Confidences : Venez raconter votre histoire !

Pour parler de tout et de rien.
Chrysalide

Re: Confidences : Venez raconter votre histoire !

Message par Chrysalide »

DevotedT a écrit : Personnellement, comme déjà dit, mon comportement est tel que je déconcerte, si bien que mes sentiments sont tout simplement méprisés, loin d'être pris au sérieux, et je doute qu'une femme ait cru que je l'aimais, réellement.
: )

Pour ma part, je n'ai pas eu le sentiment de méprise de la part de ces deux filles envers moi. Mais plus des complexes qui ressortaient puissance mille face à mes attentions (des attentions pour la première moins explicites que pour la seconde pour les raisons cités plus haut). Alors je me questionne sur ce que j'ai pu provoquer chez elles en plus de leurs complexes. D'autant plus que pour la seconde j'ai l'impression que j'ai fait naître ses complexes car elle ne les avait pas connus avant. Pourquoi les avoir fait plus ressortir que l'inverse? j'ai conscience que de leur côté, chacune à leur manière, au fond d'elle à la base il y avait des traumatismes, mais est-ce que ma manière d'être, mon comportement avec elles n'était pas ce qu'il leur fallait... enfin ça me remet bcp en question.

La seconde m'avait fait part de ce morceau en s'y retrouvant énormément >
https://www.youtube.com/watch?v=ZJsS-aMgjP4
Et là je peux dire que de le réécouter me noue intérieurement.

DevotedT

Re: Confidences : Venez raconter votre histoire !

Message par DevotedT »

Je pense Chrysalide que tu fais partie de ces personnes, très rares, qui ressentent tellement bien les choses, enfouies au fond des autres, que tu les effraies, alors que tes intentions sont bienveillantes.

Chrysalide

Re: Confidences : Venez raconter votre histoire !

Message par Chrysalide »

La seconde, my sweet sweet sweet L, m'a fait connaître la série Mistresses en se retrouvant énormément dans Jessica, sa psychologie en plus d'avoir quelques trucs physiques ressemblants, c'était assez drôle. C'est elle qui m'a fait connaître Sugar Rush aussi, ajaja, et la plupart des trucs lesbiens que je connaissais avant d'avoir découvert ce forum, c'est grâce à elle que je les connaissais, ce qui d'une certaine manière nous faisait rire, car j'étais censée être la plus "lesbo" des deux. Enfin bref, on avait notre humour et pour revenir à Mistresses, en plus elle me disait que dans certains trucs, je pouvais lui faire penser physiquement à l'actrice qui joue Alex avec un petit côté plus juvénile chez moi, ce qui contribuait à lui faire penser à des choses intimes chez elle dans cette série. Et c'est clair que quand je revois Mistresses saison 1, en voyant Jessica, elle me fait penser à elle, à sa douce folie, son côté profondément attachant, à toute sa découverte amoureuse déstabilisante à ne pas pouvoir y croire au départ n'y ayant jamais cru auparavant, à ses complexes par la suite, pourtant je ne l'ai pas mise sur la touche me concernant (en pensant à Alex). C'est finalement moi qui me suis retrouvée sur la touche par une intensité qu'elle ne supportait plus et ses complexes qui ressortaient énormément dans notre relation. Et est-ce que j'ai fait plus attention à certaines choses qu'à d'autres et peut-être pas aux bonnes choses? Je sais qu'elle ne m'aurait jamais donné les réponses en disant que tout venait d'elle et que je ne suis responsable de rien, mais je ne peux pas totalement y croire, sans penser que c'est totalement ma faute, mais j'ai dû contribuer à provoquer des petites failles et comment je ne sais pas. Enfin des questions qui d'une certaine manière sont vaines, mais qui peuvent remonter avec l'impression que ce cas de figure peut me poursuivre avec des variantes.
C'est pour ça que lire d'autres expériences qui font écho aux prob de complexes qui se greffent dans une relation, que ce soit dans un sens ou dans un autre, cela m'intéresse.
Merci pour me faire part de ton regard DevotedT. : )

Griottesurlegateau

Re: Confidences : Venez raconter votre histoire !

Message par Griottesurlegateau »

Je rejoins assez DevotedT.
Tu peux avoir une telle sensibilité qu'elle interroge des failles chez l'autre et tu n'y peux rien. Ca ne t'appartient pas et l'autre n'est pas forcément en capacité de recevoir ce que tu lui renvoies sans forcément le vouloir.
Tu parles de complexes physiques. Il me semble avoir plutôt amélioré certains de ceux ressentis comme tels par mon ex-compagne, à travers le regard que je portais sur elle et que ça a modifié le sien.
Je parlerais davantage dans le cas de cette relation, de complexes intellectuels. Il ne me semblait pas les mettre en exergue. Au contraire. Mais ils ont été ressentis comme tels. J'ai réveillé des choses déjà ancrées depuis longtemps sur ce versant et je n'ai rien pu faire pour les déverrouiller, pour les faire évoluer par le biais de cet amour que je lui portais. Mon regard, qui voyait des merveilles, n'ont pas pu aller contre ces complexes déjà très anciens, qui n'ont pas bougés d'un pouce au fond.
Je ne pouvais pas faire le chemin à sa place.
Je ne sais pas si ça apporte de l'eau à ton moulin...

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CuninaSpesStimula
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Re: Confidences : Venez raconter votre histoire !

Message par CuninaSpesStimula »

AnnJass je comprends complètement. Et j'espère que le moment venu, ta mère et tes proches de manière générale comprendront qu'il n'y a pas de droit chemin ou de chemin tortueux, que chaque route est différente, que chaque route a ses obstacles, ses plages ensoleillées, ses prairies vertes, ses accidents, tant que c'est la route qu'il nous faut et sur laquelle nous sommes bien, c'est ce qui compte, je crois.
Bon courage en tout cas : )

Chrysalide, je crois que certaines femmes sont tellement complexées, elles détestent tellement certaines parties de leurs êtres (physique ou non) qu'il leur est très très très difficile de croire quelqu'un-e qui dit aimer ces choses là. Parce que concrètement, comment qui que ce soit peut aimer "ça" ? Quand quelque chose nous dégoûte, quelque chose qui nous est propre d'autant plus, il est quasi inconcevable que quelqu'un-e puisse apprécier cela, et encore pire, être attiré-e par ça !
Reprenons le cas de ton exemple de la fille complexée par son poids. Quand tu lui dis que tu la trouves jolie, une part d'elle a bien sûr envie d'y croire, mais une autre part, bien plus grosse, est énervée que tu dises ça. Parce que c'est gênant, parce que c'est impossible, et surtout parce qu'elle n'y croit pas. Donc elle pense que tu mens et que tu ne dis ça que pour lui faire plaisir et la décomplexer. Mais le mensonge l'énerve et lui fait perdre confiance en toi, même si de ton côté c'est tout à fait honnête et sincère en fait. Puis elle peut aussi se dire "Mais comment une fille aussi belle et géniale peut être attirée par moi ? Elle pourrait trouver tellement mieux !", donc elle a peur, peur de te perdre à cause de ces choses qu'elle déteste en elle, peur que tu te tournes vers quelqu'un-e ne possédant pas ces "défauts".
Je pense que dans ce genre de situations, il faut deux choses : lui répéter inlassablement à quel point on aime "ça" en la regardant bien dans les yeux pour lui montrer qu'ils ne mentent pas (mais ça peut être à double tranchant, ou l'énervement se dissipe de plus en plus, ou au contraire il augmente) dans des moments tendres, des moments de complicité, des moments intimes (surtout, pour le physique), et lui montrer, avec les regards, à quel point on l'aime et à quel point on est attiré-e par elle et par ça. Ah non une troisième chose. En parler. Tout mettre à plat et au clair, en parler pendant des heures, des jours, des mois s'il le faut. Je crois que la sincérité, au bout d'un moment, doit être indubitable.
Mais ce ne sont que des hypothèses, je ne suis absolument pas sûre que ce genre de méthodes fonctionnent, en tous cas je ne les ai jamais essayées.
D'ailleurs pour préciser ma pensée, je crois qu'il peut être positif d'attendre un peu avant de trop complimenter une complexée. D'abord lui prouver qu'on tient à elle, qu'on est sentimentalement attachée, qu'on est sous le charme, tout en lui disant qu'elle nous plaît bien sûr, mais sans trop insister au début, il faut y aller en douceur pour ne pas qu'elle se braque, je crois. Mais bon encore une fois, pure spéculation, et évidemment, ça dépend des femmes, et des situations. La même femme pouvant réagir très différemment suivant la personne en face ainsi que l'intensité de ses sentiments (et ceci n'est pas forcément proportionnel d'ailleurs.)

Ensuite tu parles de "provoquer des complexes". Je doute que l'on puisse réellement provoquer des complexes (à moins de lui dire constamment qu'elle est moche par exemple, bien sûr.). Certaines choses sont enfouies depuis longtemps, voire toujours, et ressortent un jour parce que la situation l'a voulue. Encore une fois, quand on aime, on a peur de perdre la personne que l'on aime, peur qu'elle ne nous aime pas/plus, peur qu'elle disparaisse (dans tous les sens du terme), peur de tellement de choses. En fait c'est ça l'amour, avoir constamment peur. Cette peur peut conduire à des comportements très différents chez les gens, surtout lorsque c'est la première fois ou presque que ça arrive. Le comportement peut être exagéré, démesuré voire brutal.
Quand tu dis :
Chrysalide a écrit : Le truc c'était la première fois que ça lui arrivait et ça l'a totalement déstabilisée (même chose pour moi). Elle était du genre sûre d'elle, très séductrice avec tout le monde, souvent complimentée sur son physique, puis avec moi soudainement tout a changé, elle a été gagnée par un gros manque de confiance qu'elle n'avait jamais connue auparavant à se demander ce qui pouvait bien lui arriver. Elle avait peur que comme ça un beau jour je me rendais compte qu'elle ne plaisait pas tant que ça, à la trouver trop superficielle, trop lisse et à préférer d'autres filles qu'elle estimait moins superficielles à son goût et ça l'a méga fait flipper.
Déjà les gens qui paraissent sûrs d'eux ne le sont pas forcément, au contraire. Et peut-être que le fait d'être très souvent complimentée sur son physique lui donnait l'impression qu'elle n'avait "que ça" pour elle, d'où le "superficielle"...
Puis le "très déstabilisée" me renvoie au fait que quand on aime on est bouleversée, chamboulée, et que ça peut conduire à des comportements très étranges, du moins auxquels on ne s'attend pas forcément, et qui peuvent être très surprenants.
Chrysalide a écrit :Alors je me questionne sur ce que j'ai pu provoquer chez elles en plus de leurs complexes. D'autant plus que pour la seconde j'ai l'impression que j'ai fait naître ses complexes car elle ne les avait pas connus avant. Pourquoi les avoir fait plus ressortir que l'inverse? j'ai conscience que de leur côté, chacune à leur manière, au fond d'elle à la base il y avait des traumatismes, mais est-ce que ma manière d'être, mon comportement avec elles n'était pas ce qu'il leur fallait... enfin ça me remet bcp en question.
Tu dis toi même que tu as conscience qu'il y avait des traumatismes à la base, donc ce n'est pas toi qui a créé ces complexes.
Moi je pense vraiment que c'est l'amour et les sentiments qui font ressortir les traumatismes et les complexes. Car quand on aime vraiment on a tendance limite à se mettre à nue, à tout montrer à l'autre ou presque. Mais parfois on (re)découvre même des choses sur nous en les dévoilant à l'autre, et ce de manière inconsciente, juste en étant nous-mêmes. Dans un sens pour moi c'est une preuve de confiance que de se découvrir des complexes qu'on ignore en étant amoureuse. On l'aime tellement, on s'est tellement ouverte à elle qu'on en découvre sur nous-mêmes. On lui montre des choses que l'on ne soupçonnait pas, tellement on est entière avec elle. Bon alors évidemment ce n'est pas forcément positif au final, mais dans un sens c'est une très belle preuve d'amour selon moi.

Enfin tout ça pour dire que les complexes sont je crois extrêmement difficiles à régler, voire impossibles dans certains cas. S'ils sont réglables, il faudra s'armer de patience et d'amour, mais surtout être consciente que c'est d'abord à la complexée de travailler sur elle-même, et bien sûr le regard d'autrui peut grandement aider (ou détruire dans le sens inverse), mais ça ne peut être suffisant à mon sens.

Voilà je ne sais pas si j'ai été claire ni si je t'ai réellement aidée à y voir plus clair, mais bon...
On risque de pleurer un peu si l’on s’est laissé apprivoiser. Antoine de Saint Exupéry.

Chrysalide

Re: Confidences : Venez raconter votre histoire !

Message par Chrysalide »

Merci pour vos réactions Grigri, Cunini. Elles me font réfléchir. Je reviendrai certainement avec un esprit plus frais pour prendre le temps de bien poser mes mots. Je crois que j'ai besoin de libérer certaines choses.

Griottesurlegateau

Re: Confidences : Venez raconter votre histoire !

Message par Griottesurlegateau »

Par rapport à la réaction de ta mère AnnJas, il m'a fallu un temps certain pour comprendre que la mienne avançait à son rythme et que je ne pouvais pas lui imposer le mien. J'ai accepté que nous ne soyons pas au même endroit. Et j'ai compris cela par rapport à une phase récente où je me suis rendue compte que mes propres schémas étaient à déconstruire pour reconstruire les miens propres. Si moi j'effectuais ce parcours en étant au centre du débat, je ne pouvais pas exiger de quelqu'un d'extérieur d'aller à mon rythme...je ne sais pas si je suis compréhensible.
Je ne cache rien de ce que je suis. Je ne retiens aucune parole concernant ma sensibilité mais je suis sans doute moins aggressive dans les échanges quand nous parlons de ce sujet, qu'auparavant.
Pour te dire. Elle sait qu'elle est ma sensibilité depuis que j'ai treize ans. Ca fait donc des dizaines d'années que le "sujet" est au centre du débat.
Pourtant, pas plus tard que la semaine dernière, je l'ai entendue me dire "J'ai entendu quelqu'un à la radio témoigner que l'homosexualité n'était pas un choix. Et j'ai réalisé que c'était vrai".
Qu'est-ce que tu veux que je réponde à ça ! C'est pourtant quelqu'un qui lit, qui s'intéresse à plein de choses.
Auparavant, j'aurais rué dans les brancards. Une galaxie nous sépare !
Pourtant, aujourd'hui, j'arrive à me réjouir qu'elle en soit arrivée là.
Il y a une prise de conscience qui émerge, même si elle s'effectue au bout de dizaines d'années et qu'entre temps, nous avons parlé des langues complètement différentes.
Et je suis persuadée que mon attitude d'aujourd'hui, qui est bien plus tranquillement assise que celle de mes 13, 23, 33 ans y est pour quelque chose.
Et dans ce contexte d'acceptation de son rythme, je me sens bien plus sereine.
Voilà. Je ne sais pas si ça éclaire ta lanterne...

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AnnJas
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Re: Confidences : Venez raconter votre histoire !

Message par AnnJas »

Merci pour vos réponses, ma lanterne est en effet un peu plus éclairée, maintenant que j'ai lu vos réactions.
C'est vrai qu'on peut avoir tendance à oublier que le chemin est différent pour chacun de nous, que ce soit pour prendre conscience de son homosexualité, ou pour accepter celle d'un/d'une proche. Forcément c'est plus facile quand on est "au centre du débat" et on aimerait que tout le monde avance à notre rythme, mais ce que vos réactions m'ont rappelé, c'est qu'il faut aussi leur laisser du temps à eux. Surtout si la situation n'est pas claire.
Mais c'est vrai que certaines réflexions peuvent piquer un peu, quand on est de l'autre côté du placard.
Need for Fanfic? C'est par ici
“So please... make your own tea“ -Bea Smith
"Good evening. Hello. I have cancer. How are you?" - Tig Notaro
Yumi na teik / Won sonraun au ?

Griottesurlegateau

Re: Confidences : Venez raconter votre histoire !

Message par Griottesurlegateau »

Je voulais aussi compléter ma pensée par cette mini-BD de Silver, sur laquelle je suis tombée récemment dans le tome 2 de "17 Mai - Des dessins contre les LGBTPhobies" aux éditions Des ailes sur un tracteur, et qui traduit bien le contexte dans lequel j'ai évolué.
Il n'a jamais été question d'entendre des injures, des mots de dénigration , des termes homophobes concernant l'homosexualité au sein de ma famille.
Mais comme le dit Silver, c'est juste que l'idée, le concept intellectuel n'existait pas, qu'il n'était jamais abordé comme une éventualité.
D'où je pense, la très lente maturation au contact du sujet vivant et la très lente modification des angles de vue, de pensées...un paysage intellectuel à remodeler.
Il écrit aussi justement, que rien ne nous pousse à nous interroger sur le stéréotype dominant de notre société.
C'est sans doute pour ces deux raisons que me concernant, la construction s'est faite si lentement et je suis toujours très positivement touchée de lire certaines d'entre vous, qui arrivées à une vingtaine d'années, ont déjà fait ce travail d'assemblage dans ce qu'elles sont réellement au fond d'elles-même.

Pour clore, j'étais tombée, il y a maintenant quelques années, sur le bouquin de Sylvie Giasson (une québécoise) "Vivre avec l'homosexualité de son enfant", d'une richesse, de mon point de vue, sans comparaison jusqu'ici.
Il entre sur le sujet, alternativement, à travers le regard des différents protagonistes : le personnage central, le père, la mère, la soeur, le compagnon, la nièce et démontre ainsi le parcours différent qu'effectue chacun d'eux face à ses propres sentiments.

Chrysalide

Re: Confidences : Venez raconter votre histoire !

Message par Chrysalide »

Pour revenir ici, M, celle qui avait du mal à croire que je la trouvais jolie, histoire de situer de laquelle je parle et pour rebondir sur ce que tu as écrit Cunini, il me sera très difficile d'entrer plus dans les détails ou du moins d'entrer dans la profondeur des détails. Pendant les années où on se voyait, on en est restées au stade de l'ambiguïté qui a pu augmenter en intensité, mais sans ouvertement se parler de ce qui pouvait bien se passer entre toutes les deux, donc je ne peux partager que des ressentis, des interprétations, mais rien de sûr de sa part, surtout après tout ce temps qui est passé...

Voici un peu plus d'éléments développés pour éventuellement mieux situer les choses.

Quand je lui disais que je la trouvais jolie, elle me croyait à peine, quand je voulais être attentionnée, elle trouvait que j'étais une bonne amie, alors ça ne me mettait pas à l'aise pour être plus explicite. J'avais même le sentiment que ça la faisait faire 10 pas en arrière, alors que d'un autre côté quand elle sentait que quelqu'un d'autre venait vers moi, je sentais qu'elle tiquait bien comme il fallait et ça aussi ça contribuait à me questionner, à me déstabiliser sur ce qu'elle attendait de moi au fond. Elle avait également un copain, avec qui elle s'est mise peu de temps après qu'on se soit connues, qui est devenu son ex assez rapidement car divers trucs ne fonctionnaient pas entre les deux à divers niveaux et puis quand elle était avec ce copain que des fois on pouvait sortir en groupe, elle flirtait avec moi. Une fois où ça a été assez flagrant à me demander ce qu'elle me faisait, sous les yeux de son copain, on était tous les trois, on se disait au revoir après une sortie entre amis, elle s'est mise à totalement éclipser son copain, à se mettre à être tactile de manière langoureuse avec moi, à jouer un numéro de séduction pour m'embrasser et seulement minauder avec moi. J'aurais clairement pu me dire encore une fois que j'étais dans l'interprétation la plus subjective sur son comportement, mais ce qui a encore plus souligné que je n'hallucinais pas > son copain l'a tiré vers lui à lui demander ce qu'elle était en train de faire sur un ton pas tranquille du tout. J'étais tout simplement très mal à l'aise avant de les laisser pour partir de mon côté.
Il y avait vraiment une réelle attraction entre elle et moi dès qu'on se trouvait dans un endroit ensemble, le langage du corps parlait tout seul, les regards échangés, des fois elle me disait de ne pas la regarder "comme ça" en se mettant à rougir à moitié sans en plus réaliser ce que mon regard projetait et dès qu'il y avait proximité physique, notamment en soirées, nos corps se cherchaient, elle se collait à moi, genre "j'entends pas bien je me colle à toi pour que tu me parles à l'oreille et que j'entende mieux ce que tu me dis " et elle prenait son temps à avoir du mal à entendre et moi pour trouver mes mots ça prenait du temps aussi, ahah. Alors ouais ouais en soirée, ya la musique et ya des cris qui camouflent une discu, mais sa manière d'approcher son corps au mien était dans la sensualité séductrice plus que dans une spontanéité amicale. Ce qui nous séparait au final dans ce genre de situation > les autres qui déconnaient et s'amusaient et on partait dans leur délire on se laissait entrainer. Il y a quand même une fille que je ne connaissais pas à une soirée, qui m'a demandé si M était ma petite amie. Pour qu'elle ait pu me poser cette question, sans me connaître en plus, encore une fois il y avait moyen de se dire qu'il y avait anguille sous roche dans ce qui nous relié toutes les deux.
Puis ce qui revenait à me déstabiliser encore plus, c'est que quand on se revoyait ensemble toutes les deux, qu'on organisait un truc ensemble, seulement elle et moi, où on parlait de trucs persos, enfin elle plus que moi, qu'elle me parlait de ses complexes physiques (que son copain devenu ex par la suite n'avait apparemment pas arrangé avec ses réflexions pas top sur son poids) , et où je tentais de la rassurer, tout en lui disant comment je la trouvais, j'avais le sentiment de créer une distance constatant sa réaction.
J'avais donc ce sentiment que suivant le cadre où on se trouvait, son comportement était différent. Avec d'autres autour, à croire qu'elle se sentait rassurée de quelque chose, notamment au travers d'un contact physique qu'elle pouvait chercher chez moi dans l'ambiance festive et quand on était seulement toutes les deux, elle mettait plus de distance d'un point de vue physique pour commencer, elle ne se collait plus du tout à moi, et ensuite niveau mental elle se confiait, mais en même temps avait besoin de souligner que j'étais une amie.
Alors je nageais clairement dans les eaux troubles parce que d'un côté je ne voulais pas la bousculer, d'un autre côté je me demandais si finalement elle n'attendait pas de moi que je sois plus explicite, que je sois celle qui fasse clairement le premier pas. Je ne savais vraiment pas dans cette situation et je n'étais pas non plus super sûre de moi pour tout mettre à plat. Du coup, quand tu dis Cunini
Je pense que dans ce genre de situations, il faut deux choses : lui répéter inlassablement à quel point on aime "ça" en la regardant bien dans les yeux pour lui montrer qu'ils ne mentent pas (mais ça peut être à double tranchant, ou l'énervement se dissipe de plus en plus, ou au contraire il augmente) dans des moments tendres, des moments de complicité, des moments intimes (surtout, pour le physique), et lui montrer, avec les regards, à quel point on l'aime et à quel point on est attiré-e par elle et par ça.
c'était très compromis car direct je la sentais en mode rétraction avec subtilité dans les moments intimes seulement toutes les deux. Je me voyais mal lui répéter inlassablement ce qui m'attirait chez elle.
Ce sont des complexes physiques qui ressortaient dans une distance qu'elle mettait et je me suis demandée si l'idée d'être touchée par une fille en prime ne l'effrayait pas, plus que par un gars, en m'ayant vaguement raconté une fois un moment de gêne avec une fille entreprenante qui avait tentée de lui caresser son ventre.

Après, quand tu écris :
D'ailleurs pour préciser ma pensée, je crois qu'il peut être positif d'attendre un peu avant de trop complimenter une complexée. D'abord lui prouver qu'on tient à elle, qu'on est sentimentalement attachée, qu'on est sous le charme, tout en lui disant qu'elle nous plaît bien sûr, mais sans trop insister au début, il faut y aller en douceur pour ne pas qu'elle se braque, je crois.
je pense que je suis vraiment aller en douceur. Je ne l'ai pas complimentée tout de suite, c'est venu avec le temps, en se voyant plus fréquemment et je ne lui ai pas sortie un roman de compliments non plus.
Ca me fait penser aussi à la seule fois où elle n'était pas contre que je la touche, c'était à la piscine, on était en extérieur, le soleil cartonnait, on s'appliquait de la crème solaire dans le dos. Et comme j'aime masser, vraiment, surtout quand la personne me plait bien :p, je lui en avais proposée un, en même temps de lui appliquer la crème solaire, pendant qu'elle était allongée sur sa serviette. Elle s'est montrée désireuse d'en recevoir un, chose qui était super positive.
Elle était donc allongée, j'y ai mis toute ma délicatesse avec mes mains en appliquant la crème dans tout son dos, en montant jusqu'à la nuque en descendant le plus bas en m'arrêtant vers le haut de ses fesses et en passant sur les côtés le plus intérieur possible vers la poitrine, j'ai clairement pris mon temps, ça a duré je ne peux pas dire combien de temps justement. Je me souviens que j'étais juste concentrée à la masser avec le plus de délicatesse et de profondeur possible et ce qui m'a marqué c'est la réaction de son corps qui se relâchait de plus en plus, je l'ai senti dans un moment d'abandon et de confiance, tout était entre mes mains, je la sentais un peu loin à ne plus se soucier de quoi que ce soit. C'était une sensation très positive, très très très plaisante. Et ce qui nous a sorti un peu de ce moment entre elle et moi, c'est la réaction d'une copine qui se demandait ce qu'on fabriquait sur la pelouse. La copine était un peu de trop ahah. Puis, du côté de M, elle a eu cette réaction qui m'a marquée, quand elle s'est relevée, je l'ai sentie dans la gêne de se retrouver face à moi, un peu comme si elle revenait dans la réalité de tout ce qui la préoccupait. Après on est repartie nager et ça s'est arrêté là pour cette fois-là. Et encore une fois, le constat que je pouvais faire c'est qu'elle avait accepté qu'il y ait un contact physique aussi délicatement et sensuellement que possible dans un cadre avec du monde autour.
Je peux présenter d'autres moments comme ça, mais le final était toujours le même.

Alors de mon côté, la période où elle m'a connue, je n'étais pas quelqu'un de très expansif sur les aspects personnels de ma petite personne, j'étais un peu sur ma planète, professionnellement je partais un peu dans tous les sens, j'aimais m'amuser aussi à ne pas me prendre le chou, je ne renvoyais donc pas toujours du grand sérieux. Du coup, je me suis demandée si ça avait contribué à ne pas la rassurer, à ne pas me croire des fois ou à moitié quand je pouvais être attentionnée avec elle verbalement, et aussi à mettre une distance avec moi quand on était seulement toutes les deux (par peur de pouvoir aller plus loin?), tout en ne la laissant pas indifférente et à préférer m'approcher dans des cadres avec du monde autour (pour éventuellement se trouver vite un échappatoire?). Je n'en sais rien, je suis entre des faits, de l'interprétation, des aspects flous là quand j'en parle, et je sais juste que des fois ça remonte quand j'ai ce sentiment que ça peut se reproduire avec d'autres. Et je réalise en fait que ça fait ressortir chez moi un point sombre qui me préoccupe, celui de ne pas pouvoir à mettre en confiance l'autre, me connaissant, sachant qui je suis, connaissant ma personnalité entre un labyrinthe et une excentricité à la Jenny Schecter, des aspects asociaux à la Will Graham, des mécanismes de pensées visuelles à la Temple Grandin, un comportement juvénile, fleur bleue, farfelu et joueur à la Harley-Quinn et un peu sauvage aussi, et le côté lent et neuneu à la Oggy, oh et j'ajoute le côté obsédé sexuel à la Kim dans Sugar Rush... et là je crois qu'on obtient un patchwork assez fourni de mon spirit. : )

Avec L, qui m'a aimée de A à Z par rapport à toutes les facettes de ma personnalité, avec qui je me suis sentie entière, qui m'a permis d'énormément me découvrir et de me sentir en phase avec moi-même, l'expression des complexes était encore plus prononcée, car là avec elle on était clairement en relation, elle s'est ouverte à moi (et moi à elle, c'était à double sens), elle m'a dit ce qui était dur pour elle, ce n'est pas de l'interprétation dans ce cas là. Le fait de se sentir superficielle, lisse, en parlant de son physique, de mal le vivre, ce sont ses mots, pas les miens, et de ne pas supporter l'idée de me perdre, et de penser que je pouvais trouver quelqu'un de mieux pour moi, idem encore ses mots. Et d'avoir préféré prendre des distances et de ne pas avoir su la rassurer, ça fait clairement ressortir cette question que je me pose, si j'arrive à mettre en confiance ou pas du tout. Et si je n'arrive pas à mettre en confiance, à partir d'où ça commence? question que je pose à moi-même.
AnnJas a écrit :Merci pour vos réponses, ma lanterne est en effet un peu plus éclairée, maintenant que j'ai lu vos réactions.
C'est vrai qu'on peut avoir tendance à oublier que le chemin est différent pour chacun de nous, que ce soit pour prendre conscience de son homosexualité, ou pour accepter celle d'un/d'une proche. Forcément c'est plus facile quand on est "au centre du débat" et on aimerait que tout le monde avance à notre rythme, mais ce que vos réactions m'ont rappelé, c'est qu'il faut aussi leur laisser du temps à eux. Surtout si la situation n'est pas claire.
Mais c'est vrai que certaines réflexions peuvent piquer un peu, quand on est de l'autre côté du placard.
Je pense que là les amis, des connaissances ouvertes, peuvent apporter un certain soutien, un certain réconfort, s'il y a possibilité/désir de s'ouvrir à eux, quand la famille de son côté ne se montre pas très réceptive...

PS: juste un ajout par rapport à M, l'histoire s'est terminée quand je suis partie en Angleterre et qu'il n'y a plus eu de prise de contact. C'est donc clairement resté dans le non-dit, dans le méga suspens.

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