Ma Mère

Une histoire d'adoration mère-fils

Affiche : Ma Mère

Année de Production : 2003

Date de Sortie : 19 Mai 2004

Réalisation : Christophe Honoré

Scénario : Christophe Honoré d’après l’ouvre de Georges Bataille

Avec : Isabelle Huppert (Hélène), Louis Garrel (Pierre), Emma de Caunes (Hansi), Joana Preiss (Réa), Jean-Baptiste Montagut (Loulou), Dominique Reymond (Marhe), Olivier Rabourdin (Robert), Philippe Duclos (le père)

Nationalité : Française

Genre : Drame

Durée : 1h 50min.

Titre Original : Ma Mère

Ma Mère : Résumé

Dans le film Ma Mère, Pierre est un adolescent de 17 ans qui vit entouré de son père, sa mère, sa gouvernante et du mari de celle-ci. Il a été élevé par sa grand-mère durant toute son enfance. Alors qu’il réemménage chez ses parents, il apprend le décès de son père dans un accident de la route.

Plus affecté par cette mort qu’il ne veut bien l’admettre, Pierre se tourne vers Dieu. En parallèle, il voue une admiration sans borne à sa mère, Hélène. Refusant cet amour aveugle, sans borne et sans concession, elle lui demande de l’aimer pour ce qu’elle est réellement.

C’est ainsi qu’Hélène révèle à son fils sa vie dissolue de femme perverse et immorale. Elle fait découvrir à Pierre ses jeux pervers et dangereux, le sexe, la souffrance, la violence et la débauche.

Dans le film Ma Mère, Pierre est un adolescent de 17 ans qui vit entouré de son père, sa mère, sa gouvernante et du mari de celle-ci. Il a été élevé par sa grand-mère durant toute son enfance. Alors qu'il réemménage chez ses parents, il apprend le décès de son père dans un accident de la route. Plus affecté par cette mort qu'il ne veut bien l'admettre, Pierre se tourne vers Dieu. En parallèle, il voue une admiration sans borne à sa mère, Hélène. Refusant cet amour aveugle, sans borne et sans concession, elle lui demande de l'aimer pour ce…

L'avis d'Univers-L

Scénario/Réalisation
Casting
Lez/Bi Quantité
Lez/Bi Qualité

Résumé : Moyen. Bof.

Note des lectrices : Soyez la première !
35

Un film sur la relation mère-fils et sur l’amour filial. Pierre ne s’entend pas avec son père qu’il méprise. Il ne pleure pas ne semble pas affecté par le décès de ce dernier. Cependant, plus il apprend la véritable nature de son père et de sa mère, plus il découvre leur relation et leur rapport au sexe, plus il déprime et s’isole.

Lorsque sa mère lui dit qu’elle est une « traînée », qu’elle n’est pas parfaite et qu’elle n’a pas droit à son admiration et à son amour inconditionnel, Pierre est déstabilisé. Il lui demande de lui faire découvrir son monde et sombre dans une vie de débauche.

Christophe Honoré, le réalisateur avait déclaré qu’il ne « voulait pas que le film vire au côté érotico-chic, faire un zoom sur une classe privilégiée qui aurait juste des problèmes de sexe. L’idée d’expatrier les personnages était une manière de ne pas avoir besoin d’en dire beaucoup sur eux pour qu’ils soient suffisamment caractérisés. C’est essentiellement le décor qui les fait exister. » Cet aspect est tout à faire réussi mais il y a un mais.

Ma Mère est un film choquant, fort, dérangeant et inconfortable. Une mère entraîne son fils dans un tourbillon de sexe, de passion et de violence. Hélène se définit elle-même comme une « chienne » et une « salope » et pense ne pas mériter l’amour de son fils. Le problème c’est que pour justifier cette perversion, elle est uniquement montrée entrain de caresser une femme et de l’embrasser. Ce n’est pas elle qui bat le jeune Loulou, qui s’envoie en l’air en pleine ville devant tous les passants, c’est son fils.

Je ne fais pas l’amalgame entre homosexualité et sexualité perverse et violente. Le problème, c’est que je suis persuadée que certains le feront. Parce que finalement ce n’est pas Hélène qui est montrée comme étant la plus perverse, c’est Réa, une jeune femme de l’âge de Pierre qui initie d’ailleurs ce dernier. Seulement l’histoire est centrée sur Hélène puisqu’elle est le second personnage principal après son fils. Et c’est sa vie et ses actions que l’on retient. Ses gestes sensuels et tendres envers Réa, ses baisers et ses caresses. Cette vision de l’homosexualité d’Hélène est d’ailleurs renforcée par le fait qu’elle n’est jamais montrée avec un homme. Sa vie de débauche se résume à Réa.

Ma Mère est un long métrage tiré d’un roman de Georges Bataille. Un film profondément marquant et dérangeant qui ne laisse jamais indifférent. Je regrette simplement qu’ici, relation lesbienne se rapproche de perversité. Je reste persuadé que la vie sexuelle d’Hélène n’a pas assez ou mal été exploitée. Encore une vision négative.

Ma Mère : Critiques Presse et Récompenses

« Adapter Bataille au cinéma semblait une gageure. Défi relevé par Christophe Honoré qui s’aventure dans des zones transgressives aussi éloignées de la psychologie de comptoir que du chic et choc. Puissant et courageux. » Jean-Baptiste Morain (Les Inrockuptibles)

« Âpre. Violent. Inconfortable. La rencontre entre le romancier Georges Bataille et le cinéaste Christophe Honoré a fonctionné et donne un film dont les qualificatifs sont tout sauf aimables. Normal quand on décide de partir d’un des romans les plus subversifs qui soient. Le jeune cinéaste réussit à jouer avec le fil du rasoir, à toujours être au bord du précipice sans jamais y tomber. Quel précipice ? Celui du graveleux, du ridicule ou du grandiloquent. Il y échappe grâce à une mise en scène précise et fulgurante. » Olivier Pélisson (MCinéma.com)

« La réussite de Christophe Honoré tient (…) à son regard, sa compréhension que la prose de Bataille reflète fantasmes et humiliations mentales plus que des saynètes érotiques, et que ses personnages font l’objet d’une dissolution des formes où s’entrevoit un chaos, un infini. Couleurs, lumières, syncope du fil narratif, images fragmentées (…) contribuent à faire de Ma mère bien autre chose qu’une exaltation de l’amour noir: l’exploration à la fois respectueuse et douloureuse d’un néant. » Jean-Luc Douin (Le Monde)

« Une adaptation magnifiquement gonflée d’un roman de Bataille, où Honoré traite du mythe oedipien et de l’amour à mort avec une crudité aussi dérangeante que poignante. » Laurent Djian (Ciné Live)

« Ce film pulvérise les codes de la morale. Hymne à la liberté et à la vie, il dérangera ceux qui ne sauront dépasser les apparences, et marquera longtemps tous les autres. » Michel Rebichon (Studio Magazine)

« La perversion selon Bataille. Une adaptation risquée… Quelques éclats, mais peu de vertige. » Jacques Morice (Télérama)

« La sensation dominante est celle d’un film qui cherche sa forme sans jamais la trouver, avance quelques pions béhavioristes pour les retirer très vite, s’égare, sinon dans le vide, du moins dans le flou. » Elisabeth Lequeret (Cahiers du Cinéma)

Ma Mère : Extraits

PERE DE PIERRE   : J’aurais préféré faire autrement ou vivre autrement. Mais je me suis laissé envahir par des choses étrangères à moi. Elles se sont installées petit à petit. Elles ont détruit mon espérance. Elles se sont mises à régner. Tu peux comprendre que lorsque j’étais jeune, c’était pas de cette vie là dont je rêvais. Je rêvais pas de cette vie là parce que j’étais pas cette personne là. J’étais joyeux et énergique. Tu m’as pas connu Pierre. Dès que tu es né, ma jeunesse s’est effondrée. J’ai l’impression, tu vois, que cette vie d’aujourd’hui, correspond toujours pas à ma vraie nature. J’ai l’impression finalement de ne pas avoir changé, d’être resté joyeux et énergique mais dans l’incapacité de le prouver aux autres. Je suis joyeux et énergique tout seul. Je me sens un peu lamentable. Ta mère est comme moi. Enfin je dis pas qu’elle est lamentable mais enfin c’est simplement, elle a pas changé non plus. Et comme moi, elle porte un masque.

HELENE  : Pierre, regarde-moi. T’es trop jeune, je devrais pas te parler comme ça. Ton père est mort, j’ai plus l’intention de te mentir mais tu dois admettre que je suis pire que lui. T’as un respect pour moi que je mérite pas. Où tu crois que je passais toute mes après-midi depuis ces années ? Pourquoi tu crois qu’on t’a fait élever par ta grand-mère ? Qu’est-ce que tu t’es imaginé ? Regarde-moi Pierre, j’suis une salope, une chienne. Personne me respecte. Ton père le savait, lui. Ton père était d’accord. Si tu m’aimes vraiment, tu dois admettre que je suis répugnante. Je veux que tu m’aimes pour ça. Pour la honte que je t’inspire.

HELENE  : Je sais que tu es affreusement malheureux.
PIERRE  : Maman ?
HELENE  : Chut. Tu es faible, toi aussi. Ton père était faible comme tu l’es. Tu sais peut-être maintenant que le désir nous réduit à l’inconsistance. Mais tu ne sais pas encore ce que je sais.
PIERRE  : Ben dis le moi.
HELENE  : Non, Pierre, tu ne dois pas l’apprendre par moi. Mais si tu savais, tu me pardonnerais, tu pardonnerais même à ton père. Je veux que tu profites de ta vie. Tu n’es pas très gai, je trouve.
PIERRE  : Je voudrais savoir ce que tu sais.

A propos de Isabelle B. Price

Isabelle B. Price
Créatrice du site et Rédactrice en Chef.Née en Auvergne, elle s’est rapidement passionnée pour les séries télévisées. Dès l’enfance elle considérait déjà Bioman comme une série culte. Elle a ensuite regardé avec assiduité Alerte à Malibu et Les Dessous de Palm Beach avant l’arrivée de séries inoubliables telles X-Files, Urgences et Buffy contre les Vampires.

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