Three Veils

les portraits croisés de trois jeunes femmes musulmanes aux états-unis

Année de Production : 2011

Date de Sortie : 22 Août 2011

Réalisation : Rolla Selbak

Scénario : Rolla Selbak

Avec : Sheetal Sheth (Nikki), Angela Zahra (Amira), Mercedes Masöhn (Leila), Madline Tabar (Samira), Erick Avari (M. Qasim), Garen Boyajian (Jamal), Christopher Maleki (Mehdi), Sammy Sheik (Ali), Andrew J. Ferranti (Hafiz), Silvi Sebastian (Tante Fatima), Desmond Faison (Wes), Andria Carpenter (Nikki jeune), Lexi Greene (Amira jeune), Chelseay Gray (Shoshana), Anne Bedian (Farridah)

Nationalité : Américaine

Genre : Drame, Romance

Durée : 1h 57min.

Titre Original : Three Veils

Three Veils : Résumé

Aux États-Unis, Leila, Amira et Nikki sont trois jeunes femmes de confession musulmane qui fréquentent la même université. Leila, qui va bientôt épouser son fiancé au cours d’un mariage arrangé pour lequel elle a donné son accord, doute et pense avoir commis une erreur. Amira, introvertie et solitaire, a du mal à allier sa foi avec les sentiments qu’elle éprouve vis-à-vis d’une de ses camarades. Nikki, fêtarde et délurée, lutte contre les fantômes de son enfance.

Aux États-Unis, Leila, Amira et Nikki sont trois jeunes femmes de confession musulmane qui fréquentent la même université. Leila, qui va bientôt épouser son fiancé au cours d’un mariage arrangé pour lequel elle a donné son accord, doute et pense avoir commis une erreur. Amira, introvertie et solitaire, a du mal à allier sa foi avec les sentiments qu’elle éprouve vis-à-vis d’une de ses camarades. Nikki, fêtarde et délurée, lutte contre les fantômes de son enfance.

L'avis d'Univers-L

Scénario/Réalisation
Casting
Lez/Bi Quantité
Lez/Bi Qualité

Résumé : A voir malgré quelques stéréotypes.

Note des lectrices : 2.6 ( 1 votes)
51

Three Veils est un film que j’ai trouvé intéressant, bien que relativement inégal, qui propose, par des portraits croisés de trois jeunes femmes musulmanes aux États-Unis, un état des lieux de la situation de celles-ci dans ce pays. Le film est construit de telle manière que l’on puisse suivre tour à tour chacune de ces trois protagonistes, chaque histoire ayant un lien avec les autres, un peu à la manière de 21 Grammes ou 11:14 par exemple.

Leila est une jeune femme libérée qui a pourtant accepté un mariage arrangé. Les fiançailles ont eu lieu et plus elle apprend à connaître son futur époux, plus elle est assaillie de doutes. En effet, son fiancé, au premier abord doux et gentil, s’avère de plus en plus violent et tente de diriger sa vie personnelle ; il est aussi jaloux de l’attirance qui s’installe entre Leila et Jamal, un jeune homme qu’elle a rencontré récemment. Amira est tout le contraire de Leila, puisqu’elle est très timide et a peu d’amis. Elle était amoureuse d’une de ses amies un peu plus jeune, mais sa mère avait alors fait en sorte qu’elles ne se fréquentent plus en l’inscrivant dans une école religieuse très stricte. Très croyante, elle essaye de trouver une manière de faire cohabiter sa foi avec ce qu’elle ressent pour Nikki, une autre étudiante. Cette dernière est aux yeux de tous une jeune femme bien dans sa peau et pétillante. Seulement voilà, les apparences sont trompeuses, puisque Nikki a vécu une enfance difficile dont elle ne s’est jamais complètement remise. Et personne ne remarque son mal-être excepté Amira…

J’ai beaucoup aimé cette relation qui s’instaure entre les deux jeunes femmes. Elles se découvrent lentement et parviennent à panser les blessures l’une de l’autre. J’ai adoré les jeux de regard de l’actrice qui interprète Amira et on ressent très bien cette attirance irrésistible qu’elle éprouve vis-à-vis de Nikki.

Dans l’ensemble, les personnages sont plutôt bien construits et le jeu des acteurs est impeccable. Sheetal Sheth m’a plutôt séduite dans ce contre-emploi à ses rôles précédents, son jeu est excellent ; on peut juste regretter le fait que l’on ait un peu de mal à l’imaginer en étudiante, puisqu’elle a quand même 35 ans en réalité !!! Mais l’actrice qui m’a laissé la meilleure impression dans ce film est Angela Zahra, l’interprète d’Amira. Elle est époustouflante dans ce rôle, j’ai été sensible à cette pudeur mélangée de candeur qui se dégageait d’elle. Côté personnages secondaires, certains s’avèrent véritablement attachants. La palme revient au père de Leila, dont j’ai beaucoup apprécié l’humour et la relation de confiance qu’il partage avec sa fille.

Comme l’indique son titre (Trois Voiles en français), le film s’attache à nous présenter trois manières différentes de vivre quand on est une jeune musulmane aux États-Unis aujourd’hui. Certaines d’entre elles sont étouffées par la tradition et les obligations que leur imposent les différentes pressions sociales. On peut voir cela au travers du personnage d’Amira. Elle n’est pas ce qu’on peut appeler une intégriste, mais elle accorde beaucoup de place à sa foi et à ses prières (pour lesquelles elle enfile une ample tenue voilée). Il y a ensuite le personnage de Nikki, qui a assimilé les codes de la société occidentale et qui agit et réagit comme n’importe quelle étudiante américaine le ferait. Et enfin, le troisième « voile » est celui de Leila, une jeune femme qui est tiraillée entre l’envie d’agir à l’occidentale et les traditions familiales arabes (mariage arrangé, etc.). Elle est étouffée par cette tradition et par les obligations qui reposent sur elle du fait de cette pression sociale qui pèse sur elle ; elle doit en effet se marier, respecter son futur époux, etc.

Le film est visuellement réussi, mais j’ai trouvé que le montage et le scénario n’étaient pas totalement aboutis. Si les histoires imbriquées semblaient être une réelle bonne idée au départ (cela permet de voir des situations sous différents angles), elle devient rapidement un point faible indéniable. Les trois parties du film n’ont pas la même force et l’exercice des histoires croisées (pas facile, car il faut trouver un juste milieu et éviter trop de répétitions pour ne pas lasser le spectateur) n’est pas toujours maîtrisé. Ici, et c’est dommage, les scènes sont vues et revues à l’envi, ce qui lasse et perd. On ne peut s’empêcher de regarder l’heure durant la dernière moitié du film…

Autre chose qui affaiblit le film selon moi, le fait qu’on y recense un nombre important (voire alarmant ?) de clichés. On les retrouve dans l’histoire de Leila, qui contracte un mariage arrangé et dont le fiancé, qui au départ était adorable, se révèle comme par hasard être finalement violent, ou encore (et surtout) dans l’enfance de Nikki, qui est le comble du cliché !! (J’ai rarement vu autant de stéréotypes réunis autour d’un seul personnage et ce jusqu’à la fin de son histoire – que je ne vous dévoilerai pas.) On a l’impression que Rolla Selbak a tenté de nous faire un catalogue de toutes les situations possibles et imaginables…

Pour finir, et c’est là l’une des grandes réussites du film, les dialogues sont travaillés, incisifs et drôles pour la plupart. On retrouve aussi des touches d’humour disséminées çà et là tout au long du long-métrage. Ils lui donnent une certaine fraîcheur et contrebalancent à merveille des storylines pas forcément faciles.

En bref, Three Veils, malgré ses faiblesses et ce côté non abouti, n’en reste pas moins un film que je conseille de voir, rien que pour l’excellente partie qui concerne Amira (et accessoirement pour les beaux yeux  de Sheetal Sheth).

Three Veils [Edizione: Regno Unito] [Import anglais]  ( DVD )

De Rolla Selbak

Avec Sheetal Sheth, Angela Zahra, Mercedes Masöhn

Prix : EUR 22,98
3 neufs & occasions à partir de EUR 14,98

4.0 étoiles sur 5 (1 commentaires client)

Three Veils : Critiques Presse et Récompenses

Meilleur Film au New York City International Film festival 2011.
Meilleur Film au San Francisco International Women’s Film Festival 2011.
Meilleur Film au Portland International Women’s Film Festival 2011.
Meilleur Film au Honolulu Rainbow International Festival 2011.

Three Veils : Extraits

JAMAL (Après lui avoir appris qu’il partait en Égypte) : Je peux rester si tu veux.
LEILA : Jamal, je me marie.
JAMAL : Tu l’aimes ?
LEILA : C’est pas la question.
JAMAL : Un peu quand même…

AMIRA (Suivant Nikki qui se précipite vers les toilettes) : Tu vas bien ?
NIKKI : Je suis en train de gerber.

NIKKI (À Amira, alors qu’elles sont dans la bibliothèque) : T’as rien à manger ? Pas de chips ? Du chocolat ? … Des pâtes ??!

(Elles viennent de se mettre au lit.)
NIKKI : Tu te couches toujours à 21h00 ?!
AMIRA : Désolée…
NIKKI : Je me demandais juste… Je suis fatiguée… 21h00… C’est pas trop tôt !

MÈRE D’AMIRA (Trouvant Amira endormie sur son lit, en sous-vêtements) : Tu as eu chaud la nuit dernière ?! Bien. Lève-toi et aide-moi à nettoyer la maison.

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