Maman Mamour, ses deux Mamans : Interview de Brigitte Célier

Maman, Mamour, ses deux mamans - Grandir dans une famille homoparentale de Brigitte Celier

Interview accordée à Taina Tervonen le 30 Juin 2008 pour le Magazine Têtu

Notre journaliste a rencontré l’auteure, Brigitte Célier, qui affirme que la règle de l’homoparentalité doit être «l’optimisme».

En 1986, quand Géraldine est née, le terme d’homoparentalité n’existait pas. Pourtant, elle a grandi avec deux mamans, et, à en croire le livre-témoignage écrit par l’une d’entre elles, ne s’en porte pas plus mal. Si l’homosexualité des parents a parfois été difficile à faire accepter, elle n’a jamais empêché cette famille de se construire dans la transparence la plus totale, vis-à-vis de l’école et de l’entourage. Entretien avec Brigitte Célier, la «mamour» de Géraldine, auteur de ce témoignage touchant.

Comment vous est venue l’idée d’écrire ce livre ?

Pour ses 20 ans, j’ai offert à Géraldine un livre où je retrace son enfance. Elle l’a fait lire à ses amis et m’a fait remarquer que je devrais écrire pour tout le monde, pour expliquer cette situation que peu de gens connaissent. J’ai alors commencé à écrire sur différentes thématiques liées à l’homoparentalité, et j’ai fini par demander à Géraldine si elle m’autorisait à reproduire des passages du livre que je lui avais offert. C’est ainsi que les deux textes se retrouvent, dans un livre «sucre d’orge» qui mélange réflexion et émotions, et que je destine à un public le plus large possible.

Vous évoquez la nécessité de la «transparence» vis-à-vis de la situation familiale de l’enfant. Etait-ce un choix facile à l’époque où Géraldine est née, en 1986 ?

 Je ne sais pas si on peut parler de choix. C’est plutôt une valeur. Il nous était impensable de demander à l’enfant de se taire sur sa famille, et je crois sincèrement que c’est cette authenticité qui nous a portées et qui a permis à Géraldine d’être bien dans ses baskets.

Vous abordez aussi des situations difficiles, notamment quand votre fille exprime son souhait d’avoir une famille «normale».

Ca nous a un peu décoiffées quand à treize ans, elle nous a asséné qu’elle voulait un papa normal, une maman normale, une famille normale. Disons qu’on s’y attendait, mais un peu plus tard… Nous avons résolu le problème en l’envoyant en séjour à l’étranger, dans une famille «normale», et elle est revenue en ayant bien compris les limites de cette normalité ! Ceci dit, nous avons toujours accepté qu’elle puisse être triste ou en colère à cause de cette réalité familiale qui est la sienne, tout en lui expliquant que c’était comme ça, c’était sa réalité à elle, et qu’un jour ça lui paraîtra moins lourd à porter. Aujourd’hui, elle s’amuse de cette situation, et ses amis aussi.

Quel regard portez-vous sur les familles homoparentales d’aujourd’hui ?

Je n’en connais que peu personnellement, mais je trouve qu’il y a souvent beaucoup de prise de tête. Il faut dédramatiser: ce n’est pas l’homoparentalité en soi qui pose problème, c’est le regard qui est porté sur cette réalité. Il faut aborder les choses avec un peu plus de sérénité et de tranquillité, avoir confiance en soi et en ses capacités de parent. J’ai surtout envie de partager de l’optimisme: notre fille est adulte, elle se porte bien.

Interview Originale sur le site Têtu.com

A propos de Isabelle B. Price

Isabelle B. Price
Créatrice du site et Rédactrice en Chef.Née en Auvergne, elle s’est rapidement passionnée pour les séries télévisées. Dès l’enfance elle considérait déjà Bioman comme une série culte. Elle a ensuite regardé avec assiduité Alerte à Malibu et Les Dessous de Palm Beach avant l’arrivée de séries inoubliables telles X-Files, Urgences et Buffy contre les Vampires.

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