Je viens de le voir à Caen, au Lux (mcr20200, ça te rappellera des souvenirs

) et j'en suis encore toute émerveillée!! Je vous rejoins pleinement sur vos avis positifs : il faut aller voir ce film
C'est à la fois drôle et sérieux, comme dans les jeux d'enfants. J'ai aimé que ça ne vire pas au tragique à la "Boys don't cry" (même si j'aime aussi ce film). Tous les acteurs sont formidables et le regard de la cinéaste à hauteur d'enfant est remarquable.
Et en plus, petit bonus, Céline Sciamma (bourrée d'humour et très accessible) était présente à la projection et je peux vous assurer que le public caennais (très divers, et c'était génial : des homosexul(le)s assurément mais beaucoup de personnes âgées, de familles, de couples hétéros) l'a bombardée de questions. Dans le désordre, quelques petites infos sur le film :
-la bande d'amis de Laure qu'on voit dans le film est la vraie bande d'amis dans la vie réelle de la jeune actrice.
- Le lieu de tournage (la banlieue parisienne) est également proche de la ville où cette dernière habite.
- la réalisatrice a choisi le titre "Tomboy" parce que le titre français "Garçon manqué" était vraiment trop moche et péjoratif et qu'un intitulé du style "L'Ete de Laure" ou "Le Secret de Mickaël" était seulement bon pour un téléfilm raté.
- Le budget est de seulement 900 000 euros, moins que pour "Naissance des pieuvres", et le film a été tourné avec un appareil photo numérique sophistiqué
J'avoue que je n'ai pas retenu la marque exacte
- Le film s'est tourné hyper rapidement et a été écrit en un mois seulement.
- La robe absolument magnifique que porte à un moment Laure a été achetée par Céline Sciamma elle-même
et je sais même le nom du magasin si vous voulez la même
- Les enfants qui jouaient n'avaient absolument aucun problème avec la thématique du film et heureusement il n'y a plus rien de choquant pour eux qu'une fille ait les cheveux courts et joue au foot
même si un petit acteur tournant quelques jours a vraiment pris l'actrice pour un garçon
- L'affiche est volontairement ambiguë : on croit à tort vue la tapisserie à un décor des années 70 d'où le relief donné à la scène en question dans le film.
- La réalisatrice a évoqué avec verve son cinéma "intimiste mais pas psychologique" et je crois que c'est cet angle de vue qui fait la saveur de ses films, toujours portés vers la quête d'identité mais sans discours alourdissant sur son sujet.
- Le film est pensé par la réalisatrice comme un scénario à suspense, toujours dans l'action : que va faire Laure face à tel nouvel obstacle risquant de dévoiler son mensonge? Il est porté non sur le "pourquoi?" mais sur le "comment?".
- C'était son deuxième film, étape difficile et attendue pour un réalisateur: c'est en faisant celui-ci dans la rapidité et l'action qu'elle a pu évacué cette pression. Faire ce film aussi vite était également pour elle un moyen d'éviter toute tentation de réflexion trop lourde sur le sujet de l'ambiguïté genrée et de parvenir à capter ces moments d'enfance dans toute leur spontanéité.
- Contrairement à "Naissance des pieuvres", la bande sonore est volontairement très limitée pour pouvoir laisser le spectateur être au plus près de l'histoire, sans retour esthétique distanciant nous coupant trop de l'action (ajoutant un surplus de sens qui aurait été inutile). La petite sœur de Laure chante d'ailleurs à un moment une chanson, qu'elle a dit à la réalisatrice avoir inventée...sauf que Céline Sciamma s'est rendue compte après coup que ce n'était pas vrai et qu'il y a avait des droits d'auteur dessus!
- Sinon, elle a trouvé très drôle de me signer des autographes au nom d'Arizona et de Bulle
