Le Silence de Marie de Nina Vivien

Le Silence de Marie de Nina Vivien

Titre Français : Le Silence de Marie

Titre Original : Le Silence de Marie

Auteur : Nina Vivien

Date de Sortie : 14 Décembre 2010

Nationalité : Française

Genre : Roman Contemporain

Nombre de Pages : 125 pages

Éditeur : Edilivre.com

ISBN : 978-2-8121-4504-9


Interview(s) :

Interview de Nina Vivien pour le site Univers-L.com

Le Silence de Marie : Quatrième de Couverture

Cet ouvrage, empreint de sincérité, de souffrance mais aussi de beauté, celle que le personnage principal exprime dans le sentiment amoureux qu’elle éprouve, est poignant et joliment écrit.
Le silence de Marie est un récit autobiographique qui évoque l’homosexualité de Nina, ses difficultés à vivre avec son passé qui la rattrape et la fait souffrir. S’ouvre alors une brèche de bonheur.

Née à Paris, Nina Vivien passe son enfance et une grande partie de sa vie en banlieue parisienne avant de la quitter pour s’installer en Bretagne, loin de son passé. Après de nombreuses années d’analyse, elle finit par s’accepter telle qu’elle est, même si parfois certains démons ressurgissent. Elle poursuit son combat contre la maltraitance et ne cesse de crier que la fatalité n’existe pas, que chacun a le droit de vivre : « Cette vie n’aura pas raison de moi et je lui ferai un pied de nez majestueux. »
Le silence de Marie est son deuxième ouvrage.

Le Silence de Marie : Avis Personnel

Difficile de critiquer le silence de Marie. C’est un petit livre autoédité, très bien écrit avec une réelle identité et une belle prose. J’ai aimé la manière dont l’auteure manie la langue française pour en faire ce dont elle désire.

Ensuite concernant l’histoire, il s’agit, d’une certaine manière, d’une histoire d’amour. C’est la romance de deux femmes qui ont fait connaissance via un site de rencontres. Elles vont échanger des mails et tomber amoureuses petit à petit. Les messages qu’elles s’envoient laissent transparaître, dès le départ, cette ambigüité propre aux rencontres faites derrière un ordinateur et un pseudonyme. Mais, ensuite les sentiments vont naître et se faire plus forts et plus intenses.

J’ai été déçue je crois que le tout s’arrête avant d’avoir commencé. En effet, Nina et Marie ne se rencontrent pas. Leurs échanges se terminent aussi rapidement qu’ils sont nés. Du coup certes leur histoire a existé mais elle ne s’est jamais concrétisée laissant comme un arrière goût d’inachevé.

Ce n’est pas évident d’expliquer ce qui m’a dérangée dans ce roman. Je crois que c’est de sentir la limite si fine entre la réalité et la fiction. De sentir qu’à travers les mots et la publication de son histoire l’auteure exorcisait ses démons. Sa vie est sombre, dure et solitaire et sa souffrance nous touche sans que l’on aperçoive la lumière au fond du tunnel. Ce n’est donc pas un livre très optimiste et gai, loin s’en faut. Et pourtant il parle d’amour avec sincérité, folie et tendresse.

Mon seul regret réside dans le fait que finalement Nina et Marie se ressemblent un peu trop dans l’écriture de leurs mails. Comme si l’auteure n’avait pas réussi à donner une identité propre au personnage de Marie qui même si elle est différente reste un peu trop semblable.

Le Silence de Marie : Extraits

« Aujourd’hui je n’ai vu personne, je n’ai parlé à personne. Je suis une exilée sur une terre déserte. J’ai enfourché mon vélo acheté chez Emmaüs et j’ai échoué devant la mer. Je me suis retrouvée face à cette immensité. J’ai pleuré sur un rocher. Mes larmes ont rejoint cette immensité. Je me suis vidée de tout. Je me suis mise à nu devant elle. Je l’ai presque suppliée pour qu’elle m’emporte loin de tout cela. Je me suis revue enfant, pleurant cette mère qui ne m’a jamais aimée. Je pourrais disparaître sans que personne ne s’en aperçoive. Disparaître dans un cri. Celui de la douleur. Celui de l’horreur. Celui de la honte. Je gratte ce rocher, comme je me grattais petite. Mes doigts saignent comme j’ai saigné avant. Enlever cette couche, cette saleté, cette odeur qu’ils ont déposées sur moi, en moi. Je regarde ma main. Peau déchirée. Corps à vif. Je suis une écorchée de la vie. La nuit jette son manteau noir. Je suis de la couleur de la pierre. Le bruit des vagues me dérange. Il me devient insupportable. Je ne veux plus rien entendre. Sauf ce cri strident qui vient de sortir de mon corps et qui déchire tout ce qui l’entoure. Ce cri d’enfant que tant d’années j’ai enfoui au plus profond de mon être. Ce cri d’enfant qui est en train de renaître.

Je viens d’avoir Chris au téléphone. Elle n’est pas bien. Moi non plus. Il faut laisser le temps au temps. L’amour fait tellement mal. Je repense aux moments que nous avons passés ensemble. Aux visages que je ne reverrai plus, aux choses que je ne referai plus. À ces jours d’insouciance où le bonheur se penchait enfin sur moi. À ces minutes, ces heures, ces jours, ces années d’amour que la vie m’a accordés. Aujourd’hui c’est le néant. Le chaos. Un séisme. Nous sommes toutes deux échouées chacune sur une terre inconnue où plus rien ne subsiste. Seules avec nous-mêmes. Seules avec nos larmes et nos regrets. Il a suffit d’une phrase pour que cette solitude m’envahisse toute entière. Nous sommes seules au monde, et c’est dans les instants de souffrance que nous en prenons conscience. » (Pages 12-13)

A propos de Isabelle B. Price

Isabelle B. Price
Créatrice du site et Rédactrice en Chef.Née en Auvergne, elle s’est rapidement passionnée pour les séries télévisées. Dès l’enfance elle considérait déjà Bioman comme une série culte. Elle a ensuite regardé avec assiduité Alerte à Malibu et Les Dessous de Palm Beach avant l’arrivée de séries inoubliables telles X-Files, Urgences et Buffy contre les Vampires.

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