Cela me fait toujours rire les femmes qui hurlent à la dictature du patriarcat et qui, alors qu'elles pourraient incarner un renouveau par rapport à ce qu'elles détestent le plus, en revendiquent haut en couleurs les principales caractéristiques, soit dit en passant objets d'asservissement au possible, que sont le mariage et le droit à la filiation (d'ailleurs, on parle beaucoup de droit, mais rarement de devoirs).
J'ai fui l'hétérosexualité que j'ai subie (autorisez-moi à ne pas vous faire un dessin), je n'en pouvais plus des personnes qui, dans mon entourage, ne pouvaient pas envisager ma vie autrement qu'en tant que femme mariée et mère de trois enfants, et ne voilà-t-il pas que dans le monde lesbien, on réclame l'égalité pour ces droits-là!
Au secours! Où est-ce qu'il faut que j'émigre pour ne plus entendre parler de mariage???
De même, je partage les inquiétudes de certaines personnes par rapport à la GMA-PMA (sans forcément être ces personnes ou être d'accord avec ce qu'elles sont).
Tout d'abord, l'être humain est assez immature de façon globale, laissez-lui les allumettes et il foutra le feu à la baraque.
Ce n'est pas parce que je ne veux pas d'enfant que je n'aime pas les enfants.
De même, je suis capable de ressentir l'amour maternel dans mes entrailles.
Si un jour je participe à l'éducation d'un enfant avec une femme, il est absolument hors de question que cet enfant n'ait pas de père, d'une façon ou d'une autre.
Moi-même, je n'ai pas de père, j'ai souffert le martyre.
Sinon, par rapport aux religions, c'est pareil, "les-religions-monothéistes", elles ont bon dos.
Il y a trois religions monothéistes qui sont très différentes les unes des autres et pour en savourer les différences, rien de tel que de lire leurs textes fondateurs et observer comment elles fonctionnent au quotidien.
Commençons par l'islam, qui est la religion la plus simple.
Le livre saint de l'islam alterne entre: "il faut tuer les juifs", "il faut tuer les homos" (je crois que c'est la lapidation, la peine), "l'homme est soumis à Allah, mais la femme est soumise à l'homme et si elle te désobéit, tu as le droit de la frapper" et "mais à part ça, l'islam est une religion d'amour". Sinon, au niveau historique, la plupart des pays musulmans ont collaboré avec le nazisme (le grand mufti de Jérusalem en tête), qui comme on le sait, n'était pas spécialement synonyme d'émancipation des femmes et ne protégeait pas spécialement les droits LGBT. Dans cette religion, se marier est obligatoire et on ne choisit pas son époux, le divorce est interdit.
Problème réglé.
En revanche, les musulmans éclairés, cela existe, il y a un Courrier International hors-série qui est très bien fait à ce sujet (
Les libre-penseurs de l'islam, ou un truc du genre), c'est bien sûr avec eux qu'il faut travailler.
Passons au christianisme.
Paul de Tarse est le premier à parler du voile des femmes en signe de soumission aux hommes.
Alors, ce n'est plus valable au niveau pratique, le christianisme a la capacité de se réformer, lentement, mais bon, mais quand même, les femmes mises en valeur dans les Évangiles sont des femmes assez soumises (on embrasse les pieds de Jésus) ou qui ont des enfants un peu bizarrement par l'opération du Saint-Esprit (qu'est-ce qu'on veut cacher? Une PMA avant l'heure?).
L'interprétation de Sodome et Gomorrhe comme une condamnation de l'homosexualité date de l'époque chrétienne, de Saint-Augustin plus exactement (la conception juive de cet événement est tout à fait différente), mais au niveau historique, cela n'a pas empêché les curés de se taper des petits garçons.
On n'est pas obligée de se marier, mais très fortement invitée à le faire, le divorce est interdit.
Du coup, pas très fun tout ça.
Enfin, le judaïsme.
La Bible hébraïque est le seul livre saint qui met en scène des femmes de pouvoir, des femmes juge, des femmes prophète, des femmes qui savent alors que leur mari non, bref, des femmes fortes et au rôle important (la notion de matriarcat est évoquée).
Alors, certes, l'homosexualité est interdite, mais c'est la sodomie surtout qui l'est et les Hébreux fuyant un pays où ils étaient esclaves ce qui englobait l'esclavage sexuel que pratiquaient les Égyptiens (puis plus tard, les Grecs et les Romains), cette condamnation peut paraître légitime, quand on sort de l'enfer, on n'a pas envie de le revivre.
En plus, cela n'empêche pas l'épisode de David et Jonathan d'être empreint d'un romantisme tout à fait gay (d'ailleurs, une assoc chrétienne gay-lesbienne s'appelle David et Jonathan, ce n'est pas pour rien). Il n'y aucune allusion à l'homosexualité féminine, donc aucune condamnation. Le divorce est une notion qui existe.
Sinon, d'un point de vue pratique, Israël est le seul pays laïco-religieux où le statut de réfugié gay existe (un poète iranien s'y est récemment réfugié), où un tribunal est capable de donner raison à un couple gay marié à l'étranger qui veut élever des enfants contre les lois même du pays, où l'adoption, la GMA et la PMA sont hautement facilitées. Se marier n'est pas obligatoire et la femme est libre de choisir la communauté dans laquelle elle veut évoluer.
Tel Aviv est la ville la plus gay-friendly du monde.
L'homosexualité est discutée par les rabbins du monde (quand il ne le sont pas eux-mêmes, il existe une femme rabbin lesbienne au Canada d'ailleurs) et ils mettent régulièrement à disposition du matériel pour permettre de réfléchir à ces questions:
http://tenoua.org/rabbin-frum-gay/
A partir de là, nous sommes des êtres humains éclairé-e-s, donc nous avons le choix de voir ce qui est bon ou pas pour nous, en tant que femme, en tant que lesbienne.
Sinon, le dernier numéro du
Monde des religions est consacré aux femmes qui font bouger les religions, à recommander donc.