Merci pour la bienvenue ; ) Oui, en effet, pour Carol car rarement un film (traitant de ce sujet) m'a autant marquée, pourquoi, pour un tout : l'histoire, la façon dont elle est traitée, la mise en scène, la photo, les actrices bien sûr, absolument parfaites et cette finesse, cette beauté présente sur la forme et le fond.
le passage telephone :
Oui, et puis Thérèse entend quand même le mari parler d'Abby à Carol, ce qui peut mettre la puce à l'oreille à Thérèse. Et comme tu le dis, Thérèse est là, dans le questionnement, et elle cherche des réponses car elle comprend l'ambiguité, la scène d'ailleurs où on la voit dans le train est très touchante, elle s'aperçoit probablement là de la difficulté de la situation, du fait que Carol pourrait lui échapper car elle est loin d'être libre et elle réalise aussi à quel point elle tient à elle.
D'ailleurs Carol la rappelle et alors qu'on pouvait presque en douter, on s'aperçoit qu'elle est touchée elle aussi, dans cette scène on la voit vulnérable (comme tu le soulignes et pour la première fois peut être) : elle semble ravagée au téléphone, elle a pleuré elle aussi, elle boit, elle fume cette cigarette, et effectivement, elle s'accroche au telephone comme elle si elle s'accrochait à Thérèse, elle pose ses lèvres sur le combiné. Je pense que là, seule, elle est montrée sans son masque. Et elle se montre vulnérable et très douce. C'est une de mes scènes préférées ; ). PAs toi ?
Pour le titre:
Oui, c'est vrai, Thérèse la voit en premier et ensuite leur regard se capte, s'accroche, on a l'impression de deux solitudes qui se reconnaissent, qui se complètent. Ah quelle beauté ! ; )
D'autres scènes préférées :
La scène du passage dans le tunnel, scène presque irréelle, sûrement car elle vient du souvenir de Thérèse : plusieurs images se superposent : Thérèse qui se souvient derrière la vitre de la voiture, des sons qui se superposent aussi, une musique lointaine, comme un souvenir ; les visages floutés, les mains de Carol sur le volant, sur le bouton du chauffage, la voix de Carol mais on n'entend rien de la conversation... les lumières du tunnel...
Carol qui est sous la douche et qui veut son pull : Cate Blanchett est d'une beauté à ce moment précis...
La voix de Cate Blanchett, tout le long et notamment lors du passage de la lettre (c'est une lettre de rupture mais pas vraiment, et elle est si douce dans ses mots, très bienveillants)
Et dans ce film, il y a aussi ce besoin d'affirmation en tant que femme
Carol offre cet appareil photo à Thérèse pour qu'elle puisse travailler en tant que photographe, tandis que Richard lui demande de l'épouser en ajoutant qu'elle n'aura pas besoin de travailler. Carol qui travaille à la fin
Et tellement d'autres scènes encore...
Je l'ai vu avec un puis une amie, chacun l'a aimé, a apprécié l'esthétique du film, les performances des actrices.
Toi, avec ton père, ce devait être particulièrement fort. Avait-il vu avec toi d'autres films de ce 'genre' ? Avait-il vu Mullholland drive, puisque tu l'évoquais plus haut ? (même si là on est dans un autre registre, mais quel film également !)
Ah, Chrysalide, autre chose, j'ai lu le livre avant (mais quelques mois avant, je savais qui allait jouer les personnages et ça collait bien). Je pense que c'est mieux de le lire après, pour être surpris par le film (là je connaissais l'histoire, même si le scénario changes certaines choses). Tu devrais le lire si ce n'est pas fait, il est très bien. C'est rare d'ailleurs, qu'une adaptation soit aussi réussie, ça tient, à mon avis, à l'interprétation de Cate Blanchett et Rooney Mara qui sont parfaites et à l'esthétique du film.
Marie, je souris bcp en te lisant.
Je voulais te communiquer mon enthousiasme car découvrir et lire tes retours sur ce film, ça me fait très plaisir. J'aime ta manière de voir les choses, de les décrire avec tes mots, je trouve qu'il y a des choses communes dans ce qu'on a pu percevoir chacune de son côté. C'est vraiment passionnant de pouvoir avoir cette petite conversation, permettant de pouvoir re-entrer dans ce film qui nous anime. Et du coup, je suis ravie de découvrir que discuter de "Carol" t'a donné envie de t'inscrire. C'est franchement chouette. Merci. : )
Ensuite pour revenir à nos partages sous spoiler.
Le passage train/tel :
marie a écrit :la scène d'ailleurs où on la voit dans le train est très touchante, elle s'aperçoit probablement là de la difficulté de la situation, du fait que Carol pourrait lui échapper car elle est loin d'être libre et elle réalise aussi à quel point elle tient à elle.
Le passage dans le train m'a marquée aussi. Therese qui se retient de pleurer, mais ne le peut pas, cette manière d'être chamboulée dans la retenue autant que possible, ses larmes, sa main tremblotante amenée à son visage, son regard humide, triste, qui s'isole vers la vitre, le tout est superbement joué par Rooney Mara, c'est clair. Et je te rejoins assez sur la manière dont tu l'as ressenti.
J'ai vu ce moment comme l'expression d'un désemparement saisissant Therese brutalement, se rendant compte à la fois qu'elle peut être mise à l'écart de Carol, et que par ce qui est en train de naître en elle pour Carol, c'en est douloureux d'être aussi désemparée.
Et du coup, retour vers l'appel, comme tu l'écris
D'ailleurs Carol la rappelle et alors qu'on pouvait presque en douter,
découvrir la détresse de Carol de son côté est surprenant et on assiste vraiment à un nouveau moment fort entre les deux qui précise une attache, un rapprochement. D'ailleurs, à ce moment précis, je crois qu'elles n'ont jamais été aussi proches aux yeux du spectateur.
Aussi, j'aime bcp ce que tu écris là en parlant de Carol :
elle s'accroche au telephone comme elle si elle s'accrochait à Thérèse, elle pose ses lèvres sur le combiné.
C'est une de mes scènes préférées ; ). PAs toi ?
Si, complètement. : )
Pour le titre :
Oui, c'est vrai, Thérèse la voit en premier et ensuite leur regard se capte, s'accroche, on a l'impression de deux solitudes qui se reconnaissent, qui se complètent. Ah quelle beauté ! ; )
Je n'ai pas plus à ajouter, mais je voulais juste dire que j'aime bcp ce que tu écris là.
Parmi tes moments préférés :
La scène du passage dans le tunnel, scène presque irréelle, sûrement car elle vient du souvenir de Thérèse : plusieurs images se superposent : Thérèse qui se souvient derrière la vitre de la voiture, des sons qui se superposent aussi, une musique lointaine, comme un souvenir ; les visages floutés, les mains de Carol sur le volant, sur le bouton du chauffage, la voix de Carol mais on n'entend rien de la conversation... les lumières du tunnel...
Là tu vois, tu me permets de réaliser que je ne visualise pas de passage dans un tunnel et pourtant je vois de quel moment tu parles ici
des sons qui se superposent aussi, une musique lointaine, comme un souvenir ; les visages floutés, les mains de Carol sur le volant, sur le bouton du chauffage, la voix de Carol mais on n'entend rien de la conversation...
Je me souviens de ces prises dans la voiture, des conversations autant audibles que camouflées, les jeux de cadrage sur les visages, des éléments, des jeux de flous, mais alors le tunnel précisément, il ne me revient pas à l'esprit, zut! mais quand tu écris
les lumières du tunnel...
je suppose que sur une photo que j'avais laissée plus haut, Therese dans la voiture qui regarde vers Carol, quand j'ai plaisanté en soulignant "position à la Abba? faisant référence à un clip", elles y sont à ce moment là dans le tunnel dont tu parles?
Suite:
Carol qui est sous la douche et qui veut son pull : Cate Blanchett est d'une beauté à ce moment précis...
Je me souviens d'avoir aimé le côté nature de Carol à ce moment et aussi la complicité, qu'elle soit clairement à l'aise de demander à Therese son pull bleu dans sa valise. Je trouvais que ça précisait une certaine confiance l'air de rien et une complicité spontané quelque part aussi. Puis Ensuite, j'ai bien aimé voir la manière dont Therese avec délicatesse va chercher ce pull bleu dans la valise de Carol, la manière dont elle se met à sentir le vêtement (geste, au passage, qui m'a marquée personnellement pouvant être très sensible aux parfums, à la lessive sur les vêtements) et là je ne sais pas il y avait quelque chose d'intensément doux et touchant dans ce geste de la part de Therese. Puis ensuite sa manière de glisser sa main , vers d'autres vêtements dans la valise, j'ai aimé cette délicatesse. D'ailleurs, petite anecdote au passage, à ce moment, je m'attendais à ce qu'elle tombe sur des sous-vêtements et qu'elle en soit gênée! ahah, je me fais rire d'avoir pu y penser, mais finalement non, elle tombe sur un révolver, ça change tout. :p
Il y a vraiment une exploration sensorielle que j'aime bcp dans ce film.
Suite bis :
La voix de Cate Blanchett, tout le long et notamment lors du passage de la lettre (c'est une lettre de rupture mais pas vraiment, et elle est si douce dans ses mots, très bienveillants)
J'ai trouvé sa voix réconfortante. : )
Mais idem, pour la voix de Therese/Rooney Mara, tout le long.
D'ailleurs, je voulais te demander, au-delà du jeu de chaque actrice qui est brillant, est-ce que par rapport à tes goûts tu as eu un faible plus pour Carol ou Therese?
Pour ma part j'ai trouvé bcp de charisme à Carol, elle m'a touchée, m'a fait sourire, rire, j'ai aimé ce que Therese provoquait chez elle, mais j'ai eu un gros gros faible pour Therese. Et l'air de rien, j'ai eu un faible pour Abby aussi, même si elle apparaît moins. :p
Et dans ce film, il y a aussi ce besoin d'affirmation en tant que femme
Carol offre cet appareil photo à Thérèse pour qu'elle puisse travailler en tant que photographe, tandis que Richard lui demande de l'épouser en ajoutant qu'elle n'aura pas besoin de travailler. Carol qui travaille à la fin
S'affirmer peut-être en tant que femme à cette époque là, mais je pense aussi surtout en tant qu'individu. Je n'ai pas tellement ressenti de "féminisme" mais plus une forme d' "humanisme" dans le traitement, de la part du réalisateur, de Therese et Carol. Après je suis aussi peut-être influencée dans mon regard par mon attachement personnel à l'humanisme, à la notion d'individu à part entière, plus qu'au féminisme, ce qui peut me tromper...
Toi, avec ton père, ce devait être particulièrement fort. Avait-il vu avec toi d'autres films de ce 'genre' ? Avait-il vu Mullholland drive, puisque tu l'évoquais plus haut ? (même si là on est dans un autre registre, mais quel film également !)
C'est la première fois avec mon père que je voyais une histoire d'amour au cinéma, mais je crois même que c'est la première fois pour moi que j'en voyais une au cinéma, je veux dire, un film entièrement consacré à une histoire d'amour (> de la rencontre, à la naissance des sentiments et tout ce qui s'en suit).
J'ai bcp aimé partager cette séance avec lui. D'ailleurs, connaissant mon père, sachant qu'il peut très vite décrocher par tout ce qui est amour, sentiments, projetés en fiction, et vu que c'est moi qui lui avait proposé d'aller le voir, j'appréhendais qu'il puisse s'ennuyer pendant les deux heures de film. Au final, pas du tout, il a bcp aimé la manière dont tout est exploré, les sujets traités, les acteurs, tout tout tout. Il m'a fait part de son regard personnel sur des scènes marquantes pour lui, sur des détails qui l'ont attrapés. Ca faisait plaisir de pouvoir partager un coup de coeur commun. Je crois d'ailleurs que c'est la première fois qu'on voit un film ensemble qui nous touche bcp comme ça. C'était franchement chouette, une belle séance.
Pour "Mulholland Drive", non, je l'ai découvert quelques années plus tard après sa sortie, sur petit écran, ce qui est certainement regrettable. Mais ça n'empêche pas que ce film il me suit depuis des années maintenant, je ne compte plus le nombre de fois que je l'ai visionné et il me laisse toujours autant dans un voyage émotionnel, aux multi-émotions, assez incroyable.
Sinon j'en déduis que tu l'as vu. Si ma déduction n'est pas mauvaise et que tu es partante pour partager ton avis, je t'invite à faire un petit tour ici. : )
Chrysalide,
merci pour ton message, ça me fait plaisir à moi aussi d'échanger sur ce film avec toi qui l'as aimé autant que moi, effectivement il y a de nombreux points d'attaches communs à ce film.
Oui, c'est vrai que lorsque j'ai lu l'enthousiasme avec lequel tu décrivais ce film avec ton long post, ça m'a donné envie de répondre et donc de m'inscrire pour l'occasion sur ce forum ; )
Pour le passage du tunnel, voici un lien youtube sur lequel tu auras accès à la scène entière : https://www.youtube.com/watch?v=ZVQcSssYpow
Je trouve dans cette scène, et alors que les deux films sont bien différents, des rappels de Mullohand drive. Vraiment. Cet effet de flou, de ralenti, les gros plans sur les mains, la bouche, les yeux de Carol, Thérèse qui est heureuse, on le sent, ces lumières, la musique...
Pour le parfum, je te cite un extrait du très bon roman de Patricia Highsmith : "Son parfum, à nouveau parvient à Thérèse, clair-obscur, légèrement sucré, évocateur d'une soie vert sombre, un parfum qui lui appartenait en propre comme à une fleur. "
Tu as raison sur le besoin de s'affirmer en tant qu'être humain avant tout. En tant que personne libre de ses choix et de sa vie.
Lors de leur rencontre il y a quand même cet intérêt du train électrique, qui n'est pas là par hasard je pense : jouet plutôt dirigé vers l'intérêt d'un garçon mais que Carol achète alors qu'au départ elle venait acheter une poupée pour sa petite fille. Le fait que Thérèse évoque ce train, c'est peut être aussi comme un message que Carol perçoit (ce ne sont pas les poupées qui m'intéressent".
J'aime aussi beaucoup un des passages que tu évoques plus haut, celui où Carol secoue son cadeau, un peu espiègle, et le sourire que cela provoque chez Thérèse, scène très jolie. On y voit une Carol drôle et une Thérèse enfantine et très touchante.
"est-ce que par rapport à tes goûts tu as eu un faible plus pour Carol ou Therese? "
Je dirais plus pour Carol. Déjà car je trouve C. Blanchett formidable en tant qu'actrice et qu'elle n'a jamais été aussi belle que dans ce film. J'aime sa voix, sa présence, le caractère du personnage, indépendant, courageux, impétueux et à la fois sombre et vulnérable.
Mais celui de Thérèse est parfait aussi, apportant le complément de Carol.
Thérèse, on peut la voir comme quelqu'un à priori de jeune, perdu, qui se laisse un peu allé, qui dit oui à tout, comme elle l'évoque d'ailleurs dans la scène de la voiture, après qu'elles aient été surprises en "flagrant délit", ce à quoi Carol répond, en séchant ses larmes 'it's not your fault, Thérèse", mais au final on s'aperçoit que son personnage évolue tout le long du film, s'endurcit, se révèle. Et puis , alors qu'on la sent presque enfantine, c'est quand même elle qui va vers Carol, qui lui propose de partager la même chambre pour la première fois, qui ne fléchit pas. Au final elel est beaucoup plus forte qu'il n'y parait.
ça me fait penser à la scène du salon de thé, scène du début et de la fin, où là elle parait avoir mûri, être devenu une autre elle, et elle garde une allure froide (ce qu'on comprend après ce qu'elle a subi) face à une Carol désemparée mais qui reste digne. D'ailleurs là aussi, le visage, l'expression ,la voix de C. Blanchett sont absolument magnifiques : elle a vu son changement, le lui fait remarquer, lui dit "you're beautiful, you know?" elle lui demande si elle la déteste, elle lui propose de vivre avec elle, et devant le refus de Thérèse et sa froideur, reste stoïque, douce et finit par lui lâcher un "i love you", alors que tout semble perdu. Et elle s'en va, posant sa main sur l'épaule de Thérèse dont la froideur du visage semble s'éloigner un peu, tant elle est troublée.
Non, les deux sont extraordinaires. A l'image d la dernière scène où le visage de Thérèse s'adoucit de façon presque imperceptible tandis que le sourire de Carol s'élargit. Et là l'écran noir, quel choc ! ; )
Je repense aussi à une scène clé
Celle de la première scène d'amour (j'aime beaucoup, comme toi, la deuxième car elle est douce, on voit peu, juste ces deux femmes qui s'enlacent et s'embrassent doucement puis passionnément : pas besoin de montrer des corps, d'aller voir plus loin dans la scène, ces quelques secondes suffisent à montrer tout leur amour). J'adore, comme toi je pense, la façon dont Carol se poste derrière Thérèse, leurs regards dans le miroir, l'intensité de ces regards, notamment celui de Carol qui sait sûrement là ce qu'elle veut. LA façon dont elle défait la ceinture de sa robe de chambre... J'ai lu quelque part que ce geste est à la fois choquant et sublime. Je suis presque d'accord, même si choquant est fort, je dirais plutôt inattendu et terriblement beau, d'ailleurs Thérèse est très surprise ; ) Mais la façon dont elles cessent alors de se regarder dans le miroir, la façon dont Thérèse lève la tête vers elle et celle dont Carol se penche pour l'embrasser, et puis Thérèse qui lui 'take me to bed' (Thérèse qui finalement va bien au bout de ses envies, qui sait au fond ce qu'elle veut. Et puis cette douceur de Carol qui se penche sur elle et lui dit 'you're trembling'. Mais que c'est beau ! Carol qui sent qu'elle est tétanisée et qui veut éteindre al lumière et Thérèse et refuse, qui lui dit qu'elle veut la voir. Quelle scène ! Et quel amour !
Comme tu vois, je ne taris pas de mots pour ce film ; )
Je te remercie à mon tour, de lire mes posts et de partager avec moi tes impressions sur ce film. Je reviendrai sur Mullholland drive, même si ça fait un certain temps que je ne l'ai pas revu.
marie a écrit :Comme tu vois, je ne taris pas de mots pour ce film ; )
Je lis ça avec plaisir. : )
Pour le passage du tunnel, voici un lien youtube sur lequel tu auras accès à la scène entière : https://www.youtube.com/watch?v=ZVQcSssYpow
Je trouve dans cette scène, et alors que les deux films sont bien différents, des rappels de Mullohand drive. Vraiment. Cet effet de flou, de ralenti, les gros plans sur les mains, la bouche, les yeux de Carol, Thérèse qui est heureuse, on le sent, ces lumières, la musique...
Je n'ai pas regardé, je m'explique pourquoi. :p
J'ai envie d'attendre d'acheter le DVD pour revoir une seconde fois le film en entier, refaire le voyage en entier, avec une bonne qualité d'image pour voir la seconde fois comment je reçois le film, cette fois-ci sur petit écran. Donc pour l'instant je ne préfère pas stimuler ma mémoire avec à des extraits sur youtube. Je ne suis pas comme ça pour tous les films! haha
Mais en tout cas merci pour l'attention. : )
Pour le parfum, je te cite un extrait du très bon roman de Patricia Highsmith : "Son parfum, à nouveau parvient à Thérèse, clair-obscur, légèrement sucré, évocateur d'une soie vert sombre, un parfum qui lui appartenait en propre comme à une fleur. "
Ah merci pour cet extrait! je trouve que le parfum d'une personne participe à parler de sa personnalité, j'y suis très sensible en règle générale. Et là du coup, lors de l'évocation du parfum de Carol, plus la scène décrite plus haut, j'étais très curieuse de savoir ce que Carol pouvait porter, j'essayais d'imaginer des notes... j'ai pu imaginer des notes épicées poudrées et fleuries mais le tout avec nuances sans que ce ne soit un parfum dominant, plutôt un parfum chaleureux. Enfin bref, et là de découvrir cette description, j'aime bcp! l'emploi de "clair-obscur" me plaît, j'aime ce à quoi me renvoie ce mot, et tout le reste de la description me laisse penser à une harmonie d'une douceur mystérieuse avec une touche de caractère plus séduction avec délicatesse.
Tu as raison sur le besoin de s'affirmer en tant qu'être humain avant tout. En tant que personne libre de ses choix et de sa vie.
Lors de leur rencontre il y a quand même cet intérêt du train électrique, qui n'est pas là par hasard je pense : jouet plutôt dirigé vers l'intérêt d'un garçon mais que Carol achète alors qu'au départ elle venait acheter une poupée pour sa petite fille. Le fait que Thérèse évoque ce train, c'est peut être aussi comme un message que Carol perçoit (ce ne sont pas les poupées qui m'intéressent"
J'ai d'ailleurs adoré cette petite conversation qui se passe tout naturellement, qui permet un peu de découvrir des goûts de Therese, quand elle était petite. L'histoire de la poupée, le modèle qui urine, je crois bien, que carol voulait acheter à la base, m'a fait rire au passage! Par contre, pour moi personnellement, le train électrique symbolisait avant tout le voyage, un désir d'aller vers d'autres horizons, plus la contemplation et donc me laisser penser à une petite Therese rêveuse. Et ensuite j'ai eu ce sentiment que Carol en achetant ce train électrique pour sa petite conservait un souvenir de cette rencontre avec Therese (ma petite interprétation) et l'air de rien, elle conservait l'idée de voyage, qu'on retrouve après par la suite quand elles partent ensemble. Puis le film en lui-même est un profond voyage émotionnel. : )
Après je dois avouer que ce passage m'a fait sourire et m'a ramené à des souvenirs perso > petite je ne supportais pas les poupées et les peluches, elles me faisaient peur même, puis à la maternelle, il y a eu ce moment où les filles recevaient une peluche, je ne sais plus pour quelle occasion exactement et les garçons un camion de pompier. J'étais super déçue de me coller la peluche et de ne pas avoir eu de camion... pas le souvenir d'avoir tenté de troc ou de racket par contre! ahah
Je pense qu'au final, pour en revenir au film, ya divers paramètres qui s'imbriquent dans cette scène entre Therese et Carol. Je crois qu'on peut voir un état d'esprit, ici voyageur rêveur sans se soucier de normes absurdes, diffusé de manière innocente par Therese, et en même une abolition de préjugés sexistes autour des intérêts des enfants, ici par la réaction de Carol très simple et naturelle "OK ya pas ce modèle de poupée que je voulais acheter pour ma petite, tu évoques ton intérêt pour les trains électriques quand tu étais gamine, pourquoi pas prendre au final ce train là pour ma petite". C'était donc une reformulation by me! Et pour en venir au fait que ça passe comme une lettre à la poste, ce qui fait du bien et ya moyen d'avoir sa petite interprétation à soi aussi de leur réaction à chacune.
Ensuite, toujours pour rester à l'enfance, j'ai été marquée par une réaction de Carol face à une photo de Therese enfant, un petit portrait, quand Carol chez Therese, regarde le travail photographique personnel de Therese sur son mur. Carol semblait très émue. D'ailleurs, j'ai aimé la manière dont Carol avant a demandé à Therese de lui montrer ses photos. Dans la demande de Carol j'y ressentais une profonde attention, un réel désir de découvrir l'autre, sans non plus vouloir la brusquer.
AH aussi, quand Carol a souligné que Therese l'a photographiée lors de l'achat du sapin (au passage, c'est un détail, mais j'ai gardé en mémoire le big sapin dans la bagnole super classe, à ne plus avoir de place à l'intérieur, ce qui me fait rire!) suivi de la réaction de Therese s'excusant de l'avoir fait discretos en "petite voleuse" d'apparence, au final j'ai juste adoré se rendre compte que Carol a plutôt aimé la démarche de Therese. :p
D'ailleurs, comme a pu le souligner Dannie, Therese a su immortaliser l'essence de Carol. : )
J'aime aussi beaucoup un des passages que tu évoques plus haut, celui où Carol secoue son cadeau, un peu espiègle, et le sourire que cela provoque chez Thérèse, scène très jolie. On y voit une Carol drôle et une Thérèse enfantine et très touchante.
Après "touchante", j'ai envie d'ajouter "craquante"! :p
Mais celui de Thérèse est parfait aussi, apportant le complément de Carol.
C'est tout à fait ça, la complémentarité est un moteur principal de leur relation.
après qu'elles aient été surprises en "flagrant délit"
juste parce que cette expression me fait sourire pour grosse contradiction, envie d'ajouter > en "flagrant délit d'amour" !:p
ce à quoi Carol répond, en séchant ses larmes 'it's not your fault, Thérèse", mais au final on s'aperçoit que son personnage évolue tout le long du film, s'endurcit, se révèle.
une très belle scène encore, vibrante, et je ne peux qu'être d'accord avec toi sur ce que tu dis de Therese ensuite.
Et puis , alors qu'on la sent presque enfantine, c'est quand même elle qui va vers Carol, qui lui propose de partager la même chambre pour la première fois, qui ne fléchit pas.
Ah! je souris encore et encore! j'ai adoré ce moment, la manière dont Carol commençait à réserver une chambre à chacune, et en prime la manière dont Therese a su placer en gros "et pourquoi pas la suite". Je crois même, si ma mémoire ne me fait pas défaut, que Carol a eu une réaction de surprise, le genre agréable :p.
Personnellement, je me suis dit à ce moment là que Carol ne voulait peut-être pas trop presser Therese de quoi que ce soit dans leur intimité. Et du coup, je répète, j'ai adoré que Therese ait préféré une chambre pour toutes les deux! : )
D'ailleurs, ça me fait penser à une autre scène favorite! quand Carol a annoncé à Therese sa décision de partir. Ce que j'ai aimé c'est un contraste entre la première réaction de Therese, petit choc de pouvoir l'imaginer partir avec une déception certaine lisible sur son visage, et la réaction ensuite de Therese encore quand Carol lui fait part qu'elle voudrait qu'elle vienne avec elle, laissant visible une autre lecture, cette fois-ci plutôt lumineuse sur le visage de Therese.
Non, les deux sont extraordinaires. A l'image d la dernière scène où le visage de Thérèse s'adoucit de façon presque imperceptible tandis que le sourire de Carol s'élargit. Et là l'écran noir, quel choc ! ; )
Je ne peux pas te contredire. : )
Ca me fait penser qu'il est plus fréquent à mes yeux personnellement, dans des films ou même des séries, au travers d'une histoire d'amour entre deux héroïnes, de ne pas être totalement convaincue par les deux, mais plus par une. Je trouve que la complémentarité ne fonctionne pas toujours dans des fictions, mais là dans ce film, leur complicité, leur complémentarité fonctionnent à merveille et laissent rêveur en passant par diverses émotions en 2h.
Je repense aussi à une scène clé
LA façon dont elle défait la ceinture de sa robe de chambre... J'ai lu quelque part que ce geste est à la fois choquant et sublime. Je suis presque d'accord, même si choquant est fort, je dirais plutôt inattendu et terriblement beau, d'ailleurs Thérèse est très surprise ; )
"Choquant" en effet ce n'est pas le terme que je préfère là dans cette situation, pour une note négative qu'il peut laisser passer. Je dirais que ce geste est explicite, mais toujours dans la pudeur et il est franchement troublant. Bon elle aurait aussi carrément pu y aller un peu plus franco et en plus de défaire la ceinture, laisser tomber la robe de chambre et HOP toute nue pour Therese! et là ahahah Therese aurait peut-être pu faire une mini panique à bas bord! enfin je n'en sais rien, mais sérieusement, ce geste est une magnifique invitation méga troublante à mes yeux. : )
Mais la façon dont elles cessent alors de se regarder dans le miroir, la façon dont Thérèse lève la tête vers elle et celle dont Carol se penche pour l'embrasser, et puis Thérèse qui lui 'take me to bed' (Thérèse qui finalement va bien au bout de ses envies, qui sait au fond ce qu'elle veut. Et puis cette douceur de Carol qui se penche sur elle et lui dit 'you're trembling'. Mais que c'est beau ! Carol qui sent qu'elle est tétanisée et qui veut éteindre al lumière et Thérèse et refuse, qui lui dit qu'elle veut la voir. Quelle scène ! Et quel amour !
Là en lisant cette partie je rigole derrière mon écran, tellement je suis en total accord avec toi. Je me souviens oui quand elle lui dit qu'elle tremble, à en être assez troublant. Ya une espèce de vulnérabilité qui s'en dégage de ce moment, qui est magique. La manière dont la poitrine dénudée de Therese est parcourue par le toucher, le regard de Carol, entre désir et attention d'une grande délicatesse, bref, ahah, et même chaque émotion, geste, regard, etc, bravo aux actrices! et aussi à la manière d'avoir filmé.
Vu qu'on parlait de "Mulholland Drive", la scène d'amour dans "Mulholland Drive", dans le cinéma est ma favorite, car idem, la fusion est franchement troublante et super belle, sans qu'il n'y ait besoin que ça dure des heures et elle me fait à chaque fois le même effet vibrant quand je revisionne le film.
Je te remercie à mon tour, de lire mes posts et de partager avec moi tes impressions sur ce film.
C'est réciproque. : )
On verra jusqu'à quand on aura les mots pour formuler les vibrations qui nous animent autour de "Carol"! :p
Je reviendrai sur Mullholland drive, même si ça fait un certain temps que je ne l'ai pas revu.
J'ai trouvé une petite vidéo qui est un peu comme un résumé du film, avec quelques scènes regroupées. Je te la laisse du côté de "Mulholland Drive", pour replonger dans une partie de l'ambiance et peut-être t'aider à rafraîchir ta mémoire. : )
Je comprends que tu n'aies pas regardé cet extrait (moi je suis trop curieuse, je n'ai pas résisté à revoir certaines scènes), dont celle là car je la trouve sublime - la qualité est pas mal ceci dit). Tu me diras quand tu l'auras vu ? Je la trouve d'une beauté, mélancolique, presque onirique. Et si on lit le roman, un passage fort des pensées de Thérèse à ce moment précis...
Chrysalide a écrit :Ah merci pour cet extrait! je trouve que le parfum d'une personne participe à parler de sa personnalité, j'y suis très sensible en règle générale. Et là du coup, lors de l'évocation du parfum de Carol, plus la scène décrite plus haut, j'étais très curieuse de savoir ce que Carol pouvait porter, j'essayais d'imaginer des notes...)
Tu n'as pas l'intention de lire le roman ? Il est écrit du point de vue de Thérèse, on la connait mieux, il y a plus de moments où elles sont ensemble, un peu plus de dialogue je veux dire.
Je suis très sensible aussi aux parfums. L'évocation du parfum de Carol qu'on imagine très raffiné, le parfum de la personne aimée... Lorsqu'elles ont ce premier rendez vous, Thérèse dit "your perfume..." puis 'it's nice', à ce moment là, c'est comme si elle lui faisait une déclaration d'amour.
Chrysalide a écrit :J'ai d'ailleurs adoré cette petite conversation qui se passe tout naturellement, qui permet un peu de découvrir des goûts de Therese, quand elle était petite. L'histoire de la poupée, le modèle qui urine, je crois bien, que carol voulait acheter à la base, m'a fait rire au passage! Par contre, pour moi personnellement, le train électrique symbolisait avant tout le voyage, un désir d'aller vers d'autres horizons,
Oui, moi aussi j'ai bien aimé. Cette façon qu'a cette femme de s'approcher, et poser des questions intimes à la vendeuse, comme si elle était déjà quelqu'un de proche. ça a l'air naturel et sincère. Il y a déjà une gestuelle, une attention réelle. JE me souviens de comment Thérèse saisit la photo de la fille, lui dit qu'elle lui ressemble, les yeux, la bouche. Et puis Carol semble à la fois blasée et espiègle avec Thérèse. Tu as raison pour le train, il y a le voyage oui. D'ailleurs on voit Thérèse le regarder pendant sa pose, et Carol le regarde aussi, dès qu'elle arrive à l'étage des jouets. Il y a une envie d'évasion chez les deux personnages. Ensuite, le fait d'aimer un train électrique plutôt qu'une poupée reste rare, ça surprend Carol, mais o nsent qu'elle aime de suite l'idée ; )
La photo :
Chrysalide a écrit :Ensuite, toujours pour rester à l'enfance, j'ai été marquée par une réaction de Carol face à une photo de Therese enfant, un petit portrait, quand Carol chez Therese, regarde le travail photographique personnel de Therese sur son mur.
J'ai pensé que Carol était à la fois touchée de voir une photo de Thérèse enfant, elle caresse la photo de sa main, on sent déjà toute la tendresse qu'elle a pour Thérèse. Et puis je me suis dit qu'elle était émue car cette photo lui évoquait sa fille à elle, Rindy (elle vient d'apprendre par son avocat qu'à cause de l'injonction de son mari, elle ne pourra la voir avant des semaines).
J'ai trouvé que la tendresse de Carol pour Thérèse semblait parfois maternelle.
Au sujet de la photographie, Carol encourage Thérèse dès le début, elle lui offre d'ailleurs l'appareil photo ((j'adore la façon dont elle pousse négligemment la valise contenant l'appareil photo et des tas de pellicules devant Thérèse).
La suite :
Chrysalide a écrit :Ah! je souris encore et encore! j'ai adoré ce moment, la manière dont Carol commençait à réserver une chambre à chacune, et en prime la manière dont Therese a su placer en gros "et pourquoi pas la suite". Je crois même, si ma mémoire ne me fait pas défaut, que Carol a eu une réaction de surprise, le genre agréable :p.
Oui, cette scène est très sympa, Carol se retourne sur Thérèse qui d'un air naïf dit 'pourquoi pas la suite ? ... si le prix est attractif'. Je ne sais pas si Carol sait ce qu'elle veut. J'ai l'impression que Thérèse est amoureuse de Carol et que Carol a beaucoup de tendresse pour Thérèse. En même temps elle sait, elle a déjà vécu une histoire avec Abby, elle ne se l'interdit pas mais elle laisse venir Thérèse, elle ne veut sûrement rien brusquer aussi. Je dis ça et lorsque je repense à la façon dont elle défait sa ceinture de robe de chambre...
Ce soir là, dans la suite, la scène du parfum... Carol tente t'elle une approche ou est-ce innocent ?
L'invitation au voyage :
Chrysalide a écrit :D'ailleurs, ça me fait penser à une autre scène favorite! quand Carol a annoncé à Therese sa décision de partir. Ce que j'ai aimé c'est un contraste entre la première réaction de Therese, petit choc de pouvoir l'imaginer partir avec une déception certaine lisible sur son visage, et la réaction ensuite de Therese encore quand Carol lui fait part qu'elle voudrait qu'elle vienne avec elle, laissant visible une autre lecture, cette fois-ci plutôt lumineuse sur le visage de Therese.
Oui, (tu as une super mémoire, tu te souviens de tout ça après l'avoir vu une seule fois...), Thérèse passe de la panique à l'enchantement, et elle lui répond solennellement 'yes... yes i would' ; )
La scène de la ceinture :
Chrysalide a écrit :"Choquant" en effet ce n'est pas le terme que je préfère là dans cette situation, pour une note négative qu'il peut laisser passer. Je dirais que ce geste est explicite, mais toujours dans la pudeur et il est franchement troublant. ce geste est une magnifique invitation méga troublante à mes yeux. : )
C'est vrai, c'est un geste très troublant. Je me suis demandé quand Carol avait décidé de basculer. On voit tout le long du film qu'elles se rapprochent mais ce pourrait aussi bien être une amitié s'il n'y avait le trouble ressenti par Thérèse, les gestes de Carol qui restent délicats. Je repense à une scène où elles prennent un café un matin, Carol rejoint Thérèse qui discute avec ce mec qui les écoutera, et Carol le regarde à peine, est presque impolie, n'a d'yeux que pour Thérèse... je me suis demandée si ce n'était pas vers là qu'on pouvait vraiment percevoir que Carol avait du désir pour Thérèse.
Effectivement, nos échanges risquent de se tarir sur ce film, ou bien on va nous prendre pour des folles ; )
Et en même temps, je repense à des tas de scènes... ; )
Comme je le disais sous le sujet 'Mullolland drive', la beauté de ce film, 'Carol' donc, me fait penser à celle de 'In the mood for love'. Pourquoi ? Une impression, sûrement la musique, les ralentis, les effleurements, le beauté de la photo, les années 50 peut être aussi...
Et je ne t'ai pas demandé : qu'as tu vu de D. Lynch ?
Je viens m'incruster dans votre discussion, ou plutôt donner mon avis.
le film m'a paru long à démarrer, trop "cinéma d'auteur" ai-je d'abord pensé, et puis et puis je me suis laissée embarquée.
Mais d'abord j'ai eu un grave problème : je n'ai pu le voir qu'en VF...
Et je connais bien la voix de Cate Blanchet...j'aime beaucoup sa voix, son accent et là en VF j'ai vraiment eu du mal, je pense que cela eût un effet négatif sur mon opinion...Sans compter les traductions qui trahissent parfois les dialogues originaux.
Sinon, cela ne m'étonne pas que l'adaptation soit réussi parce que si je n'ai lu que deux livre de Patricia H, on retrouve incroyablement son univers dans le film, j'avais l'impression d'évoluer dans un de ses romans, l'impression était très étrange.
Sinon, je crois si je vous bien lues et comprises ne pas toujours être en accord avec vous concernant Carol.
J'ai reconnu en elle une grande séductrice, du début à la fin. Elle met en place une stratégie imparable qui va conduire Thérèse jusqu'où Carol aurait aimé qu'elle aille et même plus.
Je crois qu'elle, je suis sûre qu'elle l'a dans son viseur dès le premier regard. Ensuite, le train, les gants (ah le gros mensonge du vendeur d'article de sport !), tout s'enchaine comme elle l'a souhaité. D'ailleurs Abby le comprend tout de suite.
la stratégie de Carol, curieusement est plutôt une stratégie de prudence, de grande timide ou de quelqu'un qui manque de confiance en soi, même si l'image qu'elle renvoie est complétement contraire.
Elle commence par tendre des perches (les gants, les invitations...), et accepte toute prise initiative. Thérèse se retrouve dans un cas de configuration où elle peut tout faire, tout se permettre. Il y a quelques anicroche à cause de la situation familiale de Carol, mais celle-ci ne peut pas le gérer, ni le prévoir, c'est une interférence.
Elle donne la liberté, tout en étant très proche de Thérèse, chose magique elle lui donne franchement son amitié, son estime. Et son cadeau n'est pas intéressé, c'est juste un coup de pouce, là il n'y a pas de jeu de séduction, c'est ce qui fait tout son charme auprès de Thérèse.
Carol offre à Thérèse une liberté complète tout en lui faisant bien comprendre qu'elle est ouverte à tout. De plus elle lui renvoie une image de quelqu'un de très fort, sur qui on peut compter, rien que sa proposition à la fin, à cette époque est quand même audacieuse. Comment ne pas succomber ?
C'est terriblement efficace.
Carol est très très séduisante et Thérèse est exactement le genre de personne qui se laissera charmer par ce genre de personne.
Moi j'ai adoré la scène du piano...c'était génial, Carol est génial ! De la pure séduction, très troublante, effet garanti des deux côtés.
Hello Arthemis, merci pour ton avis.
Mais en quoi trouves tu qu'il diffère du notre (du moins du mien) ?
arthémis a écrit :Mais d'abord j'ai eu un grave problème : je n'ai pu le voir qu'en VF...
Et je connais bien la voix de Cate Blanchet...j'aime beaucoup sa voix, son accent et là en VF j'ai vraiment eu du mal, je pense que cela eût un effet négatif sur mon opinion...Sans compter les traductions qui trahissent parfois les dialogues originaux.
Je suis d'accord avec toi, il est préférable de voir les films en vo. Là en plus, la voix de Cate Blanchett (qui est très belle, très troublante) ajoute énormément au pouvoir de séduction de Carol (et j'ai vu un extrait du film en vf, j'ai trouvé ça affreux). Et c'est vrai, en général, les parols sont un peu changées, on perd en intonation, etc...
arthémis a écrit :J'ai reconnu en elle une grande séductrice, du début à la fin. Elle met en place une stratégie imparable qui va conduire Thérèse jusqu'où Carol aurait aimé qu'elle aille et même plus.
Je suis d'accord avec ce que tu écris, disons que j'ai le sentiment que Carol est à l'aise en société, elle est belle, le sait, elle sait se parer, elle a une allure parfaite. Ce qui est intéressant dans son personnage c'est que derrière cette allure parfaite, se cachent quelques fêlures. Elle séduit Thérèse dès le début pour moi aussi, dès le moment où elle souhaite lui acheter cette poupée qui se transformera en train électrique, mais les rôles s'inverseront à la fin où je la trouve plus fragile, plus dans la sincérité que dans la séduction.
arthémis a écrit :Je crois qu'elle, je suis sûre qu'elle l'a dans son viseur dès le premier regard. Ensuite, le train, les gants (ah le gros mensonge du vendeur d'article de sport !), tout s'enchaîne comme elle l'a souhaité. D'ailleurs Abby le comprend tout de suite.
Je me suis demandé si elle mentait sur le vendeur, peut être pas. Mais si elle a laissé ses gants intentionnellement c'est qu'elle ment. Le plus important dans cette scène c'est le jeu entre elles et c'est Thérèse qui commence en lui disant qu'elle supposait que Carol avait cru que les gants venaient d'un homme (elle annonce un peu ses intentions cachées en envoyant ces gants en lui demandant ça), ce à quoi Carol évoque la possibilité du vendeur, tout en ajoutant aussitôt que si ça avait été lui, elle ne l'aurait certainement pas invité à déjeuner. Et je suis d'accord, on est dans la séduction, elle est indirecte chez Thérèse et plutôt directe chez Carol (bien qu'on reste dans le simple sujet du déjeuner).
arthémis a écrit :la stratégie de Carol, curieusement est plutôt une stratégie de prudence, de grande timide ou de quelqu'un qui manque de confiance en soi, même si l'image qu'elle renvoie est complètement contraire.
Carol offre à Thérèse une liberté complète tout en lui faisant bien comprendre qu'elle est ouverte à tout. De plus elle lui renvoie une image de quelqu'un de très fort, sur qui on peut compter, rien que sa proposition à la fin, à cette époque est quand même audacieuse. Comment ne pas succomber ?
Carol est très très séduisante et Thérèse est exactement le genre de personne qui se laissera charmer par ce genre de personne.
C'est vrai qu'elle offre beaucoup à Thérèse, elle ne provoque pas quoi que ce soit, ou par touches légères, tout passe par les regards, les gestes, les attentions. Je trouve aussi le personnage de Carol complètement séduisant, et très fort, c'est il me semble une personne fière, indépendante, libre, qui s'est retrouvée enchaînée aux conventions et qui s'en détache petit à petit. Pour moi il y a une réelle sincérité envers Thérèse, elle ne la séduit pas juste, elle est aussi séduite.
Dans ce que tu écris, tu évoques aussi la complémentarité entre les deux personnages , c'est que noussommes d'accord.
arthémis a écrit :Moi j'ai adoré la scène du piano...c'était génial, Carol est génial ! De la pure séduction, très troublante, effet garanti des deux côtés.
Oui elle est bien aussi cette scène, la façon dont Carol se lève pour venir auprès de Thérèse, ça fait très prédatrice d'ailleurs ; )
marie a écrit :Effectivement, nos échanges risquent de se tarir sur ce film, ou bien on va nous prendre pour des folles ; )
Folles d'amour pour ce film?? je pense que c'est déjà fait. :p
Je comprends que tu n'aies pas regardé cet extrait (moi je suis trop curieuse, je n'ai pas résisté à revoir certaines scènes), dont celle là car je la trouve sublime - la qualité est pas mal ceci dit).
Je me suis seulement permise de regarder quelques petites photos, mais pas trop non plus. Ca fait un petit un mix entre une attitude tatillon et masochiste ahah. Mais je suis sûre que je ne le regretterai pas quand je retrouverai le film en entier en DVD. D'ailleurs, je pense qu'il faut attendre encore un peu pour la sortie en France ou j'ai mal regardé sur le net?
Tu me diras quand tu l'auras vu ?
Ca marche. : )
Tu n'as pas l'intention de lire le roman ?
Sincèrement, je n'avais pas l'intention de le faire. Pour m'expliquer un peu, j'ai un rapport à la lecture un peu particulier, je ne suis pas une grande lectrice, je ne lis pratiquement jamais de bouquins pour ne pas dire jamais. Pour résumer, j'ai un problème de concentration quand j'essaie de lire une intrigue, mes yeux lisent, mon cerveau part ailleurs, avec plein d'images qui se greffent, et puis bon je ne sais plus ce que j'ai lu, ce qui me freine énormément comme c'est fatigant. Ca a toujours été comme ça, je tente malgré tout de m'intéresser à des livres, en ce moment j'en ai un qui m'attend bien sagement sur ma table de chevet, mais pour "Carol", je me suis dit que d'avoir vu le film me suffisait, mais si tu me conseilles de vraiment le lire, je ne sais pas, j'irai peut-être l'emprunter à la bibliothèque... C'est un gros livre?
Aussi, juste une petite anecdote sup, j'aime le livre, le papier, tourner les pages, etc, l'objet en lui-même, ainsi que d'aimer en particulier feuilleter des livres d'images pour enrichir ma mémoire visuelle. :p
arthémis a écrit :Mais d'abord j'ai eu un grave problème : je n'ai pu le voir qu'en VF...
Tu m'as fait rire! car oui c'est un grave problème! ahah, dès que tu peux, regarde-le en VO. En tout cas, je pense avoir retenu que tu as aimé le film, et en ayant réussi à l'aimer en VF en VO tu vas certainement le redécouvrir avec bien plus d'intensité et de charmes nouveaux.
marie a écrit :Mais en quoi trouves tu qu'il diffère du notre (du moins du mien) ?
Je pense qu'arthémis n'est pas toujours en accord avec nos échanges concernant Carol, lorsqu'on on peut questionner ses intentions, ses gestes envers Therese, si elle maitrise, si elle ne maitrise pas, sur leur véritable fond, alors qu'arthémis se montre plus affirmative :
arthémis a écrit :J'ai reconnu en elle une grande séductrice, du début à la fin. Elle met en place une stratégie imparable qui va conduire Thérèse jusqu'où Carol aurait aimé qu'elle aille et même plus..
Je crois qu'elle, je suis sûre qu'elle l'a dans son viseur dès le premier regard. Ensuite, le train, les gants (ah le gros mensonge du vendeur d'article de sport !), tout s'enchaine comme elle l'a souhaité.
Si je me trompe arthémis, n'hésite pas à me corriger. : )
Et de mon côté, c'est sûr que je ne peux pas être affirmative, je suis plus à être dans la démarche de questionner l'ambiguïté de Carol, à ne pas savoir ce qu'elle a à l'esprit et ce qu'elle veut vraiment avec Therese au départ, surtout en ressentant et découvrant sa vulnérabilité plus on la découvre.
Mais peut-être aussi que dans un sens j'ai regardé le film un peu comme si j'étais à la place de Therese face à l'attitude de Carol et donc en étant plus dans l'incertitude sur le véritable fond de ses actions envers Therese que la certitude.
Après parler de séduction, je pense que c'est autant juste qu'ambigu, car il existe la séduction totalement maitrisée, stratégie mise en place et appliquée, et celle qui ne l'est pas tellement qui dépasse le contrôle de ses actions, influencée par des émotions fortes, un contexte, sur le moment. Cette nuance fait partie de ce qui me questionne chez Carol.
En tout cas, j'aime la liberté d'interprétation qu'a permis la réalisation. : )
La scène du piano, j'ai bcp aimé le moment qu'elles ont partagé et je craque pour Therese face à ton gif! ahah
Je reviendrai développer mes idées, et reprendre une question que tu as laissée Marie, car là je ne peux pas rester longtemps comme je le souhaite.
En attendant, envie de laisser des petites photos pour compléter la première tournée que j'avais laissée plus haut. :p
>>> ♡.♡
Elles sont vraiment magnifiques, à tous les niveaux, malgré l'aspect pixélisé.
La première, j'y aime les expressions de visage et les mèches de cheveux.
La seconde, j'aime ressentir l'intensité du baiser que donne Therese.
La troisième, j'y aime l'expression et la position des visages, la douce intensité partagée.
La dernière, j'aime la vue sur le dos de Carol qui recouvre Therese, et voir l'émotion sur son visage qui semble partie je ne sais pas trop où.
Puis voir leurs yeux fermés, ça a quelque chose d'assez émouvant et troublant à la fois.
J'ai en mémoire dans cette scène que Carol nomme Therese son ange à un moment, comme un arrêt dans le temps avec un échange de regards. Je ne suis pas toujours sensible en fiction à ces petits surnoms doux, mais là j'ai trouvé extrêmement émouvant les mots de Carol donnés à Therese.
Aussi Marie, je reviendrai pour te répondre côté Mulholland Drive! : )