Me voici au bout des commentaires, divers et variés et intéressants à lire...on y trouve toujours de l'info...Renée Vivien par exemple.
Comme je suis de nouveau dans ce film en ce moment, j'en profite pour y ajouter mon ressenti, sachant qu'entre la première vision et à présent, d'autres films sont venus s'intercaler et ont sans doute modifier mes impressions premières.
La première remarque, c'est qu'à l'instar de tous les films visionnés ces deux dernières années, l'habitude prise de les regarder en VO me permet d'avancer dans la compréhension de l'américain.
Il me semble que la musicalité de la langue d'origine donne des indications sur les personnages, une atmosphère et des couleurs propres et complète l'ambiance et les directions données au film.
Les doublures vocales enlèvent cette sorte de magie que sont les inflexions propres à une voix.
Mais ce point n'est pas spécifique à ce long métrage.
On ne peut malheureusement pas dire que le scénario soit tout en subtilité.
La rencontre des deux personnages, par exemple, est quelque peu incompréhensible : d'où Peyton sort-elle les clefs d'Elena lorsqu'elle se croisent à l'organisme d'adoption ?
En revanche, la notion que Taylor développe à Elena, au cours de la scène précédente, m'a parlée : elles vont se rencontrer au quasi seul endroit où elles pouvaient se rencontrer, càd au centre d'adoption.
Les différents témoignages qu'a filmés Taylor m'ont, pour certains, parus plausibles et bien joués. D'autres m'ont carrément mises mal à l'aise car complètement surjoués et sonnants faux.
Et comme dans une pièce de théâtre, il ne faut pas que le dissonant dure trop longtemps, sinon, j'ai envie de quitter la salle ou l'écran.
En tout cas, ces témoignages tentent de représenter plusieurs types de couples, de différentes nationalités, d'âges différents et abordent même la maladie mentale. Je trouve ce volet pas mal réussi.
Taylor insiste également sur la différence entre la personne que l'on peut fantasmer et la personne que l'on va réellement rencontrer, ce qui peut être aux antipodes et dérouter. Assez d'accord avec cette idée.
J'ai par ailleurs été assez étonnée que Nicole Conn ait choisi de ne balayer avec sa caméra, que des femmes, lorsque Taylor développe cette idée du super-héro fantasmé et la réalité. Si elle avait été au bout des choses, j'aurais aimé voir également des hommes dans la prise de vue.
Pas du tout aimé la séquence où il chante en joignant deux allumettes enflammées. On frise l'attitude d'un gourou et le quasi grotesque.
Adhéré à son discours lorsqu'il explique que les sentiments amoureux nous font voir le monde à travers un prisme nouveau.
J'ai découvert le magasine
Curve (que Peyton lit au bord de sa piscine, juste avant qu'Elena ne vienne lui montrer les photos qu'elle a prises d'elle), magasine lesbien le plus lu visiblement aux Etas-Unis.
Je vais m'y coller d'un peu plus près en espérant y trouver davantage que dans
Têtue ou
La dixième muse, qui m'ont laissée, à l'époque, sur ma faim.
La scène suivante, je m'en régale toujours autant quand je la visionne : Peyton essaie d'expliquer à Elena qu'elle est tombée amoureuse d'elle et qu'il va falloir qu'elle s'arrête là parce que sinon, ça va devenir compliqué à gérer pour elle. Et la meilleure solution est qu'elles ne se voient plus.
Je trouve la séquence bien jouée, tant au niveau de l'embarras de Peyton, que les dialogues et les expressions rendent comique, qu'au niveau de l'incompréhension d'Elena, qui met un certain temps à comprendre où Peyton veut en venir.
Pas du tout aimé, en revanche, la scène du baiser au premier visionnage.
Déjà, la démarche de Peyton lorsqu'elle va ouvrir à Elena, sûre d'elle, conquérante, avec un déhanché exagéré. On a le sentiment qu'elle sait déjà ce qui va se passer.
Puis le contraste saisissant entre cette impatience qu'Elena traduit en entrant aussi vivement chez Peyton et la plate longueur de cette scène. On se dit "
Bon, quand passe-t-on à la suite ?", par rapport à cette urgence exprimée.
En revanche, ce tournoiement de la caméra autour des actrices m'a bien plu.
Le dynamisme du morceau de musique choisi à ce moment de l'histoire, m'a beaucoup gênée au premier visionnage
Elena Undone/Jennifer Corday, même si ce morceau exprime qque chose de direct, d'étourdissant peut-être, surtout le passage à la guitare électrique (j'adore). J'avais besoin, là, d'autre chose que la force de cette musique.
Je m'attendais à bien plus de proximité des corps lorsque Peyton bascule Elena sur son sofa.
Bcp bcp aimé ce passage où Elena dit à Peyton, qui commente ses photos, "
Make me love, Peyton", puis "
Peyton, make me love".
Là, j'ai ressenti la déglutition d'Elena avant de faire cette demande et je ne sais pour quelle raison, la luminosité de son pull orange en contraste avec ses cheveux châtains foncés, est entré en ligne de compte dans mon ressenti.
Pas particulièrement été touchée par les scènes d'intimité, sauf quand Peyton dit à Elena "
Reste avec moi Elena" pour garder le contact de leurs regards et quand elle écarte sa cuisse (j'ai bien aimé ce geste qui entre un peu plus en profondeur dans leur intimité, au delà des tonnes de baisers échangés, un peu fatigants à la longue).
Pas aimé le contre-jour exagéré de la première rencontre de leurs corps. Trop léché, trop hors du monde, trop.
Dans la scène des prises de photos, j'ai bien aimé la réplique de Peyton, quand Elena lui demande :
- Quand as-tu su que tu étais gay ?
Et qu'elle lui répond :
- Et toi, quand as-tu su que tu étais hétéro ?
Sinon, la scène manque de naturel.
Un peu été agacée aussi par le tandem photographe/écrivaine dans le côté cliché.
Pas du tout compris non plus, comment, pendant six mois, elles n'ont eu aucun échange.
On ne comprend pas bien pourquoi "
les spermatos de Taylor ont fait mouche". On tombe un peu des nues dans le projet.
Cette fin semble être complètement expédiée.
La dernière scène débouche sur la notion de famille, ce qui est plutôt intéressant, comme dans "I
can't think straight".
On y voit également, en second plan, l'amie de Peyton, étendue sur les genoux de sa compagne.
Des incohérences donc dans le scénario, mais aussi des scènes réussies.
Des actrices pas toujours justes dans l'intensité des sentiments exprimés mais des passages touchants.
Ni très enthousiaste, ni complètement déçue (comme dans le film plus récent,
Raven's Touch, avec Dreya Weber et Traci Dinwiddie où là, le scénario ne tient pas debout).