Citation de la semaine
« La bouche prononce des mots, et ce sont les mains qui leur donnent tout le poids de l'émotion et de la vérité. » (Massa Makan Diabaté – Extrait de Le Coiffeur de Kouta)
LA RIVALE : UNE BELLE HISTOIRE D'AMOUR ENTRE UNE LESBIENNE ET UNE FEMME MARIEE ET MERE DE FAMILLE



FICHE TECHNIQUE :
Année de Production : 1997
Réalisateur : Dagmar Hirtz
Scénariste : Laila Stieler
Avec : Charlotte Schwab (Katharina Nordberg), Ann-Kathrin Kramer (Maren Rieger), Peter Lerchbaumer (Jens Nordberg), Leander Haussmann (Richard Grosser), Anna Böttcher (Hannah), Christian Blümel (Felix), Franziska Brekenfelder (Nicole)
Nationalité : Allemande
Genre : Drame Romantique
Durée : 1h 30min.
Titre Original : Die Konkurrentin
RÉSUMÉ :
Katharina est une femme ordinaire qui jongle entre sa vie professionnelle et familiale. Elle est cadre dans une grande entreprise, est mariée et mère de deux enfants. Tout se passe pour le mieux jusqu'au jour où elle rencontre Maren, à la soirée d'anniversaire de Jens, son époux.
Tout d'abord intriguée par la jeune femme, elle est surprise de la retrouver au travail. Là, cette dernière se révèle belle et ambitieuse et la place de Katharina est en jeu. Tout d'abord rivales, Maren et Katharina s'opposent sur différents dossiers. Elles se réconcilient pourtant au cours d'une présentation et leurs rapports deviennent alors plus amicaux.
AVIS PERSONNEL :
La Rivale est un téléfilm allemand qui de part son sujet et son résumé semble très proche d'Un Amour Inattendu. Or c'est loin d'être le cas. Tout d'abord parce que lorsqu'elles se rencontrent, Katharina et Maren sont ennemies. L'une se sent menacée par l'autre et l'autre souhaite voler la place de l'une. Mais également parce que leur relation est présentée avec une certaine originalité et se concentre plus sur leur attirance réciproque que sur les problèmes qui vont inévitablement en découler.
En clair, le traitement du sujet fait très européen. Alors que les américains adorent faire dans le drame et se concentrer sur le coming-out et les répercussions de celui-ci, ici il est plus question d'amour, de famille, de responsabilité. De plus, Katharina est loin d'être parfaite dans sa relation avec ses enfants ou dans son travail. Cela la rend d'autant plus humaine et ordinaire. Et malgré certaines répliques et un questionnement propre à l'homosexualité, on en vient à se dire, à la fin, que Maren aurait tout aussi bien pu être un homme.
Il s'agit avant tout d'une histoire d'amour et même si ce n'est pas un téléfilm extrêmement original, il subsiste ce sentiment qu'il dépasse de loin certaines productions à l'eau de rose que TF1 et M6 nous propose les après-midi de semaine. Pour ne rien gâcher, la scène d'amour est franchement réussie. Elle commence timidement et doucement par une étreinte réconfortante puis bascule dans quelque chose de plus sensuel avant de devenir plus passionnée. C'est à souligner parce que cette scène « obligatoire » est souvent franchement ratée dans ce type de téléfilm.
A découvrir.
EXTRAITS :
MAREN : A la nôtre.
KATHARINA : Vous voulez me saouler ?
MAREN : Peut-être.
KATHARINA : Vous avez peu de chance d'y arriver.
MAREN : Deux autres tequilas s'il vous plait.
KATHARINA : Est-ce que ça ne t'ais jamais arrivé de coucher avec un homme ?
MAREN : Bien sûr que si, plusieurs fois.
KATHARINA : Alors ?
MAREN : Les femmes sont plus belles et plus douces. Si tu savais à quel point une femme peut être douce. Tu vois, avec un homme, je me suis jamais sentie en harmonie, je ne me suis jamais sentie à l'aise. Une femme te comprend mieux qu'un homme, une femme c'est un peu mon reflet, tu vois ce que je veux dire ? Face à elle, tu peux apprendre qui tu es sans aucune gêne, aucune honte. T'as jamais couché avec une femme je suppose ? (Katharina hoche la tête de manière négative) Et ça te tenterait ? T'as peur, c'est ça ? Tu redoutes que ça te plaise ?
KATHARINA : Peut-être qu'il y a des expériences qu'il vaut mieux éviter de faire.
MAREN : Peut-être, oui... si on est sûr de ne pas s'en repentir après. Toi, tu t'en repentiras, je le sais. Parce que t'es pas du genre à te dégonfler.
NICOLE : Arrête de faire comme si j'étais un bébé. A mon âge, on sait ce que c'est que d'être amoureux de quelqu'un. N'empêche que c'est pas la même chose quand on est marié et qu'on a des enfants.
KATHARINA : C'est ce que je pensais aussi. En fait ça change rien du tout. Chaque fois que je la vois, j'ai le cour qui bat à tout allure. Quand j'attends un coup de fil d'elle, je fais les cent pas dans la pièce et j'arrive pas à penser à autre chose. Mon désir le plus cher c'est de me retrouver avec elle.
NICOLE : Qu'est-ce qu'on devient nous ? A tes yeux elle compte plus que nous ?
KATHARINA : Mais non voyons. Félix et toi, c'est pas du tout pareil. Je vous aimerai toujours vous, quoi qu'il arrive. Vous êtes mes enfants !
Isabelle B. Price (Novembre 2006)




