The Girl King

Un biopic sur la reine Kristina de Suède

Année de Production : 2015

Date de Sortie : 2015

Réalisation : Mika Kaurismäki

Scénario : Michel Marc Bouchard

Avec : Malin Buska (Christine de Suède); Sarah Gadon (Ebba Sparre); Michael Nyqvist (Chancelier Axel Oxenstierna)

Nationalité : Finlandaise

Genre : Drame

Durée : 1h 46min

Titre Original : The Girl King

The Girl King : Résumé

The Girl King trace le portrait de la brillante et extravagante Kristina de Suède, reine dès l’âge de six ans. Élevée comme un prince, son caractère fougueux et son érudition ne laisseront personne insensible et très vite, elle va se rapprocher de la comtesse Ebba Sparre lors d’une rencontre à la cour.

The Girl King trace le portrait de la brillante et extravagante Kristina de Suède, reine dès l'âge de six ans. Élevée comme un prince, son caractère fougueux et son érudition ne laisseront personne insensible et très vite, elle va se rapprocher de la comtesse Ebba Sparre lors d'une rencontre à la cour.

L'avis d'Univers-L

Scénario/Réalisation
Casting
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Lez/Bi Qualité

Résumé : L'histoire pas si vraie de Kristina de Suède...

Note des lectrices : 3.58 ( 11 votes)
48

J’ai découvert avec beaucoup d’intérêt ce film qui retrace l’accès au trône de Suède de la reine Kristina à l’âge de six ans. Le projet semblait intéressant, visiblement il allait y avoir du contenu lesbien, et, au regard de la bande-annonce, cela promettait au niveau de la photographie et des costumes.

Effectivement, il y a du contenu lesbien, et la photographie est magnifique. Je l’ai visionné en VO et j’ai beaucoup apprécié le fait que certains dialogues soient en français. C’était une agréable surprise de découvrir que les rôles de français (l’Ambassadeur de France et le philosophe René Descartes) ont été attribués à des acteurs français d’origine. La reine Kristina était connue pour son érudition et son amour de la langue française : l’actrice qui incarne Kristina elle aussi parle français à plusieurs reprises dans le film. Au point de vue de l’authenticité, cela rend vraiment bien.

Cependant, j’ai bien peur que l’authenticité ne s’arrête là.

Encore heureux, le film est rangé dans la catégorie « Drame historique » et pas dans la catégorie « Biopic » bien que la promo le présente plus ou moins comme étant la narration de l’accès au trône de Kristina et de ses premières années en tant que reine. Sans vous en dire plus, on a même droit à la fin aux quelques lignes qui nous donnent des détails et informations sur le reste de vie de Kristina et sur le fait qu’elle est l’une des trois seules femmes enterrées auprès des papes au Vatican. Comme dans les fins de documentaires ou de biopics justement. Or, et bien que je ne sois pas une spécialiste d’histoire, encore moins d’histoire de la Suède, ce film ne me semble pas très fidèle au fil historique et je trouve ça décevant.

Aussi, une fois ces réserves émises, je n’irai pas plus loin dans ce développement, car mes connaissances historiques ne me le permettent pas. Il s’agit plutôt d’une impression générale.

Concentrons-nous sur le contenu lesbien. Kristina a été volontairement élevée comme un homme pour devenir un jour celle qui sera apte à régner sur son pays. Elle est fougueuse et se moque des conventions. Cette reine est passionnante, on s’attache à elle malgré sa froideur et son orgueil parce qu’elle a quand même du chien. On voit bien que des hommes lui tournent autour, mais elle ne semble pas intéressée. Il en est tout autrement quand elle est présentée à la jolie comtesse Ebba Sparre et on comprend directement que Kristina ne va pas vers les hommes parce qu’elle est plutôt attirée par les femmes. À partir de cette rencontre, elle nomme la comtesse comme sa dame de compagnie et commence à nourrir pour elle une fascination proche de l’obsession.

Les deux actrices jouent à merveille, on voit une alchimie dès le premier regard et leurs interactions sonnent juste. J’aime beaucoup la manière dont l’évolution de leur relation est dépeinte et comment les murs tombent entre la distance nécessaire qu’un sujet doit avoir envers sa souveraine et les premiers pas qui tissent progressivement un rapprochement et une intimité. Une vraie réussite pour moi de ce côté-là.

Pour être honnête, j’aime moins ce côté film à l’ancienne dans les palais ou les châteaux où, dès qu’il y a rapprochement entre les deux femmes, il y a toujours au minimum quelqu’un pour écouter derrière les portes ou au pire pour surprendre et interrompre le développement des relations. J’ai trouvé ça agaçant. Au moins, tout le monde semble savoir ce qui se trame, mais personne ne dit rien parce que Kristina a du caractère et sait ce qu’elle veut.

Comme ça ne se finit pas forcément bien, j’ai obligatoirement été frustrée en voyant ce film. Je ne savais pas trop quoi en penser parce que si les choses se sont véritablement passées ainsi, soit, je ne peux pas à en vouloir au scénariste… Mais comme je l’ai déjà dit, je doute de la véracité historique de ce scénario et du coup c’est agaçant parce que je me dis que quitte à avoir inventé cette histoire, il aurait été possible de lui donner une autre tournure et de nous offrir, pourquoi pas, un peu plus de contenu lesbien (je n’en dis pas plus pour ne pas spoiler, mais ce que je dis deviendra compréhensible et évident pour celles qui auront vu le film). Je salue quand même à nouveau le fait que les moments entre les deux femmes sont beaux et que malgré une fin de relation qui ne me semble pas à la hauteur et caricaturale, on sent qu’elles tiennent sincèrement l’une à l’autre. Voir cela est déjà rassurant en soi et l’on peut mettre leurs difficultés amoureuses en partie sur le compte de l’époque (pour info, on est au 17e siècle).

Photographie magnifique, un bon jeu d’acteur, des éléments intéressants, une représentation lesbienne pas si terrible, mais un avis mitigé pour la fin et le manque de clarté entre biopic et histoire inventée qui remettent en cause les informations données lors du visionnage. Je le conseille quand même, il est à voir pour vous faire votre propre avis.

The Girl King : Extraits

KRISTINA: Aujourd’hui j’ai atteint ma majorité et j’ai solennellement reçu la couronne de mon père. La couronne du grand Gustav, Lion du Nord, qui a donné sa vie en se battant pour défendre la glorieuse Suède. Et, comme lui, j’ai l’intention de travailler jour et nuit pour la gloire de notre royaume, en accord avec les enseignements de Luther, notre guide spirituel.

KRISTINA: Belle?
EBBA: Vous pouvez m’appeler comme ça si vous le souhaitez.
KRISTINA: Je n’ai pas besoin de votre permission.

KRISTINA: Je sais comment assembler un piège à ours, comment nettoyer un fusil, mais… je ne sais pas comment déposer mes lèvres sur les vôtres… où poser mes mains…

 

A propos de Edwine Morin

Relectrice et Chroniqueuse Occasionnelle. Passionnée par les séries télévisées, elle en dévore depuis des années dans tous les thèmes possibles et ses préférences sont si hétéroclites qu'il est difficile d’en trouver les limites. Romantique dans l’âme, elle a succombé au charme d’I Can’t Think Straight et de Loving Annabelle tout en étant fan du travail de Quentin Tarantino.

2 commentaires

  1. Je ne suis pas d’accord sur l’aspect historique de la critique. Au contraire, ce film adapté de la pièce de théâtre de Michel Marc Bouchard (dramaturge québécois qui a aussi été adapté par Xavier Dolan au passage) renoue avec une vérité historique qui a été maintes fois étouffée par l’historiographie officielle. L’histoire d’amour entre Christine de Suède et Ebba Sparre est bien authentique et oui, elle s’est mal terminée sous la pression sociale. Cependant, toute le reste de leur existence, celle d’Ebba en fait puisqu’elle est morte quelques années après leur séparation forcée, elles ont continué à entretenir une correspondance amoureuse. Le film retrace la période du règne de Christine, de la mort de son père à son abdication et à sa fuite de Suède.
    Pour ma part j’ai trouvé le film excellent et je le conseille vivement.

    • Merci pour ton éclairage et tes précisions sur l’histoire de Christine de Suède.

      Je ne peux pas me détacher du sentiment que je n’ai pas connaissance des faits exacts et que ce n’est pas le film qui pourra m’en apprendre plus à ce propos. Ça reste très générique et superficiel pour moi de me dire qu’une relation a existé et s’est terminée pour cause de pression sociale (même si je conçois tout à fait que les choses soient tristement aussi « simples » que cela). J’imagine que je n’arrive pas à juste savoir ce qu’est ce film: ni un divertissement, ni un « documentaire » historique. Je ne fais pas partie des personnes qui ont besoin de cases ou de catégories pour apprécier l’art, et j’imagine que comme je n’ai pas les connaissances historiques assez solides pour faire moi-même le tri dans tout ça, il en ressort un réel sentiment de frustration, malgré les qualités du film évoquées par ailleurs. L’idée, ce n’est pas que je reproche au film mon manque de culture historique, c’est que je ne devrais pas avoir à me poser la question à la fin de savoir si on m’a vendu une théorie ou des « faits ».

      D’ailleurs, si les deux femmes ont continué à correspondre, je ne m’avance pas beaucoup en disant que le film ne montre pas cette dimension là de leur relation et que rien que l’insertion de cette information dans le film aurait été une belle chose pour la représentation lesbienne, ce qui, quelque part, ne me fait pas changer d’avis sur ce sentiment mitigé, au contraire.

      Après… tout ça, ça me dérange moi, mais ça n’en dérangera pas d’autres. On ne le dira jamais assez, les critiques n’engagent que les personnes qui les émettent et leurs sentiments, elles ne prétendent pas donner une vérité absolue.

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