Citation de la semaine
« Si l’amour embellit les femmes, les femmes, elles, embellissent l’amour. » (Anne Bernard)
PLUS BELLE LA VIE : DE L’AMITIE A L’AMOUR



Nous avions laissé Céline et Virginie en train de discuter de leurs points communs mais surtout de leurs différences dans l’appartement de Mademoiselle Frémont qui venait gentiment de proposer à sa chef de chantier de venir provisoirement habiter chez elle.
Comment expliquer qu’une offre si généreuse cache forcément quelque chose pour toute lesbienne qui se respecte ? Comment expliquer que ce listing de différences sonne comme un obstacle insurmontable ? Comment expliquer qu’avant même leur premier baiser j’ai perçu les raisons de leur rupture ? Autant de questions que je ne suis certainement pas la seule à m’être posées…
Alors que le résumé de l’épisode 937 du 15/04/08 débute sur l’avertissement de Sylvie « Ne vous avisez plus jamais de draguer ma femme ! », il s’ouvre sur Virginie buvant un café sur le canapé en lisant un magazine. Céline arrive en peignoir (ah les joies de la cohabitation - et Virginie ne la matte même pas… pardon) et avertie Virginie que cette tasse est très fragile. La jeune femme repose donc délicatement l’objet sur la table basse et explique justement, pendant qu’on en est aux risques potentiels de casse qu’elle a fait tomber la théière bleue et qu’elle s’est cassée le bec. Céline est profondément touchée, il s’agissait de la théière offerte par sa mère décédée voilà bientôt deux ans. Oups ! La cohabitation commence mal.
On sonne soudain à la porte. Céline retourne dans la salle de bain et demande à Virginie d’ouvrir. Celle-ci obéit en faisant une réflexion humoristique sur le fait qu’elle va essayer de ne rien détruire sur son passage. Ca m’a pas du tout fait rire. Par contre la suite, si.
Le visiteur est le père de Céline, Charles Frémont (Alexandre Fabre) qui en arrivant en haut des escaliers surprend Virginie penchée sur la table basse en train de récupérer une assiette avec deux croissants. La vue est époustouflante sur les longues jambes de la jeune femme qui est en fait très peu vêtue. Une robe courte à fleurs vraiment… pas mon genre. C’est le matin et elle a mis la première chose qui lui tombait sous la main. On ne peut pas lui en vouloir quand même ! Naturelle et sans avoir conscience de sa tenue légère, la brune se présente :
PAPA FREMONT : Bonjour.
VIRGINIE : Ah bonjour, on s’est déjà croisé dans les locaux de Phénicie. Virginie Mirbeau.
PAPA FREMONT : Oui, je vois très bien qui vous êtes, oui.
CELINE (qui revient de la salle de bain après l’appel de Virginie quelques instants plus tôt) : Ah mais je savais pas que tu passais.
PAPA FREMONT : Ah mais… si je dérange… je peux repasser plus tard.
CELINE : Mais non pourquoi tu dis ça, entre.
Effectivement, la situation prête à rire. Pour les deux jeunes femmes il n’y a pas l’ombre d’une ambiguïté mais pour nous spectateur avisé, tout est là. La robe légère de Virginie, le peignoir de Céline, la manière dont elles sont collées l’une à l’autre pour recevoir Papa Frémont. Ca laisse penser à toute personne dotée d’un minimum d’imagination qu’elles viennent de passer la nuit ensemble. Ensemble pas dans le même appartement, enfin si dans le même appartement mais surtout ensemble dans le même lit à faire des [censuré].
Et puis il faut malheureusement partir au travail. Sous l’œil désapprobateur de Papa Frémont, Virginie se penche vers Céline qui débarrasse la table basse et lui propose de l’aider. Céline est toujours en peignoir et je peux vous dire que si je ne savais pas qu’il ne s’est rien passé, je serais suspicieuse comme Papa Frémont. Mais Céline ne remarque rien et déclare juste à Virginie qu’elle doit partir si elle ne veut pas être en retard sur le chantier. La brune se sauve donc après avoir dit au revoir à tout le monde.
VIRGINIE : Mr Frémont, j’ai été très heureuse d’avoir été officiellement présentée.
PAPA FREMONT : Tout le plaisir est pour moi madame, enfin… mademoiselle.
VIRGINIE : Au revoir.
PAPA FREMONT : J’aimerai bien savoir ce qui se passe.
CELINE : A quel propos.
PAPA FREMONT : A propos de cette jeune femme. Apparemment elle a passé la nuit ici.
CELINE : Apparemment, oui.
PAPA FREMONT : Mais enfin… je croyais que vous vous connaissiez… à peine.
CELINE : Ah mais on s’est beaucoup rapproché ces derniers temps.
PAPA FREMONT : Ah… jusqu’à quel point.
CELINE : Papa, ça va, c’est une amie. Elle avait besoin d’aide et je la dépanne, c’est tout.
PAPA FREMONT : Ah.
CELINE : Qu’est-ce qui t’embête, que je cohabite avec une homosexuelle.
PAPA FREMONT : Non non non. Pas du tout.
CELINE : Parce que c’est pas une maladie contagieuse tu sais.
PAPA FREMONT : Ecoute. Je te dis que ça ne me dérange pas du tout. Arrête de me provoquer, enfin quand même !
Tout le comique du père Frémont se révèle à ce moment là. On avait oublié de lui envoyer une note de service pour lui expliquer que Virginie venant de rompre avec Sylvie, elle se retrouvait à la rue et que gentiment Céline lui avait proposé de l’héberger. Je savais qu’on oubliait quelque chose d’important. Trêve de plaisanterie. Charles Frémont prouve que son attitude libérale envers les gays est d’actualité uniquement quand ces derniers ne l’approchent pas de trop près. Et là, en l’occurrence, Virginie l’approche de trop près en touchant à sa fille.
Même si la situation est tournée en dérision par Céline qui choisit de répondre à la gêne de son père par une plaisanterie, force est de constater que cette gêne est réelle. Charles Frémont est mal à l’aise de découvrir que sa fille héberge une lesbienne. Parce qu’on ne sait jamais avec ces femmes, jusqu’où peuvent-elles donc bien aller ? On sent qu’il voit cette amitié d’un très mauvais œil et même en allant plus loin, on sent qu’il n’y croit pas.
Papa Frémont commence par être gêné puis énervé de voir que sa fille se moque ouvertement de lui. En effet, devant ses difficultés et ses réticences devant le fait que Virginie a passé la nuit chez elle, Céline semble avoir envie de jouer un peu avec son papa et ses préjugés. Une bonne idée finalement d’aborder le sujet de la sorte c’est amusant et rafraîchissant.
Peu après, sur le chantier, Céline parle avec Vincent. Ils ont presque récupéré le retard du précédent entrepreneur sur le chantier. Vincent déclare que le fait d’avoir embauché un soudeur supplémentaire est une excellente idée. Céline reconnaît que l’idée vient de Virginie et Vincent aborde leur nouvelle entente. Il dit qu’il a appris qu’elles s’entendaient très bien surtout au petit déjeuné et Céline comprend que son père a parlé à son ex-mari.
VINCENT : N’empêche que si je ne te connaissais pas bien, moi aussi, je m’interrogerai.
CELINE : Mais tu devrais. C’est pas parce qu’on a couché ensemble que je n’ai plus de secret pour toi.
VINCENT : Qu’est-ce que tu racontes, tu ne pourrais jamais te passer d’un homme.
CELINE : Vincent, rien chez un homme n’est irremplaçable et je réalise aujourd’hui que beaucoup de choses vous feront toujours défaut.
VINCENT : Au point de te tourner vers les femmes ?
CELINE : Ben quand je vois le nombre de pauvres types avec qui je suis sortie, je me dis que c’est une possibilité envisageable, ouais ?








