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LES CHRONIQUES D'OURANOS : INTERVIEW DE L'AUTEURE, VÉRONIQUE BRÉGER

 

Interview accordée au site L-Editorielles en Juin 2009.

 

Depuis la publication de son premier roman en 2004, Champ, contrechamp, Véronique Bréger offre à ses lectrices de merveilleux voyages, chaque fois différents, dans des univers qu’elle crée et fait vivre avec talent, humour et délicatesse pour notre plus grand plaisir. L-Editorielles a rencontrée cette auteure aux multiples facettes à l’occasion de la sortie de son nouveau roman, Les Chroniques d’Ouranos, premier roman lesbien de science-fiction. Une fois encore, Véronique Bréger crée la surprise.

 

Entre nourrir une passion pour l’écriture en notant ça et là des bribes de mondes enchanteurs et inviter des anonymes à découvrir ton univers imaginaire par la publication d’un premier roman, il y a une mince frontière que beaucoup ne franchissent pas. Qu’est-ce qui, toi, t’a poussée à faire ce premier pas ?

Mon premier roman – c'est-à-dire la première histoire pour laquelle j’ai réussi à écrire un début, un milieu et une fin – s’appelait à l’origine, De toi à moi. Le manuscrit était destiné à la femme qui partage ma vie. J’avais commencé, sans aucune certitude quant à un potentiel achèvement. Et puis il y a eu cet accident visuel au cours duquel elle a failli perdre un œil. Ecrire cette histoire jusqu’au bout et la lui offrir est devenu à cet instant le plus important, comme s’il s’agissait pour moi de conjurer le sort. J’ai bouclé, elle a guéri… happy end…

Elle m’a fait réécrire toute l’histoire – c’était un peu « bordélique » – et une fois que cela a été fait, elle m’a dit à peu près les mots suivants : « et maintenant, tu n’as plus qu’à l’envoyer à une maison d’édition ». J’ai tenté ma chance avec KTM Editions et Champ, contrechamp est né.  

 

Depuis Champ, contrechamp, ton premier roman, tu ne cesses de surprendre tes lectrices en multipliant tes incursions dans des univers différents, tels A titre provisoire, un roman policier et aujourd’hui, Les Chroniques d’Ouranos, le premier roman lesbien de science-fiction. Comment t’est venue l’envie de t’essayer à des genres différents ?

Cela correspond à mon tempérament et à mes goûts qui sont hétéroclites. J’aime le suspense, la romance, l’aventure, la SF, l’héroic fantasy, l’histoire, le docu-fiction, etc… 

Par ailleurs, je n’ai pas envie d’écrire tout le temps sur le même registre, cela me lasserait et obligatoirement, j’y perdrais en originalité.

J’ai envie aussi de mettre des lesbiennes dans tous les genres ;-)

 

Chaque nouveau roman que tu publies depuis 2004 est une invitation à voyager dans des univers et des époques divers. Où trouves-tu une telle inspiration ?

Franchement… je ne sais pas…

Cela vient tout seul. Un regard, une conversation, un fait divers, un rêve, une musique, voilà pourquoi, je réponds « je ne sais pas ». Je ne cherche pas une idée, j’ai plein d’idées.

Le plus difficile pour moi c’est de réussir à focaliser sur une seule à la tenir et à l’emmener jusqu’au bout.

 

L’écriture d’un roman est un parcours de long haleine, qui demande patience et persévérance. Comment parviens-tu à concilier plaisir d’écrire, obligations professionnelles et vie privée ?

Le processus de création relève de la spontanéité, pour autant l’écriture est aussi un vrai travail. Gérer tout de front demande une bonne dose d’organisation.

J’écris en moyenne une demi-heure par jour, un peu plus le week-end et pendant les vacances qui restent le moment privilégié. Le temps consacré à l’écriture ne doit pas empiéter sur ma vie privée ni sur mon job. L’équilibre est fragile, mais l’écriture fait partie de ma vie donc il y a toujours une solution.

 

Dans sa préface des Contemplations, Victor Hugo écrit : « quand je vous parle de moi, je vous parle de vous », penses-tu que l’écrivain se livre intégralement dans ce qu’il écrit ou est-il possible de prendre ses distances par rapport à ce processus de création littéraire ?

L’écriture est ma chair traversée de la chair des autres. J’avais noté cette phrase proposée par l’animatrice de l’atelier d’écriture auquel j’ai participé pendant deux ans. Je l’a trouve pleine de sens, elle me semble faire écho à la pensée de Victor Hugo.

Je n’ai jamais écrit un roman autobiographique, pour autant et comme tout acte de création on met forcément de soi dans ce que l’on donne à lire aux autres.

Je dirais qu’en fonction du genre dans lequel on fait évoluer son histoire la distance est plus simple à prendre. D’une manière générale, je ne me pose pas de questions, j’écris ce que j’ai envie d’écrire. 

 

Est-il important pour toi d’offrir à tes lectrices/lecteurs la possibilité de se reconnaître dans ce que tu écris ?

Sans hésitation : oui.

Je n’oublierai jamais ce que la première libraire à qui j’avais osé demander un roman avec des lesbiennes dedans m’a proposé comme lecture… un manuel médical… … sans commentaire…

Alors, oui, c’est extrêmement important !

Pas simplement pour la cause lesbienne, plus largement aussi pour la qualité du texte.

 

Comment t’est venue l’envie – le désir ? – de te lancer dans l’écriture des Chroniques d’Ouranos ?

La première version des Chroniques d’Ouranos a été écrite dans la foulée de Champ, contrechamp. Je suis fan de science-fiction en général et lorsque j’ai compris que je pouvais continuer à écrire – ce n’est pas parce que j’avais terminé un premier roman que d’autres suivraient, je n’étais pas certaine à l’époque d’en écrire d’autres – j’ai commencé cette aventure.

L’idée m’est venue en coupant une feuille morte de notre bananier. Cette grande feuille recroquevillée et fanée à fait germer ce qu’allait devenir la plante fabuleuse des Chroniques d’Ouranos.    

 

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