Long Courrier d’Emma Donoghue

Long Courrier d'Emma Donoghue

Titre Français : Long Courrier

Titre Original : Landing

Auteur : Emma Donoghue

Date de Sortie : 26 Septembre 2012

Nationalité : Irlandaise

Genre : Roman d'Amour

Nombre de Pages : 333 pages

Editeur : KTM Éditions

ISBN : 978-2-913066-54-0

Long Courrier : Quatrième de Couverture

Née à Dublin en 1969, Emma Donoghue est une figure majeure de la littérature irlandaise contemporaine et lauréate de nombreux prix, dont un Golden Crown Litterary Award pour Long courrier. Elle vit maintenant au Canada.

La rencontre entre Síle, une Irlandaise bobo, et Jude, une Canadienne à l’âme bucolique, fut aussi fortuite que rocambolesque et aurait dû rester sans suite. Mais la curiosité s’en est mêlée et, de lettres en e-mails, de longues conversations en brèves retrouvailles, leur histoire va peu à peu prendre forme, jusqu’à ce que la distance devienne insupportable.
Laquelle des deux femmes sera prête à tout quitter pour mettre fin à la séparation et de quel côté de l’Atlantique leur avenir va-t-il s’écrire ?

Long Courrier : Avis Personnel

Long Courrier a valu à son auteure, Emma Donoghue, un Golden Crown Award. Autant dire d’emblée que ce ne sera pas évident d’en dire du mal. Soyons honnêtes, cela ne m’est même pas venu à l’idée. J’en profiterai d’ailleurs pour saluer le travail de traduction de Cécile Dumas parce qu’elle a réussi à rendre le tout tellement fluide et de qualité qu’on a le sentiment que le livre a été écrit en français. Superbe performance.

L’histoire est donc celle d’une romance. Une romance lesbienne bien évidemment. Mais, au-delà de la simple romance, de la rencontre, du premier baiser et de la première scène d’amour, il s’agit de tout le chamboulement que cela implique dans la vie des deux héroïnes. Parce que lorsqu’elles se rencontrent, Síle et Jude habitent chacune d’un côté de la planète. La première vit à Dublin, en Irlande, la seconde dans un petit village au fin fond du Canada. Même si rien ne les prédisposait à se rencontrer et à se plaire, c’est ce qu’il va se passer.

Et ensuite il est question du tiraillement que traversent les personnes qui vivent une histoire d’amour à distance. Si cela a déjà été votre cas, soyons réalistes, vous ne pouvez que vous y retrouver. L’organisation des week-ends de rencontre, les mails, les appels téléphoniques, parfois pour ne rien se dire, juste pour entendre l’autre respirer. Et surtout cette sensation qui arrive souvent de nulle part quand on se demande quelle vie est la vraie. Celle de la semaine avec le travail, les amis, le quotidien dans son appartement ou celui des week-ends avec la femme qui fait battre notre cœur et cette impression tenace qu’on n’est vivante qu’à ses côtés.

La fin n’est pas si évidente que cela et permet de clôturer le tout en beauté. J’ai particulièrement apprécié les différences entre Síle et Jude et l’univers riche et complexe que l’auteure a réussi à créer autour de chacune. Elles avaient toutes les deux des amis et une famille et à la fin du roman, on a presque le sentiment de les connaître tous.

J’ai passé un très bon moment à découvrir ce roman et cette histoire qui sonnait très juste. Je vous le conseille vivement.

Long Courrier : Extraits

« Elle sentit sa gorge se remplir de bile. Elle chercha sur l’accoudoir le petit pictogramme qu’on pouvait presser pour obtenir de l’aide. Une lumière s’alluma au-dessus de sa tête, lui venant directement dans l’œil. La religieuse revint mais remit ses écouteurs avant que Jude ne puisse lui parler ; elle perçut le son joyeux de violons.
Enfin, une hôtesse s’empressa dans l’allée avec un panier ; c’était l’Asiatique que Jude avait remarquée auparavant.
– Excusez-moi ? dit Jude, en levant sa main libre.
Elle frôla la hanche de la femme. Celle-ci se tourna avec un sourire.
– Voilà pour vous.
Avec une pince, elle laissa tomber une chose blanche et brûlante dans la main de Jude qui poussa un cri avant de l’envoyer valser.
La femme la regarda fixement.
– Désolée, vous ne vouliez pas de serviette chaude ?
Fâchée ? Non, plutôt amusée. Ses yeux avaient une teinte étrange, fauve ; son accent semblait britannique.
– Non, je suis désolée, je voulais juste – Jude regarda avec un dégoût incontrôlable l’homme affaissé contre elle. Je pense qu’il est possible que ce monsieur ne se sente pas bien du tout, dit-elle, d’un ton formel, ridicule.
Le visage de la femme changea d’expression. Elle cala son panier de serviettes sur la hanche et se pencha. Sa tresse noire descendait plus bas que ses fesses. Jude put lire sur le rectangle brillant sur son revers : « SILE O’SHAUGHNESSY, CHEF DE CABINE. » Ça ne ressemblait pas à un nom indien. En chef de cabine, ça n’était pas une sorte de commissaire de bord sur un bateau de croisière ? Elle portait un parfum coûteux : un collier en or autour de la gorge. Son genou toucha celui de Jude. » (Pages 22-23)

A propos de Isabelle B. Price

Isabelle B. Price
Créatrice du site et Rédactrice en Chef.Née en Auvergne, elle s’est rapidement passionnée pour les séries télévisées. Dès l’enfance elle considérait déjà Bioman comme une série culte. Elle a ensuite regardé avec assiduité Alerte à Malibu et Les Dessous de Palm Beach avant l’arrivée de séries inoubliables telles X-Files, Urgences et Buffy contre les Vampires.

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