Seconde Chance : Interview de l’auteure Marie Parson

Marie Parson - Seconde Chance

Interview accordée à Isabelle B. Price le 27 Novembre 2015

Peux-tu te présenter en quelques mots ?

Je m’appelle Marie Parson et j’ai dépassé les 30 ans depuis bien longtemps. Tellement longtemps même que vous n’avez pas besoin d’en savoir plus sur ce sujet-là. Je suis en couple depuis quelques années aussi, c’est terrible j’ai l’impression que tout est vieux me concernant [rires]. Nous sommes mariées et nous n’avons pas d’enfant. Ça suffit pour le côté état civil ?

As-tu toujours eu envie d’écrire ?

J’ai toujours écrit. Quand j’étais petite j’adorais écrire mon nom et mon prénom sur mes livres. Comme j’étais vraiment petite et que j’avais mieux retenu mon prénom que mon nom, j’écrivais Marie Parie… Ce n’était pas encore des histoires mais je pense que ça donne un peu le ton.

Ensuite en grandissant, disons que j’ai vite compris que j’étais différente des autres enfants. J’étais calme, introvertie, très timide. L’écriture est devenue un refuge à l’adolescence qui n’a pas été une période facile, loin de là. L’écriture a toujours été un exutoire, une échappatoire, un monde meilleur sur lequel j’avais une emprise totale.

J’ai découvert bien plus tard que quand vous donniez vraiment vie à des personnages ensuite vous ne les maîtrisiez pas. À partir du moment où vous les connaissez bien, ils ont leur propre vie.

Quelle est la genèse de Seconde Chance ?

En fait j’ai été très touchée par le discours de coming out d’Ellen Page il y a quelques années. On le regardait sur l’ordinateur avec ma compagne quand elle s’est mise à pleurer. C’était des larmes de joie et de fierté aussi de se dire qu’une personne aussi connue arrive à mettre des mots sur ce que ressentent de nombreuses femmes homosexuelles. Je crois qu’on a toutes les deux eu conscience de l’importance de ce discours. Du coup je me suis dit que j’allais imaginer un personnage qui aurait fait quelque chose de semblable. Mais je voulais qu’elle conserve une vie ordinaire malgré son métier extraordinaire. Et du coup ça a donné quelque chose qui au final n’a rien à voir du tout !

Pourquoi avoir décidé d’ancrer cette histoire aux États-Unis ?

Parce que j’aime quand les livres que je lis me transportent dans un autre monde. J’ai vécu dans plusieurs villes françaises et peut-être que le fait d’avoir vu l’envers du décor n’est plus aussi dépaysant. Les États-Unis c’est assez captivant, c’est un autre monde, un autre univers. Rien que d’imaginer mes personnages là-bas je voyage. Avec les recherches que je fais, j’ai presque l’impression d’y avoir été mais juste avec le côté sympa, sans les embouteillages, les mauvaises odeurs, les gens énervés et désagréables…

L’une des héroïnes est particulièrement maladroite, qu’est-ce qui t’a inspiré cette caractéristique ?

Maladresse est un peu mon deuxième prénom. Mon épouse est désespérée des fois quand je me déshabille le soir. Elle regarde mes genoux et mes jambes en me montrant les bleus et en me demandant comment je me suis fait ça. Le pire c’est que la plupart du temps je suis incapable de répondre. Je me cogne tout le temps. Si je devais retenir à chaque fois dans quoi, mon cerveau serait rempli depuis le temps.

Et je ne vous dis pas le nombre de vaisselle que j’ai cassée. Entre les bols, les assiettes et les verres, c’est catastrophique ! On n’a aucun service complet !

Dans ce roman il est souvent question des apparences et de l’image que l’on renvoie. Était-ce important pour toi d’aborder ce sujet ?

Avant que tu me poses la question, je n’avais pas conscience d’en avoir autant parlé. Mais effectivement, oui, c’est une question que je trouve très intéressante. Parce qu’on n’est pas l’image que l’on renvoie. Encore moins les acteurs et actrices. Je pense qu’on donne une certaine vision de soi aux personnes que l’on côtoie. Par exemple celles qui vont lire cette interview, disons qu’il y en a au moins deux, elles auront une image de moi qui ne sera pas la réalité.

Je pense que comme j’ai mis pas mal de temps à savoir qui j’étais, j’ai d’autant plus conscience que l’image que je renvoyais était fausse. Du coup c’est vraiment un sujet que je voulais aborder dans Seconde Chance.

Alexia est une star de cinéma et son travail est de toujours incarner des personnages différents d’elle. En plus, elle doit toujours être parfaite et au mieux sur les tapis rouge et cérémonies. Quant à Jennifer, elle ne montre pas qu’elle a beaucoup souffert et qu’elle est veuve. Elle ne montre que ce qu’elle a envie que les autres voient. Alexia est contrainte d’avoir une image qui correspond à ce que les gens attendent d’elle alors que Jennifer se protège en renvoyant une certaine image qui n’est pas la réalité.

L’une de nos chroniqueuses a écrit récemment une chronique sur les scènes d’amour dans les livres lesbiens. Est-ce quelque chose de difficile à écrire pour toi ?

J’ai adoré cet article qui m’a beaucoup fait rire je dois l’avouer. Personnellement je n’ai pas le problème de la scène d’amour à faire lire à la famille. Ma famille ne lira jamais un de mes romans, ça m’arrange et ça m’ôte d’un poids important. Du coup je suis beaucoup plus libre.

Mais je confirme ce n’est pas évident à écrire. En fait mon problème c’est exactement celui que Sylvie Geroux a soulevé, la question du vocabulaire. Parce qu’il faut éviter les répétitions sans avoir l’air de passer des petits oiseaux cui-cui à la description anatomique. Et quand vous avez noté envie, plaisir, désir, jouissance vous avez déjà utilisé les principaux !

En même temps je pense qu’il faudrait plus de retours sur les scènes d’amour. On ne peut pas demander aux lectrices ce qu’elles attendent ? Genre un sondage secret ? Parce que j’avoue que quand je lis j’adore les scènes d’amour détaillés et sensuelles mais je ne suis pas certaine du tout que ce que j’ai écrit fasse le même effet !

Le genre de la romance a le vent en poupe, n’est-ce pas trop difficile de satisfaire les attentes des lectrices ?

C’est mon premier roman, personne n’attend rien de moi. Ça va du coup, je n’ai pas trop la pression. Peut-être que Seconde Chance ne se vendra pas, ou très mal. Ce serait dur mais pas insurmontable non plus. Ce qui serait intéressant ce serait de savoir ce qui ne marche pas pour que je puisse le corriger dans le prochain.

Sincèrement, j’ai pas un style exceptionnel, je le sais. Ce que j’ai par contre c’est beaucoup d’imagination. Du coup j’ai imaginé des personnages, je leur ai inventé des histoires et je me suis lancée. Je ne suis pas la prochaine grande auteure de romans d’amour !

Comment s’est passé le travail éditorial avec la maison d’édition ?

C’était très intéressant. Je ne connaissais pas du tout comme Seconde Chance est mon premier livre. J’ai beaucoup aimé le fait d’avoir un regard extérieur. Par exemple, on m’a fait remarquer qu’au début Jennifer et Alexia se retrouvaient trop vite après leur rencontre fortuite. Du coup j’ai rajouté un chapitre pour apprendre à les connaître un peu avant qu’elles ne se recroisent. Et j’ai trouvé que ça rendait bien. Et puis il y avait des erreurs de cohérence que j’avais ratées. Genre le beau-frère était une fois policier, une fois pompier. Je m’étais perdue moi-même ! [rires] Plus sérieusement, Edwine  à travers ses commentaires et remarques a fait un superbe travail éditorial pour améliorer l’histoire, son style, son rythme, sa cohérence, tout en conservant le cœur du livre et ce que j’avais écrit.

En tout cas j’ai trouvé cela très enrichissant et ça m’aide déjà beaucoup pour l’écriture de mon nouveau roman.

Que conseillerais-tu à quelqu’un qui a envie de se lancer dans un premier roman ?

Je dirais qu’il faut se lancer. Après je reconnais que faire lire son roman à une personne de confiance qui saura donner un regard extérieur est important. Ma femme joue ce rôle-là. Elle me dit quand ce que je fais ne convient pas. Là, par exemple, elle déteste le titre de mon prochain bouquin ! Bon, du coup comme il est provisoire, je fais exprès de le conserver. Ce serait le comble que la maison d’édition le conserve ! Ça lui ferait les pieds et ça montrerait qu’il n’était pas si nul ! [rires]

Non, plus sérieusement, elle m’aide beaucoup dans la manière dont elle m’oriente pour le développement de l’histoire. Des fois elle me dit quand ce que j’ai écrit ne fonctionne pas. Ma plus grande fierté c’est quand elle rit à quelque chose que j’ai écrit. Je me dis que si au moins elle rit, j’ai gagné ça. Mon objectif est vraiment que les lectrices passent un bon moment.

Ah et j’ai investi dans le logiciel Antidote pour les fautes d’orthographe, la grammaire, la conjugaison et tout et tout. Ce truc est génial ! Ça m’a beaucoup aidée avant de soumettre parce que je ne voulais pas que ça fasse trop amateur. Et du coup ça m’a vraiment donné confiance.

En tout cas il n’y a rien à perdre à tenter sa chance. Au contraire, on peut avoir de belles surprises ! Je sais que Reines de Coeur est toujours à la recherche de nouveaux talents, n’hésitez pas à les contacter.

A propos de Isabelle B. Price

Isabelle B. Price
Créatrice du site et Rédactrice en Chef.Née en Auvergne, elle s’est rapidement passionnée pour les séries télévisées. Dès l’enfance elle considérait déjà Bioman comme une série culte. Elle a ensuite regardé avec assiduité Alerte à Malibu et Les Dessous de Palm Beach avant l’arrivée de séries inoubliables telles X-Files, Urgences et Buffy contre les Vampires.

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