Superstars de Ann Scott

Superstars de Ann Scott

Titre Français : Superstars

Titre Original : Superstars

Auteur : Ann Scott

Date de Sortie : Décembre 2000

Nationalité : Française

Genre : Roman Contemporain

Nombre de Pages : 310 pages

Éditeur : Flammarion

ISBN : 2-08-067837-X

Superstars : Quatrième de Couverture

« Il y a un an, une nuit de janvier, je me suis pris une grande baffe dans la gueule par un videur du Rex. Je me suis retrouvée sur le trottoir, en robe et sans manteau avec du sang plein les mains. L’Entracte, cette boîte pour filles un peu plus loin sur le boulevard, était le dernier endroit au monde où j’aurai voulu me rabattre. Mais j’étais suffisamment défoncée pour faire abstraction, suffisamment donc, pour dissuader n’importe quelle connasse de s’approcher.
Juste avant, je sortais des toilettes du Rex où je venais de m’envoyer de l’héro pour la première fois depuis longtemps, aussi je flottais déjà agréablement en longeant le couloir vers la salle. Je regardais par terre en marchant, un élastique entre les dents pour rassembler mes cheveux, quand je suis tombée nez à nez avec Alex… »

Ann Scott a publié Asphyxie (Florent Massot, 1996 ; J’ai lu, 1998). Superstars est son deuxième roman.

Superstars : Avis Personnel

Louise, la petite trentaine, est une ancienne musicienne de rock, ancienne basiste, désormais reconvertie dans un courant plus porteur, la techno. Elle vit la nuit avec son groupe d’amies lesbiennes et parcourt les clubs de la capitale au pas de course. Mais un matin, sa petite vie bien réglée bascule à l’écoute d’un vieux disque qui la replonge dans son passé en lui rappelant son premier grand amour. Elle revient en arrière l’espace d’un instant avant de réaliser qu’elle doit inévitablement continuer à avancer. Un contrat providentiel la sauve de la galère mais elle sombre après un chagrin d’amour…

Voilà le résumé succinct du roman. Ann Scott m’a vraiment subjuguée par son écriture toute en finesse et en détail. On rentre dans l’histoire sans s’en rendre compte et on se retrouve aspirée par le tourbillon de la vie de Louise. On la voit évoluer, tour à tour on l’aime ou la déteste mais on finit par accepter ses choix à défaut de les comprendre.

J’ai aimé même s’il m’est resté ce goût amer de vie gâchée sur la langue. Et pourtant l’identification ne fonctionne pas. Je n’ai rien de ces jeunes qui vivent du RMI à passer leur nuit en boîte à danser sur de la techno, à ne penser qu’à la mode, à la célébrité et au fric. Et c’est là tout le talent de l’auteur. Ann Scott nous fait partager la vie d’une génération désabusée qui noie son mal-être dans la drogue.

Un petit mot sur la sexualité, elle est fluide. Il y a des garçons et des filles et l’héroïne passe allègrement d’un genre à l’autre suivant ses désirs. Il est donc question de bisexualité et pourtant, Louise ne cesse de se dire qu’elle doit arrêter les filles parce que c’est mauvais pour elle… « comme la dope ». Mouais…

 

Superstars : Extraits

« L’après-midi de ce samedi s’est dissous en un début de soirée vaseux. Je gisais dans la montagne de ma couette à moitié sortie de la housse, torse nu dans un caleçon, écrasée par la chaleur qui ne diminuait pas. J’étais devant MTV sans le son, la télécommande à la main au cas où viendrait un morceau que j’aurais envie d’écouter, mais ça n’arrivait pas. Que des clips de new jack ou de rap à deux francs – des petits roquets pubères qui aboyaient en vous montrant du doigt, ou des masses toutes huilées qui se pavanaient entourées de bombes en minis ras la touffe (et après ils s’étonnaient que le plouc moyen n’y voit là que des « gangsters » ou des « gorilles lubriques »). J’avais aussi la télécommande de la chaîne, mais envie de rien en fait. En fond bourdonnait la voix vicelarde de Marilyn Manson, restée sur repeat chez Pallas, passée dans la cuisine pour préparer le dîner. Elle avait dormi chez Alex et on avait échappé au pire, elle avait failli débarquer ici avec la petite Inès.
Avachie là, je pensais aux autres qui allaient au Batofar plus tard. Je n’avais même pas l’énergie de remuer mes jambes pour essayer de détendre mes muscles qui tiraient derrière mes cuisses. Le manque de sommeil me faisait me sentir sale, floue, mais ça me maintenait surtout dans un désagréable état intermédiaire. Je dérivais à chaque seconde, sans pour autant parvenir à sombrer complètement. Mes paupières avaient beau s’alourdir d’elles-mêmes, mon cerveau restait traversé de toutes sortes d’images qui me faisaient constamment rouvrir les yeux. Des images si fugitives et si désordonnées que je ne parvenais à en garder aucune. » (Page 62)

A propos de Isabelle B. Price

Isabelle B. Price
Créatrice du site et Rédactrice en Chef.Née en Auvergne, elle s’est rapidement passionnée pour les séries télévisées. Dès l’enfance elle considérait déjà Bioman comme une série culte. Elle a ensuite regardé avec assiduité Alerte à Malibu et Les Dessous de Palm Beach avant l’arrivée de séries inoubliables telles X-Files, Urgences et Buffy contre les Vampires.

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