Jan’s Coming Out

Ou quand l’adage « il n’y a  que les imbéciles qui ne changent pas d'avis » se vérifie

Année de Production : 2011

Réalisation : Carolyn Reid

Scénario : Carolyn Reid

Avec : Jan Walker (elle-même), Jill Bennett (elle-même), Cathy DeBuono (elle-même)

Nationalité : Britannique

Genre : Documentaire

Durée : 1h 15min.

Titre Original : Jan’s Coming Out

Jan’s Coming Out : Résumé

À 50 ans, Jan Walker se définit elle-même comme une « baby dyke ». Pourquoi ? Car quand certaines prennent conscience de leur orientation sexuelle dès le plus jeune âge, d’autres ont une révélation sur le tard. Avec une furieuse envie de découvrir ce tout nouveau monde qui s’ouvre à elle, Jan Walker part glaner conseils et techniques de drague au contact de la population lesbienne anonyme ou célèbre à travers les États-Unis et l’Angleterre.

À 50 ans, Jan Walker se définit elle-même comme une "baby dyke". Pourquoi ? Car quand certaines prennent conscience de leur orientation sexuelle dès le plus jeune âge, d’autres ont une révélation sur le tard. Avec une furieuse envie de découvrir ce tout nouveau monde qui s’ouvre à elle, Jan Walker part glaner conseils et techniques de drague au contact de la population lesbienne anonyme ou célèbre à travers les États-Unis et l’Angleterre.

L'avis d'Univers-L

Scénario/Réalisation
Casting
Lez/Bi Quantité
Lez/Bi Qualité

Résumé : Drôle et sympathique.

Note des lectrices : Soyez la première !
80

Jan’s coming out, ça pourrait n’être qu’une énième et classique sortie du placard. Oui mais voilà, l’histoire de Jan Walker, qui se définit elle-même malicieusement comme une « baby dyke » de 50 ans est tout sauf banale. En effet, après avoir mené une vie rangée auprès de mari et enfants et ayant découvert sur le tard qu’elle « jouait en fait pour l’autre équipe », cette pétillante femme a ressenti le besoin pressant de rattraper le temps perdu, et surtout, d’aller à la rencontre de cette toute nouvelle communauté qui lui tend les bras et dont elle a finalement tout à apprendre. Pour ce faire, elle a rencontré ses consœurs, célèbres ou anonymes, posant des questions légères ou intimes, les faisant se dévoiler habilement, à travers des témoignages souvent drôles mais surtout authentiques.

Mais d’ailleurs, comment Jan Walker a-t-elle finalement pris conscience de sa différence ? Disons qu’après avoir dévoré l’intégralité des saisons de The L-Word avec une rapidité plus que suspecte, le doute n’était plus permis ! Et c’est munie pour toute arme de sa soif d’apprendre, son innocence et son humour, qu’elle a eu le privilège de rencontrer des personnalités comme Jill Bennett, Cathy DeBuono, Meredith Baxter, Stella Duffy, Julie Goldman,  … pour ne citer qu’elles.
Et quand des lesbiennes se rencontrent, qu’est-ce qu’elles se racontent ? Des histoires de lesbiennes bien sûr ! Dans ce cas précis, Jan n’a pas lésiné sur les questions et tous les sujets y passent : l’âge de la prise de conscience (incroyablement tôt pour certaines), la gestion de cette découverte, la réaction de la famille (Tu es lesbienne ? Quel soulagement, j’ai cru que tu allais m’annoncer que tu étais végétarienne !), les modèles de références (Martina Navratilova entre autres), l’impact sur la carrière (en général positif quand le choix est totalement assumé), les initiatives en faveur de la visibilité lesbienne (la création du site internet Lesbook, le Dinah Shore…) la demande de conseils de drague et les phrases d’accroche qui font mouche (je vous en mets quelques une en bas de page, car certaines sont désopilantes), et un quizz hyper difficile sur le vocabulaire lesbien (où même les plus aguerries se sont cassées les dents).

Bref, tout ça en 75 minutes, autant vous dire que c’est du condensé de révélations et que ça donne lieu à quelques fous rires mémorables.
Mais Jan dans tout ça, quand est-ce qu’elle parle d’elle ? C’est ce qu’il est beau et  émouvant de constater  dans cette œuvre : l’échange et les liens qui se créent instantanément entre notre héroïne et les célébrités ou anonymes interrogées. Ses questions trouvent peu à peu des réponses, une découverte la mène à une autre, et c’est comme ça que petit à petit, le puzzle qu’elle s’est donné pour but de construire prend forme.
Car les témoignages de ces femmes, d’horizons très variés, sont autant de miroirs dans lesquels Jan Walker peut se regarder, autant de pistes et d’éléments qui lui donneront la force, mais surtout l’envie de tracer son propre chemin. Et c’est en cela que la démarche de Jan est singulière. Elle aurait pu se mettre en mode introspection, elle a choisi d’aller plus loin. Pour se découvrir elle-même, elle interroge les autres. Se trouver des points communs, des différences, comparer les expériences de vie, les idéaux et les aspirations au fil des rencontres avec une humanité et une fraîcheur auxquelles personne ne peut résister…

À la toute fin du reportage, Jan remercie ces femmes, connues ou anonymes, qui au travers de leurs existences, leurs revendications, leurs combats et leur volonté de faire accepter l’homosexualité vont lui permettre, des années plus tard, de pouvoir s’épanouir pleinement et jouir de la vie qui s’offre à elle. Savoir reconnaître ses privilèges et à qui on les doit : c’est aussi cela s’épanouir.
En conclusion, Jan met en lumière les difficultés toutes simples, mais très concrètes que rencontrent tous ces hommes et ces femmes qui, ayant vécu toute leur vie en tant qu’hétérosexuels, doivent se construire, voire se reconstruire et se réapproprier une image et une identité plus conformes à leurs aspirations.

Jan recherche l’amour et c’est tout le bien que nous lui souhaitons. Et gageons qu’après avoir pris des cours auprès de telles pointures,  notre nouvelle adhérente au club n’a pas fini de faire des ravages !

Jan’s Coming Out : Critiques Presse et Récompenses

Sélection officielle au 25ème au Festival du Film Gay et Lesbien de Londres (2011).
Sélection officielle au Festival du Film Gay et Lesbien Pink Apple de Zürich (2011).
Sélection officielle au Womenfest Festival de Key West, USA, (2011).
Sélection officielle au Rainbow Film Festival (2011).
Sélection officielle au 26ème MIX de Copenhague (2011).
Sélection officielle au 23ème Festival du film féministe et lesbien Cineffable de Paris (2011).
Sélection officielle au 5th GenderBender Festival de Bologne, Italie, (2011).

“Funny, poignant and real. Jan’s Coming Out is really our story told through some of the most recognized names in our community with compassion, humour and honesty.” Shirin Papillon (Founder/CEO, OneMoreLesbian.com)

“An enjoyable and inspiring film …” (Jane English, The Secret Diaries of Miss Anne Lister)

“Just saw Jan’s Coming Out at LLGFF. Easily the most positive, diverse, inclusive lesbian film I’ve ever seen. Yay Village Films.” Stella Duffy (Writer/Performer, Stonewall Writer of the Year)

Jan’s Coming Out : Extraits

MEREDITH BAXTER : Catherine Deneuve… Elle était sexy ! Elle l’est toujours. Je la retournerais d’une pichenette et je lui ferais voir Dieu.

MEREDITH BAXTER : J’adore ta tenue. Elle ferait trop bien sur le sol de ma chambre à coucher.

MEREDITH BAXTER : Tu as mal aux pieds ? Oui ? C’est parce que tu as passé toute la nuit à me trotter dans la tête.

JILL BENNETT : J’avais accroché un poster de Michelle Pfeiffer au plafond, juste au-dessus de mon lit. Ma belle-mère est entrée dans ma chambre, a regardé, intriguée, puis est ressortie sans faire de commentaires.

MEREDITH BAXTER : C’est comme si tu avais mis tes chaussures à l’envers ; toute ta vie tu as vécu avec des chaussures inversées et ce n’était pas agréable. Et un jour, tu les inverses et là tu ne peux plus les remettre comme avant.

MEREDITH BAXTER : Il est important que les jeunes générations aient des modèles. Quand j’étais jeune il n’y en avait pas et c’était difficile. Ils devraient pouvoir se dire « ah oui, on peut être lesbienne ainsi ».

CATHY DEBUONO : Je n’ai jamais eu à faire de coming out,  je vis ouvertement, c’est tout.

On leur demandait « Tu veux baiser ? » et si elles tournaient les talons, alors tant pis, elles n’auraient pas été drôles de toute façon.

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