En effet, Mira2012, ce film éblouit par sa foisonnante distribution ( Romy Schneider, donc, Marie-France Pisier, Jean-Louis Trintignant, Jean Carmet, Daniel Auteuil, Thierry Lhermitte, Jean-Claude Brialy, Jacques Fabbri, Claude Brasseur, Véronique Genest, Catherine Lachens, et même Régine Deforges, entre autres.), et moi aussi, je trouve Marie-France Pisier très talentueuse, fascinante: à la fois altière, et fragile, un contraste qui m'attire particuliérement ( je l'ai découverte quant à moi, dans
Le corps de mon ennemi, aux côtés de Belmondo, qu'elle retrouvera plus tard dans
L'as des as. ). Ici, elle interprète Colette Lecoudray.
Ce film est tel un souffle de liberté, presque arrogant ( dans le bon sens du terme), réalisé à une époque, de plus en plus en ébullition, tant sur le plan politique que social, et le cinéma alors se veut visionnaire, annonçant une nouvelle ère: par défaut, et crainte de basculer totalement à gauche, les Français ont , en effet, élu un président venu de l'UDF, qui se veut novateur ( il porte le col roulé, conduit une voiture populaire, s'invite à la table du peuple, joue de l'accordéon, soutient la loi Veil, et plus tard le mariage pour les personnes du même sexe, tout en ayant préféré, néanmoins, le terme d'union, en outre, il est un précurseur de L'union européenne, d'une écoute de la jeunesse, de l'écologie.). Toutefois, l'opacité du pouvoir en place, et le manque d'avancées sociales, font que le coup de volant à gauche se profile, avec l'arrivée du Parti Socialiste, sept ans plus tard, en 1981.
Je pense donc que si
La Banquière est inspirée de faits survenus avant la dépression de 1929, ce film se fait également écho des faits politiques du début des années 80.
Après, il peut apparaître une certaine cruauté de la part d'Emma Eckhert, une femme qui ose.
Est-ce une parabole pessimiste sur le pouvoir? Pour moi, oui.