Les gender studies

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tetxisk
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Re: Les gender studies

Message par tetxisk »

fille1970 a écrit :Bon, moi j'arrive sur ce post parce que j'ai vraiment beaucoup, beaucoup de mal à comprendre de quoi on parle (moi petit esprit pas très vif, désolée... ;) )

Alors, je commence par le commencement.

Je suis née fille. J'habite aujourd'hui un corps de femme. Ce qui ne m'empêche pas d'avoir ma personnalité, mon caractère, mes goûts, mes couleurs, etc.

Et je ne me pose pas la question quand je veux faire telle ou telle chose de savoir "euh, attend là, c'est un truc de mec ou de fille!" :|

Je veux bien croire que la société porte un regard sur chaque individu, et que la pression normative existe, mais... honnêtement, personne ne m'a jamais empêché de faire un truc parce que je suis une fille...??? :(

Donc, pour moi, être une fille, c'est chouette (et je pense qu'être un mec, ça doit être sympa aussi). Mais c'est un point de départ pas une finalité. :o

Après, tu fais ce que tu veux de ta vie: danse classique ou macramé, culturisme ou ju-ju-tsu, on s'en bat les couettes, non???? :lol:

Dîtes moi si je suis dans le bon topic ou si je suis carrément barrée... merci! :shock:
Je ne suis pas Roland Barthes ou je ne sais quel linguiste qui analyse les tenants et aboutissants de tel discours, donc je ne décortiquerai pas ce que tu dis, simplement j'affirme que dans l'exemple de ton discours fille1970 et dans l'histoire de Georges avec ses collègues, il y a un talent à faire taire autrui sans rien d'autre que du vent, et avec l'aide de la majorité.
Si tu voulais comprendre, il y a 3 pages de liens sur ce fil, ça prend un peu de temps mais il y a de quoi réfléchir. Si tu veux d'autres explications c'est plus simple de demander directement, plutôt que de dire que les interrogations d'autres ne sont pas légitimes!

Silverring

Re: Les gender studies

Message par Silverring »

D'un côté je comprend que certainEs puissent être hérissées à la lecture du post de fille1970, d'un autre, il me semble bien avoir lu un post comportant plein de "?", et qui peut bien être reçu comme tel : posant des questions.

Si elle n'a pas expérimenté de sexisme : quelle chance, non ?
OK, j'avoue, c'est clair, moi aussi, j'ai des doutes, et je me dis que ce doit plus être affaire de conscience de la chose. Mais quand on vient poser la question, il me semble que c'est déjà un premier pas, même si dans le contexte de l'interrogation on voit arriver toute la bienpensance qui peut devenir immédiatement irritante quand on a l'habitude de la voir teintée d'hétérosexisme implicite.

Fille1970 déclare qu'on fait ce qu'on veut dans la vie :
danse classique ou macramé, culturisme ou ju-ju-tsu, on s'en bat les couettes, non????
C'est bien le but, non ? aller vers un espace social dans lequel ni regard et/ou discours normatif bride les envies, pas plus qu'une forme d'autocensure...

Ce que je retiens de son intervention, c'est :
Donc, pour moi, être une fille, c'est chouette (et je pense qu'être un mec, ça doit être sympa aussi). Mais c'est un point de départ pas une finalité.
Et là... Alors, que nos vies ne tendent pas vers l'accomplissement d'un destin dicté par une supposée biologie, ça, OK, youpi, hourra. On est pas sur terre pour aller vers une performance de genre la plus conforme possible et passer sa vie à policer son apparence dans ce sens (cf être une fille n'est pas une finalité).
Mais un point de départ ? Je ne sais pas comment le prendre. Est-ce une façon de faire le constat de ce à quoi on est renvoyé dans la société d'ici et d'aujourd'hui ? En mode, OK, on me dit que je suis d'abord une fille, mais de là, je fais quand même bien ce que je veux :p
Ou alors... fille1970, voulais-tu dire que tu considères ton identité comme d'abord fondée sur cette assignation au sexe/genre féminin ?

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fille1970
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Re: Les gender studies

Message par fille1970 »

Salut ,

bon, j'ai l'impression que j'en ai énervé quelques unes avec mes questions à la con... désolée, c'est une sale habitude chez moi... je préfère avoir l'air conne et me mettre tout le monde à dos que de rester dans l'ignorance en arborant l'air satisfait de celle qu'à tout compris "...ah ouais, d'accord" :?

Alors, je vais essayer de reformuler ma question: de quoi on parle quand on aborde le thème du "gender"

ok, j'ai 3 pages de pots à lire, et c'est dense, on est d'accord. :?

Si j'y reviens, c'est que j'ai l'impression qu'il y a plusieurs thématiques qui se superposent:
Méluzine a écrit :il suffit de regarder comment sont élevés la plupart des enfants pour se rendre compte que garçon et fille, ce n'est pas le même combat! Un garçon ne doit pas pleurer, une fille ne doit pas jouer aux petites voitures. Regardes juste un catalogue de jouets au moment de Noel et ne me dit pas qu'il n'y a pas de différences : aux filles le rose et la dînette, aux garçons le bleu et les action man.

Et le milieu du travail est criant d'inégalité , au niveau salarial bien sûr, mais la plupart des postes de direction sont occupés par des hommes, et les femmes sont concentrées dans les métiers du care (infirmières, assistantes maternelles...) par exemple.
1/ Là, pour moi , on est clairement dans le féminisme: la lutte pour la reconnaissance des droits des femmes à l'égal de l'homme. Pas de discrimination à l'emploi, ce qui passe par un accès à l'éducation pour tous, etc.

Je suis tout à fait convaincue du bien-fondé de cette lutte, et je ne pense pas qu'on trouve ici grand monde pour dire le contraire, même si au quotidien chacune peut citer un exemple de dénigrement de la femme. Mais ce n'est pas le sujet ici (enfin, je crois).

2/ si la question n'est pas dans le domaine du féminisme (droits mais aussi images des femmes, qui ne sont pas que de simple objet de consommation), avançons un peu:

est-ce qu'on est d'accord sur le postulat: Je suis un être humain -et pas un escargot, donc un être sexué.

(...c'est en cela que je disais dans mon précédent post qu'être une fille est pour moi un point de départ et non pas une finalité, c'est un constat à un instant "T", je suis née ainsi. :) )

la question du genre serait-elle alors: comment JE me sens dans mon corps? est-ce que je suis à l'aise ou pas, si je me sens pas bien, est ce par exemple parce que j'habite un corps de femme et que je me sens homme (mais là dérive sur le trans-genre, ce qui est une thématique en soit, il me semble).

ou bien : comment LES AUTRES me perçoivent, par rapport à mon look, mes activités, etc (et là, on revient sur le féminisme, je n'en démords pas).

Et donc, le refus de se laisser enfermer par une identité sexuée ("je ne suis pas homme ou femme, je suis un individu"), ça serait une solution pour sortir du carcan que nous imposerait de manière plus ou moins consciente la famille, les amis, les collègues, la société?... :|

J'ai bon là??? :?
"Ceux qui ne pensent pas comme nous sont des cons."
Entre nous soit dit, bonnes gens, Pour reconnaître
Que l'on n'est pas intelligent, Il faudrait l'être...

Georges Brassens

Fleming

Re: Les gender studies

Message par Fleming »

Pour ma part, fille1970, j´aime bien ce dernier post, il me semble être écrit par une fille qui se sent fille, bien dans sa peau et à sa place dans la société. Et du coup ne peut pas s´imaginer ce que la revendication des genres
peut signifier, là je laisse Silverring intervenir ;)
Juste une chose... les escargots ne sont pas asexués, ils sont hermaphrodites 8-)

Méluzine

Re: Les gender studies

Message par Méluzine »

fille1970 a écrit : bon, j'ai l'impression que j'en ai énervé quelques unes avec mes questions à la con... désolée, c'est une sale habitude chez moi... je préfère avoir l'air conne et me mettre tout le monde à dos que de rester dans l'ignorance en arborant l'air satisfait de celle qu'à tout compris "...ah ouais, d'accord" :?
Je ne dirais pas que ton poste m'a énervé, il m'a plutôt... disons surprise. Un peu comme Silverring c'est parce que je vois mal comment ne pas expérimenter le sexisme au quotidien. Mais on est là pour échanger, non? ;)
On dirait que ton souci vient surtout de la définition des gender studies, on parle bien des études (au pluriel donc) sur le genre, qui pour moi comprennent plein de choses : la construction sociale de la différence des sexes aussi bien que le rapport entre sexe et genre. C'est donc normal qu'on y parle de féminisme, de mouvement queer, de transgenre...
fille1970 a écrit : Et donc, le refus de se laisser enfermer par une identité sexuée ("je ne suis pas homme ou femme, je suis un individu"), ça serait une solution pour sortir du carcan que nous imposerait de manière plus ou moins consciente la famille, les amis, les collègues, la société?... :|
J'ai bon là??? :?
Disons que notre société nous enferme dans deux catégories : homme/femme mais qu'on peut considérer qu'il y en a plein d'autres. Mais surtout l'identité sexuée n'a rien de "naturelle". On ne naît pas homme ou femme, c'est une construction sociale.

Fleming

Re: Les gender studies

Message par Fleming »

fille1970 a écrit :
Et donc, le refus de se laisser enfermer par une identité sexuée ("je ne suis pas homme ou femme, je suis un individu"), ça serait une solution pour sortir du carcan que nous imposerait de manière plus ou moins consciente la famille, les amis, les collègues, la société?
Méluzine a écrit : (...) On ne naît pas homme ou femme, c'est une construction sociale.
je ne vais pas faire avancer le schmilblick, j´ai juste besoin de réagir.

Je pense que la question de fille1970 est pertinente, et laisse à réfléchir.

Et que la dernière phrase de Méluzine me fait penser à l´irrésolution de la question: qu´est-ce qui est inné, qu´est-ce qui est acquis? Pour ma part, je ne pourrais pas être aussi catégorique que toi, Méluzine, mais c´est mon point de vue...

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fille1970
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Re: Les gender studies

Message par fille1970 »

Fleming a écrit :une fille qui se sent fille, bien dans sa peau et à sa place dans la société. Et du coup ne peut pas s´imaginer ce que la revendication des genres peut signifier, là je laisse Silverring intervenir ;)
Juste une chose... les escargots ne sont pas asexués, ils sont hermaphrodites 8-)
ok pour les escargots, je dois revoir mes cours de bio :lol:

Merci pour ton intervention. En fait, contrairement à ce que peut laisser penser mon post, je n'ai pas eu non plus un parcours linéaire sur le plan du modèle hétéro normé dont il est fait mention dans plusieurs interventions.

Quand j'étais gamine, on me disait "bonjour jeune homme". Des copains ont accepté que je joue au foot avec eux (pas facile, mais ça s'est fait). J'étais fière d'être considéré comme un garçon manqué, parce que ça me donnait des prérogatives réservés à cette caste mâle supérieure. J'étais pas une mauviette, j'étais forte, fière, intelligente, etc. :| ... bref, tous les lieux communs que vous voudrez ! :(

Et puis j'ai eu la chance d'avoir des parents qui m'ont laisser vivre et grandir avec une certaine souplesse et de pouvoir faire des études ce qui m'a permis de prendre un peu de recul sur les stéréotypes auxquels je m'accrochais. :o

Et j'ai compris qu'il y a deux manières de fonctionner:
1/ accepter les règles du jeu et s'y soumettre, voir collaborer. Ce que je faisais en luttant pour "faire comme un p'tit mec", en gommant tout ce qui pouvait relever de la féminité en moi, et gagner ainsi le respect en me conformant aux codes dominant mâles :|
2/ ou s'en affranchir (ce qui est beaucoup plus douloureux car on prend le risque de se mettre pas mal de monde à dos). Dire : je fais ça parce que j'ai envie de la faire, pas parce que c'est un truc de mec ou de fille. Je choisis mon boulot, mes loisirs, mes amis, mon mode de vie, pas parce que ça m'apporte du confort, du pouvoir, ou que sais-je, mais parce que c'est ce que je veux vraiment. :o

Je suis ce que je décide d'être, je pense par moi même, ce genre de chose quoi :)

En fait, je veux parler du fait qu'on peut être heureux sans attendre la bénédiction de la société. Je dirai même qu'on est vraiment heureux parce qu'on a su se détacher de ce regard.

Et la cerise sur le gâteau, pour moi, ça a été de dire "c'est chouette d'être une fille" (parce que réellement, je me sens bien dans mon corps de femme) sans que cela sonne en opposition avec ce que je fais de ma vie. Ca a été une vraie découverte pour moi: on a le droit d'être une femme et de faire des trucs que je pensais (parce que beaucoup de monde le pense) des "trucs de mecs".

... comme de sortir avec une fille par exemple (désolée, je m'égare... :oops: )

Voilà, j'ai aujourd'hui un poste occupé habituellement par des hommes (d'ailleurs, je bosse avec 6 mecs autour de moi). Pas parce que je suis dans un trip de mec, mais parce que j'ai décidé de le faire.

Après, on peut dire que tout le monde n'a pas la chance de faire ce qu'il veut dans la vie. ok (et on en revient sur le droit de la femme, et le combat des féministes auquel je souscris sans retenue)
"Ceux qui ne pensent pas comme nous sont des cons."
Entre nous soit dit, bonnes gens, Pour reconnaître
Que l'on n'est pas intelligent, Il faudrait l'être...

Georges Brassens

Silverring

Re: Les gender studies

Message par Silverring »

J'ai bon là???
Hey, on est pas à l'école ou dans un autre espace standardisant, hein ! Le but n'est pas d'être touTEs d'accord à la fin ;) pas vrai Fleming ? :P

Bon, puisque je suis nommée, je reviens sur d'autres choses.

Je comprends tout à fait le renvoi aux luttes féministes. Mais depuis Monique Wittig, il y a eu Judith Butler, ou plus proche encore : Elsa Dorlin. Et malgré l'oppression sexiste d'autres recherches en sciences dites dures ont nourri les réflexions afférentes. Par exemple, j'ai envie de renvoyer à : http://yagg.com/2012/07/30/anais-bohuon ... e-femme/2/
La prise en compte et IntersexuéEs permet aussi de remettre en question la dichotomie des sexes. Car, oui, à la lecture de Judith Butler, ce n'est pas seulement la dichotomie de genre qui est remise en question, mais aussi celle des sexes. Si on considère les paramètres chromosomiques, hormonaux et autres éléments patrimoniaux ou de l'ordre de la pollution pouvant venir favoriser ou annihiler l'action de telle ou telle hormone, difficile alors de n'envisager que 2 sexes.
Voilà, ça, c'était pour les escargots ;)

Ensuite, pour le petit différend entre Fleming et Méluzine, je crois qu'il est important (et pas seulement en l'occurrence), de dire de quoi on parle. Car outre ce que j'ai voulu éclairé plus haut, je veux bien croire que beaucoup soient trop bien repéréEs dans l'espace (pourtant fictionnel, donc, de mon point de vue) d'une dichotomie des sexes, et fondent en partie leur identité sur ce qu'iels considèrent comme leur patrimoine biologique. La biologie ne fait pas le destin dans un espace social organisé, parmi des êtres plus techniques que naturels... heu, je me suis égarée, mais bon, j'avais envie de dire ça aussi, donc je le laisse.
Je voulais revenir sur Méluzine paraphrasant Simone de Beauvoir : "On ne naît pas femme, on le devient."
Il ne s'agit pas là seulement de dire qu'on ne devient femme qu'après la puberté, encore une fois, il ne s'agit pas de biologie ici. "Femme" est ici employé pour évoquer une réalité sociale. Dans le discours féministe matérialiste et au delà (Monique Wittig étant une figure de proue de cette branche, branche trop peu entendue en France) "femmes" représente un groupe social. Une agrégation de personnes qui sont assignées de façon similaire dans l'espace sexiste dans lequel nous vivons. Cela ressemble plus à une "classe" (cf "lutte des classes"), qu'à... un groupe ethnique ?! :twisted:

Le préfère donc (sauf quand je suis étourdie, personne n'est parfait) parler de "femmes" au pluriel qu'au féminin. En effet, "femme", m'évoque systématiquement LaFemme, un modèle de féminité unique, canonique, omniprésent dans les représentations commerciales et au-delà. Ce singulier représente une forme d'oppression, voire d'aliénation à mes yeux. Aussi, quand on parle d'un devenir femme, au singulier, cela m'évoque le cheminement de polissage de l'apparence pour que, graduellement, elle devienne conforme, et ce sans que les actions, efforts et pratiques quasi quotidiennes soient laissées visibles. Ceci menant à l'apparente évidence de la dichotomie de genre, à son omniprésence et à la difficulté de questionner son fondement. Beaucoup la voient comme naturelle puisque les pratiques la faisant émerger sont, elles, invisibilisées ou considérées comme "normales"...

Vaste sujet tout de même :roll:

Fleming

Re: Les gender studies

Message par Fleming »

:D j´ai bien fait de te laisser "parler", Silverring ;)
je reviens juste sur ces mots
je crois qu'il est important (et pas seulement en l'occurrence), de dire de quoi on parle. Car outre ce que j'ai voulu éclairé plus haut, je veux bien croire que beaucoup soient trop bien repéréEs dans l'espace (pourtant fictionnel, donc, de mon point de vue) d'une dichotomie des sexes, et fondent en partie leur identité sur ce qu'iels considèrent comme leur patrimoine biologique.
oui, j´avais bien conscience de cette différence... et de la difficulté de "nommer"... parler de mâle et de femelle pour parler du patrimoine biologique me paraissait incongru... J´aime bien la solution que tu proposes de parler des femmes au pluriel... si l´on parle de "devenir"... Mais là aussi, ce pluriel a ses limites de compréhension... Je pers rapidement mon latin dans ce genre de réflexion, même si j´aime bien ce thème qui fait réfléchir, alors... ce sera tout pour ma part, mais je vous lis avec attention :ugeek:

Fleming

Re: Les gender studies

Message par Fleming »

ah non, j´ajouterai quand même une réflexion qui me vient là soudainement :?
Si la remarque de Méluzine "On en nait pas homme ou femme on le devient" fait référence à la phrase de Simone de Beauvoir : "On ne naît pas femme, on le devient."
alors j´ai soudain le besoin de remettre les idées dans leur contexte........ et dans leur époque.
Est-il encore actuel et pertinent de parler de "devenir femme(s)"?

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