Pariah

Un joli film sur l'affirmation de soi à l'adolescence

Année de Production : 2010

Date de Sortie : 20 janvier 2011

Réalisation : Dee Rees

Scénario : Dee Rees

Avec : Adepero Oduye (Alike), Aasha Davis (Bina), Pernel Walker (Laura), Kim Wayans (Audrey, la mère d’Alike), Charles Parnell (Arthur, le père d’Alike), Sahra Mellesse (Sharonda)

Nationalité : Etats-Unis

Genre : Adolescence, Drame

Durée : 1h 26min.

Titre Original : Pariah


Interview(s) :

Interview de Dee Rees pour le site Afterellen

Pariah : Résumé

Alike, une adolescente afro-américaine de Brooklyn, s’efforce de traverser cette période difficile avec grâce, humour et ténacité tout en gérant ses problèmes familiaux, ses amitiés et sa quête d’identité sexuelle.

Alike, une adolescente afro-américaine de Brooklyn, s'efforce de traverser cette période difficile avec grâce, humour et ténacité tout en gérant ses problèmes familiaux, ses amitiés et sa quête d'identité sexuelle.

L'avis d'Univers-L

Scénario/Réalisation
Casting
Lez/Bi Quantité
Lez/Bi Qualité

Résumé : Un film qui traite de l'affirmation de soi plus que de la découverte de soi.

Note des lectrices : 4.27 ( 5 votes)
61

Pariah est un long-métrage faisant suite au court-métrage de 28 minutes du même nom, également écrit et réalisé par Dee Rees en 2007. Les actrices principales du film sont d’ailleurs celles du court-métrage.

En parlant de casting, il est parfait, les acteurs interprètent très bien les personnages. Vous reconnaitrez d’ailleurs en Bina l’actrice Aasha Davis qui interprétait Chelsea Lewis dans South of Nowhere et Voilet Craig dans Nikki & Nora.

Pariah nous raconte donc l’histoire d’Alike, une adolescente noire de 17 ans, très bonne élève et passionnée de poésie. Elle vit avec une mère très catholique, un père policier toujours absent, et une sœur avec qui elle entretient une relation conflictuelle.

Le film diffère un peu des films d’adolescentes lesbiennes classiques sur deux points. Tout d’abord, il aborde l’homosexualité au sein de la communauté noire américaine, et plus précisément la communauté afro-américaine de Brooklyn, et force est de constater que ce n’est pas si courant que ça. De plus, le personnage principal, Alike, ne découvre pas son homosexualité au fur et à mesure du film, elle sait déjà qu’elle est lesbienne. À vrai dire, tout le monde le sait, même ses parents bien qu’ils tentent de l’ignorer. Certes, elle est obligée, à un moment, de mettre les points sur les i avec ses parents, mais cette scène sert surtout de prise de conscience pour Alike : elle doit s’affirmer et arrêter de se conformer à ce que l’on attend d’elle : elle doit aller de l’avant.

Le film se concentre donc sur la difficulté pour cette adolescente de trouver sa place dans le monde. D’un côté, sa mère tente de lui faire porter des jupes et vêtements très féminins pour essayer de « lutter » contre son homosexualité. De l’autre, sa meilleure amie, Laura, lui conseille un style butch pour s’affirmer en tant que lesbienne et réussir à trouver une petite-amie. Mais aucun des deux styles ne lui correspond et Alike tente, tant bien que mal, de jongler entre les deux, changeant de tenues plusieurs fois par jour.

Alike a l’habitude de passer ses soirées dans la nouvelle boîte de nuit lesbienne du quartier (boîte qui est d’ailleurs très mal vue par les habitants) en compagnie de Laura, bien que ce ne soit pas un univers qui lui corresponde. Afin de l’éloigner de ce milieu et de Laura, sa mère l’oblige à fréquenter Bina, sa nouvelle voisine.

Manque de chance pour sa mère, c’est grâce à Bina et à leur relation qu’Alike se libère et se rend compte qu’elle peut être aimée et appréciée simplement pour ce qu’elle est, qu’elle n’a pas besoin de se conformer à ce que l’on attend d’elle. Elle va alors réussir à s’affirmer devant sa mère homophobe et oser suivre ses rêves.

Au final, même si la situation familiale d’Alike n’est pas simple, qu’il y a, au sein de ce quartier, une homophobie latente et que le dénouement de l’histoire n’est pas entièrement rose, il est agréable de constater que le film ne s’apitoie pas sur les personnages. Nous suivons simplement le parcours d’une adolescente à la recherche de sa place dans le monde.

Concernant la réalisation en elle-même, la caméra tremblante m’a gênée à certains moments : certaines scènes ont été assez désagréables à suivre à cause de cette image instable. Je pense également qu’il aurait pu être intéressant de développer un peu plus le personnage de Laura, la meilleure amie d’Alike. Elle aussi souffre du rejet de sa mère à cause de son homosexualité et je crois qu’il aurait été bien d’apprendre à la connaître un peu mieux. Mais bon, le film raconte l’histoire d’Alike.

Pariah nous présente des personnages vrais et les filme avec tolérance et tendresse. Un premier film sympathique qui peut en laisser présager de très bons par la suite.

 

Pariah : Critiques Presse et Récompenses

Sélection Officielle au Festival de Sundance en 2011

Pariah : Extraits

ARTHUR : Je ne vois pas quel est le problème.

AUDREY : J’en ai par-dessus la tête, elle devient un vrai garçon manqué. Et cette Laura ! Tu as dit que tu irais la voir. Alike a besoin des conseils d’un homme.

ALIKE : Sérieusement, tu crois que ça va changer quoi ?

AUDREY : Je sais que Dieu ne commet jamais d’erreur. Ça j’en suis sûre. Tu n’aimes peut-être pas Bina mais en tout cas tu passeras beaucoup moins de temps en compagnie de ton amie Laura. Ça, tu vois, je te le garantis.

SHARONDA : Lee, j’espère que tu sais que ça m’est complètement égal.

ALIKE : Je sais.

ALIKE : Papa, je ne fuis pas. Je fais un choix.

A propos de Lou Morin

Lou Morin
Traductrice Anglais/Français

Répondre