[Film] Oublier Cheyenne
Posté : lun. 30 août 2010 09:50
Pour le résumé et les commentaires de univers-l, il suffit de lire ici.
Voilà un beau et bon film vu il y a quelques années maintenant. Il y a tout ce que j'aime dans un film : d'abord une belle histoire simple bien rythmée (avec un sujet contemporain sur la précarité et ses conséquences), pas de coming-out, pas de 2nd degré ou d'ironie, pas de psychopathe ou de manipulatrice mais simplement une histoire d'amour. Il y a donc deux sujets qui s'entremêlent: la difficulté de vivre dans la précarité (c'est pas facile de ne vivre que d'amour et d'eau fraiche, surtout en hiver) et la difficulté de vivre ensemble et d'avoir un projet de vie commun. Jusqu'où est-on prête à aller par amour sans renier les valeurs auxquelles on croit ? Voilà la question posée par ce film et personne n'a dit que la réponse était simple.
Le fait que les personnages soient homosexuels apporte le point de vue inédit qui fait tout l'intérêt de ce film. Si Sonia avait été un homme, le refus de Cheyenne d'accepter son aide aurait fait d'elle un personnage proche de celui incarné par S. Bonnaire dans Sans Toit Ni Loi. Tout le film aurait alors été focalisé sur le personnage de Cheyenne. De même si Cheyenne avait été un homme, c'est encore elle qu'on aurait suivi (un homme qui refuse de vivre au crochet de sa femme et qui part élever des moutons sans eau ni électricité, l'homme démasculinisé et perdant son pouvoir à cause de la crise
etc etc). Je pense que c'est l'équilibre entre Sonia et Cheyenne qui rend ce film si beau.
Je me souviens que l'apparition de Sonia, la prof de science jouée par Aurélia Petit, m'avait beaucoup troublée. Elle a un sourire qui fait beaucoup pour ce film. Elle est belle, elle est douce, elle est forte, elle est amoureuse. Elle est évidente. Je reverrais bien ce film rien que pour elle... Cheyenne aussi est un personnage lumineux. Je crois aussi et j'espère que l'amour peut changer le monde en mieux (un peu comme les précipités bleu que Sonia montre à ses élèves dans son cours de chimie). Je me rappelle (bon en fait j'ai pas de mérite je note tout dans un journal intime) qu'après avoir vu ce film, nous avions mangé des moules-frites et que c'était bien d'être toutes les deux à ce moment là. L'histoire est bien rythmée et j'ai bien aimée la manière dont des séquences filmées en ville s'intercalent entre les scènes intimistes.
ps: le titre anglo-saxon est "looking for Cheyenne", c'est-à-dire "Rechercher Cheyenne". Ce titre fait référence à l'action de la 2nd moitié du film qui n'a de sens, justement, que parce que Sonia n'arrive pas à oublier Cheyenne. Au début, il s'agit pourtant bien de ça: oublier la personne avec qui on n'est plus en se vautrant dans des rencontres improbables. C'est bien de l'impossibilité d'oublier celle qu'on a aimée qui est traitée ici. Je préfère le titre original.
Un beau film que je vous recommande, et en plus c'est un film français...
Voilà un beau et bon film vu il y a quelques années maintenant. Il y a tout ce que j'aime dans un film : d'abord une belle histoire simple bien rythmée (avec un sujet contemporain sur la précarité et ses conséquences), pas de coming-out, pas de 2nd degré ou d'ironie, pas de psychopathe ou de manipulatrice mais simplement une histoire d'amour. Il y a donc deux sujets qui s'entremêlent: la difficulté de vivre dans la précarité (c'est pas facile de ne vivre que d'amour et d'eau fraiche, surtout en hiver) et la difficulté de vivre ensemble et d'avoir un projet de vie commun. Jusqu'où est-on prête à aller par amour sans renier les valeurs auxquelles on croit ? Voilà la question posée par ce film et personne n'a dit que la réponse était simple.
Le fait que les personnages soient homosexuels apporte le point de vue inédit qui fait tout l'intérêt de ce film. Si Sonia avait été un homme, le refus de Cheyenne d'accepter son aide aurait fait d'elle un personnage proche de celui incarné par S. Bonnaire dans Sans Toit Ni Loi. Tout le film aurait alors été focalisé sur le personnage de Cheyenne. De même si Cheyenne avait été un homme, c'est encore elle qu'on aurait suivi (un homme qui refuse de vivre au crochet de sa femme et qui part élever des moutons sans eau ni électricité, l'homme démasculinisé et perdant son pouvoir à cause de la crise
Je me souviens que l'apparition de Sonia, la prof de science jouée par Aurélia Petit, m'avait beaucoup troublée. Elle a un sourire qui fait beaucoup pour ce film. Elle est belle, elle est douce, elle est forte, elle est amoureuse. Elle est évidente. Je reverrais bien ce film rien que pour elle... Cheyenne aussi est un personnage lumineux. Je crois aussi et j'espère que l'amour peut changer le monde en mieux (un peu comme les précipités bleu que Sonia montre à ses élèves dans son cours de chimie). Je me rappelle (bon en fait j'ai pas de mérite je note tout dans un journal intime) qu'après avoir vu ce film, nous avions mangé des moules-frites et que c'était bien d'être toutes les deux à ce moment là. L'histoire est bien rythmée et j'ai bien aimée la manière dont des séquences filmées en ville s'intercalent entre les scènes intimistes.
ps: le titre anglo-saxon est "looking for Cheyenne", c'est-à-dire "Rechercher Cheyenne". Ce titre fait référence à l'action de la 2nd moitié du film qui n'a de sens, justement, que parce que Sonia n'arrive pas à oublier Cheyenne. Au début, il s'agit pourtant bien de ça: oublier la personne avec qui on n'est plus en se vautrant dans des rencontres improbables. C'est bien de l'impossibilité d'oublier celle qu'on a aimée qui est traitée ici. Je préfère le titre original.
Un beau film que je vous recommande, et en plus c'est un film français...