Monolithe, ton post m'a remémoré mes propres émotions autour des lectures de Judith Butler et Beatriz Preciado. Comme toi, c'est parce que cela faisait écho à des ressentis que j'ai été si transportée par les notions développées dans ces ouvrages. Je me souviens du vertige, comme tu dis, mais aussi de l'impression que de nouveaux possibles apparaissent, que des barrières tombent. Comme si le monde était plus grand, d'un coup.
Je trouve ça hyper stimulant de pouvoir regarder autour de soi avec de telles perspectives. A tel point que parfois, j'ai du mal à comprendre la frilosité de certainEs quand on leur parle du genre en tant que construction culturelle, de la dichotomie "naturelle" comme d'une fiction. Pouvoir le penser ainsi a été tellement émancipateur pour moi, que j'en oublie la part de responsabilité qui va avec le nouvel espace de liberté, et les autres frein potentiels.
J'en profite pour aller un peu plus loin que ce que tu as indiqué :
nous ne sommes pas « homme » ou « femme » en raison de nos organes sexuels
Si mes souvenirs sont bons, dès
Trouble dans le genre, Judith Butler présente le genre comme une construction culturelle et les adjectifs "féminins" et "masculins" comme porteurs d'un ensemble de valeurs construites culturellement, et qu'on pourrait donc voir changer du tout au tout, etc.
Mais il me semble aussi qu'elle met en lumière qu'une dichotomie, même réduite au sexe anatomique est aussi une fiction. Il y a des tas d'altérations (chromosomiques, hormonales ou autres) dont la prévalence aurait tendance à augmenter avec le niveau de pollution de notre environnement. Un nombre non négligeable de nouveau nés subissent des opérations de "réassignation" afin que les organes apparents soient "conformes".
Bref, s'il y a dichotomie, elle n'est pas entièrement naturelle, elle est, au moins en partie, liée aux doctrines et technologies médicales.