Les gender studies
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Fleming
Re: Les gender studies
oui... merci Z, tu es la première je crois à donner un réel témoignage 
- fille1970
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Re: Les gender studies
Ça, c'est qu'on appelle avoir le sens de la formule!ZKXNLZLKNRLEKZ a écrit :Pendant longtemps j'ai fait des rêves de ce genre
Comme chacune de nous a sa propre expérience, ça fait du bien d'entendre celle des autres pour se détendre sur le sujet.
C'est marrant car je me retrouve dans ton début d'histoire (école maternelle et primaire) mais par la suite non; il faut croire que j'ai du "rentrer dans les rangs", sans doute pour qu'on me lâche la grappe
"Ceux qui ne pensent pas comme nous sont des cons."
Entre nous soit dit, bonnes gens, Pour reconnaître
Que l'on n'est pas intelligent, Il faudrait l'être...
Georges Brassens
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- leinah
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Re: Les gender studies
Une petite participation de ma part pour enrichir les témoignages.
Je travaille dans un collège, autant vous dire que cette génération de collègiens possèdent un grand nombre de codes et de pratiques comportementales qui diffèrent selon s'ils sont des petits gars ou des petites filles, (et là le terme petite fille est a prendre avec une pincette parce que certaines des pépettes qui ne sont qu'en 5° ont une poitrine bien plus volumineuse que la mienne...)
A la rentré, une petite nouvelle qui entre en 6°, a un look completement en dehors des codes en pratique, baggy trop large, sweet a capuche, cheveux tres courts. ça n'a pas manqué, les 2 premières semaines de cours je les ai passé a expliquer que: oui c'était bien une fille et que c'était pas la peine de la montrer du doigt ou de chuchoter dans son coin en la regardant de travers, parce que c'était une élève comme les autres.
Ca a presque été une épreuve pour moi, parce qu'à mon entré en 6°( il y a de ça quelques années...) à moi aussi on a fait le coup de "t'es un garçon ou une fille?" pendant plusieurs semaines, et je l'avais très mal vécut. Je n'étais pas préparé a ce qu'on ne me considère pas comme une fille, parce que je suis une fille, ça me semblait évident!
La semaine dernière, pour donner un autre exemple de ce que les collègiens ont dans la tête, le nouveau truc était de se moquer des élèves (au masculin) qui ont les cheveux longs, parce que ça fait fille. La colère m'a pris en entendant ça, leurs coupes de cheveux a la mode en ont pris un coup, et ils m'ont a peine crus quand je leurs ai dit qu'il y a 6 mois j'avais 6 millimetres de cheveux, et que mon père en a 50cm depuis 30 ans, pour eux c'est inconcevable!
Le collège, la période où il faut bien être dans le moule si on veux avoir une vie sociale, ça m'épuise réellement de leur apprendre a voir au delà.
Je travaille dans un collège, autant vous dire que cette génération de collègiens possèdent un grand nombre de codes et de pratiques comportementales qui diffèrent selon s'ils sont des petits gars ou des petites filles, (et là le terme petite fille est a prendre avec une pincette parce que certaines des pépettes qui ne sont qu'en 5° ont une poitrine bien plus volumineuse que la mienne...)
A la rentré, une petite nouvelle qui entre en 6°, a un look completement en dehors des codes en pratique, baggy trop large, sweet a capuche, cheveux tres courts. ça n'a pas manqué, les 2 premières semaines de cours je les ai passé a expliquer que: oui c'était bien une fille et que c'était pas la peine de la montrer du doigt ou de chuchoter dans son coin en la regardant de travers, parce que c'était une élève comme les autres.
Ca a presque été une épreuve pour moi, parce qu'à mon entré en 6°( il y a de ça quelques années...) à moi aussi on a fait le coup de "t'es un garçon ou une fille?" pendant plusieurs semaines, et je l'avais très mal vécut. Je n'étais pas préparé a ce qu'on ne me considère pas comme une fille, parce que je suis une fille, ça me semblait évident!
La semaine dernière, pour donner un autre exemple de ce que les collègiens ont dans la tête, le nouveau truc était de se moquer des élèves (au masculin) qui ont les cheveux longs, parce que ça fait fille. La colère m'a pris en entendant ça, leurs coupes de cheveux a la mode en ont pris un coup, et ils m'ont a peine crus quand je leurs ai dit qu'il y a 6 mois j'avais 6 millimetres de cheveux, et que mon père en a 50cm depuis 30 ans, pour eux c'est inconcevable!
Le collège, la période où il faut bien être dans le moule si on veux avoir une vie sociale, ça m'épuise réellement de leur apprendre a voir au delà.
ce qui empêche les gens de vivre ensemble, c'est leur connerie, pas leurs différences.
quand la vie vous tend un citron, il faut dire: "hum.. j'adore les citrons, vous avez quoi d'autre?"
quand la vie vous tend un citron, il faut dire: "hum.. j'adore les citrons, vous avez quoi d'autre?"
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Fleming
Re: Les gender studies
Je viens rompre le charme des témoignages pour évoquer ma déception devant la théorie, ca me parait du coup paradoxal, je pourrais me "taire" et simplement lire vos posts
mais j´ai besoin d´exprimer aussi ce qui suit.
Depuis le début de cette discussion sur les gender studies, je pense au symbole du Yin et du Yang, souvent mal compris à cause de l´image bi-dimentionnelle et figée que nous en avons. Ce symbole pourtant est pensé comme un tout en perpétuel mouvement, dont le rapport quantitatif du yin et du yang entre eux - dans une "chose", un élément donné- reste constant et équilibré, toujours, il n´y a jamais de yin sans yang et vice-versa, mais l´un toujours en rapport à l´autre. Image d´un tout, où tout bouge, est imbriqué et interdépendant.
Une idée de génie, ce symbole... mais il n´est pas de notre culture, alors je ne voulais pas l´évoquer, et je voulais voir comment nous pouvons nous dépétrer dans nos pensées avec nos propres mots et valeurs. Avec l´espoir d´arriver quand-même à cette même vision des choses et du monde
Je continue de lire Introduction aux Gender Studies, manuel des études sur le genre que je trouve bien fait, clair et tout et tout, mais je me sens devenir sceptique au fur et à mesure que j´avance dans ma lecture... Comme souvent dans les sciences, j´ai l´impression qu´on cherche à démontrer ce qu´on envisage comme hypothèse... au risque de manipuler ce qu´on trouve pour qu´il prenne la direction de ce qu´on veut démontrer...
Je réagis là à ce que j´ai lu ce matin, d´abord heureuse, puis décue de l´interprétation...
Il était question de l´ouvrage de l´historien Thomas Laqueur, La fabrique du sexe, écrit en 1990. Il y
J´aime beaucoup cette conception métaphysique de Thomas Laqueur qui voit une dimension dépassant la matière... même si elle se rapproche peut-être du mythe de Platon exprimé dans Le banquet, qui affirme qu´à la genèse du monde l´être était unique ( hermaphrodite) mais les dieux pour je ne sais plus quelle raison auraient décidé de rompre cette unité et ainsi de fragiliser l´être humain qui depuis passe sa vie à rechercher son autre moitié... Je me méfie de cette histoire qui pourrait servir l´hétérosexualité
mais c´est un autre sujet...
Donc... les études du genre restent pour moi un thème de réflexion, ce qui est toujours bon à prendre, mais... je finis par voir ces études plus comme une gymnastique intellectuelle, comme toute réflexion... Faut se méfier des concepts, les concepts... divisent

Depuis le début de cette discussion sur les gender studies, je pense au symbole du Yin et du Yang, souvent mal compris à cause de l´image bi-dimentionnelle et figée que nous en avons. Ce symbole pourtant est pensé comme un tout en perpétuel mouvement, dont le rapport quantitatif du yin et du yang entre eux - dans une "chose", un élément donné- reste constant et équilibré, toujours, il n´y a jamais de yin sans yang et vice-versa, mais l´un toujours en rapport à l´autre. Image d´un tout, où tout bouge, est imbriqué et interdépendant.
Une idée de génie, ce symbole... mais il n´est pas de notre culture, alors je ne voulais pas l´évoquer, et je voulais voir comment nous pouvons nous dépétrer dans nos pensées avec nos propres mots et valeurs. Avec l´espoir d´arriver quand-même à cette même vision des choses et du monde
Je continue de lire Introduction aux Gender Studies, manuel des études sur le genre que je trouve bien fait, clair et tout et tout, mais je me sens devenir sceptique au fur et à mesure que j´avance dans ma lecture... Comme souvent dans les sciences, j´ai l´impression qu´on cherche à démontrer ce qu´on envisage comme hypothèse... au risque de manipuler ce qu´on trouve pour qu´il prenne la direction de ce qu´on veut démontrer...
Je réagis là à ce que j´ai lu ce matin, d´abord heureuse, puis décue de l´interprétation...
Il était question de l´ouvrage de l´historien Thomas Laqueur, La fabrique du sexe, écrit en 1990. Il y
Dans un encadré les auteurs du manuel que je lis font une petite présentation succinte du livre, qu´ils décrivent ainsi:analyse le passage d´un modèle antique et médiéval dans lequel les organes génitaux masculins et féminins sont considérés comme les deux pôles opposés d´un continuum à une seule dimension (métaphysique, c´est précisé ailleurs...), à un modèle de la différence des sexes qui ne s´invente qu´au XVIIIème siècle et dans lequel les organes génitaux des deux sexes sont percus comme ayant chacun une nature distincte et incommensurable.
Et là mon cerveau fait des étincelles rebelles... un sexe unique? n´était-il pas question de deux pôles? deux pôles à l´intérieur d´un tout métaphysique, certes, mais dans la matière il était bien question de deux pôles, donc distincts...... cet ouvrage oppose un modèle du sexe unique, dominant jusqu´au XVIIIème siècle à un modèle de la différence incommensurable des sexes à partir de la fin du XVIIIème...
J´aime beaucoup cette conception métaphysique de Thomas Laqueur qui voit une dimension dépassant la matière... même si elle se rapproche peut-être du mythe de Platon exprimé dans Le banquet, qui affirme qu´à la genèse du monde l´être était unique ( hermaphrodite) mais les dieux pour je ne sais plus quelle raison auraient décidé de rompre cette unité et ainsi de fragiliser l´être humain qui depuis passe sa vie à rechercher son autre moitié... Je me méfie de cette histoire qui pourrait servir l´hétérosexualité
Donc... les études du genre restent pour moi un thème de réflexion, ce qui est toujours bon à prendre, mais... je finis par voir ces études plus comme une gymnastique intellectuelle, comme toute réflexion... Faut se méfier des concepts, les concepts... divisent
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Fleming
Re: Les gender studies
juste une petite remarque encore et après je
une pensée qui me vient régulièrement quand je lis des idées à propos des études de genre: je pense qu´on ne se fait pas serviteur de la tolérance, ni du respect, ni de l´égalité, en niant les différences. Et c´est pourtant un peu l´idée que je me fais des gender studies: leur but serait de démontrer que les hommes et les femmes ne seraient pas différents, c´est la société qui les construirait différents.
une pensée qui me vient régulièrement quand je lis des idées à propos des études de genre: je pense qu´on ne se fait pas serviteur de la tolérance, ni du respect, ni de l´égalité, en niant les différences. Et c´est pourtant un peu l´idée que je me fais des gender studies: leur but serait de démontrer que les hommes et les femmes ne seraient pas différents, c´est la société qui les construirait différents.
- fille1970
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Re: Les gender studies
j'aime bien cette image du Yin et du Yang moi-aussi.Fleming a écrit : je pense au symbole du Yin et du Yang, souvent mal compris à cause de l´image bi-dimentionnelle et figée que nous en avons. Ce symbole pourtant est pensé comme un tout en perpétuel mouvement, dont le rapport quantitatif du yin et du yang entre eux - dans une "chose", un élément donné- reste constant et équilibré, toujours, il n´y a jamais de yin sans yang et vice-versa, mais l´un toujours en rapport à l´autre. Image d´un tout, où tout bouge, est imbriqué et interdépendant.
L'idée qu'on est tous habité par du masculin et du féminin me va bien. Nous sommes en perpétuel mouvement, en recherche d'équilibre, mais chacun à le sien, qui n'est pas celui de la voisine.
Ca ne me semble pas en contradiction avec le fait d'habiter un corps sexué (pour la majorité) dans lequel on se sent plus ou moins bien.
J'ai bien aimé les différents témoignages montrant l'impact du regard des autres sur soi-même. Le fait de ne pas être "dans la norme" qui provoque le questionnement, la peur voir le rejet. Dure période que le collège!
C'est vrai que dès qu'on s'écarte des "classiques" , ça effraie beaucoup de monde... et c'est le cas dans de nombreux domaines. L'humain est ainsi fait: en perpétuelle recherche entre sécurité et curiosité...
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Entre nous soit dit, bonnes gens, Pour reconnaître
Que l'on n'est pas intelligent, Il faudrait l'être...
Georges Brassens
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Silverring
Re: Les gender studies
Certains concepts peuvent rassembler il me semble. Je ne crois pas qu'il s'agisse à proprement parler de "nier des différences". J'ai la sensation que la nuance se situe dans un choix de mots/d'idées. A différence, je préfère diversité. Et cela me semble avoir une autre portée.
Et pour éclairer autrement la référence platonicienne, je me répète encore :
http://teledebout.org/index.php?page=le ... riginelles
Et pour éclairer autrement la référence platonicienne, je me répète encore :
http://teledebout.org/index.php?page=le ... riginelles
- fille1970
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Re: Les gender studies
C'est vrai: différence et diversité ne sont pas synonymes. Un monde où l'on veut gommer toute différence est une tyrannie, tandis que la diversité apporte la richesse d'une cultureSilverring a écrit : A différence, je préfère diversité. Et cela me semble avoir une autre portée.
Je suis sûre que Platon sera d'accord avec moi!
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Fleming
Re: Les gender studies
tu le vois quand?fille1970 a écrit :
Je suis sûre que Platon sera d'accord avec moi!
- fille1970
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Re: Les gender studies
c'est le pseudo de qui ça, Platon, sur le forum???Fleming a écrit :tu le vois quand?fille1970 a écrit :
Je suis sûre que Platon sera d'accord avec moi!![]()
Nan mais en fait , l'idée c'est que c'est une figure de style pour dire que ça rejoint les théories évoquées précédemment se basant sur le Banquet, de Platon. C'est un raccourci linguistique , quoi
Bon, je file prendre un café avant d'avoir trop mal à la tête
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