Une lesbienne drague une hétéro enceinte

Article lié à la série Chroniques de San Francisco

DEDE  : Elle dit que j’aurais dû avorter.
D’OROTHEA  : Je la croyais catholique.
DEDE  : Elle l’est. Mais elle vient de Hillsborough. Ces gens ont leurs propres dogmes. Chez eux, ont ne doit pas avoir des enfants aux yeux bridés.
D’OROTHEA  : N’y pense pas.
DEDE  : Je suis obligée de vivre avec.
D’OROTHEA  : Vraiment ?
DEDE  : Je ne vais pas m’enfuir.
D’OROTHEA  : Peut-être pas. Mais tu peux courir vers autre chose. Une nouvelle vie. Loin des gens que tu as fréquentés.
DEDE  : C’est un peu tard.
D’OROTHEA  : Faux, ma chérie. C’était pas trop tard pour moi. Je ne suis pas née dans un beau quartier, mais on n’est pas si différentes. Gamine déjà, j’adorais de fausses idoles. J’étais pire que toi. C’était un choix délibéré. Chez toi, c’est de famille.
DEDE  : Ne sous-estime jamais ce pouvoir.
D’OROTHEA  : Ni le pouvoir du Dieu Dollar. Ecoute. Je voulais tellement gagner du fric que je me suis transformée en Noire.
DEDE  : Quoi ?
D’OROTHEA  : Souviens-toi, le soir du défilé de mode, quand tu as dit que c’était dur de vivre au bout de l’arc-en-ciel.
DEDE  : Bien sûr.
D’OROTHEA  : San Francisco n’est peut-être pas le bout de l’arc-en-ciel.
DEDE  : Tu veux que je parte ?

Et effectivement, à la fin de l’épisode, DeDe et D’orothea s’envolent avec Edgar et Anna pour Jonestown. Elles quittent San Francisco.

La plus belle évolution est personnifiée par DeDe. D’une femme passive, fragile, victime d’un mariage sans amour et délaissée par son mari, elle se transforme en femme forte, volontaire, mère de deux enfants et lesbienne.

Enfin lesbienne. Ce pourrait être plus clair. Bien évidemment, ce n’est pas sous-entendu durant cette saison 2, c’est dit : elle aime D’orothea. Le seul problème c’est qu’il n’y a qu’un tout petit baiser qui pourrait passer pour un baiser de remerciement, de réconfort et pas réellement pour une déclaration d’amour.

Je regrette profondément cette différence de traitement entre Michael et son petit ami Jon que l’on voit faire l’amour et nus, au lit et DeDe et D’orothea dont on ne voit qu’un petit baiser. Différence de traitement, différence de relation. L’accent est mis sur l’aspect physique entre Michael et Jon, les sentiments n’intervenant que plus tard. C’est l’inverse entre DeDe et D’orothea. L’accent est mis sur leur amitié, leur entente, leur complicité et l’aspect physique et sexuel est nié. Un peu comme pour la relation Willow-Tara.

C’est réellement dommage. Mais la représentation lesbienne négative de la première saison est oubliée. D’autant plus qu’en 1998, il y avait peu de couples homoparentaux prêts à élever deux enfants loin de la facilité accordée par l’argent de D’orothea et de la famille Halcyon.

A signaler, un changement de casting pour plusieurs personnages : Michael, Mona et Brian qui surprend et déconcerte en premier lieu mais qui finalement se laisse rapidement oublier par le jeu sans faute des acteurs.

Une représentation lesbienne plus moderne, moins négative, finalement plus réaliste que bien d’autres. A retenir, durant le quatrième épisode de cette saison 2, la magnifique lettre que Michael envoie à ses parents :

« Chère maman, pardon d’avoir mis si longtemps à écrire. Mais quand j’essaie, je ne dis pas ce que j’ai au fond du cour. Ca ne serait pas grave si je ne vous aimais pas autant, mais vous restez mes parents et je reste votre fils. Je n’aurais pas écrit sans l’annonce de votre soutien à la campagne « Sauvez Nos Enfants ». Cela m’a fait clairement comprendre que mon devoir était de vous dire la vérité. Votre propre fils est homosexuel. Je n’ai jamais eu besoin d’être sauvé de quoi que ce soit si ce n’est de la bigoterie cruelle de gens comme Anita Bryant. Non, maman, je n’ai pas été enrôlé. Aucun homosexuel expérimenté ne m’a servi de mentor. Mais vous savez quoi ? Je le regrette. J’aurais aimé qu’un adulte plus malin que les gens d’Orlando m’ait pris à part et m’ait dis : « Tu es normal, petit. Tu n’es ni fou, ni malade, ni le mal personnifié. Tu peux aimer et être aimé sans te détester pour autant. » Mais personne ne m’a jamais dit ça. Je sais ce que tu dois penser. Tu es en train de te demander : qu’avons-nous fait de mal ? Lequel d’entre nous l’a rendu comme ça ? Je ne puis te dire qu’une chose. Si toi et papa êtes responsables de ce que je suis, je vous remercie de tout mon cour, car c’est la lumière, la joie de ma vie. Être gay m’a montré les possibilités infinies de la vie. Cela m’a fait connaître des êtres dont la passion, la bonté, la sensibilité ont été une source constante de force. Cela m’a fait entrer dans la famille des hommes. Et je m’y plais. Je m’y plais. Ne te sens pas obligée de répondre vite. Il me suffit de savoir que je n’ai plus à mentir à ceux qui m’ont appris la valeur de la vérité. Tout va bien au 28, Barbary Lane. Votre fils qui vous aime, Michael. »

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A propos de Isabelle B. Price

Isabelle B. Price
Créatrice du site et Rédactrice en Chef. Née en Auvergne, elle s’est rapidement passionnée pour les séries télévisées. Dès l’enfance elle considérait déjà Bioman comme une série culte. Elle a ensuite regardé avec assiduité Alerte à Malibu et Les Dessous de Palm Beach avant l’arrivée de séries inoubliables telles X-Files, Urgences et Buffy contre les Vampires.

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