Interview de Ruta Gedmintas, l’interprète de Frankie Alan

Interview liée à la série Lip Service

Ruta Gedmintas

Interview accordée à Sarah et Lee le 18 octobre 2010 pour le site Afterellen.com

La première fois que nous nous sommes rendues sur le plateau de Lip Service, on ne vous mentira pas, c’est Ruta Gedmintas qui a attiré notre attention en premier. Nous pouvons remercier la créatrice de la série, Harriet Braun, d’avoir suggéré cette coupe de cheveux franchement délicieuse, mais pour le reste, c’est à ses parents et à la génétique qu’il faut dire un grand bravo.

Notre interview avec Ruta a eu lieu durant le tournage, en décembre 2009. En face à face, elle avait de la présence, s’est montrée réfléchie et s’exprimant de façon extrêmement claire. Elle a parlé de la série avec passion et avait à l’évidence passé beaucoup de temps à étudier et s’approprier le rôle de Frankie.

Depuis la diffusion du premier épisode, deux choses nous ont paru évidentes : primo, Frankie est sans aucun doute le personnage le plus polémique de la série et secundo, beaucoup d’entre vous en feraient bien leur petit quatre heures. Nous avons discuté avec Ruta de comment elle a obtenu le rôle, de la comparaison avec Shane et pour qui, dans l’équipe, elle admet avoir eu le béguin.

D’après ce que nous avons vu, Frankie sera un personnage inspirant amour et haine – est-ce que ce n’est pas un personnage génial à jouer ?

Oui, complètement et on m’a laissé un peu de marge pour développer le personnage. Harriet (Braun) m’a donné la trame générale détaillant qui était Frankie et [a dit] qu’à partir de là, je pouvais jouer avec, mais les dialogues étaient supers donc je me suis calquée à eux et inversement.

C’est quelqu’un de très obstinée, indépendante et loyale envers ses ami(e)s mais elle prend beaucoup de risques et est un peu paumée – ce qui, l’un dans l’autre, en fait un personnage sympa à jouer.

Comment s’est déroulé le casting et comment avez-vous appris que vous aviez décroché le rôle ?

Je tournais un film d’horreur en Bulgarie quand on m’a envoyé le script, donc je le lisais entre deux scènes de hurlements et en étant couverte de sang.

Ce n’est pas souvent – surtout avec le manque de financements actuel dans le milieu artistique – que vous lisez un nouveau script qui capte votre attention, mais dès que j’ai lu Lip Service, j’ai trouvé que c’était très bon. Et quand j’ai lu le profil de Frankie, je me suis dit : « Je peux le faire. »

Je crois que je suis allée aux auditions dès ma descente de l’avion, avec du sang incrusté, et je me sentais vraiment mal. Je me suis rendue à l’audition et j’ai vraiment aimé tout le monde dans la pièce. J’y suis retournée pendant quatre heures durant lesquelles j’ai lu pour de nombreuses autres personnes. Je crois qu’au final, j’ai découvert que j’avais eu le rôle par le biais d’un ami qui m’a envoyé un SMS disant : « Bien joué » et j’étais tellement heureuse parce que c’est un rôle vraiment formidable.

Aviez-vous quelques réticences quant à la bisexualité du personnage de Frankie ?

Non, j’aurais abordé n’importe quel rôle de la même façon. Le fait qu’elle soit bisexuelle n’est qu’une des facettes de Frankie, je ne me suis pas dit : « Oh, je joue dans une série lesbienne. » Il s’agissait d’incarner le personnage de Frankie.

J’ai vu des photos de vous avant Lip Service et votre apparence actuelle est bien différente. Parlez-moi un peu de ce changement de look.

[Rires] Eh bien, j’avais de très longs cheveux blonds avant et puis ils les ont coupés courts.

Est-ce que vous aimez ?

Oui. J’aime vraiment. Je regarde des photos de mes longs cheveux d’avant et je me dis : « À quoi est-ce que je pensais ? » J’ai tendance à croire que ça ne m’allait pas très bien et quand Harriet m’a vue aux auditions, elle m’a dit qu’elle jubilait du fait qu’on doive sacrifier mes cheveux. [Rires partagés] C’était assez sympa d’avoir une excuse pour le faire, parce qu’en tant qu’actrice, vous voulez toujours être assez malléable pour que les gens puissent vous imaginer de différentes façons, et si vous avez les cheveux longs, ils peuvent en faire beaucoup de choses. C’est pour ça que les actrices ont tendance à avoir les cheveux longs. Mais je les aime et je ne veux pas vraiment faire marche arrière maintenant.

Tout dans le look de Frankie est vraiment nickel et vous devez vous rendre compte qu’elle a le potentiel pour devenir une grande favorite du public lesbien  – vous sentez-vous préparée à ça ?

Je ne sais pas. Harriet me l’a dit par le passé, mais nous verrons. Le côté look a été sympa et Leslie, l’habilleuse est géniale. Nous partagions les mêmes idées concernant ce à quoi Frankie devrait ressembler et avons juste ajouté quelques excentricités ici et là. Leslie est géniale parce qu’elle veut également prendre en compte l’histoire. L’intrigue de Frankie devient bien plus sombre vers la fin de la saison, donc nous avons traduit ça y compris à travers les couleurs que je porte.

On compare déjà Frankie au personnage de Shane dans The L-Word. Voyez-vous les points communs et selon vous quelles sont les plus grosses différences entre ces deux personnages ?

Il y a un archétype commun entre [Frankie et Shane] dans ce côté androgyne, un peu garçon, et cool, donc ça suscitera forcément des comparaisons entre nous. Frankie utilise le sexe comme une échappatoire et un moyen de contrôle, tout comme Shane s’en servait je suppose. Et il y a aussi les cheveux courts mais je pense que les similitudes s’arrêtent là. Frankie est beaucoup plus sombre que Shane. Et Shane est perçue par ses amies comme très branchée et ne fait pas vraiment de faux pas avec elles, alors que Frankie a tendance à tester les limites beaucoup plus que Shane ne le faisait.

Je pense que la grande différence entre The L-Word et Lip Service, c’est que The L-Word traite de problématiques lesbiennes majeures, alors que notre série parle de trois lesbiennes vivant à Glasgow et de leur vie quotidienne. Et évidemment, ce n’est pas aussi bling bling qu’à L.A – elles n’ont pas les moyens.

Avez-vous dû faire quelque chose pour vous mettre en condition de jouer Frankie ?

Lors de notre premier essayage, la réalisatrice nous a donné un guide du sexe lesbien, et nous a dit à toutes de le lire de la première à la dernière page. J’ai commencé dans l’avion en rentrant de Glasgow et je n’ai pas réalisé qu’il y a avait des photos un peu partout. Je voyageais avec une grand-mère assise d’un côté et un jeune enfant de l’autre, tout en feuilletant. Je l’ai ouvert à une page où il y a avait une énorme photo d’une femme avec des pinces à seins en disant : « Oh, désolée. C’est pour le travail. »

Et pour me mettre dans la peau de Frankie, j’ai eu la même approche que pour chacun de mes personnages. Je regarde des photos, j’écoute de la musique et je lis sur des trucs qu’ils ont vécus ou sont en train de traverser. J’ai un « mood board » [NDLT : Littéralement, un panneau des humeurs] de Frankie qui regroupe tout ce qui m’inspire et j’ai une playlist dédiée à Frankie sur mon iPod, que j’ai écouté chaque jour durant le tournage.

Qu’est-ce qu’il y a sur cette playlist ?

Il y a un morceau qui est le « morceau de Frankie » mais je veux garder ça rien que pour moi. Mais quand je dois être très bruyante et un peu agressive, là j’écoute les Black Eyed Peas. Si je dois être sexy, j’écoute quelque chose comme Peaches, et si je dois vraiment faire dans l’émotion, alors il y a plein de Damien Rice et d’autres trucs du genre. Il faut juste utiliser des trucs dont je pense qu’ils m’aideront à m’identifier à ce que Frankie traverse.

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