Les Chansons d’Amour

Une fable contemporaine

Année de Production : 2007

Date de Sortie : 23 Mai 2007

Réalisation : Christophe Honoré

Scénario : Christophe Honoré

Avec : Louis Garrel (Ismaël), Ludivine Sagnier (Julie), Chiara Mastroianni (Jeanne), Clotilde Hesme (Alice), Grégoire Leprince-Ringuet (Erwann), Brigitte Roüan (La Mère), Jean-Marie Winling (Le Père), Alice Butaud (Jasmine), Yannick Renier (Gwendal)

Nationalité : Française

Genre : Drame, Musical

Durée : 1h 40min.

Titre Original : Les Chansons d’Amour

Les Chansons d’Amour : Résumé

Ismaël et Julie vivent en couple depuis qu’ils se sont rencontrés à l’université. Lassés de leur routine, ils pimentent leur vie de couple en invitant Alice, une amie et collègue d’Ismaël dans leur lit. Mais Julie finit par ne plus supporter la situation. Elle confie son agacement à sa famille et apprécie de se retrouver seule avec l’homme qu’elle aime.

Mais un soir, en sortant d’un concert, elle meurt soudain de manière inexpliquée. Ismaël se retrouve alors confronté à un deuil difficile alors que la famille de Julie ne réalise pas. Lié à tous les membres de cette famille et à Alice, Ismaël ne parvient pas à affronter son chagrin.

Lorsqu’il croise  la route du jeune Erwann, il entrevoit le bout du tunnel…

Ismaël et Julie vivent en couple depuis qu’ils se sont rencontrés à l’université. Lassés de leur routine, ils pimentent leur vie de couple en invitant Alice, une amie et collègue d’Ismaël dans leur lit. Mais Julie finit par ne plus supporter la situation. Elle confie son agacement à sa famille et apprécie de se retrouver seule avec l’homme qu’elle aime. Mais un soir, en sortant d’un concert, elle meurt soudain de manière inexpliquée. Ismaël se retrouve alors confronté à un deuil difficile alors que la famille de Julie ne réalise pas. Lié à tous les membres de cette famille et…

L'avis d'Univers-L

Scénario/Réalisation
Casting
Lez/Bi Quantité
Lez/Bi Qualité

Résumé : La liberté d'aimer et de coucher.

Note des lectrices : 3.3 ( 1 votes)
71

Les Chansons d’Amour est un film tout simplement magnifique. Je ne savais pas trop à quoi m’attendre lorsque les premières images ont débuté, je savais qu’il y aurait des passages chantés mais pas plus. Le décalage est immédiatement annoncé par la présentation. Uniquement des noms de famille, en majuscule qui emplissent tout l’écran. On sait alors qu’on ne va pas voir quelque chose auquel on est habitué. On essaye de se concentrer sur les rues de Paris mais notre regard revient immanquablement à ces mots qui s’enchaînent.

Un Paris qui, aussi incroyable que paraisse le format et la manière dont le sujet est traité, s’avère très réaliste. On est rarement habitué à autant de réalisme sur la capitale française. Exit les couchers de soleil, les gros plans sur la Tour Eiffel, les champs Elysées et les bérets. Là, il est question de bouches de métro, de petits bars de quartier, de petits appartements étouffés entre les magasins… Un contraste intéressant avec le format plus onirique et les chansons.

Ces chansons qui sonnent on ne peut plus juste. On est sous le charme du début à la fin. On apprécie leur signification et plus que tout, on n’attend qu’une chose, que les acteurs passent de la conversation banale au chant. Parce que ces transitions sont extrêmement réussies. Le temps donne le sentiment de se suspendre et l’action continue cependant sans provoquer de cassure. Un sacré travail de la part du réalisateur qui mérite d’être signalé.

J’ai particulièrement apprécié la manière dont le manque et le deuil sont représentés. Julie est morte mais elle n’a pas disparu pour autant, elle continue de hanter les héros tel un fantôme que l’on persiste à voir, nous spectateur. La souffrance des personnages est réelle. De la sœur qui cherche à se rapprocher de son beau-frère pour comprendre qui était sa petite sœur, à la mère qui tente de rencontrer tous ceux qui aimaient sa fille à Ismaël lui-même qui sous ces airs de garçons inaccessible souffre le martyre et ne peut se résoudre à ouvrir un placard de son appartement parce qu’il regorge de vêtements de celle qu’il aimait.

L’orientation sexuelle est également traitée de manière intéressante et décomplexée. Julie et Alice ne sont pas lesbiennes mais couchent ensemble et avec Ismaël. Ismaël n’est pas gay mais tombe amoureux d’un garçon. Autant de va-et-vient qui démontrent que la sexualité est quelque chose de fluide et pas quelque chose de défini et d’invariable. Une constatation intéressante.

Un film à découvrir qui réconcilie définitivement avec le cinéma français.

Discussion sur le Forum à propos des Chansons d’Amour

Les Chansons d’Amour : Critiques Presse et Récompenses

Sélection Officielle au 60ème Festival International du Films de Cannes.

 « (…) le sombre Paris filmé par Honoré possède d’emblée une réalité et une présence que peu de films d’aujourd’hui savent lui offrir (…) point n’est besoin d’être en connivence avec le genre pour se laisser aller et dans cet abandon trouver son plaisir. » Pascal Mérigeau (Le Nouvel Observateur)

 « La puissance des chansons d’Alex Beaupain alliée à la légèreté acide de la mise en scène en font un film empli de vie et parfois de rires. » ME Rouchy (TéléCinéObs)

« Christophe Honoré renouvelle la Comédie musicale avec grâce et espièglerie (…) un hymne à tous les possibles, qui propose diverses manières de vivre ensemble à deux, à trois, en famille, en société, entre homos et hétéros. Il compte large. Comme un film populaire. » Jacques Morice (Télérama)

 « Un drame musical enchanteur, un film gai et grave sur l’amour et l’absence. Sublime. » Jean-Baptiste Morain (Les Inrockuptibles)

 « (…) la grâce d’un film où chaque personnage (…) possède sa partition (…) Les Chansons d’Amour résonnent longtemps en nous après que le noir s’est fait. Bref, vous l’aurez compris : nous sommes très Honoré. » Sophie Grassin (Première)

 « Tout cela est d’une fraîcheur exquise. Un bel hommage à un cinéma qui n’est plus en même temps qu’un film si contemporain qu’on y voit Sarkozy en affiche. » Jean Roy (L’Humanité)

 « Les Chansons d’Amour est un film timide et mort de trouille qui n’a peur de rien : ni du roman-photo, ni du cinéroman, ni du cul, ni du cucul. Comme nous. » Gérard Lefort (Libération)

 « Christophe Honoré nous offre un beau moment d’émotion et de mélancolie enchantée, très ancré dans notre époque. » Emmanuèle Frois (Le Figaroscope)

 « L’hommage à la Nouvelle vague est clairement revendiqué, tant par le vent de liberté qui souffle sur ce film que par l’état d’urgence et l’économie de moyen (…) Le scénario des Chansons d’Amour ne manque pas d’audace, avec ses envolées lyriques et ses vols planés. » La rédaction (20 Minutes)

 « Un itinéraire méticuleusement écrit et maîtrisé, qui dans l’élégance de ses interprètes (…)tous très à l’aise avec la nécessité de chanter, dégage une jolie atmosphère de liberté et de spontanéité, tonique et contagieuse. » La rédaction (Ouest France)

 « (…) Christophe Honoré filme le Paris des années 2000 avec autant de sincérité que de talent (…) Son image est belle, son cadre moderne, son acteur, Louis Garrel, époustouflant. » Florence Ben Sadoun (Elle)

 « Un voyage homogène et bouleversant, en adéquation totale avec la bande musicale d’Alex Beaupain, qui capte mélodieusement le trivial mêlé au magique de l’existence. » Olivier Pélisson (MCinéma.com)

 « Il faut surmonter ce moment incertain où les personnages arrêtent de parler et se mettent à chanter (…) passé ce seuil, on entre dans un film où les chansons d’amour se confondent avec l’amour lui-même. » Thomas Sotinel (Le Monde)

 « A la fois brillant et fade, le film-chanson consent à hiberner en sourdine, trouvant dans la dernière réplique la morale de son économie : « Aime-moi moins mais aime-moi longtemps ». » Hervé Aubron (Cahiers du Cinéma)

 « Honoré signe une Comédie musicale qui est aussi un drame. (…) Malgré la mièvrerie des chansons, un joli film, mais qui laisse peu de traces. » Danielle Attali (Le Journal du Dimanche)

« Chic, les chansons sont belles, et joliment interprétées. Avec elles, on traverse sans trop se mouiller ce film tantôt agaçant, tantôt touché par la grâce. (…) L’ensemble aurait gagné à dépasser un côté gentiment générationnel. » Pierre Vavasseur (Le Parisien)

 « Ni la mort ni les amours homosexuelles ne suffisent à changer en argument inventif une bluette qui ploie sous les lieux communs. » Alain Masson (Positif)

 « Rendons grâce à ces Chansons d’Amour de ne nous avoir pas énervé, c’est déjà beaucoup. » Jérôme Momcilovic (Chronic’art.com)

 « Christophe Honoré construit une histoire obsolète, aussi passionnante qu’une sitcom acidulée politiquement correct, qui aligne des vignettes clichés dans un grand esprit bobo parisianiste du genre irritant. Sa présence à Cannes demeure une énigme. » Romain Le Vern (aVoir-aLire.com)

Les Chansons d’Amour : Extraits

ISMAEL : Alors on dort ?
ALICE : Comment ?
ISMAEL : C’est l’amour ou quoi ?
ALICE : Oh, t’es impressionnant Ismaël. Cette faculté à lire en moi comme dans un livre ouvert.
ISMAEL : Oh je retire ma question. Non, non, ne dis rien, je t’en supplie.
ALICE : Oui je dors, preuve absolue que je suis amoureuse ! Et si je suis amoureuse, tu ne peux que conclure que c’est de toi et donc que je m’interdis de l’exprimer me retranchant dans une rêverie.
ISMAEL : J’entends rien, excuse-moi y a des interférences là. Attends, mets toi à bosser parce que je tiens pas à rester ici des heures.
ALICE : Julie t’a engueulé ?
ISMAEL : Tais-toi ! Tu me fais peur.
ALICE : Ah… Julie t’a énervé. Julie t’a posé des questions. Je sais Julie ne t’a pas contredis quand tu as geint auprès d’elle que tu étais le plus minable baiseur du monde.
ISMAEL : Dis donc, je vais te couper la langue, ce sera plus simple.

JULIE : Petit salaud, ton jeu est clair, tu veux tout sans rancune. Le beurre, le cul de la crémière, deux pour le prix d’une.
ISMAEL : Petite garce que tu es vulgaire, que c’est laid dans ta bouche, que cette jalousie m’indiffère, vois comme tu te couches.
ALICE : Je suis le pont sur la rivière qui va de toi à toi, traversez-moi la belle affaire, embrassez-vous sur moi, hum hum.
ISMAEL : Je n’aime que toi.
ALICE : Hum hum.
ISMAEL : Je n’aime que toi.
JULIE : Petit salaud, petit pervers, où as-tu mis les doigts, d’où viennent ces odeurs étrangères, sûrement pas de moi.
ISMAEL : Petite garce, va donc te faire, tu n’es pas moins farouche, non tu n’es pas moins adultère, vois comme elle te touche.
ALICE : Je suis le pont sur la rivière qui va de toi à toi, me passer dessus, la bonne affaire, m’enjamber pourquoi pas, hum hum…

A propos de Isabelle B. Price

Isabelle B. Price
Créatrice du site et Rédactrice en Chef.Née en Auvergne, elle s’est rapidement passionnée pour les séries télévisées. Dès l’enfance elle considérait déjà Bioman comme une série culte. Elle a ensuite regardé avec assiduité Alerte à Malibu et Les Dessous de Palm Beach avant l’arrivée de séries inoubliables telles X-Files, Urgences et Buffy contre les Vampires.

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