carol, je pense tout simplement car à la base, cette histoire est un roman, qui se situe du point de vue unique de Thérèse, et que tout le roman, c'est Carol qui est l'objet de son désir, et ce roman, à la base 'the price of slat' a vu son titre se transformer en 'Carol'.
et je trouve intéressant de penser au titre de "Carol" telle une projection du regard de Therese, comme au démarrage de leur rencontre, quand Therese regarde au loin Carol. De ce point de vue là je trouve intéressant, car même si seulement Carol est mentionnée dans le titre, ça implique le regard de Therese et donc d'une certaine manière, Therese y est incluse.
Je voulais te demander, tu as lu le livre? si oui, tu l'as lu avant de voir le film ou après?
Je suis curieuse et je voulais te demander aussi, tu as vu ce film seule ou accompagnée les deux fois?
Modifié en dernier par Chrysalide le jeu. 3 mars 2016 03:03, modifié 1 fois.