je viens de lire la pensée d´Iwish sur la nostalgie et je me dis que j´aime la nostalgie peut-être, peut-être, quand elle est mise en musique, comme dans ce concert que je suis en train d´écouter, la chanteuse, Wendy Lewis, que je découvre, me charme par sa voix, m´envoûte comme le toucher du velour, et peut-être qu´elle est nostalgique?
édit: je viens de trouver un commentaire sur le groupe The Bad Plus avec la participation de Wendy Lewis, je partage entièrement ce que j´y lis, alors je partage sous spoiler pour ne pas occuper trop de place
C’est l’impression que m’avaient laissé les disques du trio The Bad Plus, avec ce mix écrasé pour faire rock, ces harmonies post-modernes qui semblait figer le jeu d'Iverson dans d’énormes clichés de pianiste classique s’essayant à la musique à succès, ces reprises qui deviennent suspectes tant elles sont annoncées. Or dès les premières notes de piano, j’ai trouvé à la Cité une fraîcheur de propos, une audace, une inventivité que je ne connaissais pas au groupe, une liberté de ton dans le jeu du piano qui donnait soudain du sens au jeu très collectif du groupe. Du coup, le trio devient une formidable engrenage où les parties respectives s’insèrent les unes dans les autres selon une excitante complexité. Ce qui n’excuse pas, Thierry a raison, un tel écrasement du piano dans le mix par la batterie.
L’arrivée de la chanteuse Wendy Lewis ne m’a pas trop surpris, puisque j’avais déjà entendu le disque parvenu à Jazz Magazine en avant-première (d’une oreille il est vrai distraite, mais indifférente, voire agacée). Ou plutôt, elle m’a surpris, mais dans le bon sens. La présence ou l’absence de présence scénique que dénonce Thierry, à vrai dire, je m’en fous un peu. Est-ce que Michael Brecker avait de la présence ? Son jeu oui. Et à tout prendre, je préfère une chanteuse qui n’a pas de présence à beaucoup de chanteuses qui font comme si elles en avaient. L’absence de présence est ici un choix collant idéalement à ce répertoire de reprises pop qui tournerait rapidement au kitsch à trop vouloir en faire. On est là dans une tradition qu’on pourrait faire remonter à la Factory et au Velvet Underground. À ceci près que Wendy Lewis, sous les dehors d’un minimalisme assez radical, chante sacrément mieux que Nico, avec un placement de voix et une intensité qui conviennent parfaitement à ce qu’elle chante. Et mieux vaut cette adéquation aux ambitions déplacées des trois quarts des chanteuses de jazz actuelles cherchant à chanter quelque chose qui leur échappe totalement. Reste l’adéquation du chant à la musique jouée derrière par le trio, finalement très libre et très abstraite, là on l’on s’attendrait à trois accords sur des synthés vaguement destroy ou à une guitare déglingue. Là, je ne suis pas sûr d’être convaincu, mais pas certain de ne pas l’être un jour. Et j’aurais suivi cette partie de concert avec un plus grand intérêt si je ne m’étais pas senti frustré d’avoir eu un concert si court de Fly en première partie.
extrait tiré de
- See more at: http://www.jazzmagazine.com/index.php/f ... quPT6.dpuf
Absolutely, alors disons que je préfère les trailers plus sobrement filmés, par exemple en un indémodable plan fixe : Aurélien Bory pour Maori Ito - Plexus
Fase est sublime.