Sincèrement, pour moi, Jenny, elle s'inflige de la souffrance, pour moins souffrir des autres: un moyen de se réapproprier sa propre personne, persuadée que de toute façon, elle ne sera jamais en paix.
Elle n'arrive pas à se pardonner ce qu'on lui a fait, se tenant pour responsable, à tort, bien-sûr, mais souvent les victimes d'abus se culpabilisent de ne pas avoir réussi à être assez fortes pour se défendre, surtout quand il n'y a personne pour écouter, croire en la véracité des faits.
Alors, s'il faut souffrir, autant souffrir par soi-même.
Il n'est pas rare que les personnes qui ont vécu des trucs vraiment dégueulasses se scarifient, recherchant une sorte d'oubli des douleurs induites par autrui, par leurs propres douleurs.
En outre, elle m'apparaît souvent en état de feux de détresse allumés, sans que nul ne s'y intéresse, du moins, elle le croit, parce que Shane, elle, il me semble qu'elle l'a toujours soutenue, même si dans la dernière saison elle déconne dur avec Jenny, adoptant une attitude totalement inappropriée, croyant bien faire, ce qui confortera Jenny dans son manque de confiance, en elle, et au monde entier.
Elle vit en dehors, un peu seule contre tous , comme si sa vie n'était au fond qu'un cauchemar, irréelle, une plongée abyssale dans un coma infernal, qu'elle tente d'anéantir, avec ses armes, à elle.
En vrai, des trahisons des ses "amies", elle en bavent, et tout le monde finit par s'en foutre, pire, ses amies se liguent contre elle.
Je cite souvent Sisyphe, eh bien, elle est comme lui: quoiqu'il arrive, ça lui retombe toujours sur la gueule.
Et oui, elle s'enfonce, inexorablement, mais sans plaisir, au contraire: elle se noie, et en se débattant, tout s'empire.
Je retiens un truc, alors qu'on peut la juger égoïste, justement pendant l'épisode où elle se projette dans une fête foraine, après avoir écrit " monstruosity" sur un cahier, saison 2, ravagée intérieurement par ses démons, quand Bette dévastée de ne pas avoir remarqué la grossesse de Tina, vient se lamenter.
Eh bien, Jenny, le " monstre", malgré sa douleur à elle, elle écoute cette femme qui se plaind.
Moi, à sa place, je l'aurais alors foutue dehors, plus exactement, je n'aurais pas ouvert ma porte, parce que Jenny est bien plus humaine que moi.
Enfin, je pense qu'elle n'a pas réussi à terrasser son côté obscur, tout simplement, peut-être parce qu'elle n'a pas bénéficié au bon moment de sa part de lumière.
Quand je dis , qu'elle est un sacré cliché, c'est surtout parce que les scénaristes ne l'ont pas loupée question malheurs, et que trop c'est trop, que ça fait mal, même si parfois la vérité est encore plus degueulasse.
( Désolée pour le pavé.)
Sinon, plus ça va, moins j'apprécie Tina et Bette, alors que j'aime beaucoup la soeur de cette dernière, qui me parle comme Shane.
Et j'adore Helena, vraiment!
