Lesbiennes et représentation audiovisuelle

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deusexmakina

Re: Lesbiennes et représentation audiovisuelle

Message par deusexmakina »

Un sujet qui me rappelle un film qui m' a bouleversée, avec un personnage lesbien poignant, un film de Henri Georges Clouzot, " Quai des orfèvres" de 1947. Eh bien, pour un " truc" fait par un homme, je pense que beaucoup de réalisatrices homo n' auraient pas fait mieux. Je pense aussi à un autre vieux film, américain, avec Shirley Mac LAin follement éprise d' Audrey Hepbu rn. Par contre, je n' ai plus le titre.Dedans, les deux femmes dirigent une école privée...Le soucis, en écrivant, je me rends compte qu' il s' agit chaque fois d' une passion vouée au tragique ...car pas partagée : là, ça me pose problème.

Silverring

Re: Lesbiennes et représentation audiovisuelle

Message par Silverring »

The Children's hour
Le film que vont voir les personnage du premier volet de If these walls could talk II

Je crois que je me reconnais plus dans ce que je comprenais du premier post de tetxisk que dans les précisions apportées ensuite dans ce sens. On peut tout à fait regarder chaque individu/personnage avec ces spécificités quelles qu'elles soient. Tout personnage peut être fouillé avec soin quelles que soient les caractéristiques que lui prête lae scénariste. Et cette fouille vaut tant pour l'écriture que pour l'interprétation. Ce qui fait une interprétation ressentie comme "juste" à mes yeux, c'est la qualité de cette fouille. Après ce que véhicule de scénario à travers cette peinture des personnages, qu'il s'agisse de films du passés où ben, forcément, où les LGBT finissaient en suicide ou ils étaient des êtres hors nature humaine (cf sujet sur les films d'horreur).

Ainsi, pour reprendre les points soulevés au départ, je trouve ça important que des chemins de vie et posture pouvant encore être considéréEs comme marginale trouvent une représentation qui puisse être largement diffusée. Du coup, parfois, en sortant d'un film qui ne ne comporte pas de perso LGBT mais qui parle de la liberté de choix sur sa propre vie, ben j'éprouve la même satisfaction qu'avec un Cloud Atlas ou Oublier Cheyenne.

Je suis un peu presséE là donc je relis pas, désolée si ça semble flou et.ou incomplet, n'hésitez pas à me questionner, je reviendrai avec plaisir...

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absolutely
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Re: Lesbiennes et représentation audiovisuelle

Message par absolutely »

Je trouve ce sujet passionnant et j'espère que vous me pardonnerez la longueur de ce post...
Je reviens x posts en arrière quand elleUwant parle de Lword.
pour moi LWord n'est pas bourré de clichés, c'est plutôt un "catalogue" de codes gays
, bien sûr avec quelques clichés quand même, elles en ont joué aussi, mais à l'époque (ça date de pratiquement 10 ans le début de cette affaire) avec mes potes, on s'était qd même passablement retrouvées ( milieu privilégié, floppée de jolies filles s'envoyant joyeusement en l'air ente elles : ) ) non, retrouvées au niveau des codes justement et je ne pense pas que nous étions des clichés... Bon, je m'illusionne peut-être,
il faudrait que je revois la série avec un peu de distance...
Mais ce que je pense surtout c'est que les codes sont devenus des clichés. C'est logique, ces images ont été vues et revues, commentées, on s'est positionné en opposition ou non, elles se sont banalisées... Il n'y a pas tant de références lesbiennes que ça, et de fait, il est difficile d'échapper à la transformation des codes en clichés. Or, quand je lis "clichés" je ne peux pas m'empêcher de penser stéréotypes, ce sont qd même les 2 versants très très proches d'un même concept et qui dit stéréotypes dit discrimination.

Je vais prendre un exemple hors du propos. Les bobos en tant que groupe social (s'il existe) vivaient tranquillement leur vie de bobos, jusqu'au jour ou je ne sais plus qui, a décidé de dessiner le pourtour de ce groupe en décryptant leurs codes. Ensuite ces codes se sont transformés en clichés et de là, le stéréotype du bobo s'est inscrit ds notre champ culturel, avec son lot de préjugés et de rejets, obligeant les uns ou les autres, éventuellement concernés, à chercher à s'en différencier ou au contraire, a se cataloguer.

En tant qu'homo nous représentons, que nous le voulions ou non, un groupe social (je ne parle pas de communauté, je suis bien trop mal à l'aise avec cette notion fortement connotée). Certes, comme tout groupe, totalement imbriqué dans les autres groupes sociaux auxquels nous appartenons et qui la plupart du temps prédominent dans nos comportements et même notre mode de vie. Comme tout groupe social nous avons nos codes. Je suis entièrement d'accord avec fleming, quand elle parle d'une séduction spécifiquement lesbienne par exemple, parce que là on est sur un terrain très codifié.
Et qd je parle de codes, je parle aussi d'expérience
commune, le coming out, limite épreuve initiatique, la façon de faire l'amour, parce ce qu'en on est une femme faire l'amour avec une autre femme c'est quand même pas tout a fait pareil que faire l'amour avec un homme, etc...
Les codes on peut les reconnaître, les analyser, s'en éloigner, les refuser et ce, même si l'on est pas directement concernés. C'est pour cela que l'on peut effectivement parler d'initié(e)s, n'est-ce pas elleUwant ; ). Pour donner une représentation "réaliste" et non réductrice des homos, certains réalisateurs, vont étudier leurs codes afin de les restituer, avec talent ou non...

Là ou je pense que nous pouvons toutes nous retrouver, c'est sur le fait que nous sommes plurielles, dans nos vies, ds notre cadre culturel. Chacun vit son histoire, chacun a ses stimulis, chacun à son ressenti, tout ce qui fait qu'une histoire est unique.
De fait une seule représentation n'est pas envisageable, mais ce que nous cherchons toutes et tous à éviter, je crois, c'est que l'on renvoie de nous une vision réductrice, stéréotypée. De fait, il est bien ardu le chemin de la représentation, entre celles qui ne veulent ressembler à personne et celles qui veulent ressembler à tout le monde, celle qui veulent s'identifier et celles qui préfèrent se projeter (j'en suis), entre récupération des codes, et utilisation des clichés (y compris au sein meme de notre groupe social)...
J'en reviens à ce que j'ai dit, ds un autre topic (celui sur la vie d'Adèle, mais je crois que c'est ton point de départ tetxisk...), il faut que la représentation soit très large, quelqu'en soit l'origine, même si elle est parfois maladroite , parfois ratée, qu'elle soit au cœur de l'histoire ou totalement secondaire, que ns soyons une caution minoritaire ou au contraire l'objet de revendication. Tout, à partir du moment ou notre image n'est pas dégradante. C'est le seul moyen de brouiller les codes, limiter les clichés, faire la peau aux préjugés. D'éviter de se retrouver avec le stéréotype de la lesbienne aux "cheveux courts, musclée, qui refuse la pénétration" (tiens ça me fait penser qu'il faut que j'appelle ma mère, moi, parce que, en fait, je dois être complètement hétéro).
Ça me permet de rebondir sur l'article de Barbiturix posté par tetxisk vraiment bien troussé, comme toujours. Sur les "sorties" des actrices, je ne suis pas forcément en phase. On ne leur demande pas d'être intelligentes quand elles parlent de leur personnage, aux actrices, on leur demande de bien jouer. Bon, si en plus, elles tombent pas ds les clichés, on ne va pas se plaindre ( mention spéciale à Léa Sedoux, qui va vraiment se mettre toutes les gays à dos, si elle continue à sortir des c....pareilles).
Pour Prepon, je suis limite aussi, car j'avais lu l'interview complète en son temps, et une fois dépassé son côté cash, à Laura Prépon, ses propos me paraissaient plus circonstanciés. En plus, on peut très bien imaginer, vu l'effet qu'elle fait à quasi tout le monde dans OITNB, que son charme dépasse le simple personnage, pour aller taper dans des codes justement, qui agissent comme autant de stimulis sexuels, sans tomber dans le stéréotype, ou alors pas uniquement gay. (Et puis, si elle quitte OITNB de toutes façons, il n'y a plus une lesbienne qui voudra la "retourner" tellement on va lui en vouloir !)
Là ou je trouve qu'elle a clipsé quelque chose Barbiturix, c'est quand elle dit que le jour ou même des lesbiennes pourront jouer des rôles de lesbiennes et en parler librement, on aura vraiment fait un grand pas...

elleUwant
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Re: Lesbiennes et représentation audiovisuelle

Message par elleUwant »

Je te lirai entièrement, plus tard, ça a l'air intéressant ;)

Perso, dans mes souvenirs, j'étais très souvent consternée par The L Word :lol: (surtout l'image des hétéros, principalement masculins, que la série véhiculait).

J'y reviendrai quand mon mal de crâne sera passé ;)
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Et c'est ainsi que Jean-Pascalin et le raton-laveur furent anéantis.

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absolutely
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Re: Lesbiennes et représentation audiovisuelle

Message par absolutely »

elleUwant a écrit : J'y reviendrai quand mon mal de crâne sera passé ;)
Le coup de la migraine, c'est un cliché, non ? ;)

Fleming

Re: Lesbiennes et représentation audiovisuelle

Message par Fleming »

absolutely a écrit :
elleUwant a écrit : J'y reviendrai quand mon mal de crâne sera passé ;)
Le coup de la migraine, c'est un cliché, non ? ;)
ah non avec elleUwant je crois que c´en n´est pas un :mrgreen: de cliché. :lol: :arrow:

et sinon, ca m´a fait rire de lire
elleUwant a écrit :Je te lirai entièrement, plus tard, ça a l'air intéressant ;)
j´aurais pu l´écrire :D

elleUwant
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Re: Lesbiennes et représentation audiovisuelle

Message par elleUwant »

Je ne fais jamais le coup de la migraine 8-) je fais le coup de la panne :twisted: :twisted: :mrgreen:

Et comment ça, Fleming, avec moi, ce n'est sans doute pas un cliché ? :o :mrgreen:

Bon absolutely, je t'ai lu mais n'ai pas le temps de te répondre :mrgreen: Un quicky, peut-être ? :lol:

Sérieusement, je serai tout à toi le week-end prochain ! :twisted:
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Fleming

Re: Lesbiennes et représentation audiovisuelle

Message par Fleming »


Snowball
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Re: Lesbiennes et représentation audiovisuelle

Message par Snowball »

Par rapport à TLW, j'ai été ravie de découvrir cette série au moment où je me suis rendue compte que ce n'était pas si grave d'être lesbienne (ah bah oui ça fait presque 10 ans) et je pense que ça a contribué un peu à me faire découvrir le monde lesbien parce que je suis aussi allée lire tous les articles et autres commentaires qui parlaient de cette série. C'est vrai qu'elle est bourrée de clichés mais la psychologie des personnages est quand même passez recherchée sauf pour la dernière saison, la je n'ai pas accroché du tout, c'est parti en cacahuète!
Par rapport à la représentation lesbienne dans les films et autres médias, je me dis que pour qu'une hisoire soit intéressante, il faut forcément un personnage à la psychologie exacerbée, à la vie particulièrement rebondissante ou à l'amour compliqué. Quand on y pense c'est un peu la même chose dans les représentations hétérosexuelles. Personne ne peut vraiment s'identifier à un personnage de film ou de série parce qu'il ne peut pas être ordinaire ni banal et que la plupart des gens, eux, le sont.
"Il n'existe qu'un amour fidèle, et il convient de le garder toute sa vie. C'est l'amour propre." Anonyme

Fleming

Re: Lesbiennes et représentation audiovisuelle

Message par Fleming »

Snowball a écrit :
Tante Augustine n´insinue rien du tout, elle met peut-être tout simplement... les pieds dans le plat :mrgreen:
Par rapport à la représentation lesbienne dans les films et autres médias, je me dis que pour qu'une hisoire soit intéressante, il faut forcément un personnage à la psychologie exacerbée, à la vie particulièrement rebondissante ou à l'amour compliqué. Quand on y pense c'est un peu la même chose dans les représentations hétérosexuelles. Personne ne peut vraiment s'identifier à un personnage de film ou de série parce qu'il ne peut pas être ordinaire ni banal et que la plupart des gens, eux, le sont.
j´aime bien cette idée-là, et du coup je comprends ce que beaucoup de forumeuses ont déjà écrit, qu´elles aiment se projeter, qu´elles ne s´identifient pas. Chaque fois que je lisais cette précision il se produisait un léger court-circuit dans mon cerveau, suivi d´un passage à vide, et d´une tentative d´identification des différences entre s´identifier et se projeter... là ca y est, j´ai compris 8-)

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