Portrait D’Un Mariage

La vie de Vita Sackwille-West

Année de Production : 1990

Réalisation : Stephen Whittaker

Scénario : Penelope Mortimer, Nigel Nicolson

Avec : Janet McTeer (Vita Sackville-West), David Haig (Harold Nicolson), Cathryn Harrison (Violet Keppel Trefusis), Diana Fairfax (Lady Sackville)

Nationalité : Britannique

Genre : Drame, Romance

Durée : 219 minutes

Titre Original : Portrait of a marriage

Portrait D’Un Mariage : Résumé

Portrait d’un mariage est un téléfilm mélodramatique racontant l’histoire d’amour extra-conjugale entre l’auteure féministe Vita Sackville-West et la romancière Violet Keppel dans le contexte de l’après-Première Guerre Mondiale et contre la volonté d’Harold Nicolson, le mari politicien de Vita. La romance entre Vita et Violet va vite devenir obsessionnelle, engendrant de destructeurs sentiments de jalousie et de possessivité.

Portrait d'un mariage est un téléfilm mélodramatique racontant l’histoire d’amour extra-conjugale entre l’auteure féministe Vita Sackville-West et la romancière Violet Keppel dans le contexte de l’après-Première Guerre Mondiale et contre la volonté d’Harold Nicolson, le mari politicien de Vita. La romance entre Vita et Violet va vite devenir obsessionnelle, engendrant de destructeurs sentiments de jalousie et de possessivité.

L'avis d'Univers-L

Scénario/Réalisation
Casting
Lez/Bi Quantité
Lez/Bi Qualité

Résumé : Un portrait biographique captivant.

Note des lectrices : Soyez la première !
69

Ce téléfilm en plusieurs épisodes est l’adaptation par la BBC du roman éponyme Portrait of a marriage rédigé par Nigel Nicolson, le fils des deux protagonistes principaux, Vita et Harold. Il s’agit donc d’une sorte de biographie librement inspirée de leurs vies et de leurs correspondances, rendant hommage à l’union de ses parents.

D’ailleurs, si je devais commencer par les points positifs, parce que c’est ce qui me vient directement à l’idée, c’est qu’il s’agit d’un splendide hommage à ce mariage dont il est question de faire le portrait. Ce qui me reste en mémoire après avoir visionné ce téléfilm est l’amour inconditionnel que se portent Vita et Harold. Certes leur couple n’était pas parfait, mais on a vraiment l’impression que le véritable amour permet de tout surmonter, et ce malgré de grandes difficultés – et croyez-moi, elles sont vraiment grandes celles de Vita et d’Harold -.

Tout d’abord, ils sont tous les deux bisexuels. Ce n’est pas problématique en soi, mais ça l’est lorsque l’on s’engage dans un mariage traditionnel, que l’on prête attention aux convenances et que l’on cherche à être bien vu de la société mondaine (Vita est aristocrate et Harold un diplomate haut placé). La configuration de base de leur mariage était traditionnelle, purement hétérosexuelle et monogame. Ils s’aiment tendrement et tout va plutôt bien jusqu’au jour où Vita apprend que son mari la trompe avec des hommes. En revanche, il a toujours été fidèle avec elle et n’a jamais aimé d’autres femmes. C’est juste qu’elle ne peut pas, en quelque sorte, concurrencer l’attirance de son mari pour les hommes. Elle le comprend bien et l’accepte, puis, de son côté, cède à la tentation avec son amie d’enfance Violet.

Si du côté de son mariage avec Harold on peut parler d’amour tendre et dévoué, du côté de Violet il s’agit clairement d’une passion dévorante et destructrice. Elles s’aiment passionnément, cherchent à se posséder, s’enfuient ponctuellement ensemble pour vivre d’autres aventures, Vita se travestissant notamment en homme ou en soldat et se faisant appeler Julian.

Leur relation ira jusqu’au point de non retour. Violet est à la veille d’épouser un homme autoritaire pour lequel elle ne ressent rien, et cherche à convaincre Vita de s’enfuir avec elle. Vita lui promet de la suivre, mais aussitôt la promesse faite, elle va se retrouver face à un terrible dilemme : quelle promesse honorer ? Celle qu’elle vient de faire à son amante, ou celle qu’elle a faite à son mari des années auparavant ? Elle va devoir choisir entre l’amour de sa vie et ainsi abandonner mari et enfants, ou alors rester fidèle à sa famille en laissant la femme qu’elle aime piégée, forcée à cause de cet abandon à épouser un homme qui la rend malheureuse.

En somme, il s’agit d’une histoire intéressante et bien narrée grâce à un jeu d’acteur saisissant. Comme d’habitude les téléfilms de la BBC ne déçoivent pas et sont de bonne qualité. Contre toute attente, j’ai préféré le rendu de la relation entre Vita et Harold plutôt que de celle de Vita et de Violet, mais cela reste à voir et dépend des goûts. Le côté lesbien aurait pu être exploité différemment car Vita Sackville-West est connue pour ses nombreuses autres frasques avec des femmes, notamment avec la célèbre romancière Virginia Woolf. Cette relation inspira notamment à Virginia Woolf le roman Orlando, l’un de ses plus célèbres. Cependant, la prise de parti de ne mettre en lumière que la relation de Vita et Violet est très compréhensible si l’on considère que Violet était son grand amour.

Ce que l’on retiendra de cette histoire est d’une part le contenu biographique qui rend ces portraits d’hommes et de femmes intéressants, que ce soit du point de vue humain ou historique (puisqu’il met en scène des personnages dont les noms sont tous passés à la postérité) ; et d’autre part le poignant hommage que le fils de Vita et d’Harold fait à travers ce minutieux travail de reconstitution chronologique. Car l’on ressent bien l’amour et la fierté que ce fils porte à ses parents alors même qu’il met en lumière leurs nombreux défauts et imperfections. Je le citerai donc, pour conclure cette critique, lorsqu’il justifiait son choix de montrer dans toute sa vérité la vie de ses parents alors qu’à de nombreux égards celle-ci aurait pu être jugée honteuse ou scandaleuse : « Elle [Sa mère, Vita] s’est battue pour le droit d’aimer, hommes et femmes, rejetant les conventions selon lesquelles le mariage exige un amour exclusif, et que les femmes ne devraient aimer que les hommes, et les hommes uniquement les femmes. Pour cela, elle était prête à tout abandonner… Comment pourrait-elle regretter que ce savoir puisse atteindre les oreilles d’une nouvelle génération qui est plus infiniment compréhensive que la sienne ? ».

Portrait d'un mariage (Portrait of A Marriage)  ( DVD )

De Stephen Whittaker

Avec Janet McTeer, David Haig, Cathryn Harrison, Diana Fairfax, Peter Birch

Prix : EUR 20,00
5 neufs & occasions à partir de EUR 9,51

4.5 étoiles sur 5 (2 commentaires client)

Portrait D’Un Mariage : Extraits

VITA : D’où cela vient-il ? [Parlant d’une MST contractée par son mari] D’une fille de joie je suppose ? Pas d’une connaissance ?
HAROLD : Ce n’était pas une femme. Je n’ai jamais touché une autre femme.
VITA : Alors qui ?
HAROLD : Vous ne comprenez pas ? C’est pourtant évident. Vous êtes l’unique femme de ma vie.

VIOLET (À Vita) : Écoute-moi bien, je vais te dire pourquoi je t’aime. Tout d’abord, parce que chacune occupe une place à part dans la vie de l’autre. Nous avons grandi ensemble, tu as toujours fait partie de mon univers. Ensuite, tu es si belle que j’ose à peine te regarder. Tout cela peut sembler délirant mais c’est vrai. Tu es conquérante, tous les autres sont communs, petits et pitoyables à côté de toi. Et moi je suis ton esclave. Tu es une grande poétesse. Immense et prodigieusement douée. Ce monde étriqué est à tes pieds, et moi aussi mon amour.

A propos de Edwine Morin

Relectrice et Chroniqueuse Occasionnelle. Passionnée par les séries télévisées, elle en dévore depuis des années dans tous les thèmes possibles et ses préférences sont si hétéroclites qu'il est difficile d’en trouver les limites. Romantique dans l’âme, elle a succombé au charme d’I Can’t Think Straight et de Loving Annabelle tout en étant fan du travail de Quentin Tarantino.

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