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« Si l’amour embellit les femmes, les femmes, elles, embellissent l’amour. » (Anne Bernard)


ULTEC - Fanny Mertz

 

QUESTIONS À FANNY MERTZ

 

Pour sa participation à ULTEC, Fanny  Mertz a décidé de partir à contre-pied de son précédent ouvrage, Vice Versa ; si l'histoire d'amour est toujours , pour les Bisounours en revanche, vous pouvez leur dire au revoir...! Et comme d'habitude, pour prolonger l'aventure, vous pouvez lire ses réponses à nos questions.

 

1/  Qu'est-ce qui t'a décidée à participer au projet ULTEC ?

Si j’étais sincère, je dirais que ma première motivation était sûrement mon ego débridé : la perspective alléchante me voir associée à ce mot incongru, ULTEC…
Légèrement futuriste, tout à fait insolite à mi-chemin entre le nom d’une race d’extraterrestre et celui d’un laboratoire de recherche génétique top secret !
(Et hop ! D’une pierre deux coups, je réponds aussi à la question subsidiaire : Le nom ULTEC vous a semblé étrange au début ? Il vous a fait penser à quelque chose ?)

 

2/ Tu aurais pu opter pour une fin qui finit bien, pourquoi en avoir choisi une qui finit mal ?

Alors là, je plaide non coupable ! Certaines de mes amies se sentiront visées, mais tant pis je balance quand même, je suis une artiste qui dénonce moi !
Lors de la sortie de mon premier roman, « Vice-versa » j’ai enduré moult remarques du genre : « c’est bien gentil la fin, mais c’est pas crédible ! », « Les histoires qui finissent trop bien, tu trouves pas que ça fait un peu Bisounours ? »
Alors, je me suis dit OK, elles veulent du sang ? Elles veulent des larmes, de la tragédie ? Pas de problème ! Moi aussi j’ai lui Patricia Cornwell, moi aussi je peux tuer si je veux ! Et bien, croyez-le ou non, mais depuis j’ai droit aux remarques inverses : « Tu as osé faire mourir machine, mais tu n’as pas le droit ! »
Les filles, c’est compliqué !

 

3/ Pourquoi avoir décidé d'utiliser autant de clichés sur les lesbiennes dans ce texte ?

Il y a des clichés dans ce texte ? Oups ! Et bien, au risque de décevoir j’avoue que ce n’est pas un choix de ma part… je n’en avais pas conscience !
Cette question est intéressante : elle prouve une fois de plus qu’il y a autant de façons d’appréhender un texte qu’il y a de lecteurs !
Ceci étant, certains « clichés » lesbiens sont incontournables, lorsqu’on traite de personnages homo, on fait souvent appel à des clichés, malgré soi…

 

4/ Qu'est-ce qui t'a donné envie de commencer à écrire sur l'homosexualité féminine ?

Je n’écris pas sur l’homosexualité, mes personnages ont la même sexualité que moi parce que c’est ce que j’ai envie de raconter. J’écris des fictions, mais l’inspiration puise dans mon vécu, alors…
Être homo, c’est un roman en soi : acceptation personnelle, coming-out, relations familiales, amicales, professionnelles, il est rare que ça « roule » sans accro. Il faut avouer que c’est un bon substrat romanesque…
De plus, je pense que notre « communauté » - je déteste l’idée réductrice que sous-tend ce mot - a besoin de se reconnaître, de se retrouver autour de situations communes. C’est parfois difficile de ne pas appartenir au courant « majoritaire », alors se sentir compris, ça aide !

 

5/ Peux-tu nous parler de tes projets actuels et des surprises que tu nous réserves pour l'avenir ?

En ce moment j’écris des chroniques pour un mag lesbien, à peu près tous les mois, malgré ma fainéantise chronique.  C’est un exercice agréable et instructif qui me permet - cerise sur le gâteau - de vider mon sac en public quand un truc m’énerve !
Côté édition, un roman doit sortir dans les prochains mois, le titre : « Aimer n’est pas jouer ! » ;
Il parle d’un amour contrarié, d’un splendide piano à queue, d’une grand-mère alcoolique et curieuse, d’un clown triste, d’une lettre perdue, bref ce n’est pas « résumable », bonne chance à ceux qui s’y essayeront….
Sinon, côté écriture j’ai deux textes sur le feu. L’un est en partie historique, c’est un genre de Dan Brown lesbien, avec des templiers, des moines illuminés, et une nonne allemande et visionnaire (inspirée d’un personnage ayant réellement existé)
L’autre est un roman basé sur la nouvelle que vous avez présentée ; la grange, version longue donc ! (D’ailleurs, il est encore temps de changer la fin, pour les nostalgiques des Bisounours !)

 

6/ De quelle manière penses-tu contribuer à une certaine visibilité lesbienne ?

Écrire des romans lesbiens, c’est en soi une forme de contribution j’imagine…
J’écris toujours dans l’optique de pouvoir être lue par n’importe quel public ; malheureusement, les textes homos sortent rarement d’un circuit de distribution homo : des librairies, des sites internet que les hétéros ne fréquentent pas !
Je ne suis donc pas persuadée que cela contribue beaucoup à notre visibilité et c’est regrettable…

Lorsque je donne la main à mon amie dans la rue, je dois apporter une contribution plus grande ! D'ailleurs, c’est aussi ce genre de « petites » choses qui finira, à force de patience et de temps, par modifier le regard que les gens portent sur nous !
- Bon j’arrête là, on va encore dire que je donne dans le bisounours-

 

Fanny mertz

 

Citation de la semaine choisie de par Fanny Mertz :

« Quelle merveilleuse harmonie règne dans l'univers. Bien que pris dans le détail ça fasse un fameux merdier... » (René Barjavel)

 

Photo de la semaine choisie par Fanny Mertz :

 

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