Isabelle B. Price a écrit :
Ensuite, j'aimerai aussi apporter une petite réflexion quant à ce que dit Bee quand elle cite Marie-Hélène Bourcier et l'hyperféminisation des lesbiennes actuelles. Est-ce que ce n'est pas d'une certaine manière aussi un moyen de se fondre dans la masse, de ne pas faire de vagues et de passer inaperçu ?
Aujourd'hui les lesbiennes que vous dites féminines dont certaines d'entre vous font parties bénéficient de cette invisibilité au travail et dans la société en général. Elles ne sont pas harcelées, elles ne sont pas ennuyées, elles ne sont pas militantes pour les droits des femmes etc... En clair, elles ont une vie plus simples que celles qui, pardonnez-moi l'expression, "le porte sur elles".
J'avoue que je ne suis pas d'accord avec tes propos et Bulle m'a enlevé les mots de la bouche. Comme elle, je ne conteste pas du tout l'intérêt de ce genre d'exposition, je serais même une des premières à aller la voir si elle était à nouveau en place et je n'oublie pas non plus le passé, ni les combats menés par ces femmes qui nous permettent de mieux vivre notre homosexualité aujourd'hui.
Mais, et ça rejoint les discussions sur le topic consacré à Virginie Despentes, je ne comprends absolument pas l'intérêt d'opposer telle féminité à telle autre et de déterminer si la vie d'une lesbienne féminine est plus facile

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C'est drôle à la limite de jouer avec tous ces termes de butch, lipstick etc...parce que ces différences physiques correspondent à la diversité de la communauté homosexuelle mais je ne vois pas en quoi il faudrait trouver une raison à tel ou tel choix ou lier absolument cela à l'orientation sexuelle.
Quand je lis qu'une lesbienne est "féminine" PARCE QUE c'est plus facile et qu'en gros elle cherche à se confondre avec une femme hétérosexuelle, ça me rappelle les clichés qu'on entend encore sur les lesbiennes "masculines" : elles se confondent avec les garçons, elles ont des problèmes avec leur féminité ou leur corps etc..
Alors, non, je ne vois pas pourquoi être une lesbienne "féminine" empêcherait-il d'être "militante pour les droits des femmes"?!! Quel est le rapport? Et je ne vois pas non plus en quoi c'est plus facile, sans revenir sur ce qu'a déjà évoqué Bulle : on peut être une lesbienne "féminine" et avoir fait son coming out et être par conséquent sujet aux mêmes problèmes dans le cadre de la famille ou du travail qu'une lesbienne "masculine". Pour ce qui est de la rue, on peut encore une fois être une lesbienne "féminine" et avoir un coté militant, comme n'importe quelle autre lesbienne, et être sujet aux mêmes regards et propos malveillants de la population hétéro par le simple fait d'embrasser sa copine ou de lui tenir la main!
Bref, pour moi, la façon de s'habiller ou de se comporter résulte effectivement en partie d'influences sociétales ou politiques sans doute inconscientes mais c'est aussi, et heureusement, un choix personnel et non un calcul ou une façon d'afficher ou non son homosexualité. Je ne vois pas l'intérêt de faire des lesbiennes "féminines" des lâches bénéficiant d'une soi-disant invisibilité qui perd tout son sens dès lors qu'on a fait son coming out ou qu'on s'affiche dans la rue.