Maux Croisés d’Anne Alexandre et Cécile Dumas

Maux Croisés d'Anne Alexandre et Cécile Dumas

Titre Français : Maux Croisés

Titre Original : Maux Croisés

Auteur : Anne Alexandre & Cécile Dumas

Date de Sortie : 10 Mai 2004

Nationalité : Française

Genre : Roman d'Amour

Nombre de Pages : 183 pages

Editeur : KTM Éditions

ISBN : 2-913066-18-6

Maux Croisés : Quatrième de Couverture

Abandonnée dans sa prison où elle purge une longue peine, Agathe se morfond. Sans illusions, mais avec quand même un peu d’espoir, elle passe une annonce pour s’évader à travers la correspondance. Parmi les rares réponses, celle de Sonia.
L’histoire peut commencer.

Anne Alexandre et Cécile Dumas ont réuni leurs plumes dans ce récit à deux voix au charme délicat et intemporel des romans épistolaires.

Maux Croisés : Avis Personnel

Ce roman est un livre assez inhabituel dans le paysage des romans lesbiens et même parmi les autres titres publiés par la maison d’éditions KTM. Et ce côté surprenant et rare n’est pas du tout pour me déplaire. Au contraire. Anne Alexandre, à qui l’on doit la superbe série de l’avocate lesbienne Pauline Vogel, un peu beaucoup amoureuse de sa juge, Laurence Le Vigan, possède une écriture riche et une manière de décrire les sentiments de ses personnages que j’ai vraiment appréciées. Cécile Dumas, qui est à l’origine de la romance entre Anita et Michèle, qui a quand même eu droit, pour l’instant à deux romans, à un style différent, plus centré sur le ressenti des personnages et les questions que tout le monde se pose. Et là, toutes les deux se sont réunies pour offrir un livre composé des lettres que l’une envoie à l’autre.

Alors, bien évidemment, elles donnent toutes les deux vies à un personnage. L’une donne naissance à une prisonnière, Agathe, condamnée pour avoir assassiné la femme qu’elle aimait, avec laquelle elle partageait sa vie et qui, du jour au lendemain l’a abandonnée pour un homme. Un meurtre passionnel qui a entraîné une longue condamnation, qu’elle purge aujourd’hui dans une prison parisienne. La seconde donne vie à Sonia, une jeune femme séropositive qui vit recluse dans la maison héritée de sa grand-mère depuis le décès de son compagnon.

Lorsqu’Agathe poste une petite annonce pour échanger une correspondance régulière, Sonia répond à cette bouteille lancée à la mer. Toutes les deux vont alors échanger des courriers réguliers qui vont changer leur perception du monde et de leur propre vie. Et puis soudain les sentiments vont s’inviter et tout bouleverser à jamais.

Une histoire intéressante, sans action particulière qui laisse la place au vécu et au ressenti de deux femmes malmenées par la vie. Une ode à la vie et à la liberté.

Maux Croisés : Extraits

« Si vous saviez comme je suis lasse de souffrance… Depuis trop longtemps rien ne m’émeut, rien ne m’attendrit. On dirait que mes émotions sont comptes. Je pleure de solitude. Je tremble de peur. Je ne ris plus. Je ne crois plus à rien.
Oui je suis séropositive. Je vous le dis après vous l’avoir fait comprendre. Je vous le dis sans appréhension. Comment pourriez-vous me repousser ? J’ai envie de vous écrire longtemps, Agathe, autant qu’il le faudra.
Oui, je suis séropositive. Il m’a fallu apprendre à vivre avec ça. Avec les piles de pilules, les traitements qui soutiennent mon taux de T4, tiennent la charge virale à distance… Je me suis faite à l’idée d’avoir à l’intérieur de moi, quelque chose que je ne contrôle pas vraiment.
Non je ne vais pas mourir. Je ne le veux plus.
À chacun ses fantômes, n’est-ce pas, Agathe ? Pour vous, ce sont peut être des scènes qui se sont imprimées pour toujours au fond de votre mémoire ; des mots que vous n’avez jamais trouvé le courage de dire ou que vous regrettez d’avoir prononcés, des flashes qui reviennent, reviennent sans cesse et que vous ne pourrez plus chasser.
Agathe, comment vivez-vous avec le souvenir de ce que vous avez fait ? Avec la hantise de ce que vous avez perpétré ? Comment cohabite-t-on avec un acte puni, un geste réprimé ? Avez-vous des regrets, des remords ? Avez-vous honte de ce que vous êtes devenue ? Avez-vous appris à vous haïr ? Mon malheur me semble si immense et pourtant si mince quand je le compare à votre souffrance. Je repense à mes premiers courriers dans lesquels je vous affligeais de mon mal de vivre, de tout le poids de ma douleur. Est-ce que l’on est égoïste quand on souffre ? Est-ce que le mal aveugle au point de non-retour, de non-amour pour ceux qui nous entourent ? » (Pages 40-41)

A propos de Isabelle B. Price

Isabelle B. Price
Créatrice du site et Rédactrice en Chef.Née en Auvergne, elle s’est rapidement passionnée pour les séries télévisées. Dès l’enfance elle considérait déjà Bioman comme une série culte. Elle a ensuite regardé avec assiduité Alerte à Malibu et Les Dessous de Palm Beach avant l’arrivée de séries inoubliables telles X-Files, Urgences et Buffy contre les Vampires.

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