On Ne Choisit Pas Sa Famille : Interview Muriel Robin, l’interprète de Kim

On Ne Choisit Pas Sa Famille : Interview Muriel Robin, l'interprète de Kim

Interview accordée en Novembre 2011 pour Comme au Cinéma

L’attrait pour le projet

Je n’avais pas revu Christian depuis Les Visiteurs 2 lorsqu’il est venu me voir jouer Les Diablogues au théâtre. J’ai beaucoup changé en quatorze ans. Quand j’ai reçu son nouveau scénario je me suis sentie prête pour revenir au cinéma car je n’avais fait que quatre films en vingt ans. Il a écrit le rôle pour moi. Forcément, une telle envie ça séduit, ça émeut surtout, mais ça donne aussi une petite pression. L’idée de former un couple avec lui m’a plu. On a une énergie commune et on se retrouve sur le terrain de la comédie. Je savais que je pouvais être son clown blanc.

Point de vue sur le scénario

Après avoir lu le scénario je me suis dit : « Mais pourquoi ce n’est pas moi qui l’aie écrit ! », tant l’idée est évidente et originale.
De plus, il s’agit d’un sujet de femme. J’adore la modernité de l’histoire parce qu’on ne traite pas directement du couple Kim-Alex. Leur homosexualité est acquise. C’est la vie d’aujourd’hui. J’aime qu’un film puisse soulever de vraies questions, qu’il y ait du fond qui soutienne la comédie. Ici, il s’agit d’homoparentalité. Faut-il qu’un enfant ait forcément un papa et une maman ? Non ! Le fait que Christian ait écrit sur ce thème en dit plus sur lui, ça suppose une grande sensibilité. Ça me touche. Et c’est plaisant de voir un hétérosexuel confier un des rôles de ce couple de femmes à une jolie fille comme Helena Noguerra. On est loin des clichés liés aux camionneuses.

Sa conception du personnage

Kim est déterminée à l’idée d’avoir cette enfant malgré toutes les difficultés qu’elle rencontre. Le personnage que joue Jean Reno est un danger de taille pour son dessein et César est un boulet qu’elle doit sans cesse contrôler. Kim a un caractère fort. Elle n’est pas du genre à avoir fait une dépression ! Elle est solide, bien sur ses rails. Et surtout elle est libre car vivre avec une femme aujourd’hui signifie encore ne pas être dans les marques malgré l’évolution des mentalités.

L’approche du personnage

Kim n’est pas très éloignée de moi. Elle n’est pas moi car cela aurait annihilé toute notion de jeu mais je la sentais bien. J’étais bien dans sa peau. C’est difficile de créer un personnage quand il est si près de vous. Une fois qu’on a dit ça c’est dur de la dépeindre comme étant gentille, très intelligente et très belle ! Je me suis préparée de mon côté avec mes petits secrets de fabrication que je me garderai bien de dévoiler. Comme c’est une histoire de cœur, Kim a forcément le mien. Elle a ma sensibilité. J’ai mis toute mon énergie au service de la sienne pour qu’elle puisse réaliser son rêve d’adoption. C’est la première fois que je suis confrontée à ce type de situation et de personnage.

Christian Clavier réalisateur

Christian n’a pas eu envie de devenir réalisateur pour une question d’égo. Et s’il a choisi de se lancer tardivement c’est qu’il devait se sentir enfin prêt. Il a joué dans une cinquantaine de films et il possède un savoir-faire indéniable. Il a beaucoup travaillé en amont. Il était conscient qu’il ne pouvait pas se louper. Il savait exactement comment découper les scènes. Du coup, ça lui a permis d’avoir du temps pour nous diriger. Et il était totalement disponible quand il s’agissait de jouer. Il passait de l’acteur au réalisateur en un quart de seconde. Il s’amusait vraiment. Il fait partie de ces gens qui ont plusieurs cerveaux qui fonctionnent à la fois. Il peut cumuler les casquettes de producteur, réalisateur et acteur tout en envoyant un texto !

Les partenaires

J’ai eu trois couleurs de jeu selon mes partenaires. Avec Christian je suis dans une forme d’autorité, pas dure mais constante. Kim doit tenir César coûte que coûte car il représente un risque conséquent pour son projet de famille. Elle n’est jamais dans un rapport de féminité avec lui. La séduction est associée à Jean. Il a ce côté séduisant de l’homme solide façon Lino VENTURA. Dans un premier temps Kim doit mettre Luix dans sa poche. Devant Jean j’étais obligée d’être la femme de César à 100% donc de pousser des rires complètement idiots, évanescents. Je n’avais jamais fait ça. C’était vraiment plaisant à faire. Lors de la scène du dîner au restaurant j’ai fait un rire très aigu, du genre de celui qui vous échappe complètement, car Kim est dans une impasse totale. Christian l’a gardé au montage. Et avec Helena mon personnage est fidèle à lui-même : aimant, plein d’attentions.

Ses attentes par rapport au film

Je vais vivre la sortie du film avec émotion. Je suis nouvelle dans le cinéma et on ne m’a pas vue dans une vraie comédie d’aujourd’hui. Ça rajoute une excitation particulière.

Interview Originale sur CommeAuCinéma.com

Muriel Robin

A propos de Isabelle B. Price

Isabelle B. Price
Créatrice du site et Rédactrice en Chef.Née en Auvergne, elle s’est rapidement passionnée pour les séries télévisées. Dès l’enfance elle considérait déjà Bioman comme une série culte. Elle a ensuite regardé avec assiduité Alerte à Malibu et Les Dessous de Palm Beach avant l’arrivée de séries inoubliables telles X-Files, Urgences et Buffy contre les Vampires.

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