Homosexualité Le Tabou Rural de Benoît Vogel

Homosexualité Le Tabou Rural de Benoît Vogel

Titre Français : Homosexualité Le Tabou Rural

Titre Original : Homosexualité Le Tabou Rural

Auteur : Benoît Vogel

Date de Sortie : 2011

Nationalité : Française

Genre : Essai, Témoignage

Nombre de Pages : 94 pages

Éditeur : Société des écrivains

ISBN : 978-2-7483-6791-1

Homosexualité Le Tabou Rural : Quatrième de Couverture

La grande majorité des homosexuels ruraux ne s’adonnent pas à leur sexualité, ils n’ont aucune identité. Au village, ils dissimulent leur ambiguïté sexuelle qui doit rester secrète. Plus de 90% d’entre eux mènent une existence hétérosexuelle apparente, mariés ou non, avec ou sans enfants, car rares sont ceux qui restent célibataires : la société ne leur laisse pas le choix et les juge sans appel.

Dénonçant les dérives du microcosme rural exacerbant les discriminations et le mal-être, le cri de révolte de Benoît Vogel, entre essai et témoignage, étude de mœurs et sociologie pure, dresse un état des lieux effrayant autour d’une poignée d’irréductibles stigmatisée comme nulle part ailleurs : ces homosexuels qui assument leur sexualité.

Homosexualité Le Tabou Rural : Avis Personnel

J’ai eu du mal à apprécier ce livre parce que j’ai eu l’impression d’un réquisitoire contre les homosexuels planqués vivants à la campagne. Au-delà de ça, j’ai réalisé que ce livre agissait comme une thérapie pour l’auteur qui pouvait ainsi parler de son quotidien difficile et faire partager sa vie. Sauf que j’ai eu la sensation de clichés alignés les uns à la suite des autres et que cela m’a profondément dérangée.

Je ne jette pas la pierre à Benoît Vogel qui doit, je le pense sincèrement, vivre un enfer. Mais le contenu de ce livre, de son livre, aurait pour moi plus sa place sur un blog personnel que là, publié sur papier comme s’il s’agissait d’un court essai sociologique. Ce n’est pas le cas. Il s’agit d’une expérience personnelle extrapolée pour nous donner l’impression d’une généralité.

Rien ne m’apparaît digne de foi. Comme ce chiffre de plus de 90% qui se cachent. Il vient d’où ? De quelle étude ? De quelle analyse ? De quel travail de recueil ? Il donne un peu l’impression d’être tombé du ciel comme ça. Pareil pour les termes. Je n’ai pas compris pourquoi l’auteur parle systématiquement d' »ambiguïté sexuelle » pour aborder l’homosexualité. Je suis désolée mais l’homosexualité justement n’a rien d’ambigu. Autant cela peut l’être quand on est spectateur de la bisexualité autant l’homosexualité est plutôt claire à mon sens.

Quand je parle de clichés, je suis gentille et réaliste. Dire qu’en ville il n’y a pas de solidarité, que les gens ne s’intéressent pas à leurs voisins et qu’on vit librement c’est un lieu commun. Comme celui de dire qu’à la campagne on épie systématiquement son voisin et qu’on passe son temps à se comparer à lui. Certaines personnes font cela, pas toutes. C’est bourré d’a priori ce type de déclaration.

Je suis une militante pour l’égalité des droits des personnes homosexuelles et pour que chacun puisse vivre librement comme il l’entend. Cependant je trouve que ce livre, à part nous expliquer où les gays peuvent tirer leur coup rapidement à la fin, n’apporte rien à ces questions. Et n’apporte rien d’autre qu’un jugement sur des personnes incapables d’assumer leur différence. Que les homosexuels refoulés soient les premiers à avoir des comportements homophobes, on le sait. Est-ce que ce livre aide en quoi que ce soit à une meilleure prise de conscience ou aide à une libération des mœurs, je ne le pense pas.

Et je l’avoue, pour répondre à cette notion d’observation au début du livre, je suis lesbienne et il m’arrive, de temps en temps, de regarder les fesses des hommes. Cela doit m’arriver rarement mais à chaque fois que je vois des hommes faire du roller je repense à ma mère qui me disait que ça leur fait de « belles petites fesses rebondies » et je me dis qu’il faudrait vraiment que je me mette au roller pour avoir les mêmes. Est-ce que ça fait de moi une hétérosexuelle refoulée ? Je ne le pense pas. La vie est un peu plus complexe que cela…

Homosexualité Le Tabou Rural : Extraits

« Il m’arrive encore d’aller au restaurant, mais moins souvent que dans le passé, je m’y rends pour boire un verre, rechercher le contact, rencontrer du monde que je connais. Je sors également de chez moi pour observer discrètement le comportement des gens en public. Je vis seul, la solitude me pèse, je suis à la recherche de mes semblables homosexuels qui affirment leur différence et je suis toujours curieux de découvrir la conduite des homosexuels latents hors de chez eux. Au restaurant, je regarde ainsi les gens qui défilent sous mes yeux ou attablés, essayer de deviner leur vraie sexualité et non celle qu’ils abordent en apparence est une distraction qui m’est propre, insolite. En général, mon regard se porte principalement sur les couples mixtes, un homme accompagné d’une femme. Mon intellect dessine instinctivement plusieurs cas de figures : cet homme et cette femme sont hétérosexuels, cet homme et cette femme sont homosexuels, enfin lui ou elle est homosexuel. Le regard essentiellement, la tenue vestimentaire, la coupe de cheveux, l’apparence extérieure sont des indices qui me permettent de décrire, de définir les gens. » (Page 21)

A propos de Isabelle B. Price

Isabelle B. Price
Créatrice du site et Rédactrice en Chef.Née en Auvergne, elle s’est rapidement passionnée pour les séries télévisées. Dès l’enfance elle considérait déjà Bioman comme une série culte. Elle a ensuite regardé avec assiduité Alerte à Malibu et Les Dessous de Palm Beach avant l’arrivée de séries inoubliables telles X-Files, Urgences et Buffy contre les Vampires.

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