Site menu:

Photo Lesbienne

Photo de la semaine

Liste Complète »

Classement Thématique

des films, téléfilms et courts métrages...

Liste Complète »

Humour

un grand nombre de blagues lesbiennes...

Liste Complète »

Mon Oeil du Web

Chronique Alstor

ULTEC - Un Nouveau Projet Univers-L.com

Gagnez des livres lesbiens

Paradoxa - KTM Editions

Citation de la semaine


« Si l’amour embellit les femmes, les femmes, elles, embellissent l’amour. » (Anne Bernard)


QUEER AS FOLK (US) - ADAPTATION ORIGINALE

 

Adaptation américaine d'une série anglaise qui suscita un petit scandale dans la blanche Albion, Queer As Folk a déjà vécu deux saisons sur Showtime, chaîne payante aux Etats-Unis. Le thème : la vie de personnages homosexuels, sans tabou ni censure. Le cadre : Pittsburgh. Le but : changer la façon de montrer les gays à la télévision. Un projet ambitieux pour une série qui, dès les premiers épisodes, décoiffe effectivement.

 

« Nous ne cherchons pas à donner aux gens une jolie image qui va les rassurer et les convaincre que tout va bien. C'est une série souvent dérangeante, par sa représentation de la sexualité, par son langage, par ses attitudes. » Ainsi parle Ron Cowen, producteur exécutif de la série avec Daniel Lipman, également son compagnon dans la vie. De fait, QAF reprend la liberté de ton et d'image qui a ému certaine critique à la vision de l'original britannique, allant même plus loin en conférant aux scènes de sexe une esthétique plus travaillée et en ne reculant pas devant la nudité intégrale. Le premier épisode, qui suit pas à pas l'original de Russell Davies, donne le ton de la série entière et ne cache rien (ou presque). « L'une des raisons principales pour lesquelles nous voulions réaliser ce projet », déclare encore Cowen, « c'est que nous voulions montrer les homosexuels comme des personnes authentiques. Pas des eunuques ou des clowns, ce qui est la manière dont on a vu les homosexuels la plupart du temps. » La série rompt par conséquent avec la tradition des grands networks qui était, de Steven dans Dynasty aux personnages de Will & Grace, d'utiliser le ressort gay sans jamais rien montrer de choquant, de « déplacé ».

Cet aspect de QAF est certainement celui qui en fait une série « évènement », jamais vue jusque là. Celui aussi qui risque de lui aliéner une partie du public : centrée sur la vie sentimentale et sexuelle de personnages gays ou lesbiens, la série peut provoquer rapidement un effet de saturation ou rester inaccessible à un public hétéro, en dépit de ses qualités. Si vous franchissez cette hésitation, en revanche, vous aurez une chance de découvrir ce qui fait de QAF un programme réussi, attachant et visuellement captivant.

 

Des personnages convaincants

Loin de se contenter d'un parfum de luxure et de jouer la carte de la provocation gratuite, la série développe une galerie de personnages convaincants dont les déboires sentimentaux et les interactions sonnent juste. Tout en reprenant les caractères imaginés par Russell Davies, Cowen et Lipman les ont adaptés au public américain et s'en sont servis comme point de départ à des développements inédits. On retrouve donc le presque trentenaire à la vie sexuelle débridée et totalement décomplexée, Brian, son copain Michael secrètement amoureux de lui, plus sensible et qui cache son homosexualité à son entourage professionnel, l'adolescent Justin, encore au lycée et qui connaît sa première expérience avec Brian dont il tombe lui aussi amoureux. Autour d'eux, la série américaine étoffe les personnages secondaires en gardant en vie Ted, l'ami trop naïf qui dans la version anglaise mourait d'une overdose au terme du troisième épisode, et en accordant davantage d'importance à Emmett (la « folle » du groupe) et au Dr David, l'amant de Michael.

Personnage secondaire, la mère de Michael se distingue également par la prestation fabuleuse de Sharon Gless, à mille lieues de son rôle de femme flic dans Cagney et Lacey . On appréciera au passage la manière dont les scénaristes ont « américanisé » les personnages : fan de Dr Who dans la version anglaise, Michael est désormais fan. de comic books et en particulier des aventures du Captain Astro  !

 

L'originalité de la version américaine

Côté intrigues, les premiers épisodes collent volontairement à la version anglaise mais par la suite les éléments originaux sont utilisés avec parcimonie et répartis sur l'ensemble de la saison, fournissant souvent la ligne directrice d'un épisode : les difficultés de Michael à accepter que son amant subvienne à tous ses besoins, les problèmes de famille de Brian, le conflit de Justin avec son père homophobe, les problèmes de couple de Lindsay et de son amie Melanie sont des éléments développés au-delà de la trame originale. Cowen et Lipman conservent ainsi les temps forts mais profitent d'un format plus conséquent (22 épisodes de 45 minutes au lieu de huit fois trente minutes pour la version anglaise) pour approfondir les personnages et les situations. Du coup, ceux qui ont aimé la version anglaise découvrent non un remake mais une véritable réappropriation qui comble certains vides de la première série et parvient à donner vie et épaisseur à ses personnages.

Conclusion : on n'a nul besoin d'avoir vu la version anglaise pour apprécier la série américaine, pas plus qu'on ne doit être nécessairement familier avec le milieu gay.

Queer As Folk est construit comme un soap avec des intrigues entremêlées s'acheminant vers une fin de saison en forme de cliffhanger. L'importance de la bande son et des scènes de boîte de nuit lui donnent une esthétique résolument branchée, extrêmement rythmée mais qui ne nuit ni à la tension dramatique ni aux séquences intimistes.

Derrière la façade flamboyante voulue par les producteurs et parfaitement illustrée par Russell Mulcahy, réalisateur de plusieurs épisodes (notamment les trois premiers), les personnages ont leurs blessures et leurs défauts qui rendent convaincante cette peinture d'un milieu malgré tout très particulier. Egoïste et irresponsable, Brian se révèle capable d'amitié et d'altruisme et évolue au cours de la première saison. De même pour Justin, moins arrogant et plus touchant que son homologue britannique Nathan, et Michael dont la relation avec David Cameron est l'un des fils directeurs de la première saison.

Chaque personnage essaie d'assumer une homosexualité qui, même entre homos, ne va pas toujours de soi : Brian refuse de s'engager et vit mal le passage à la trentaine, Justin s'efforce de vivre sa sexualité en dépit de sa famille et du carcan homophobe du lycée, Emmett essaie de renoncer au sexe après avoir cru à sa séropositivité, Ted parvient difficilement à trouver l'amour sans renoncer au désir de jeunesse qui caractérise en grande partie son entourage gay. C'est cette peinture de l'amour gay, qui cherche à concilier l'appétit sexuel et le désir de relations stables, qui fait la richesse de la série et fait qu'on s'attache, peu à peu, à ses protagonistes.

Crue dans son langage et dans ses images, QAF n'en parle pas moins, avant tout, de sentiments et de grands adolescents qui essaient de devenir adultes.

Thierry Le Peut

 

SHOWTIME CONTRE HBO

 

SHOWTIME ET HBO, LES DEUX MASTODONTES DE LA TELEVISION PAYANTE, ONT RECEMMENT OUVERT UN NOUVEAU FRONT DANS LEUR CONQUÊTE DE NOUVEAUX CLIENTS : LE PUBLIC HOMOSEXUEL.

 

A la fin de l'année 2000, Showtime engage une campagne sans précédent à l'occasion du lancement de l'adaptation américaine de Queer As Folk. L'opération est un succès aussi bien en terme d'audience (c'est son émission la plus regardée) qu'en terme de reconnaissance, puisque la première saison est récompensée par un GLAAD Media Award (un prix décerné par une association luttant contre la diffamation envers les homosexuels). Mais au cours de l'été 2001, HBO lance Six Feet Under dans laquelle un des personnages principaux est gay. La série séduit grâce à son ton et sa qualité d'écriture que l'on doit à Alan Ball, scénariste ouvertement homosexuel. Les débats font alors rage pour savoir qui de QAF (acronyme donné à Queer As Folk) ou de SFU (Six Feet Under) représente le mieux la communauté. L'image du protégé de Showtime est cependant ternie par les déclarations de certains acteurs comme Hal Sparks (interprète de Michael) qui affirme par exemple qu'embrasser un homme « c'est un peu comme embrasser un chien ». Les mots gentils entre les responsables des deux séries fusent alors. Alan Ball ne cache pas que Queer As Folk n'est pas sa tasse de thé, Ron Cowen et Daniel Lipman (producteurs exécutifs de QAF) lui répondant que Six Feet Under ne parle que d'une bande de folles politiquement correctes. Et d'ajouter dans le même entretien pour TV Guide : « Si vous préférez un personnage homosexuel encore dans le placard, regardez Six Feet Under, si vous voulez le voir s'envoyer en l'air, regardez notre série ». Terrell Clayton (dont le rôle d'Eddie prend une nouvelle dimension dans la deuxième saison de SFU) confirme qu'  « il y a bien une compétition entre les deux séries » et résume ainsi la situation : « ils se concentrent sur le sexe alors que nous, ce sont les relations » . L'ambiance n'est donc pas à l'apaisement.

Et c'est pour le moment HBO qui semble sortir vainqueur de cet affrontement. Six Feet Under, déjà auréolée d'un Golden Globe en 2002, a remis ça lors de la dernière cérémonie des GLAAD Media Awards en soufflant le trophée de la meilleure série dramatique à Queer As Folk.

Loïc Le Roux

 

EPISODES MARQUANTS DE LA PREMIERE SAISON

 

EPISODE 1 : Même s'il est le remake du premier épisode anglais, la force des images et de la musique, le style de la mise en scène et le talent des acteurs en font un incontournable. Sans compter l'abondance de scènes « hot ».

EPISODE 5 : Première apparition du docteur Dave Cameron, un chiropracteur qui va entrer dans la vie de Michael pour ne plus en sortir. et bouleversera par là même ses priorités.

EPISODE 11 : Cet épisode dans lequel Michael fête ses 30 ans permet surtout d'en apprendre plus sur Brian. Il montre une face inattendue de sa personnalité en révélant l'homosexualité de Michael devant ses collègues de travail ! Mais ne vous fiez pas aux apparences.

EPISODE 13 : L'épisode de toutes les aventures : Brian avec un collègue de bureau qui le menace ensuite de chantage ; Melanie avec une rencontre d'un soir ; et Emmett avec une fille. Oui, vous avez bien lu : Emmett tente de devenir hétéro !

EPISODE 18 : Le quota de « sex » remonte dans cet épisode avec une scène se déroulant dans un sauna. Mais loin de n'être qu'une séquence « provoc », elle est aussi un élément clé de l'histoire : Brian surprend le docteur Dave en train de forniquer sauvagement sans que Michael ne soit, bien sûr, au courant !

EPISODE 22 : C'est un « season finale » qui vous ne pouvez pas manquer : chaque personnage de la série doit faire face à une décision importante pour son avenir et plusieurs surprises viennent ponctuer l'épisode. Sans oublier l'inévitable - et ici tragique - cliffhanger.

Alain Carrazé

 

Le Magazine de la Culture Série - Episode 1 (Octobre 2002) pages 43 à 45

 

QAF US Article Episode

 

Retour à l'Accueil Queer As Folk (US)


Retour à L'Accueil