Citation de la semaine
« Il n'y a pas de réussite facile ni d'échecs définitifs. » (Marcel Proust)
LES DIABOLIQUES : DEUX FEMMES S'ASSOCIENT POUR LIQUIDER LEUR AMANT



FICHE TECHNIQUE :
Année de Production : 1954
Date de Sortie : 29 Janvier 1955
Réalisateur : Henri-Georges Clouzot
Scénariste : Henri-Georges Clouzot, Frédéric Grendel, Jérôme Geronimi, René Masson d'Après l'ouvre de Pierre Boileau et Thomas Narcejac.
Avec : Simone Signoret (Nicole Horner), Vera Clouzot (Christina Delasalle), Paul Meurisse (Michel Delasalle), Charles Vanel (L'inspecteur Fichet), Noël Roquevert (M. Herboux), Pierre Larquey (M. Drain), Michel Serrault (M. Raymond)
Nationalité : Française
Genre : Thriller
Durée : 1h 56min.
Titre Original : Les Diaboliques
RÉSUMÉ :
Dans une institution vouée à l'éducation de jeunes adolescents, Nicole Horner est la maîtresse du directeur, Michel Delasalle. Ce dernier est marié à Christina qui décide un jour de s'associer à Nicole pour supprimer son époux.
Haïssant terriblement Michel, Christina et Nicole l'assassinent. Malheureusement quelques jours après le meurtre, le corps de la victime disparaît.
AVIS PERSONNEL :
Le film Les Diaboliques est basé sur le roman de Pierre Boileau et Thomas Narcejac intitulé Celle qui n'était plus. Il s'agit d'une histoire de meurtre, de manipulation, d'amitié, d'amour, de vengeance et d'argent. Nicole et Christina s'associent pour supprimer leur amant et mari. Leur plan est parfait. Elles ont un excellent alibi, trempent le corps dans l'eau de manière à le refroidir et à modifier l'heure de la mort et le jette dans la piscine de l'école une fois de retour chez elles.
Malheureusement le corps, ne refait pas surface. Après avoir attendu en vain, les deux complices s'arrangent pour faire vider la piscine. Et là, c'est le choc. Il n'y a plus de corps ! Nicole et Christina sont alors poursuivies par des détails leur prouvant que Michel est peut-être toujours en vie. Il y a tout d'abord l'apparition des vêtements que Michel portait le jour de sa mort, ensuite le rideau de douche dans lequel les deux jeunes femmes ont enroulé le corps, puis les lunettes du mort et enfin un enfant qui dit l'avoir vu.
Tout cela fait perdre pied à Christina et le spectateur qui a pourtant vu le corps, en vient à se poser des questions. Est-il vraiment mort ? Quelqu'un fait-il chanter Nicole et Christina ? Jusqu'où iront les deux jeunes femmes ? Autant de questions qui nous hantent jusqu'à cette superbe fin qui vous redonne foi dans le cinéma français. J'ai adoré !
Pourquoi aborder ce long métrage ? Pour la relation entre Nicole et Christina. Tout est sous entendu, suggéré, mais jamais montré. Elles se touchent, s'enlacent et se sourient de manière équivoque laissant supposer une liaison entre elles. Rien n'est dit, rien n'est montré mais c'est beau et cela donne du piquant au long métrage parce qu'on attend un signe, un indice qui ira dans ce sens. L'attention est retenue et c'est ce qui compte.
Un superbe film qui n'a pas vieilli et a donné lieu à un remake, Diabolique. A ne surtout pas manquer. Incontournable.
CRITIQUES PRESSE & RÉCOMPENSES :
Prix Louis Delluc en 1954.
Prix Edgar Allan Poe en 1956 dans la Catégorie Meilleur Film Etranger.
NYFCC Award (New York Film Critics Circle Awards) en 1955.
EXTRAITS :
Mr DRAIN : Je suis peut-être un affreux réactionnaire mais je trouve cette intimité stupéfiante. La femme légitime séchant les larmes de la favorite. Allons. Non, non et non !
MICHEL : Qu'est-ce que vous fichez là, toutes les deux ?
CHRISTINA : Rien.
MICHEL : Rien. Comme les gosses. Rien.
MICHEL : Mais, mais. Tu n'étais pas en récréation, aujourd'hui ?
NICOLE : C'est moi qui lui ai dit de rester. T'as vu la mine qu'elle a.
MICHEL : Ben justement, elle a besoin d'air.
NICOLE : Et ses souliers. T'as vu les semelles.
MICHEL : Mais je lui dis toujours d'acheter des grosses godasses, des bons écrases machins. Quand on est malade, il ne faut pas être coquette.
CHRISTINA : Je suis pas malade.
NICOLE : Elle est très fragile. Et tu le sais.
MICHEL : Fragile, elle l'a été, dans le temps, quand elle est arrivée de Caracas. Maintenant, c'est une jolie petite ruine. Elle ne risque plus rien, c'est indestructible, les ruines. Elle nous enterrera tous, pas vrai, ma petite ruine.
Isabelle B. Price (Juin 2006)







