La Vie Comme Elva de Jean-Paul Nozière

La Vie Comme Elva de Jean-Paul Nozière

Titre Français : La Vie Comme Elva

Titre Original : La Vie Comme Elva

Auteur : Jean-Paul Nozière

Date de Sortie : Septembre 2005

Nationalité : Française

Genre : Jeunesse

Nombre de Pages : 173 pages

Éditeur : Editions Thierry Magnier

ISBN : 2-84420-374-4

La Vie Comme Elva : Quatrième de Couverture

À Sponge, tout le monde ou presque travaille à la Francilienne. Alors l’annonce d’une vague de licenciements ébranle la ville, les familles. « Elva la rouge » pousse ses parents résignés à se battre, distribue des tracts dans la ville, rejoint les piquets de grève. Luce a croisé son regard. Fille du directeur du personnel de l’usine, elle est du mauvais côté.
Entre Elva et Luce c’est le coup de foudre, immédiat, et la grève qui se durcit va être le terrain de leur amour.

La Vie Comme Elva : Avis Personnel

« La Vie comme Elva » est plus un livre sur le monde qui nous entoure que sur l’homosexualité féminine. Elva s’ennuie dans sa petite ville au nom très évocateur et très bien trouvé de Sponge. Elle veut plus, elle veut de la beauté, du rêve, de l’indéfinissable. Elle veut devenir comédienne. Oui mais tous ses projets vont s’effondrer le jour où ses parents vont recevoir une lettre de licenciement. Le petit-déjeuner n’a plus rien des petits-déjeuners habituels.

Alors que son père et sa mère sont déjà résignés à vendre la maison et à déménager pour trouver un autre emploi, Elva refuse de s’avouer vaincue et, du haut de ses 15 ans, leur explique qu’ils doivent se battre, qu’ils ne peuvent pas abandonner aussi facilement. Ses parents reconnaissent qu’elle a raison et, sous le choc de cette fatalité qui s’abat sur eux, décident pourtant de relever la tête et d’organiser une grève et des manifestations.

C’est pendant cette grève que Elva rencontre Luce, la fille du directeur du personnel de l’entreprise. Luce vit dans un autre Sponge. Elle n’a pas d’amis, elle est seule dans une grande demeure auprès d’un père divorcé qui travaille plus que de raison. Elle est surprotégée dans sa petite existence dorée. En rencontrant Elva, elle va petit à petit prendre conscience de ce qui l’entoure.

Ce roman est dans l’air du temps. On retrouve une entreprise que l’on ferme parce que la main d’œuvre coûte trop cher. On retrouve le désespoir des familles qui perdent tout. On retrouve les propos racistes de ces gens qui ne se raccrochent qu’à la haine parce qu’ils n’ont rien d’autre.

Oui mais au milieu de tout cela naît une très belle histoire d’amour. C’est doux, ça évolue lentement. Un peu trop lentement peut-être et c’est là que se situe mon principal regret. J’ignore si c’est parce que l’auteur est un homme qui ne connaît pas le sujet ou qu’il a agi ainsi par pudeur, mais dans un tel environnement où tous les sentiments sont exacerbés, normalement les deux adolescentes devraient prendre conscience plus vite qu’elles sont amoureuses. Elles devraient aller plus vite pour échanger leur premier baiser.

Pourtant il y a quelque chose de très agréable à découvrir cette histoire d’amour saphique qui n’est pas au centre d’un livre axé avant tout sur un combat social. À découvrir.

La Vie Comme Elva : Extraits

« Personne ne regarde du côté de la voix. Le mégaphone grésille. Marc Degreux reprend la parole.
– On est des hommes, on est de femmes, alors si on se serre les coudes, on gagnera. J’accepte pas de m’en aller en retraite comme ça, de vous abandonner au chômage. Je… Je…
L’homme pleure. Luce n’a jamais vu un homme pleurer. Elle croyait que ça n’arrivait qu’au cinéma, et encore pas souvent, ou alors aux enterrements, mais c’est différent. La place de la mairie est peuplée de statues. On entendrait une mouche voler. Luce se blottit contre la fille brune. Le temps est arrêté et ça dure longtemps. Puis le mégaphone crachouille à nouveau et Marc, celui que tout le monde semble connaître et appeler Marc, se met à chanter ainsi que la fille brune l’a prévu. Luce n’a jamais entendu cette chanson. La foule écoute la voix brisée de l’homme et retient son souffle.

« Quand nous chanterons le temps des cerises
Et gai rossignol, et merle moqueur
Seront tous el fête
Les belles auront la folie en tête
Et les amoureux du soleil au cœur. »

La main de la fille brune prend la main de Luce. La serre. Luce étreint aussi les doigts froids. Elva pose sa tête sur l’épaule de Luce. Les deux filles écoutent ainsi la suite de la chanson. » (Pages 105-106)

A propos de Isabelle B. Price

Isabelle B. Price
Créatrice du site et Rédactrice en Chef.Née en Auvergne, elle s’est rapidement passionnée pour les séries télévisées. Dès l’enfance elle considérait déjà Bioman comme une série culte. Elle a ensuite regardé avec assiduité Alerte à Malibu et Les Dessous de Palm Beach avant l’arrivée de séries inoubliables telles X-Files, Urgences et Buffy contre les Vampires.

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